Lorsque l’on a inventé le Land Rover, le Range Rover et le Discovery, on se doit de rester innovant ! Ce pourrait être la fière devise de la marque Land Rover. Malgré son histoire ponctuée de problèmes financiers, la marque des célèbres 4x4 Anglais a toujours su s’en sortir en répondant à temps aux aspirations d’une clientèle d’inconditionnels et nouvelle en offrant des véhicules à l’identité marquée par l’aventure.

Le Freelander fut certainement après le Range Rover le plus grand défi que s’est lancé l’ovale vert. On défrichait pour la seconde fois avec le projet “CB 40“ une nouvelle voie, celle des SUV et autres Crossover qui aboutissent aujourd’hui à l’avènement de l’Evoque. Le Freelander, son précurseur, fut une véritable révolution dans le monde des 4x4. Fabriqué dans les usines de Solihull, il devait avant tout être un Land Rover, il le fut.

Genèse et Développement du Freelander

Pour Dick Elsy, l’ingénieur maison à qui fut confié la tâche de mener ce projet dès 1992, le manque de moyens durant la période British Aérospace fut le plus grand obstacle. Il fallut l’arrivée de BMW aux commandes pour le “CB 40“ devienne une priorité. CB40 est le nom de code donné à ce nouveau concept basé sur le constat suivant : Land Rover produit des 4x4 traditionnels robustes mais lourds, donc gros producteurs de CO2. D’autre part le marché est en train de changer, le loisir prend définitivement le pas sur la réelle utilité d’un vrai 4x4 franchisseur. L’idée du petit monospace vagabond et bon à tout fait son chemin.

Quelques mois plus tard, les principes essentiels sont présentés. Le CB40 sera monocoque acier allégé par des pièces polymères (ailes avant). Equipé d’un moteur transversal avant, on fait appel à la société Steyr-Puch en ce qui concerne les transmissions 4x4 qui emploieront pour la première fois un convertisseur de couple (IRD). L’autre idée novatrice fut bien ensuite de lier les principes mécaniques du classique viscocoupleur intermédiaire et de la fée électronique. En effet, afin de retrouver les effets d’une boîte de transfert (absente) et de son rapport court en off road, l’idée d’utiliser les technologies novatrices que sont ABS et ETC pour une motricité optimale en off road fait son chemin. Elle donnera naissance au HDC (Hill Descent Control), contrôle en descente.

Celui-ci, capable d’analyser le relief et la vitesse des roues, maîtrise automatiquement la vitesse de rotation de chaque roue par le biais d’une régulation de la pression sur les 4 freins indépendamment. En ce qui concerne les motorisations, pour la version turbo diesel, c’est le bloc 2,0L de 97 Ch à injection directe Série L (celui des berlines Rover), qui est retenu. Le bloc essence 2,0L Série T qui devait initialement faire l’affaire s’avère vite trop lourd et encombrant, on lui préfère donc le 1,8L 16 soupapes Série K au bloc aluminium léger plus innovant développant 118 ch.

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Durant cette période, si les grandes lignes du design du futur Freelander (ça y est, il a un nom), sont établies, dès la reprise de la marque par BMW, les exigences se font plus forte envers ce projet devenu prioritaire. Le Freelander prévu à l’origine en version 5 portes devra aussi proposer une version 3 portes. Le designer Anglais Gerry Mc Gorvern auteur des lignes du Freelander, doit alors composer avec son homologue BMW ; Chris Bangle. C’est au salon de l’auto de Francfort 1997 que sera présenté pour la première fois le Freelander.

Fanfare militaire et HUE166 en tête (le Serie I Land Rover de toutes les cérémonies), le nouveau Land aux lignes modernes et futuristes qui se veut …Ludique et convivial, performant et confortable, pratique et fonctionnel… Fait mouche. Il connaît un succès immédiat lors de sa commercialisation en 1998 auprès d’une clientèle qui ne rêvait que d’être aussi à l’aise en ville qu’à la campagne et en tout terrain. Le Freelander sera proposé dès cette année (1998- 2000), avec les deux motorisations retenues (1,8L essence et 2,0L Di) et, on s’en doute, c’est la version 5 portes qui se taillera la part du lion. Mais, le Freelander 3 portes aura pourtant de nombreux fans.

Évolutions et Restylages

En 2004, après 6 ans de succès, face à une concurrence de plus en plus pressante dans son “Segment“, c’est l’heure du New Freelander. Il sera le premier de la gamme Land Rover (désormais dans le giron de Ford), à s’offrir les signes distinctifs de la nouvelle ère du design Land Rover, annonciateurs du magnifique Discovery III qui sera présenté un peu plus tard cette même année. Harmonisant sa gamme (y allant d’un coup de jeune au Defender), Land Rover présente son petit SUV modernisé et retravaillé avec en particulier une face avant dont le signe distinctif principale repose dans les phares à double optique.

On dispose désormais d’un choix de 10 couleurs pour la carrosserie et de trois finitions pour l’habitacle qui laisse une grande place au choix cuir et alcantara. Vers le haut de gamme ce New Freelander ? C’est inéluctable, car Land Rover veut continuer à lutter commercialement en attendant le successeur déjà en phase d’essais. 2006, Le Freelander est mort, vive le Freelander II. Il est présenté pour la première fois lors du British motor show. Earl Beckles, le jeune designer à su conserver au SUV Land Rover son identité.

Si aujourd’hui, la fiabilité du Freelander II ne laisse aucun doute puisque l’on retrouve sous le capot de l’Evoque, mécaniques et principes de transmissions similaires, les débuts du Freelander furent marqués par quelques retours en atelier qui lui allouèrent une réputation de Land Rover “fragile“ au fameux Baby. Mais en se penchant sous le Freelander, si évidemment on ne se retrouve pas face au robuste châssis d’un Defender, c’était bien du costaud cette première caisse autoporteuse acier signée Land Rover. D’ou vient donc cette nouvelle légende ?

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Problèmes de Fiabilité et Solutions

Comme toujours lorsque la marque à l’ovale vert à surprit en innovant, la passion fait vite place à des conclusions hâtives face à quelques problèmes récurant qu’ont connu ces fidèles Freelander.

Joint de Culasse

Le moteur 4 cylindres 16 soupapes essence 1,8L développant 120 ch (La série K montée sur les Rover 200 et 400 puis 25 et 45), était un moteur révolutionnaire. Sur ce bloc aluminium à parois fines dont les vis de culasse traversaient tout le bloc on a rencontré des problèmes de joint de culasse. La raison venait certainement parfois d’un joint acier dont l’étanchéité était obtenue par du caoutchouc sérigraphié, l’essentiel des problèmes apparaissait lorsque l’on utilisait pas le liquide de refroidissement spécifique recommandé par Land Rover, d’où surchauffe.

Boîte Automatique

Alors que les problèmes furent très rares sur les boîtes manuelles, sur la boîte automatique 5 rapports Jatco montée indifféremment sur les diesel et le V6 essence, les problèmes de casses furent la plupart du temps le fait d’une erreur en atelier. En effet, le bouchon de vérification du niveau d’huile étant étrangement placé sous la boîte de vitesse, bon nombre de mécanos amateurs (et pros aussi), ne prendront pas garde et agiront sur une vis placée plus logiquement sur le côté. Malheureusement, celle-ci tenait la boucle de frein de tambour de boîte.

Viscocoupleur

Ha, le Viscocoupleur du Freelander qui ne tenait pas le coup, on en a tous entendu parler ! Mais contrairement à l’idée reçue basée sur une fragilité de l’ensemble des transmissions, c’est bien encore une fois des erreurs humaines qui en furent la cause en grande majorité. Pour la première fois un Land Rover n’avait pas de boîte de transfert deux rapports. Afin de simplifier la vie de la nouvelle clientèle visée moins avertie, on avait implanté en sortie de boîte de vitesse le fameux IRD (Intermediate Reduction Drive) d’origine Steyr-Puch. Cet élément mécanique qu’on appel communément un “répartiteur de puissance“ a pour principale tâche de renvoyer la puissance vers le train arrière.

En cas de différences de rotations entre les roues avant et arrière, le visco coupleur entrait en action. En effet, lorsque les pneumatiques installés en seconde monte n’avaient pas la même circonférence les ensembles IRD et viscocoupleur travaillaient en permanence en tension, surchauffaient et finissaient par rendre l’âme. Land Rover spécifiait très bien qu’il était impératif de… Monter 4 pneus de même marque, de même type et de même dimensions… Et de bien suivre un certain ordre lorsque l’on intervertissait les roues à fréquences régulières.

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Moteur qui fume

Là, on entre dans le domaine de la l’erreur qui donnera des sueurs froides à de bon nombre de propriétaire qui voyaient leur Freelander Td4 se mettre à fumer. Le bloc diesel BMW au- dessus de tous soupçons au niveau robustesse méritait tout simplement qu’on lui change régulièrement son filtre de reniflard de vapeur d’huile.

Rappels Constructeur

Enfin, on notera au début de la carrière du Freelander quelques rappels pour des pare chocs arrière supportant mal la proximité du pot d’échappement, des biellettes de barres stabilisatrices avant bruyantes et des silent blocs de train arrière parfois fragiles. Mais, c’était et c’est aujourd’hui devenu un point commun à tous les constructeurs et à partir du moment où ils assument les défauts de jeunesses de leurs productions, ce n’est qu’un petit désagrément.

Tous ces “Défauts“ furent rapidement cernés et résolus dès les modèles 2001. Durant la réalisation de cet article les Freelander essayés ont tous démontrés que bien entretenus, après parfois plus de 10 ans de carrière, ils étaient encore de fidèles Land Rover, digne de la légende.

Expérience de Conduite et Motorisations

Le plaisir de conduite confortablement installé à bord du V6 en boîte automatique est proche de celui qu’on retrouve aujourd’hui avec des hauts de gamme de la marque. Seul le passage obligatoire et fréquent par la station service estompe cette magie. La version 1,8L essence reste un standard économique de l’occasion à bon prix, mais il n’a ni le charme des V6, ni les atouts du diesel. Dans cette dernière catégorie, les versions assez économiques équipées du 2,0L Di ne sont pas assez puissante, alors que Td4 restent réellement dans le coup.

Ce turbo diesel autorise toujours de long parcours sans fatigue, cruisant à 130 km/h sans problèmes. Quant à la vie à bord du Freelander, elle n’a évidemment rien perdu de son côté pratique et lumineux. Pas d’usures prématurées notables à l’intérieur, mis à part des plastiques de piètre qualité qui ont parfois mal vieilli. Sur les premiers modèles le design intérieur qui commence à dater et les couleurs qui se voulaient jeunes à l’époque, ont pris un sacré coup de vieux.

Le système de freinage composé de disques avant et tambours arrière reste dans la bonne moyenne question efficacité. La totale des aides électroniques ABS, EBD, ETC et HDC qu’on ne retrouve en série, à coup sûr, que sur les modèles d’après 2001, garantissent assidûment une tenue de cap sécurisante. Les suspensions indépendantes type McPherson avant et arrière assez souples offrent toujours de quoi s’évader de l’asphalte avec des débattements effectifs d’environ 130 mm.

Le Freelander sur le Marché de l'Occasion

Avec son style avant- gardiste le Freelander avait réussi à éclipser ses concurrents de l’époque qu’étaient les Suzuki Vitara et les Rav4 Toyota. Oubliant un moment les vraies valeurs de la marque Land Rover a su répondre aux attentes d’une nouvelle clientèle. Le Freelander y répond encore aujourd’hui et s’il n’est plus la référence en matière de SUV, il est encore capable de quelques prouesses en tout-terrain, provoquant la surprise…Y compris chez ses propriétaires.

Côté budget, le Freelander d’occasion reste un achat raisonnable. On a finalement un large choix entre 3 et 5 portes et les finitions hauts de gamme sont abordables ce qui ne gâche rien.

Si comme pour tous les 4x4 un carnet d’entretien constructeur complet fait souvent foi du respect de la mécanique, une bonne inspection des dessous aura rapidement fait de confirmer les dires du propriétaires. Le…Jamais TT… Reste facile à vérifier. Chocs, rayures, silencieux bosselé sont des signes qui ne trompe pas. Mais comme nous l’avons vu, le Freelander peut avoir souffert d’erreurs à l’entretien qui sont irrémédiables et sauront à coup sûr transformer la bonne affaire en mauvaise surprise.

Conseils pour l'Achat d'un Freelander d'Occasion

Une seule solution, faire un simple essai sur route. Les moteurs diesel ou essence doivent avoir des montées en régime sans à coup, un petit coup d’œil dans le rétroviseur du côté de l’échappement aura vite fait de vous renseigner sur l’état réel de la mécanique. Les boîtes de vitesses manuelles ne doivent présenter aucune résistance, même s’il faut avoir le coup de main ferme et précis.

Mais, la principale vérification se fera avant et après l’essai. Avant, une inspection précise des marques, types et dimensions de pneus et leur usure respective donneront de bonnes indications. Ces éléments doivent êtres identiques en tout points. La moindre différence entre ces 4 critères liés aux pneumatiques doit vous mettre en garde.

La vérification ultime repose donc par un passage sous le Freelander après l’essai. Poser la main sur l’IRD et le viscocoupleur. Si c’est brûlant… Attendez vous à un passage par un atelier dont vous vous souviendrez.

Sans gamme de vitesses courtes et sans ponts rigides, le Freelander 1 apparu en 1997 a bousculé bien des habitudes chez Land Rover ! Presque comme l’Evoque de nos jours, le Freelander 1 a été un gros succès commercial au moment de son lancement. Son prix de vente inférieur à ceux du Discovery ou du Defender a attiré une nouvelle clientèle, qui ne se souciait pas trop du manque de boîte courte et préférait le confort des suspensions indépendantes.

Sa polyvalence, sa taille réduite et son prix serré le propulsèrent rapidement en tête des ventes des petits 4×4, malgré des motorisations peu performantes. De nos jours, le Freelander 1 peut toujours faire étalage de ses suspensions souples et confortables et de son style unique pour la version 3 portes munie d’un toit rigide ou d’une capote.

Les moteurs disponibles en 1997 (un 4 cylindres de 1,8 l développant 118 ch en essence, et un 4 cylindres 2,0 l turbocompressé de seulement 96 ch en Diesel) ont en revanche mal vieilli. Leurs performances, grevées par les 1400 kg du véhicule, ne sont plus d’actualité. Le Td4 reste donc de loin le meilleur choix ! Ce bloc venu de chez BMW est agréable au volant et notablement fiable. Ce n’est pas le cas du « Free » dans son ensemble.

Conçu à une époque où l’électronique n’était pas encore totalement maîtrisée, le Freelander 1 a souffert d’une fiabilité aléatoire : équipements électriques parfois en berne, fonctionnement fantaisiste des serrures, etc. Sur le plan mécanique, la transmission intégrale s’est révélée fragile à cause de contraintes élevées.

Sur le plan de la transmission, le Freelander ne disposait donc ni de vitesses courtes ni d’un blocage de différentiel manuel. C’est un système automatique à visco-coupleur qui était chargé de répartir la puissance entre les quatre roues.

Évolution et équipements

En 2002 le Freelander a bénéficié d’un restylage et d’un équipement plus complet en option (chargeur CD, air conditionné, sièges cuir, jantes de 15 » à 18 », toit ouvrant, régulateur de vitesse, sièges avant chauffant, pare-brise dégivrant, …). Le Freelander 1 affronte une vaste concurrence sur le marché de l’occasion, ce qui est moins vrai pour les gros Land. Son atout principal reste ses talents en tout terrain dans sa catégorie.

Point Clé Recommandation
Transmission IRD Vérifier l'usure des pneus (doivent être identiques)
Entretien Vidange du pont arrière tous les 150 000 km et de la boîte de vitesse automatique
Pompe à gazole S'assurer qu'elle a été changée
Lève-vitres Vérifier le bon fonctionnement
Clés S'assurer d'avoir les deux clés

« La transmission IRD est notamment très sensible à la monte pneumatique : si les 4 pneus n’ont pas la même usure, l’IRD travaille plus et s’use prématurément. C’est un point important à vérifier. Ensuite, le pont arrière doit être vidangé environ tous les 150 000 km, ainsi que la boîte de vitesse automatique. La pompe à gazole est fragile, c’est un plus si elle a été changée. Il faut vérifier le bon fonctionnement des lève-vitres avant et arrière dont le système par câble peut casser.

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