"C'était une course folle ! De la part de toute l'équipe de Renault Sport, merci de nous avoir suivis dans cette aventure." C'est avec une publication sur sa page Instagram, que Renault Sport a dit au revoir à ses fans le 31 décembre 2021.

Après 45 ans de bons et loyaux services, Renault Sport tire officiellement sa révérence et emporte avec elle quelques modèles historiques, qui vont sans aucun doute nous manquer.

Les Débuts de Renault Sport

En 1976, Renault prend la décision de fermer l'usine historique Alpine de Dieppe et de fusionner sous une seule entité ses deux divisions sportives, qui produisaient séparément les châssis et les moteurs, ces derniers étant alors gérés par Gordini.

Fondée pour la piste, cette saga démarre avec le développement de la toute première monoplace de la marque, la Renault R.S. 01. En 1977, la monoplace fait son apparition dans la catégorie reine du sport automobile, la Formule 1, avec à son bord, Jean-Pierre Jabouille et René Arnoux comme pilotes. Elle participera à trois championnats du monde, entre 1977 et 1979.

Jusqu'à la première moitié des années 90, Renault Sport se concentre principalement sur le sport automobile, glanant plusieurs trophées en WRC et faisant ses débuts en Formule 1 avec une équipe dédiée.

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L'Arrivée des Modèles de Route

Mais à l’époque, Renault Sport n’avait pas encore réfléchi à produire des véhicules de série. C’est en 1995 que sera commercialisé le premier véhicule de la saga R.S. C’est alors qu’est née la Renault Sport Spider.

En 1995, au Salon de Genève, la marque française présente une voiture surprenante : la Renault Sport Spider. Produite à un peu plus de 1 700 exemplaires, ce premier modèle de série se décline en version avec ou sans pare-brise. Impensable de nos jours. Et pourtant, cette petite voiture biplace reprend le 4 cylindres 2 l de 150 chevaux de la Clio Williams, pour un poids de moins d’une tonne.

Avec sa boîte 5 rapports, son poids plume et son couple de 180Nm, elle pouvait atteindre une vitesse de pointe de 216 km/h. Radicale, la Renault Sport Spider sera même introduite dans un championnat monotype. Renault Sport prend vie pour tous les fans de voiture de sport.

La première "véritable" voiture flanquée R.S. n'est apparue que deux ans après le Spider. En 1997, la Clio II Renault Sport 172 fait son apparition, un modèle d'ailleurs surnommé simplement "172" par les passionnés.

Esthétiquement, elle se distingue des versions standards par des jantes OZ F1 dédiées et un petit kit carrosserie. Mais c'est bien sous son capot que tout l'intérêt de cette Clio R.S.

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La "172" embarque le nouveau 2,0 litres F4R, qui accompagnera, avec diverses évolutions (atmosphérique ou turbo) toutes les prochaines générations de Clio et Mégane R.S., jusqu'en 2014. Il s'agit d'un quatre cylindres 2,0 litres atmosphérique doté de 16 soupapes, avec un calage variable des soupapes et un système d'injection multipoint, développant 172 chevaux (d'où le surnom de cette Clio) et 200 Nm de couple.

Avec le succès des Clio "172" et "182", Renault Sport a également conçu une autre Clio. En 2001, la firme au Losange a entrepris de réaliser une édition limitée, encore plus extrême et puissante que la R.S. 2,0 litres.

Le moteur choisi, c'est le nouveau V6 ES9 3,0 litres du groupe PSA, entièrement construit en aluminium et doté de 24 soupapes. Lourd et doté d'une généreuse capacité cubique, c'est un véritable défi pour les ingénieurs de l'intégrer dans une citadine conçue à l'origine pour la ville et avec un moteur à l'avant. La seule solution viable, c'était de placer le moteur dans l'habitacle, à la place des sièges arrière.

En 2004, la voiture a le droit à un restylage et quelques changements, avec un moteur qui passe désormais à 182 chevaux grâce à un taux de compression légèrement révisé.

L'Ère de la Mégane R.S.

En 2004, c'est la grande mode des compactes sportives, avec notamment la Volkswagen GTI en guise de référence, ou encore l'Audi S3. Et pour concurrencer ces modèles, les ingénieurs de Renault Sport ont dû revoir le fameux F4R. Ils ont ainsi changé les arbres à cames, installé un nouveau carter plus léger et encore réduit les taux de compression.

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Ce "nouveau" moteur équipe la première Renault Mégane R.S.

En 2008, la troisième génération de Mégane arrive sur le marché, avec la présentation de la nouvelle version R.S. en 2010. Le désormais célèbre 2,0 litres F4R, avec un turbo du coup, voit sa puissance grimper à 250 chevaux et 340 Nm de couple. Le moteur est associé à une boîte de vitesses manuelle à six rapports.

En 2011, Renault Sport présente la première variante "Trophy" avec 265 chevaux sous le capot grâce à une nouvelle admission et une pression du turbo accrue.

Lors du restylage de la Mégane III, la version R.S.

C’est avec la Mégane que Renault Sport acquiert ses lettres de noblesses comme préparateur au niveau international. De la seconde à la quatrième génération de la compacte, les déclinaisons RS de celle-ci et leurs éditions spéciales toujours plus radicales se sont imposées à plusieurs reprises comme les tractions les plus rapides de leur temps sur plusieurs circuits parmi lesquels le Nürburgring.

Dans cette course par records interposés, l’adversaire principal de Renault est Honda dont la Civic Type R ravit régulièrement sa couronne à la Mégane RS, évolution après évolution. La version ultime de l’actuelle Mégane 4 RS est la Trophy-R biplace de 2019 produite à 500 exemplaires.

Clio III et IV : Évolution et Adaptations

En 2006, toujours au Salon de Genève, Renault dévoile la Clio III. La version R.S. était équipée du nouveau 2,0 litres F4R, mais en atmosphérique. Elle développait à l'origine 197 chevaux, soit 15 de plus que la deuxième génération, mais sa carrosserie moins aérodynamique, plus haute et plus large, la rendait légèrement moins efficace avec une vitesse de pointe réduite à 216 km/h (contre les 224 km/h pour la Clio II R.S.).

En 2012, la Clio IV fait ses débuts au Mondial de Paris. Le F4R 2,0 litres n'est plus de la partie puisqu'il ne peut plus être homologué en raison des nouvelles normes Euro 6. Avec 200 chevaux et 240 Nm de couple, grâce notamment à l'ajout d'un turbocompresseur à géométrie variable, la Clio IV R.S. affiche des performances intéressantes avec un 0 à 100 km/h abattu en 6,7 secondes et une vitesse de pointe de 230 km/h.

En 2015, l'inévitable version Trophy arrive, avec des jantes de 18 pouces, un échappement signé Akrapovič, et 220 chevaux sous le capot... Ce sera le point de départ de la création, en 2018, de la série limitée R.S. 18, une version qui sera produite six mois, de mars à septembre 2018 et qui sera donc la dernière Clio flanquée de l'insigne R.S.

Derniers Modèles et Éditions Spéciales

Deux ans plus tard, au Salon de Francfort, la Mégane fait également peau neuve. La R.S. reçoit un nouveau quatre cylindres 1,8 turbo partagé avec l'Alpine A110 et délivrant 280 chevaux en version "standard" et 300 chevaux pour la Trophy. Le résultat est à la hauteur de Renault Sport avec des records en pagaille.

Chaque génération de Clio et de Mégane R.S. a connu un certain nombre d'éditions spéciales. Il y a notamment eu la Clio IV R.S. Gordini, la Mégane II F1 Team R26 ou encore la Mégane III Red Bull RB7 et RB8 Edition, créées en hommage aux victoires de l'équipe autrichienne en Formule 1 en 2012 et en 2013 avec Sebastian Vettel au volant.

Et pour marquer d’une pierre blanche ou plutôt « jaune Sirius » cet événement, Mégane R.S. Ultime représente la dernière série de Mégane R.S. et plus largement, le dernier modèle sous le logo Renault Sport, en attendant la suite de cette belle aventure avec Alpine, la marque ressuscitée des véhicules sportifs de Renault Group.

Cette série limitée basée sur Mégane R.S. Trophy reprend sa motorisation 4 cylindres turbo 1.8 forte de 300 Cv et 420 Nm de couple, avec sa boîte automatique à double embrayage EDC (pour l’Europe) et son différentiel mécanique Torsen, qui permettent de passer de 0 à 100 km/h en juste 5,7 secondes. Elle est équipée de pneumatiques semi-slicks Bridgestone Potenza S007 développés pour Mégane R.S. Trophy-R, assortis ici des jantes 19’’ Fuji Light et des freins Brembo bi-matière aux étriers rouges.

Le train avant à pivots indépendants, le châssis Cup surbaissé, les butées hydrauliques de compression et le système 4CONTROL à 4 roues directrices lui offrent un comportement ultra sportif, y compris sur piste.

Autres Modèles R.S.

C'est qu'on l'aurait presque oublié dans tout ça ! La Clio et la Mégane ne sont pas les deux seules voitures sur lesquelles Renault Sport a travaillé. En 2007, Renault présente une Twingo II R.S., une voiture très appréciée à l'époque pour son excellent 1,6 litre atmosphérique de 133 chevaux.

La citadine pouvait également recevoir, en option, le châssis Cup, avec des réglages spécifiques, des jantes de 17 pouces à doubles rayons et des renforts au niveau du châssis.

Transition vers Alpine

Renault Sport n'est plus désormais, Alpine devenant ainsi l'entité sportive du Groupe Renault. Reste à savoir comment cela va s'articuler.

À son arrivée à la tête du groupe Renault, Luca de Meo a pris des décisions fortes, comme celle de faire d’Alpine une véritable marque sportive, sacrifiant ainsi la marque Renault Sport qui existait même à l'international et notamment au Brésil avec la Sandero RS. L’équipe Renault F1 fut ainsi renommée Alpine tandis que Renault restait son motoriste.

Puis la marque Renault Sport a disparu avec la dernière Mégane 4 RS, tout cela sans oublier bien sûr le retrait de Renault de la F1 en tant que motoriste qui sera effectif dès la fin de l’année, jugeant cette activité trop couteuse par rapport à ce qu’elle rapportait. Une décision très décriée, honteuse même pour l’image d’Alpine, mais qui peut se justifier pour des raisons économiques malgré des résultats financiers très bons depuis 2023.

La marque Renault Sport n’est donc probablement pas morte, mais seulement mise en veille, le temps de construire une stratégie cohérente et de laisser Alpine se faire un nom sur la scène internationale. D’ailleurs, une marque ne meurt jamais vraiment, preuve en est avec Alpine qui a su renaitre de ses cendres plus de 20 après l’arrêt de l’A610 ou même Bugatti et dans une moindre mesure, Cupra ou Lancia.

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