Créer le design d’un packaging alimentaire peut parfois sembler assez intimidant, même pour les designers professionnels. C’est une chose d’essayer de transmettre efficacement le message d’une marque, et c’en est une autre de répondre aux exigences d’étiquetage des normes alimentaires de son pays.
Depuis la pandémie, les habitudes d’achat des consommateurs ont changé, l’accent étant mis non plus sur les supermarchés mais sur le soutien aux commerces alimentaires locaux et aux petites marques indépendantes. Vous avez donc décidé de monétiser votre hobby de fabrication de sucettes artisanales ? Ou peut-être êtes-vous un designer qui a été chargé par un géant de l’agroalimentaire de lancer son tout nouveau snack à emporter ?
Quelle que soit votre situation, vous en êtes au tout début du processus de design, c’est-à-dire à l’étape du concept. Que vous lanciez un nouveau produit alimentaire et que vous fassiez appel à un designer, ou que vous conceviez le produit vous-même, la première étape du processus consiste à définir le message de votre marque.
Définir le message de votre marque
Il est important d’analyser en profondeur l’état d’esprit de votre public cible. À qui s’adresse le produit et quelles sont ses caractéristiques ? Par exemple, si vous ciblez les femmes de la génération Y qui gagnent beaucoup d’argent, recherchez les types de marques que votre audience cible achète, le montant qu’elle dépense pour des produits similaires, et le style d’emballage alimentaire qui l’attire.
Un autre bon exercice pour définir la vision de votre marque et de votre produit est de penser à votre marque comme à une personne. Quels mots utiliseriez-vous pour décrire votre marque, et à partir de là, vous pouvez commencer à réfléchir à la façon dont cela pourrait fonctionner visuellement. Votre marque est-elle amusante et adaptée aux personnes vegan, comme le lait d’avoine Minor Figures, par exemple ?
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Traduire votre vision dans votre design
Maintenant que vous avez défini le message de votre marque, il est temps de traduire votre vision dans votre design. Tout ce que vous avez découvert sur votre marque vous servira de guide pour choisir les polices de caractères, les couleurs et les styles de design de votre packaging.
Choisir les polices de caractères
La création de polices de caractères est un langage à part entière. Et choisir la bonne police pour son projet est sans doute l’une des décisions les plus importantes lorsque vous créez une marque pour un produit. Lorsque vous examinez le schéma de votre marque et, en particulier, votre audience, réfléchissez au message que vous essayez de transmettre.
Le choix d’une police de caractères contemporaine et tendance montre que votre produit est avant-gardiste, tout comme un choix de police classique et intemporel comme la police Cooper montre que votre produit est vintage.
Utiliser les couleurs pour communiquer
Tout comme les polices de caractères, les couleurs ont leur propre langage. Vous voulez un style minimal, calme et épuré ? Ou lumineux, percutant et contemporain ? Les couleurs révèlent l’atmosphère ou la personnalité de votre marque.
Ajouter des illustrations et des graphiques
Les emballages alimentaires ne doivent pas nécessairement comporter des illustrations et des graphiques, mais c’est un excellent moyen d’ajouter du style et de la personnalité à votre produit. Si vous souhaitez ajouter des illustrations à vos emballages alimentaires, réfléchissez aux styles qui, selon vous, communiqueront bien votre message.
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Peut-être souhaitez-vous attirer un public jeune ou l’enfant qui sommeille en chaque adulte ? Les couleurs vives et les dessins en line art 2D fonctionnent très bien pour dégager une énergie innocente, joyeuse ou espiègle.
Choisir la forme du packaging
Prenez une modeste soupe, par exemple, les options de formes de packaging sont presque infinies. Chaque option offre un message différent pour votre marque. En choisissant l’option la plus luxueuse, vous vous adressez à une audience qui gagne plus et vous pouvez donc augmenter le prix.
Aspects pratiques et production de votre emballage
Maintenant que le design de votre packaging alimentaire est terminée, il est temps de se pencher sur les aspects pratiques et la production de votre emballage.
Protéger l'aliment
La réalité du design de packaging alimentaire, c’est que vous avez affaire à un produit qui a une date de péremption. La meilleure façon de protéger l’aliment contre les dommages et la péremption est de concevoir un emballage primaire, secondaire et tertiaire, c’est-à-dire un packaging extérieur, un packaging intérieur et le packaging du produit.
Le packaging extérieur est la première chose qu’un consommateur verra, il est donc important de profiter de cette occasion pour faire passer le message que vous voulez donner à votre marque. Le packaging intérieur est ce qui protège votre produit contre les chocs et les dommages. Lorsque vous choisissez un emballage intérieur en particulier, assurez-vous que les matériaux utilisés ne vont pas réagir avec les aliments qu’ils contiennent. Le packaging des produits est probablement la première chose qui vous vient à l’esprit lorsque vous pensez à l’emballage des aliments.
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Opter pour des matériaux durables
Le changement climatique pousse de plus en plus le public et les réglementations à adopter des méthodes de production plus respectueuses de l’environnement. Aujourd’hui plus que jamais, il est donc important d’opter pour des matériaux d’emballage durables plutôt que pour du plastique.
Il y a tellement d’innovations passionnantes dans le domaine du packaging durable qu’il faut trouver un designer qui s’y intéresse et qui est très au fait de ce qui se fait dans ce domaine. Une solution évidente consiste à utiliser du papier ou de la pâte à papier recyclés comme matériaux.
Et ces matériaux ne sont souvent pas aussi polis ou stériles que le papier ou les matériaux non recyclés. Vous pouvez utiliser cette esthétique dans le cadre de l’identité de votre marque pour renforcer l’idée que vous êtes une marque humaniste qui valorise l’authenticité, avec toutes ses imperfections. Vous pouvez également opter pour une approche « zéro déchet » en réutilisant les résidus de vos produits pour créer votre packaging.
Heureusement, il existe aujourd’hui de nombreuses formes de packaging alimentaire durables et innovantes. Les packagings 100% naturels et biodégradables d’Arekapak, fabriqués à partir de feuilles de palmier d’arec séchées au soleil, constituent une alternative réutilisable et recyclable aux films plastiques.
Choisir un fournisseur
Une fois que vous avez décidé si vous produisez à petite ou grande échelle, vous devrez travailler en étroite collaboration avec le fabricant que vous aurez choisi pour déterminer le type de formats de fichiers, de matériaux et de délais avec lesquels vous travaillerez. Vous pouvez décider de choisir un fournisseur local.
Il existe également d’énormes entrprises établies à l’international. Amcor est un fournisseur international de packagings qui couvre plusieurs secteurs, et qui n’est pas spécifiquement axé sur l’alimentation.
Les frais d’expédition et de douane entreront sans aucun doute en compte dans ces décisions. Assurez-vous donc de vérifier au préalable ce que cela implique pour votre marque et votre produit. Si vous promettez un packaging écologique aux consommateurs, assurez-vous de gagner leur confiance.
Respecter les formalités légales
Créer un packaging alimentaire implique un certain nombre de formalités légales auxquelles il faut se conformer avant de lancer son produit. Il est important de vérifier auprès des organismes nationaux compétents ce qui doit être fait avant d’envoyer votre design de packaging à l’impression.
Le packaging des aliments doit protéger, attirer et convaincre. Que vous proposiez des boîtes de chocolats, des produits frais ou une boîte de haricots verts, veillez à créer un design unique qui touchera directement le cœur de votre audience cible, en passant par son estomac, bien sûr.
L'exemple de La Fabuleuse Cantine
Forcément quelque peu freinée par le Covid, l’activité frénétique de La Fabuleuse Cantine, à la fois association et entreprise de restauration tournées vers la sensibilisation anti-gaspillage, repart de plus belle. Les projets de succursales - elle a déjà essaimé à Lyon et La Rochelle - se multiplient, par exemple à Roanne. Et sa production de bocaux à emporter ou vendus chez des distributeurs va passer à une autre dimension.
La production des bocaux va être transféré à Bussy-Albieux. Le choix du lieu peut paraître surprenant. Mais pour La Fabuleuse Cantine, il est pertinent : Bussy-Albieux, c’est à ses yeux un carrefour.
Approvisionner ses propres sites ou des sites tiers sans que le parcours n’aille au-delà d’un rayon de 80 km est une des règles d’or anti carbone ou gaspillage que l’association et la SAS née en 2019, tous les deux éponymes, se sont fixés. Et en faisant le choix de créer dans ce village à la limite du Forez et du Roannais son nouvel atelier de production de bocaux, La Fabuleuse Cantine tape dans le mille.
Le projet qu’il a lancé en 2017 à Saint-Etienne en association avec le chef Boris Fontimpe et Julien Morel n’arrête pas de faire de petits depuis 2019. Pour ceux qui ne connaissent pas, la Fabuleuse Cantine, c’est d’abord une association et bien plus qu’un restaurant, un des « tiers lieu nourriciers » de France comme certains aiment l’identifier.
On y vient certes pour manger et acheter à manger mais dans le cadre d’une œuvre plus large de sensibilisation et de pédagogie autour de l’alimentation durable appuyée par des ateliers et de l’événementiel. « Nous ne touchons des subventions de de la part des pouvoirs publics sur des projets mais pas sur le fonctionnement », précise Éric Petrotto.
La Fabuleuse Cantine achète donc des invendus de producteurs alimentaires (en bio et agriculture raisonnée) issus par exemple d’une surproduction ou parce qu’ils ne rentrent pas dans les canons - la forme, par exemple - des canaux de distribution classiques. Il s’agit de « les transformer en cuisine créative et ainsi leur redonner une valeur sociale, environnementale et économique ».
Ainsi que des tarifs à prix réduits dans un souci d’inclusion (50 % de réduction pour les étudiants et les bénéficiaires des minimas sociaux) visant accès au plus grand nombre à cette alimentation durable complètent la recette.
Dès ses débuts, La Fabuleuse Cantine reconditionnait à Saint-Etienne ses propres restes pour en faire de véritable repas pasteurisés (la durée de vie est de 60 jours) vendus dans des bocaux que l’on pouvait emporter. L’idée a bien fonctionné et s’est élargie au point où le trio de dirigeants envisageait de lui donner plus d’ampleur encore.
L'exemple de "La Tête dans le Bocal" à Strasbourg
À quelques kilomètres du centre de Strasbourg, une toute nouvelle boutique pleine de pépites vient d’ouvrir ses portes. Son petit nom ? La Tête dans le Bocal ! C’est le grand projet de Marine Keller, une jeune entrepreneuse de 27 ans qui a décidé de créer une boutique 100% vrac et 0% déchet. Une épicerie qui place la récup, la consigne, le bio et le local au centre de ses priorités. Marine s’est démenée corps et âme pour aller au bout de ses valeurs et de ses idées. Un boulot immense qui porte aujourd’hui ses fruits.
Dans la boutique, pas moins de 600 références de produits trônent sur les étagères sur-mesure. Des produits allant de la cosmétique en passant par les thés, les fruits et légumes, les épices ou encore de la bière et le vin. Des produits à 95% français mais surtout, à 70% alsaciens et exclusivement issus de l’agriculture bio ou raisonnée. Le tout, sans aucun déchet.
En effet, Marine, sa maman Sandra, son papa Patrick et son copain Steve proposent quasi-exclusivement des produits en vrac, sans emballage ou en bocaux, et bouteilles de verre consignées. Une logistique millimétrée qui nécessite du travail et de la pédagogie, c’est vrai, mais qui évite le gaspillage et l’utilisation de plastique.
Modèles économiques en agriculture urbaine
Replacer les pratiques et les savoirs agricoles au cœur de sociétés de plus en plus citadines ne se fait pas sans difficulté foncière, agronomique mais aussi économique. Si de nombreux projets foisonnent en France depuis les années 2010, force est de constater que leurs modèles économiques restent fragiles.
Certaines fermes urbaines rendent des services relevant de l’intérêt général et mobilisent des financements publics et privés, sans garanties sur le long terme. D’autres fermes se spécialisent dans des produits et services à forte valeur ajoutée (haute technologie, produits de niche, public-cible aisé, etc.), parfois sans prendre en compte leur ancrage territorial.
La plupart des fermes diversifient leur activité dans un jeu d’équilibriste peu confortable en positionnant leur offre entre l’utilité sociale et la valeur commerciale. En effet, si la diversification de l’activité est un réel levier de stabilité économique, elle est souvent brandie comme une baguette magique porteuse d’opportunités d’autofinancement.
Pour les structures relevant de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), il s’agit aussi d’avoir une utilité sociale. Leurs activités relevant de l’intérêt général, on peut considérer que leur modèle économique concerne l’ensemble la société. Pour les structures de l’ESS, le modèle économique n’est alors plus seulement une fin en soi, mais un moyen d’atteindre un objectif social, malgré les revirements politiques, les budgets contraints et les attributions incertaines de financements.
Au-delà de constituer de potentiel·le·s financeur·se·s structurant·e·s du projet, les acteur·ice·s public·que·s à toutes les échelles constituent des partenaires d’activité clés d’un projet agriurbain.
Afin d’œuvrer pour une justice agri-alimentaire et pour favoriser le développement de l’agriculture urbaine à une échelle plus large et pérenne, la Cité de l’agriculture associe ses projets de terrain à des actions de plaidoyer mais aussi d’accompagnement (à travers des études, du conseil et de la formation) à destination des acteur·ice·s de la ville, notamment les collectivités.
Le marché de la conserve fermière et gastronomique
Le marché de la conserve fermière et gastronomique est en plein boum ! On les retrouve partout : épicerie fine, circuit court, marché, vente directe, magasin bio et même dans le rayon terroir des grandes surfaces.
Vos produits sont certainement délicieux, pratiques, de bonne facture. Mais s’ils ne racontent pas une histoire, vos conserves resteront des conserves. Vos produits doivent devenir des moments de gourmandise, de joie, de bien-être, de partage dans la tête de vos futurs clients. Bref, racontez votre histoire et votre démarche (romancée oui, mais vraie !). On appelle cela le storytelling.
Injectez ensuite un peu de votre histoire dans tous vos éléments de communication : les noms de vos produits, leurs packagings, votre discours quand vous vendez sur des marchés ou à des revendeurs, votre site internet, vos réseaux sociaux, vos étiquettes, etc.
Sur les linéaires d’un magasin bio, les rayons d’une épicerie fine ou le comptoir d’un bar à tapas, il faut vous démarquer car la concurrence est rude. Pour cela, vous devez travailler sur votre image de marque, c’est-à-dire construire une stratégie markéting culinaire efficace, investir dans une identité visuelle cohérente qui reflète votre particularité, vos valeurs et pensez vos packagings (ou étiquettes) de façon à toucher votre cible.
Une communication cohérente et adaptée à vos clients vaut mieux que de nombreux supports qui ne parlent à personne.
Aussi, il y a la volonté de proposer un produit convivial. On voulait donc un pot avec des bords droits parce qu’on voulait que ce soit un pot qu’on mette à table et dans lequel on puisse piocher avec des amis.
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