Essayer une Fiat 500, il faut le faire. Si on vous parle de voiture italienne, vous penserez certainement soit à une Ferrari rouge, soit à une Fiat 500 classique dite « Nuova ». Pas étonnant, tant elle déborde de qualités.
La Fiat 500 classique est une icône de l'automobile italienne, voir même une icône tout court. Aujourd'hui passée dans le domaine de la collection, elle reprend sa place dans les garages des amateurs.
L'histoire de la Fiat 500
En remontant dans l'histoire, la DKW F1 apparaît bien comme la première voiture populaire moderne. Mais c'est la Fiat 500 - la fameuse Topolino - qui, en 1936, se révèle comme la première mini-voiture de grande diffusion, aux proportions mieux adaptées à un usage urbain. Produite telle quelle jusqu'en 1948, et relookée en 1949 sous l'appellation 500 C, elle était parvenue au terme de son évolution.
Aussi son remplacement est-il décidé en 1951. Mais foin des appellations ! Car c'est la 600 qui en assure l'héritage, en 1955, aussi bien chronologiquement qu'en termes de politique de gamme.
Après avoir lancé la 600, les dirigeants de Fiat souhaitent proposer une mini-voiture biplace à vocation urbaine se situant à un niveau de gamme inférieur. Ainsi naît le projet 110, future Fiat 500, qui, même si elle s'inscrit dans le sillon de son aïeule, se révèle fort différente.
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Comme d'ailleurs elle se distingue de sa grande sœur la 600, sur le plan mécanique tout au moins. Car pour ce qui est de leur architecture, les deux voitures sont identiques (structure monocoque autoportante, tout à l'arrière et quatre roues indépendantes).
Les principales caractéristiques de la nouvelle Fiat, inscrites dans le cahier des charges, s'appelleront encombrement restreint, légèreté, ainsi que simplicité et économie d'entretien. Avec pour corollaire, l'impérative nécessité d'un coût de construction des plus bas, afin de parvenir à un prix de vente sensiblement inférieur à celui de la 600.
Car les dirigeants de Fiat ont grand peur que leur nouveau produit ne vienne concurrencer le cheval de bataille de la firme. D'où la solution retenue du moteur à deux cylindres.
Ils excluent par ailleurs le deux temps (peu pratique pour l'utilisateur et au fonctionnement instable), le flat-twin (trop cher à réaliser) ainsi que le refroidissement liquide. Le système par air forcé permet en effet de diminuer le volume mécanique et contribue à l'excellent rapport entre l'encombrement de la voiture et son volume intérieur.
Présentée pendant l'été 1957 sous le vocable de Nuova 500 Trasformabile (par référence à son toit entièrement découvrable), la voiture apparaît parfaitement adaptée à son objectif. Simple et économique, elle est rustique dans sa présentation, voire spartiate.
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Déchromée et dotée de vitres fixes, elle se signale aussi par son absence de banquette arrière, remplacée par un simple tapis isolant posé sur le plancher… On a poussé l'économie jusqu'à la priver de jauge à essence ! Quant à son moteur de 479 cm3 et 16,5 ch, il l'entraîne au mieux à 85 km/h.
Évolutions et Modèles
Cette extrême sévérité fait rapidement place à un minimum de fantaisie. Tandis que la 500 dépouillée devient "Economica", une version "Normale" bénéficie de quelques chromes (dont des enjoliveurs de roues), d'une banquette (rudimentaire), et de vitres descendantes.
Pour répondre aux critiques, Fiat lance, dès 1958, la 500 Sport. Le moteur, réalésé à 499,5 cm3, développe maintenant 21,5 ch, et offre des performances en nette amélioration, avec une vitesse maximale de 105 km/h.
On reconnaît aisément cette version dopée à sa couleur blanche (seul "choix" possible) et à sa large (et peu esthétique) bande latérale rouge, les jantes et l'intérieur étant traités dans la même couleur.
Fidèle à son image, la Fiat 500 évoluera peu. Devenue 500 D en 1960, elle reçoit le moteur de 499,5 cm3 de la 500 Sport, mais ramené à 17,5 ch. Ses clignotants qui prennent, sous les phares, la place des grilles d'aération permettent de l'identifier aisément.
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Dotée d'un dossier de banquette rabattable - transformant l'arrière en espace de rangement -, la "D" consacre l'évolution du modèle vers une formule 2 + 2 (enfants).
L'année 1960 voit également la naissance de la célèbre Giardiniera, un break répondant au même souci d'offrir plus de place à la famille italienne (et à ses bagages). Sur ce modèle fort bien conçu, et qui restera l'un des plus petits breaks du monde, le moteur prend place en position couchée, sous le plancher, afin de libérer l'espace de chargement.
Cette rotation de 90° a notamment eu pour conséquence le déplacement de la prise d'air sur le panneau droit de custode. Il faut noter que les portes de la voiture ouvriront toujours dans le mauvais sens, et ce jusqu'à la fin de sa production.
C'est en 1968 que la 500 connaît une évolution majeure dans sa présentation comme dans son statut. Fiat lance une version luxe du type F, la 500 L, plus chromée et mieux finie.
Enrichie d'un agréable traitement de l'intérieur (tableau de bord noir mat de la 850, volant "sport" et moquettes), elle reçoit également des renforts tubulaires de pare-chocs. Ainsi gréée, la Fiat 500 va séduire ces dames des beaux quartiers, notamment dans sa nouvelle couleur noire, cultivant à fond le créneau de la seconde voiture sophistiquée.
Et apportant par là même un important coup de fouet aux ventes, qui augmentent de 45 % ! C'est essentiellement sous cette livrée que le petit "Fiatou" achèvera une carrière à la remarquable longévité.
Les versions Abarth et Giannini
Dans la longue cohorte des versions dérivées de la Fiat 500, les Abarth - aux moteurs dynamisés grâce à des vilebrequins et pistons spéciaux, des arbres à cames modifiés, et autres échappements maison - ressortent du lot, tout auréolées du prestige de la compétition. Sans nous étendre sur un sujet qui mérite un article à part entière, nous citerons la 595 et sa version SS, ainsi que la 695, moins pointue.
Au sommet, trônent la 695 SS Stradale et sa version Assetto Corsa aux voies élargies. Moins connues en France, les Giannini ont beaucoup couru en Italie où elles se sont posées en rivales des voitures au scorpion.
Les Dérivés de Carrossiers
Après les bêtes de course, passons au rayon charme, et pénétrons dans la caverne d'Ali Baba des nombreux dérivés de la Fiat 500 proposés par les carrossiers italiens. Ces exquises créations, fruits de l'imagination et du talent d'artistes au service de la frime (pour bourses modestes), composent en effet toute une gamme d'adorables jouets, qui garniraient avec bonheur un arbre de Noël pour grands enfants.
Les Autobianchi en constituent dès 1957 le plus important bataillon. Utilisant une mécanique 500 strictement de série, la famille Bianchina se compose de quatre petites sœurs, qui ne se distinguent que par leur carrosserie. Il s'agit d'un ravissant petit coupé deux places, d'un cabriolet (baptisé Eden Roc en France) et d'une berline à quatre places, qui, importée en France par André Chardonnet, deviendra la Lutèce.
Deux versions break complètent cet ensemble, la Panoramica (appelée aussi Belvédère) et la Texane conçue pour un usage mixte et à la présentation spartiate. Au total, ce sont 310 000 Autobianchi qui sortiront des chaînes !
La Jolly de Ghia, une charmante voiture de plage à quatre places, apparaît au Salon de Turin de 1957. Dépourvue de portes et équipée de sièges en osier ainsi que d'un dais à franges, elle ne sera construite qu'à 700 exemplaires, dont un bon nombre exporté aux Etats-Unis.
Rigolote apparaît la Vignale Gamine, produite par le carrossier italien de 1967 à 1970. Ce roadster d'esprit assez britannique s'adresse surtout à une clientèle d'adolescents et son look volontairement archaïque (déjà rétro), fait d'une carrosserie non pontée et d'une face avant aux phares rapportés, évoque la ligne de la Fiat Balilla Coppa d'Oro.
Production à l'Étranger
Sortant des frontières de la botte, la 500 a également été produite en Allemagne et en Autriche.
Après avoir produit la 500 C de 1951 à 1955, la Deutsche Fiat AG lance en 1959 sa propre version de la 500 pour lui donner le nom de Weinsberg, une ville touristique de la vallée du Neckar, lequel arrose (non loin de là) une autre cité largement vouée à l'automobile… Stuttgart.
En équipant la Fiat 500 d'un bicylindre à plat maison, le constructeur autrichien Steyer-Puch innovera, et avec quel succès ! Le modèle 500, qui apparaît dès 1957, sera suivi de plusieurs variantes, dont la TR2, version rallye de 43 ch. Avec 49 ch, la version compétition dépassera les 155 km/h.
Production et Succès Commercial
En dix-huit ans de carrière, la production de la Fiat 500 aura atteint le nombre considérable de 3.415.128 exemplaires, résultat ne prenant en compte que les voitures construites dans les usines Fiat de la péninsule, sans les dérivés - de l'ordre de 200 000 unités -, ni les Autobianchi.
La période la plus faste sur le plan commercial a été les années 1968 à 1970, avec plus de 300 000 exemplaires construits annuellement, le millésime record étant 1970 avec 380 172 unités.
Un tel succès peut surprendre, compte tenu de la proximité du modèle avec la 600. Celle-ci explique en partie les débuts difficiles de la voiture en Italie comme à l'exportation.
S'il honore Fiat pour l'audace et la pertinence de ses choix, ce succès prend sa source dans la parfaite adaptation de la voiture à son créneau, où elle est demeurée pratiquement sans concurrence.
D'ailleurs, vu son prix très compétitif, quel constructeur aurait pu s'aventurer sur ses terres, surtout quand on connaît la faible marge dégagée par les voitures de bas de gamme.
A la différence de la Honda 360 - il était encore trop tôt pour les japonaises -, la Mini 850, bien que d'un niveau de gamme et de prix supérieur, est la seule à avoir pu la concurrencer.
La Fiat 126 et la Postérité de la 500
Toujours motorisée par un bicylindre refroidi par air, la 126, qui a fait son apparition en 1972, a assuré la postérité de la 500. Se présentant comme une vraie quatre (petites) places, elle a remplacé, dans le renouvellement de la gamme Fiat du début des années 70, à la fois la 500 et la 600 - un an après que la 127 se fut installée dans le créneau de la 850.
Faite de formes géométriques, son esthétique modernisée paraît moins séduisante que celle de la 500, dont elle n'a pas le charme.
La Fiat 500 en France
Avec son agréable forme ronde et son minois sympathique, auquel participe le gros couvercle posé sur son coffre, la 500 a su gagner la sympathie de tous. Sautillant sur les bosses, mais se faufilant avec entrain dans ce que Boileau appelait déjà les embarras de Paris, ce vaillant petit lutin sait aussi venir à bout des côtes dans les pétarades de son petit moteur.
En France, son rôle sera exclusivement celui de seconde voiture urbaine. Car avec la 2 CV, à laquelle viendra s'adjoindre la Renault 4, les Français étaient largement pourvus en voitures populaires à usage mixte.
La 500 contribuera à l'échec de la Vespa 400 et elle restera le modèle le moins cher disponible sur notre marché. Et de nos jours, elle partage avec la BMC Mini le rare privilège d'être encore utilisée, dans nos villes, comme véhicule d'usage.
Voiture de femme, mais aussi de jeunes installés à l'étroit, les genoux dans le volant et la tête dans la capote, elle a finalement conquis un large public.
Si elle a contribué à la motorisation de masse de son pays d'origine, la Fiat 500 a dépassé la mission pour laquelle elle avait vu le jour. Car si elle fut pendant un temps une image de l'Italie pauvre des années cinquante, elle devint, par la suite, un symbole de sophistication bourgeoise.
La Fiat 500 de nos jours
La Fiat 500 c'est une auto qu'on collectionne pour ce qu'elle représente, c'est en partie ça qui a fait s'envoler son prix. Mais c'est aussi une auto parfaite pour tout le reste. Aller chercher le pain au milieu de la campagne, faire une petite balade avec famille et copains, un rallye touristique de 150 km. Voilà qui est fait pour elle.
Vous voulez offrir une populaire pas chère à votre tonton ? Rabattez vous sur la 4L, la Fiat 500 c'est cher. Très cher. Trop cher.
Son image a largement dépassé ses qualités intrinsèques et l’auto est devenue inabordable.
Conseils pour l'Achat d'une Fiat 500 d'Occasion
Le seul problème est que les Fiat 500 Nuova se trouvent sur le marché de l’occasion dans tous les modèles, tous les états et tous les prix.
Pour ce qui est de l’achat on fera attention. Que l’auto soit française ou importée on aura deux choix. Soit un modèle dans un bon jus, soit une restauration récente. Celles entreprises quand l’auto ne valait rien… bah elles ne valent pas grand chose.
Chaque génération de 500 possède ses propres avantages et inconvénients. Les séries les plus anciennes auront pour elles un charme de l’ancien supplémentaire, comme l’utilisation de matériaux plus nobles (le plastique s’étant peu à peu invité à bord) et une rareté accrue.
Les points à vérifier
La Fiat 500 Nuova a pour elle un avantage de taille : une conception très simple et une large diffusion. La conséquence directe est que sa mécanique est éprouvée et fiable et que l’entretien et les réparations sont simples notamment grâce à une abondance de pièces bon marché.
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