La Fiat 8V, à prononcer "Otto Vu" à l'italienne, fait partie de ces curiosités que l'on redécouvre lors des enchères, chez Artcurial ou Bonhams pour ne citer qu'eux. Évidemment, la 8V ne peuple pas les nuits de tous les collectionneurs… mais alimente certains fantasmes. Par sa rareté déjà (114 modèles construits), et sa condition particulière, l'italienne est devenue un classique des concours d'élégance les plus huppés.
Fiat, à l'époque, n'était guère plus reconnu qu'aujourd'hui en matière de productions automobiles exclusives. Dans ce contexte, la naissance de la 8V est une curiosité. Jamais Fiat n'avait proposé de V8 jusqu'alors. Ce coupé, dont la gestation débute en 1947, viendrait alors relancer l'image de la marque, et servir de vecteur de conquête pour le marché américain. Mais c'est en Europe que l'essentiel de sa carrière se tiendra.
La version définitive du projet est arrêtée en 1952. Le petit V8 de deux litres (cylindrée imposée en raison des contraintes fiscales italiennes d'alors), composé de deux 4 cylindres accolés alimenté par 3 carburateurs Weber, en est la pièce maitresse. D'une puissance de 115 ch, ce moteur pointu (145 Nm à chercher à 4.600 trs/mn) n'a que 930 kg à emmener (sur les 8V carrossées par Fiat). Les performances sont excellentes pour l'époque, notamment grâce à son aérodynamique poussée (développée en soufflerie).
En dépit de ses succès en compétition (la 8V sera championne d'Italie en 1954, en catégorie 2 litres) et de ses qualités réelles, sa carrière s'arrête en 1954, peu après la présentation de la seconde série. Celle-ci, rendue plus légère grâce à une coque en fibre de verre et dotée d'un peu plus de muscle (127 ch), était encore plus prometteuse.
On se souviendra surtout des versions réalisées par les grands noms de la carrosserie de l'époque. Celui-ci, né en 1953, est un cas d'école des réalisations exclusives de l'époque. Le raffinement général de la ligne signée Michelotti et le soin apporté à l'habitacle sont comparables aux productions Ferrari et Maserati contemporaines (éléments en aluminium massif, cuirs étendus…). C'était le règne du sur-mesure. Sur les 10 exemplaires ainsi carrossés, chacun est unique.
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Les autres versions célèbres de la 8V ont été habillées par Zagato, avec le fameux double bossage de toit (32 exemplaires), et Ghia (40 unités). Parmi ces dernières, on gardera en mémoire les 8 versions "Supersonic", dont la carrosserie a été adaptée par la suite à l'Alfa Romeo 1900 (1953) et même à une rarissime Jaguar XK120 (3 exemplaires).
Les quelques châssis restants seront revendus, en même temps que l'outillage de l'usine, à Siata qui achèvera la production d'une petite centaine d'unités. La plate-forme servira aussi de base au roadster 208S, produit à un peu plus de 30 exemplaires.
Voilà donc l'un des pans les plus désirables et les plus curieux de l'histoire Fiat.
Spécifications Techniques de la Fiat 8V
| Caractéristique | Détails |
|---|---|
| Moteur | V8, deux litres, composé de deux 4 cylindres accolés |
| Alimentation | 3 carburateurs Weber |
| Puissance | 115 ch |
| Couple | 145 Nm à 4.600 trs/mn |
| Poids | 930 kg (versions carrossées par Fiat) |
| Carrosserie | Coupé |
| Production | 114 exemplaires |
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