Issue de la volonté de Giani Agnelli, président de FIAT, la Fiat 130 coupé permet à l’entreprise turinoise de renouer avec les coupés haut de gamme et démontre son savoir-faire dans ce domaine, avec une ligne signée Pininfarina et un V6 !

Genèse d'un coupé de prestige

À la fin des années 1960, Fiat commence à réfléchir au remplacement de sa berline haut de gamme, puisque la Fiat 2300 proposée depuis 1961 a toujours eu du mal à rivaliser avec ses rivales allemandes, qu’elles se nomment Mercedes W111 ou BMW Neue Klasse. En 1967, le projet de la future Fiat 130 est mise en marche forcée, une nouvelle plate-forme est réalisée et un moteur V6 totalement nouveau est développé par Fiat qui fera au final 2.866cm3 et développe 140Ch. Au final, la Fiat 130 tient ses délais et est présentée au public en 1969 puis commercialisée dans la foulée. Présentant une ligne très classique afin de plaire à une clientèle bourgeoise, la Fiat 130 ne détonne pas et reste dans la droite lignée des productions turinoises.

À cette époque, un marché devient de plus en plus important, celui des coupés sportifs et luxueux, mené par les BMW E9 et la Mercedes R113. A cette époque, Fiat avait certes la Dino, qui à partir de 1969, proposait un V6 de 2.415cm3 développant 180Ch, et qui permettait une vitesse de pointe entre 205 et 210km/h selon la version.

La naissance du Coupé 130

La mise en chantier de ce coupé a très certainement du se faire après la présentation de la berline 130; Pininfarina reçoit la mission d’élaborer un coupé sur la base de la Fiat 130 au cour de l’année 1970. Contrairement à la berline, Fiat externalise le design du coupé comme il est alors de tradition. C’est le styliste Paolo Martin à qui incombe la charge de dessiner la ligne de ce coupé; lui qui venait de réaliser le dessin de la Ferrari 365 GT4 2+2 qui se remarquait par son côté moderne. Le traitement fut le même sur la Fiat 130 Coupé, on y retrouve les mêmes lignes principales mais avec un style cubique encore plus poussé !

Motorisation et performances

A cette ligne totalement moderne pour l’époque, Fiat travaille sur le moteur de la 130 pour le faire passer de 2.866cm3 à 3.235cm3 via un réalésage, ce qui permet de passer à une puissance de 125Ch désormais. Ce moteur est réalisé avec un bloc en fonte, des culasse en alliage léger, un seul arbre à came, le tout coiffé d’un carburateur Weber. Ce moteur est d’abord développé pour la berline 130 afin de mettre un terme au 2.866 qui s’avère trop faible pour la voiture, mais intègre la Fiat 130 Coupé dès l’origine. L’ensemble est présenté en 1971 lors du salon de Genève; cette fois-ci, avec une telle ligne, la 130 coupé se remarque sur le stand de Fiat.

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Un intérieur luxueux

Cette Fiat 130 coupé bien loin de viser le prolétaire avait un intérieur et un équipement plutôt riches : fauteuils en velours, vitres électriques, direction assistée… Tout cela se ressent sur la balance car notre coupé pèse 1.600kg.

Un succès commercial mitigé

Hélas, en dépit des efforts développés par Fiat concernant la 130 Coupé, et notamment en utilisant ce modèle lors d’opérations de prestige, les ventes ne décollent pas. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer, la conjoncture économique n’était pas favorable à ce genre de modèle à l’heure de la première crise pétrolière. Aussi, Fiat avait une image de producteur de voitures populaires, l’image est peu flatteuse pour une clientèle bourgeoise même si la 130 coupé pouvait répondre à leurs attentes.

Fin de production

Au final, la production de la Fiat 130 Coupé cesse en 1977 après avoir couvert sept millésimes du catalogue Fiat, avec une production qui reste bloquée à 4.491 exemplaires. Si l’on fait la moyenne, cela donne le chiffre de 642 voitures par an !

Un chef-d'œuvre intemporel

Tout le monde ou presque est d’accord : le coupé Fiat 130 est une création magistrale, s’inscrivant dans la lignée des chefs-d’œuvre dus à Paolo Martin. Au panthéon du design, il mérite de rejoindre des icônes telles que la Ferrari 400 ou la Lancia Gamma coupé, qui incarnent somptueusement l’une des grandes époques de Pininfarina.

Cette ligne tricorps aux lignes élégamment tendues célèbre la notion même d’intemporalité et, lors des rassemblements de voitures anciennes, sa présence suscite toujours une admiration sincère, tandis que les béotiens s’exclament « Ah ? Je ne savais pas que Fiat avait fait des bagnoles comme ça… ».

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Conçue autant comme un démonstrateur du savoir-faire de la marque que comme l’interprétation latine de la grande routière européenne, la gamme des 130 était indéniablement porteuse de grandes ambitions. Et, comme souvent lorsqu’une carrosserie un peu plus exclusive figure au catalogue, dans la mémoire collective le coupé a phagocyté sans pitié la version dédiée aux usages ordinaires.

La berline 130 : le charme discret de la bourgeoisie

En l’occurrence, la berline 130 présentait une physionomie que son classicisme excessif promettait sans coup férir à l’anonymat, ce qui relevait sans doute d’une volonté délibérée de la part des responsables du projet : il s’agissait de réserver aux play boys les charmes capiteux du coupé alors que, pour sa part, la quatre-portes s’adressait à une tout autre cible : hommes d’affaires, responsables politiques et autres notables avant tout soucieux de respectabilité se virent donc offrir une berline à l’esthétique voulue statutaire mais surtout compassée.

À force de ne vouloir effaroucher personne en évitant soigneusement toute singularité, la berline 130 s’est elle-même fermé les portes d’un possible succès. Ne partageant aucun embouti avec le coupé, l’auto présentée en mars 1969 sur le stand Fiat du Salon de Genève visait les Mercedes W108/W109 ou les BMW E3 et semblait avoir appris sa leçon avec l’application laborieuse d’une tâcheronne : de la sorte, on découvrit une tricorps aux dimensions opulentes (4,75 mètres de long soit, pour fixer les idées, à mi-chemin entre la E3 normale et la Long Wheel Base) mais dont l’académisme stylistique flirtait dangereusement avec la banalité.

Toutefois, en y regardant de plus près, l’auto n’était pas entièrement dépourvue de classe, avec sa calandre agressive qui singeait un peu naïvement le shark nose cher aux Bavarois, ses chromes répartis avec goût et ses essuie-glace dont la cinématique originale provenait en droite ligne de Stuttgart. L’habitacle devait sa grande luminosité à la finesse des montants et, dans la bonne tradition italienne, l’espace disponible à bord s’avérait généreux.

Raffinement intérieur

Cela étant posé, il est bien connu que les amateurs de ce genre de bagnole ne s’enquièrent pas uniquement des questions d’habitabilité, sinon ils rouleraient tous en Multipla. Avoir de la place, c’est un prérequis ; l’art et la manière d’y parvenir, c’est une autre question et, de ce point de vue, on ne pouvait accuser la grande Fiat de manquer de raffinement. La qualité de finition n’avait pas grand-chose à voir avec celle d’une 127 et certains équipements, encore rares à ce moment-là, répondaient à l’appel : bouches d’aération à l’arrière, rideaux pare-soleil, éclaireurs actifs dans le chant des portières, sans oublier une astuce pour feignants, apparue fin 1971 : l’ouverture à distance de la porte avant droite via une commande située sur la planche de bord (plus pratique qu’un smartphone !).

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Malheureusement, le premier tableau de bord, avec son tachymètre horizontal et son minuscule compte-tours, n’était pas beaucoup plus attrayant que celui d’une FSO et le meuble de bord lui-même, tristement rectiligne et sans âme, ne risquait pas de remporter un prix d’esthétique industrielle.

Le V6 Lampredi : un moteur noble mais perfectible

On ne le dira jamais assez : Aurelio Lampredi est l’un des plus grands motoristes du XXe siècle. Cependant, c’est bien l’ingénieur toscan qui commit ce V6 ouvert à 60 degrés (bloc en fonte, culasses en alliage léger, un arbre à cames par rangée de cylindres), d’une cylindrée initiale de 2 866 cm3 et développant initialement 140 chevaux à 5600 tours/minute. On l’aura compris, le rendement ne figurait pas parmi les qualités marquantes de ce moteur qui, de surcroît, se montrait particulièrement exigeant en carburant (mais en ce temps-là, il est vrai qu’on ne s’en préoccupait pas beaucoup).

D’autant que, de façon assez saugrenue, et contrairement à l’usage, la transmission automatique Borg-Warner - à trois rapports - était livrée en série, la boîte manuelle constituant une option, d’ailleurs assez difficile à obtenir auprès des concessionnaires Fiat si l’on en croit certains témoignages. Les performances de l’engin n’avaient donc rien de spécialement enthousiasmant, les caractéristiques d’ensemble rappelant, de manière troublante, celles de la Peugeot 604 alors en gestation, ce qui ne saurait s’apparenter à un compliment. Tout cela aboutissait à une machine peu compétitive en comparaison de ses rivales directes et qui ne se bradait pas : à l’automne de 1972, il fallait en effet débourser 40 000 francs pour repartir à son volant, soit l’équivalent d’une BMW 2800 plus aboutie à tous égards.

La 130 : une mal-aimée

L’affaire était donc mal engagée, mais les dirigeants de Fiat firent preuve d’une très honorable ténacité en transplantant dans la berline, à l’automne de 1971, le V6 réalésé à 3,2 litres apparu dans le coupé présenté au printemps précédent. Avec 165 chevaux, une valeur de couple plus convaincante que celle d’une Mercedes 280 SE alors à son couchant et une boîte manuelle ZF à cinq rapports désormais proposée en série, les améliorations de la fiche technique n’étaient pas négligeables et elles s’accompagnaient d’un nouveau tableau de bord à cadrans ronds, bien plus attrayant (celui du coupé, derechef).

Malheureusement, ces efforts ne furent pas récompensés à leur juste valeur. Fortement pénalisée sur son marché domestique par une fiscalité scandaleusement confiscatoire frappant les moteurs de plus de deux litres, la 130 ne parvint jamais à s’exporter correctement, pour des motifs dont la litanie est hélas bien connue.

Au déficit naturel de crédibilité d’un constructeur de masse dans le segment du haut de gamme, s’ajouta le manque de motivation du réseau, une gamme trop restreinte (un seul moteur, là où les Allemands en proposaient cinq ou six) et, pour finir, les lugubres conséquences du choc pétrolier de 1973 qui achevèrent la malheureuse auto.

La splendide berline Opera élaborée par Pininfarina en 1974 sur la base du coupé, et qui en restituait vaillamment le charisme, aurait-elle pu changer la donne ? Nous ne le saurons jamais, car Fiat ne donna pas suite à la proposition du carrossier. Deux ans plus tard, la berline 130 quitta la scène dans l’indifférence générale et fut censément remplacée, au sommet de la gamme, par une 132 réactualisée - le proverbe bien connu « faute de grives, on mange des merles » doit bien avoir une traduction valable en italien…

La 130 aujourd'hui

De nos jours, la berline 130 continue de vivre paisiblement à l’ombre du coupé. Sa cote monte tranquillement mais sûrement, car son pedigree commence à intéresser certains amateurs : son V6 de noble lignée et sa grande rareté (un peu plus de 15 000 exemplaires sont sortis d’usine et leur taux de survie ne doit pas être fameux) lui valent un intérêt tardif, mais bien réel.

Bref, si vous aimez l’exotisme, les années 1970, les stigmates du monde d’avant la crise, les autos difficilement identifiables par les quidams, les vilains petits canards et les chansons de Claude François, vous avez peut-être trouvé votre Graal !

Fiat 130 Coupé: Un classique rare

Le Fiat 130 Coupé, introduit en 1971, était un projet élégant et ambitieux du constructeur automobile italien Fiat. Le modèle appartenait à la classe moyenne supérieure et était positionné comme une contrepartie luxueuse à la Fiat 124. Le Coupé était non seulement un chef-d'œuvre technique, mais aussi stylistique de son époque et a aidé Fiat à obtenir une perception de marque plus élevée.

Le design du Fiat 130 Coupé est issu de Pininfarina et les designers responsables étaient Paolo Martin et Leonardo Fioravanti. Pour le Fiat 130 Coupé, ils se sont inspirés des lignes claires et de l'apparence puissante des modèles italiens Gran Turismo, mais ont combiné une interprétation contemporaine du luxe et de la sportivité.

Pour le Fiat 130 Coupé, le premier modèle de la série 130, Fiat a développé une toute nouvelle plate-forme. Cela a non seulement permis une conduite confortable, mais a également offert un équipement exceptionnellement généreux. La carrosserie était une construction en acier autoportante qui garantissait à la fois la stabilité et une apparence attrayante. À l'intérieur, le Fiat 130 Coupé était équipé de matériaux nobles, notamment du cuir, du bois et des tapis, qui soulignaient les normes élevées du véhicule.

Le Fiat 130 Coupé était propulsé par un moteur V6 de 3,2 litres d'une puissance de 165 ch. Ce moteur a permis au Coupé d'atteindre une vitesse de pointe d'environ 190 km/h et d'accélérer de 0 à 100 km/h en un peu plus de 10 secondes. Le moteur était couplé à une transmission automatique à 3 vitesses ou à une transmission manuelle à 5 vitesses, la version automatique étant particulièrement privilégiée sur le marché intérieur italien. Le véhicule avait une suspension de roue indépendante à l'avant et à l'arrière.

La production du Fiat 130 Coupé a duré de 1971 à 1976, avec un total d'environ 4 493 véhicules produits. Ce faible nombre fait du modèle un classique rare, aujourd'hui très apprécié par les collectionneurs et les passionnés de voitures italiennes.

Caractéristiques techniques

Caractéristique Valeur
Cylindrée du moteur 3.235 cm3
Puissance 165 ch
Poids 1.600 kg
Production 4.491 exemplaires

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