Lancée en 2008, la bombinette Abarth est toujours au catalogue, ayant gagné des chevaux et bénéficié de menues évolutions techniques entre temps.

Un Design Rétro et Personnalisable

La néo-rétro 500 Abarth est presque plus rétro que néo, le label au Scorpion fêtant ses 70 ans. Elle soigne toujours son look, et continue de mettre l'accent sur la personnalisation : le catalogue propose pas moins de quatorze coloris extérieurs, onze jantes alliage, trois types de sièges baquet, sept selleries et même quatre teintes pour les étriers de freins avant !

Si la Fiat 500 cultive son côté néo-rétro, l’Abarth suit la même tendance. On retrouve une bonne partie des codes des modèles passés entre les mains du sorcier Carlo Abarth. Le design de l’Abarth 595, c’est un petit peu comme Michel Drucker : on en vient à se demander si le temps a un impact sur eux.

À l’avant, on retrouve bien le look de la Fiat 500, qui n’a pas vraiment évolué depuis 2007. La version Abarth, qui en est à son troisième restylage, s’est d’abord appelée 500 Abarth avant de devenir l’Abarth 595. Le nouveau bouclier avant modernise assez bien la ligne, en renforçant le côté agressif.

Le profil est toujours aussi sportif, bien aidé par les jantes de 17 pouces et le rabaissement. Là encore, le style vieillit plutôt bien. On note les bas de caisse plus enveloppants, les écopes de pare-choc qui débordent sur les côtés et l’aileron qui allonge visuellement la ligne. Les pare-chocs sont aussi un peu plus épais, ce qui renforce le côté GTI. Enfin, les bandes Abarth complètement la panoplie, tout comme le sigle sur les ailes arrière.

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À l’arrière, on retrouve un élément surprenant : la baguette de coffre marquée « 500 » et non 595. L’aileron sportifie le look, tout comme le diffuseur au look travaillé et la double sortie d’échappement Akrapovic qui n’est pas réputée pour sa discrétion. Les feux ont été remplacés en 2015 au profit de ce modèle dont la partie intérieure est « découpée ». Cela modernise lourdement le design et finalement, la petite Abarth, malgré une conception ancienne, reste encore dans le coup.

L'Expérience de Conduite

Une radicalité qui se confirme dès la mise en route : l'échappement « Record Monza » à quatre sorties n'est pas avare en décibels. Et les suspensions ultra-fermes viennent rappeler à chaque ralentisseur que cette Abarth est une sportive, une vraie ! Mais elle reste une citadine maniable, comme elle le montre lors des premiers kilomètres dans les rues de Nice.

En revanche, la position de conduite n'est pas optimale. Les sièges baquet Sabelt à coque en carbone sont très beaux, mais leurs dossiers sont trop fermes et ils imposent une assise étonnamment haute pour une sportive. Quant au volant, il ne se règle qu'en hauteur.

Une fois le centre-ville derrière nous, on attaque les voies rapides, et la grande douceur de la direction se mue en imprécision. Il est alors préférable d'activer le mode Sport, qui réduit l'assistance et permet de retrouver un soupçon de consistance dans le volant.

Le 1.4 T-Jet, lui, s'en donne à cœur joie. C'est un moteur turbo « à l'ancienne », avec un caractère on/off prononcé : en dessous de 3 000 tr/min, il ne se passe pas grand-chose, mais après... boum !

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Enfin, nous voilà au pied du col de Turini. Les (rares) lignes droites et les côtes, la 595 Competizione n'en fait qu'une bouchée, aidée par sa légèreté et la vigueur de son petit moteur. En revanche, la situation se dégrade dès que le bitume n'est plus parfaitement plat : les roues surfent alors sur la route plus qu'elles ne roulent dessus, occasionnant pertes de motricité et aléas dans la tenue de cap.

Quant aux épingles à cheveux, l'Abarth s'en accommode plus qu'elle ne s'en joue, avec sa direction muette et son tempérament plutôt sous-vireur que le différentiel autobloquant a du mal à juguler. Heureusement, les freins costauds et endurants supportent ce traitement de choc.

Rouler en Abarth 595 Competizione, c'est retrouver des sensations un peu oubliées. Avec son look aguicheur et son tempérament mécanique volcanique, la petite italienne a du caractère à revendre ! Mais ce tonus met à mal un châssis déjà peu réputé pour sa rigueur. Emmener l'ensemble à bonne allure s'apparente dès lors à une séance de rodéo ! Pour les amateurs du genre, lassés des sportives modernes trop aseptisées, c'est un atout.

Sur des petites routes sinueuses, l’auto se montre en tout cas très joueuse et dynamique. Une vraie pile électrique qui en redemande à chaque virage ! On regrettera les freins qui manquent réellement de mordant, tout comme ceux de la version précédente. Et c’est bien là le fort de cette Abarth : procurer un maximum de sensations avec un châssis extraordinaire et une facilité de conduite déconcertante ! Le pédalier sportif est d’ailleurs très agréable pour ce type de conduite.

Les Différentes Versions : Turismo vs Competizione

Dans la gamme Abarth 595, le modèle Turismo fait partie de ceux qui profitent d’un gain de puissance avec 5 chevaux supplémentaires sur ce 4 cylindres de 1,4 litre pour atteindre 165 chevaux et un couple inchangé de 230 Nm. Il en résulte une vitesse de pointe améliorée de 8 km/h (218 km/h) et le 0 à 100 km/h ne nécessite plus que 7,3 secondes (gain de 0,1 seconde).

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La version Competizione est le modèle le plus sportif de la gamme 595. Ce supplément de 2450€ apporte des sièges baquet Abarth Corsa par Sabelt en cuir/alcantara avec une coque en fibre de carbone offrant un maintien très convenable ; mais aussi des jantes 17 pouces Supersport noir mat plus légères ainsi qu’un bouchon en aluminium gravé 595 qui remplace l’antenne radio.

La première surprise vient d’ailleurs de la suspension avec désormais des amortisseurs KONI à l’avant comme à l’arrière qui améliorent significativement le confort. Plus question de perdre ses vertèbres à chaque impureté de la route comme l’ancien modèle. Les sièges baquets enveloppent d’ailleurs très bien le corps et appellent à une conduite sportive.

Au delà de la différence de puissance, la Competizione apparaît comme le jour et la nuit par rapport à la Turismo qui ne peut en être équipée. Même si la Competizione est plus puissante et nous emmène beaucoup plus vite, elle devient pourtant moins piégeuse et beaucoup plus sécuritaire. L’efficacité est redoutable et le comportement se voit métamorphosé. La voiture devient beaucoup plus facilement contrôlable, avec une vivacité.

L'Intérieur : Sportivité et Ergonomie

À l’intérieur, on s’inspire également largement de la Fiat 500 restylée avec un nouveau compteur, un écran 5 pouces tactile (7 pouces en option) et un nouveau volant.

Une fois installé, légèrement en hauteur ce qui est presque déstabilisant pour une sportive, la prise en mains des différentes commandes est plutôt compliquée. L’ergonomie est vraiment peu convaincante et on a du mal à s’y retrouver.

Le compteur change d’ailleurs d’apparence dès lors que l’on enclenche le bouton « sport ». Le fond passe en rouge et le compteur n’affiche que l’essentiel de façon encore plus claire : la vitesse et le régime moteur en tours par minute.

Vraiment, et là c’est le point décevant de la voiture, l’ergonomie et l’info-divertissement sont sincèrement irritants.

À bord, le sport est bien présent avec manomètre de pression du turbo, un magnifique volant cuir / carbone / alcantara, un pédalier en aluminium et quelques touches d’alcantara. Un compteur central au graphique sportif qui donne toutes les informations nécessaires.

Boîte de Vitesse Automatique : Un Choix Discutable

Une fois sur la route avec la version équipée d’une boîte de vitesses automatique, les mêmes défauts que ceux de l’ancien modèle reviennent… En effet, cette boite séquentielle est lente, plus lente que la boite manuelle et sa gestion est chaotique en mode automatique. Difficile même de supporter de nombreux kilomètres en conduite sportive, je suis obligé de passer rapidement en mode manuel avec les palettes au volant.

Malheureusement, la fête est gâchée par la boîte robotisée à 5 rapports d’un autre temps. Elle rappelle furieusement les premières boîtes F1 de chez Ferrari avec, certes un passage de vitesse plus rapide, mais un agrément catastrophique. Il faut impérativement se mettre en mode manuel et passer les vitesses avec les palettes pour éviter les à-coups désagréables. On apprend à conduire différemment en lâchant l’accélérateur au passage de vitesse, comme sur une boîte manuelle. Très déroutant et surtout très frustrant.

Abarth 595 EsseEsse : Le Haut de Gamme

Si l’on met de côté les modèles 695, l’Abarth 595 EsseEsse constitue le haut de gamme. Mais alors, qu’apporte-t-elle de plus que la Compétition, vendue près de 3 000 € moins chère ? À vrai dire, peu de chose puisqu’elle reprend la même mécanique et la puissance, la dotation générale mais s’enrichit des jantes SuperSport en 17 pouces et d’éléments esthétiques de couleur blanche. Aussi, l’EsseEsse troque la ligne Monza au profit d’une ligne Akrapovic.

À ce sujet, toutes les Abarth sorties en 2019 l’arborent tandis que les versions EsseEsse l’ont de manière systématique, même pour ma version d’essai immatriculée en janvier 2020.

De là, on accède à deux beaux baquets Sabelt en cuir et tissu. Le volant en cuir et alcantara est lui aussi du plus bel effet. On note une marque à midi en carbone. La prise en main est bonne et le levier de vitesse, souvent décriée pour son positionnement utilitaire, tombe finalement très bien sous la main !

La ligne Akrapovic offre des vocalises puissantes, surtout en mode Sport, ce qui a pour but d’ouvrir les clapets de l’échappement. On découvre assez vite que l’amortissement, assuré par des Koni FSD, est adapté. Ce n’est pas excessivement ferme, ni trop confortable. Le moteur ne rechigne jamais à monter dans les tours, avec des reprises très correctes.

Cette version reçoit le traditionnel moteur 1.4 litre, propre à toutes les 595 Abarth est ici poussé à 180 chevaux. C’est un moteur éprouvé, agréable et relativement fiable. Il dispose aussi d’un filtre à air BMC de série et d’un turbo Garrett GT1446.

En revanche, même si le plaisir de conduite est au rendez-vous, la boîte manuelle à cinq rapports seulement trahit la conception âgée de l’Abarth 595. C’est une boîte bien étagée, avec les trois premiers rapports assez courts et les deux derniers assez longs… Mais l’absence d’un sixième rapport est regrettable. Idem pour le régulateur ou limiteur de vitesse, absent même en option.

Prix et Équipements

Forcément, concocter une 595 selon ses moindres désirs a un coût : notre Competizione d'essai s'affichait ainsi à 32 140 € prix catalogue, sans compter les 2 300 € de malus écologique. Une note salée pour un joujou dont l'usage reste assez exclusif, avec ses places arrière étriquées et son coffre plutôt riquiqui (185 dm³).

Voici un aperçu des prix et équipements des différentes versions :

Modèle Puissance Couple Prix (estimé) Équipements notables
Abarth 595 145 ch 206 Nm À partir de 20.000 € Jantes en alliage de seize pouces, double sortie d’échappement
Abarth 595 Turismo 165 ch 230 Nm À partir de 23.100 € Sellerie cuir, améliorations esthétiques
Abarth 595 Competizione 180 ch 250 Nm À partir de 26.590 € Échappement Record Monza, sièges baquet Sabelt
Abarth 595 EsseEsse 180 ch 250 Nm À partir de 29.290 € Jantes SuperSport, ligne Akrapovic

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