L’Inde est l’un des quatre principaux pays producteurs d’automobiles dans le monde, offrant ainsi aux constructeurs automobiles un marché très attractif. Nouvel eldorado pour certains, implantation bien plus ancienne pour d’autres, l’Inde attire chaque année les constructeurs automobiles pour ses faibles coûts de production.
Positionné derrière la Chine et les États-Unis, ce territoire émergent est devenu le troisième marché mondial. Avec un marché estimé à 4 millions de véhicules et une population de l’ordre du milliard d’habitants, l’Inde présente de nombreux atouts pour la filière auto. Le pays lui permet de proposer des modèles low-cost, à des coûts de production faibles, et donc plus abordables que ceux proposés sur les autres marchés.
La demande pour les voitures particulières en Inde ne montre aucun signe de ralentissement. Au contraire, avec une population active en pleine expansion et une classe moyenne au revenu disponible de plus en plus élevé, de nombreux Indiens peuvent s’offrir une voiture. Par ailleurs, environ 87 % des propriétaires de voitures en Inde se disent prêts à adopter la voiture électrique.
Actuellement, le secteur automobile représente 7,1 % du PIB total de l’Inde. L’industrie des pièces automobiles représente 25 % du PIB manufacturier. Le marché des voitures particulières en Inde a été évalué à 33 milliards de dollars en 2021 et devrait atteindre 55 milliards de dollars d’ici à 2027. Selon les prévisions, l’Inde sera le troisième marché automobile mondial d’ici à 2026. Cette croissance offre de nombreuses opportunités aux entreprises étrangères. Les exportations de véhicules utilitaires ont augmenté de 83 % en 2022 par rapport à 2021. L’Inde constitue alors un site de production stratégique pour les entreprises automobiles internationales.
Investissements et expansion des constructeurs
De plus en plus de constructeurs placent l'Inde au cœur de leur activité industrielle. Afin d'accompagner leur développement commercial, Renault et Nissan ont prévu de lancer six nouveaux modèles, parmi lesquels quatre SUV du segment C et deux modèles 100 % électriques du segment A.
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Un investissement initial d'environ 600 millions de dollars US / ₹53 milliards d'INR est prévu pour soutenir les nouveaux projets, qui verront la création de 2 000 emplois supplémentaires au Renault Nissan Technology & Business Centre de Chennai. Les six nouveaux modèles seront au nombre de trois pour chaque entreprise, conçus et produits à Chennai. Quatre nouveaux SUV du segment C feront partie des nouveautés.
« L'Inde est un marché clé pour Renault Group. Au cours des 14 dernières années, nous avons développé la marque Renault avec nos équipes et nos concessionnaires, jusqu'à atteindre 100 000 véhicules vendus par an. L'Inde joue également un rôle clé dans notre empreinte mondiale en matière de recherche et développement.
« L’Alliance Renault-Nissan dispose d'installations de production et de conception dans l'État du Tamil Nadu depuis plus de 15 ans maintenant. L'Alliance emploie environ 15 000 personnes directement dans l'État et a été l'un des piliers qui a permis au Tamil Nadu de rester la capitale indienne de l'automobile et un centre important pour la production d'automobiles et de composants automobiles. Nous sommes très heureux de cette nouvelle proposition de modernisation et de nouvel investissement de l'Alliance au Tamil Nadu.
Le président de Nissan AMIEO, Guillaume Cartier, a ajouté : « Renault et Nissan ont renouvelé aujourd'hui leur engagement envers l'Inde et nous remercions le gouvernement du Tamil Nadu pour son solide partenariat et son soutien. J'étais extrêmement fier d'être à Chennai pour partager cette bonne nouvelle avec l'équipe.
Stratégies des constructeurs et parts de marché
Au terme de quatre décennies d’activité dans le pays, Suzuki s’est imposé comme le premier marché mondial de la marque, représentant 54 % de ses ventes mondiales. Suzuki y détient 40 % de part de marché. Son usine, installée à Gujarat, assemble des modèles pour le marché indien, mais aussi pour l’exportation, notamment vers l’Amérique latine ou l’Afrique.
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La production de modèles 100 % électrique devrait démarrer au Gujarat cette année. Suzuki prévoit d'ailleurs d’ajouter une quatrième ligne de production en vue d'augmenter la production annuelle de VE dans le futur, passant de 750 000 à 1 million d’unités. De plus, le constructeur compte continuer d’investir sur le territoire. De fait, il vient de signer un accord avec l'État du Gujarat pour la construction d'une nouvelle usine automobile. L’édification de la nouvelle structure s’appuiera sur un investissement de 3,8 milliards d’euros. Au total, entre l’amélioration du site de Gujarat avec la création d'une quatrième ligne de production et la seconde usine, Suzuki affichera une capacité totale de 2 millions de véhicules dans l'État du Gujarat. Avec le soutien de la nouvelle usine de Kharkhoda (état de l'Haryana) dont la mise en service est prévue en 2025, Suzuki prévoit d'atteindre les 4 millions de véhicules produits en Inde d'ici à 2030.
La firme américaine a bien décelé le potentiel de l’Inde. C’est pourquoi après les États-Unis (Fremont, Texas, Californie et Austin ; 4 usines), l’Allemagne (Berlin ; 1 usine), et la Chine (Shanghai ; 1 site), Elon Musk envisagerait d’installer une huitième gigafactory en Inde. Des négociations seraient en cours avec les autorités indiennes. Le géant automobile est présent en Inde avec les marques Jeep (Wrangler, Compass, Meridian et Grand Cherokee) et Citroën (C5 Aircross).
Renault détenait 1,8 % à peine de ce marché en pleine expansion. Seulement voilà, les concurrents solidement établis comme l’indo-Japonais Suzuki Maruti ou dans une moindre mesure le coréen Hyundai n’ont pas laissé Renault leur chiper leur fonds de commerce. Forts de leur présence historique en Inde, ils ont très vite réagi avec l’avantage d’un réseau de concessionnaires très étendu et des pièces disponibles partout dans le pays.
Initiatives de formation et développement des compétences
Selon Shrikant Savangikar, directeur Business Excellence, qualité et développement durable chez SKF India, il a été conçu en fonction des besoins de l’industrie automobile actuelle. « Nous avons pris en compte des dimensions telles que la pédagogie, l’autonomie et l’embauche à un salaire correct. Nous voulions offrir aux jeunes un tremplin et leur donner l’espoir de construire leur propre avenir.
YES est la conséquence, en partie, d’une étude SKF dont les conclusions montraient qu’on manquait de mécaniciens spécialisés pour prendre en charge les véhicules complexes d’aujourd’hui. Pour que YES existe, SKF s’est associé à deux organisations à but non lucratif œuvrant déjà en faveur des jeunes issus de milieux défavorisés.
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À Pune, c’est le Don Bosco Private Industrial Training Institute qui se charge de la mise en œuvre du programme. À Pune, dans les locaux SKF YES de l’immense campus Don Bosco, un groupe de stagiaires vêtus de bleu marine, écoute avec attention leur enseignant qui leur détaille les spécificités techniques du moteur nu qui se trouve devant eux. C’est un atelier grandeur nature où des véhicules, complets ou partiels, permettent aux stagiaires de se faire la main en matière de réparation et d’entretien. La formation comprend des cours d’apprentissage en ligne, communication, anglais de base, développement personnel, échanges avec les clients, gestion de l’accueil et comptabilité.
Tableau récapitulatif des investissements et des prévisions de marché
| Constructeur/Entité | Investissement | Objectifs |
|---|---|---|
| Renault-Nissan | 600 millions USD | Création de 2 000 emplois, production de 6 nouveaux modèles |
| Suzuki | 3,8 milliards EUR | Nouvelle usine, augmentation de la production de VE |
| Prévisions du marché indien | Atteindre 55 milliards USD d'ici 2027 | Devenir le 3ème marché automobile mondial d'ici 2026 |
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