La firme américaine Ford n’aurait pas pu choisir mieux pour rendre hommage à sa mythique Ford GT 40 que d’en créer une nouvelle version en série limitée, la Ford GT Heritage Edition Gulf. Sponsorisée par la marque américaine de lubrifiants Gulf, elle revêt avec panache des couleurs orange et bleu.

Ce sont sans nul doute les plus connues dans l’histoire des courses automobiles. Ford célèbre les 50 ans des 2 victoires de la Ford GT40 aux 24h du Mans. Le constructeur automobile américain Ford a décidé cette année de fêter les 50 ans de la victoire de la GT40 lors des 24H du Mans de 1968 avec brio.

D’autant plus qu’il ne c’est pas agi d’un événement isolé, puisque cette voiture s’est également illustrée en 1969 en remportant une seconde fois cette fameuse course. Dès lors, la GT40 est devenue une voiture de course d’exception à la renommée mondiale. Quoi de plus naturel que de souhaiter lui rendre honneur avec la commercialisation d’une nouvelle édition limitée Héritage.

GT40 : une histoire marquée par une fabuleuse réussite

La GT de 1968, est devenue mythique grâce à ses deux victoires aux 24H du Mans. Au cours de l’histoire de cette course, c’est l’un des rares modèles de voitures de course à avoir réalisé cet exploit. En 1968, elle portait le n°9 et était aux mains de Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi.

Elle a réalisé une course exceptionnelle, en parcourant sous la pluie, pas moins de 4 452 km avec une vitesse moyenne de 186 km/h. Elle a réitéré son exploit lors de l’édition de 1969 sous le n°6 pilotée à cette occasion par Jacky Ickx et Jackie Oliver. Elle a livré au monde un nouvel exploit durant les 4998 km de la course à une vitesse moyenne de 208 km/h. Quelle performance ! Elle est dès lors rentrée brillamment dans l’histoire du sport automobile.

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En 1967, John Wyer rachète les locaux anglais de la Ford Advanced Vehicles (F.A.V.) à Ford, qui n’était plus intéressé et qui voulait construire une auto 100% américaine (J-car et MkIV). Au milieu de l’année 1966, l’Américain Grady Davis, alors vice-président exécutif de la Gulf Oil Corporation, achète une GT40 version route à la F.A.V. équipée d’un moteur de course pour son usage personnel.

Etant très satisfait de sa voiture, il retourne voir John Wyer en Angleterre (désormais dans les locaux de la JWAE) pour lui suggérer un partenariat. Davis pensait que sponsoriser une équipe de course ferait de la bonne publicité pour sa société. John Wyer et Len Bailey, un des ingénieurs à l’origine de la GT40, travaillaient sur une version plus légère (lightweight en anglais) et plus aérodynamique de la GT40. Ils la baptisèrent “Mirage M1”.

Elle devait courir pour la saison 1967 et être la voiture officielle de ce partenariat. P/1049 participera donc aux 24h de Daytona, en février 1967, avec Jacky Ickx et Dick Thompson au volant. Pour les deux premières courses du championnat, P/1049 était bleu foncé avec une large bande orange, reprenant les couleurs du logo de la société Gulf.

Mais lorsque les Mirage M1 furent enfin prêtes, Grady Davis décida de les peindre dans un bleu plus clair. Il estimait que le bleu foncé actuel était trop discret. Le nouveau bleu clair était en fait celui de la compagnie pétrolière Californienne « Wilshire » que la Gulf Oil Corporation avait racheté en 1960.

Toujours accompagné du orange, mais cette fois-ci avec un bleu clair, les voitures de la team JWA-Gulf allaient offrir une publicité visuelle et reconnaissable dans le monde entier à Gulf. On peut aussi voir que sur P/1049, deux fers à cheval sont présents sur l’aile arrière droite. Ils sont en fait le symbole d’une campagne publicitaire de Gulf pendant les années ’60.

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Gulf proposait un carburant premium appelait « No-Nox » dans sa gamme, principalement pour les voitures de sports comme les Muscle Cars. Trois Mirage M1 furent construites, avec les nouvelles couleurs: les châssis M.10001, M.10002 et M.10003.

Elles se caractérisaient principalement par un châssis en acier allégé, avec certaines parties en aluminium et des éléments de carrosserie très fins en fibre de verre, renforcés avec de la fibre de carbone (une première à l’époque!). Le tout faisant perdre environ 50kg. Le cockpit était aussi plus étroit pour mieux fendre l’air, les freins à disques ventilés étaient plus gros et les suspensions ont été améliorées par rapport à la Mk I.

Les Mirage M1 en compétition

La première apparition de la Mirage M1 fut aux essais du Mans, début avril 1967. Il s’agissait de la M.10001 équipée du V8 289ci 4,7 litres de la GT40 Mk I, pilotée par Richard Attwood.

Fin avril se déroulait les 1000km de Monza: la première course des Mirage. M.10001 était présente avec Jacky Ickx et Alan Rees, accompagnée de M.10002 fraîchement construite et confiée à Dick Thompson et David Piper. Le V8 289ci avait été remplacé par le nouveau 302ci de 5 litres Gurney-Weslake.

La course suivante était les 1000km de Spa. M.10003 est terminée et remplace M.10002 pour courir aux côtés de M.10001. Elle est confiée à Jacky Ickx et Alan Rees avec un moteur 351ci de 5,7 litres. David Piper abandonne sur M.10001, son co-pilote Thompson est alors transféré sur l’autre voiture pour prendre la place de Rees. Lui et Jacky Ickx remporte la victoire ! C’est la première victoire pour une Mirage et pour une voiture sponsorisée officiellement par Gulf.

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Ford souhaitait d’ailleurs que les Mirage soient déclarées comme modèles de la marque, car le châssis reprenait celui de la GT40. JW Automotive était d’accord, mais pas la Commission Sportive Internationale qui estimait que la voiture n’avais rien à voir avec une Ford, car construite par JWA. Les points attribués à la victoire de la Mirage n’auront donc jamais été donnés à Ford. (Pour rappel, il s’agissait du championnat du monde des constructeurs.

Aux 1000km du Nürburgring, c’est le drame. Le châssis M.10002 piloté par Piper et Thompson se crashe lors des essais et la voiture est complètement détruite. Jacky Ickx et Richard Attwood abandonne quelques tours avant la fin sur M.10001.

Aux 24h du Mans, les deux Mirage survivantes sont en course: M.10001 avec Piper et Thompson et M.10003 avec Ickx et Brian Muir. Après Le Mans, M.10003 court au BOAC 500 de Brands Hatch avec Pedro Rodriguez et Thompson, où elle abandonne suite à un accident.

Gulf Suède persuade Grady Davis et John Wyer d’envoyer les Mirage aux courses de Karlskoga et de Skarpnäck en août et septembre 1967. Jacky Ickx gagne la première course avec M.10003 et Jo Bonnier (pilote Suédois) finit 2ème avec M.10001. La course suivante à Skarpnäck, les voitures échangent leur classement: Bonnier gagne avec M.10001 et M.10003 finit 2ème avec cette fois ci Paul Hawkins au volant.

M.10003 gagne ensuite aux 1000km de Paris, à Montlhéry, avec Jacky Ickx et Hawkins en octobre. Par la suite, une seule des trois voitures resta sous sa forme Mirage: M.10001. Elle continuera à faire des courses en dehors du championnat du monde des voitures de sport en 1968 et 1969.

Une des deux Mirage M1 survivantes restera sous cette forme à faire des courses hors championnat, tandis que l’autre se transformera en GT40 Mk I. Le châssis allégé de la Mirage M.10003 a été conservé mais tous les panneaux de carrosserie ont été changés pour ceux de la GT40 Mk I avec quelques spécificités: carrosserie renforcée avec de la fibre de carbone, un panneau arrière ventilé permettant d’évacuer l’air refroidissant les freins et des passages de roues élargies à l’arrière.

Les deux voitures font leur première course aux 24h de Daytona, Ickx et Redman sur la n°8 P/1075 et Hawkins et Hobbs sur la n°9 P/1074. Le premier week-end d’avril se déroulaient les essais du Mans et les 6h de Brand Hatch. Jacky Ickx qualifie P/1074 au Mans lors des essais et va ensuite en angleterre pour courir sur P/1075 (qui sera donc la seule voiture engagée). Ickx et Redman remportent la victoire sur P/1075 qui porte le numéro 4. La première d’une longue série !

A la fin du mois d’avril, les deux GT40 participent aux 1000km de Monza. Résultat: victoire de Hawkins et Hobbs avec P/1074.

Aux 1000km du Nürburgring, Les pilotes sont mélangés. P/1074 se prépare pour le Mans (qui sera par la suite repoussé à septembre avec les manifestation de mai 1968) et P/1075 court à Spa où Jacky Icks et Redman remportent la victoire. Une autre voiture vient aider JWA lors de cette course et qui portera les couleurs Gulf: P/1084. C’est la troisième voiture à les porter. C’est en fait le châssis P/1004 qui a couru au Mans en 1965. La voiture a ensuite été stockée dans les ateliers de la F.A.V. à Slough, en Angleterre. JW Automotive a alors pris le châssis P/1004, a transformé la voiture aux spécifications de course 1968 et l’a renommé P/1084.

Les 24h du Mans étant repoussées, ce sont les 6h de Watkins Glen qui prendront la suite du championnat. P/1075 remporte la victoire avec Jacky Ickx et Lucien Bianchi, qui remplace Brian Redman blessé. P/1074 est juste derrière avec Hawkins et Hobbs à la 2ème place !

La course tant attendue arrive enfin en septembre 1968. Trois GT40 Gulf sont engagées par JW Automotive: P/1075 avec le numéro 9, pilotée par Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi. P/1074 avec le numéro 10, pilotée par Hawkins et Hobbs.

Sur les 10 courses du championnat FIA 1968, les GT40 Gulf en ont remporté 5 ! Lors des 1000km de Paris, P/1074 a été confiée a Jean « Beurlys » et Hughes de Fierlant. Elle finit 8ème.

En fin d’année se tenaient les Séries Springbok. Et comme l’année précédente, JW Automotive décide d’y participer avec la seule Mirage restante: le châssis M.10001 et son moteur V8 351ci de 5,7 litres. Jacky Icks et David Hobbs remporte la victoire à son volant à Kyalami.

Un concurrent sur GT40, Malcolm Guthrie, crashe sa voiture et la détruit complètement. 1969 fut la dernière année pour les GT40 en championnat FIA. La saison débute de nouveau avec les 24h de Daytona. P/1075 y est présente avec David Hobbs et Mike Hailwood, ainsi que P/1076 avec Jacky Ickx et Jackie Oliver.

A Sebring, P/1075 retrouve Jacky Ickx et gagne avec Jackie Oliver ! P/1074, qui avait couru en 1968, revient pour sa seule et unique course de cette année, à Brand Hatch.

Les 14 et 15 juin se déroulaient les 24h du Mans. John Wyer décide d’emmener deux GT40: P/1075, qui avait gagné l’année précédente, et P/1076. P/1075 portait le numéro 6 et était pilotée par Jacky Ickx et Jackie Oliver.

Le départ du Mans 1969 restera gravé dans l’histoire et apportera un changement majeur par la suite. Les départs type Le Mans consistent à aligner les voitures du côté des stands et les pilotes de l’autre côté de la piste. Au signal, les pilotes courent vers leur voiture pour partir le plus vite possible. De ce fait, beaucoup de concurrents ne prenaient pas le temps de s’harnacher correctement. Ils sautaient dans la voiture, démarraient, partaient le plus vite possible et ne s’attachaient que dans la grande ligne droite des Hunaudières. Suite à de nombreux accidents, bien trop souvent mortels comme cette année là, Jacky Ickx décide de marcher tranquillement vers sa voiture en signe de protestation. Il s’attache correctement et part enfin. Evidemment, bon dernier.

Lui et Jackie Oliver remontent petit à petit les voitures, jusqu’à la Porsche 908 de Hans Hermann et Gérard Larousse avec la quelle la GT40 va batailler pendant près de trois heures !

Jacky Ickx passe en premier la ligne d’arrivé, mais une vingtaine de seconde trop tôt pour boucler les 24 heures. C’est donc reparti pour un tout dernier tour. La Porsche de Hermann était plus rapide en ligne droite grâce à son aérodynamisme, mais la GT40 de Ickx avait des freins tout neuf, changés quelques heures plus tôt. La victoire allait donc se jouer sur la stratégie.

Jacky Ickx simule une panne en ralentissant légèrement à l’entrée de la grande ligne droite des Hunaudières. Hermann le double, Ickx rétrograde en quatrième vitesse et se colle derrière la Porsche pour bénéficier de l’aspiration. Jacky Ickx redouble Hans Hermann à la fin de la ligne droite et freine plus tard, lui permettant de rester devant jusqu’à la ligne d’arrivé.

Jacky Ickx et P/1075 gagneront la 37ème édition des 24h du Mans à seulement 120 mètres de la Porsche 908 n°64 ! P/1076 finira juste derrière à la troisième place. La GT40 châssis P/1075 est la première voiture à gagner deux fois de suite les 24h du Mans et permet à Ford de les remporter pour la quatrième fois consécutive !

L’année suivante, le départ de la course se fera toujours en épi, mais avec les pilotes déjà installés et attachés correctement. Après Le Mans, les GT40 Gulf prirent leur retraite.

Cette Ford GT40 aux couleurs légendaires de Gulf reproduit fidèlement l'une des voitures les plus emblématiques des 24 Heures du Mans. La Ford GT40 naît en 1964 de la volonté d'Henry Ford II de défier Ferrari sur les circuits d'endurance, après l'échec des négociations de rachat du constructeur italien.

Haute de seulement 40 pouces (d'où son nom GT40), cette berlinette révolutionnaire se distingue par sa carrosserie en fibre de verre, son moteur V8 de 4,7 litres puis 7 litres, et son aérodynamisme étudié pour les longues lignes droites de La Sarthe. Le succès commercial et sportif de la GT40 dépasse toutes les espérances.

En 1968, Ford Motor Company traverse une période de transformation majeure sous la direction d'Henry Ford II. Cette année marque l'apogée de la domination Ford en endurance. Après avoir dépensé des millions de dollars dans le développement de la GT40, la firme de Dearborn récolte enfin les fruits de ses investissements. L'histoire de Ford, fondée en 1903 par Henry Ford, prend une nouvelle dimension internationale avec ce programme sportif.

Les 24 Heures du Mans 1968 restent gravées dans l'histoire comme l'une des éditions les plus spectaculaires. Pedro Rodriguez et Lucien Bianchi, au volant de cette GT40 numéro 9 aux couleurs Gulf, livrent une bataille acharnée contre leurs coéquipiers et les Porsche 907. La livrée Gulf bleu et orange fait sensation dans le paddock. Cette collaboration entre Ford et la compagnie pétrolière Gulf Oil marque le début d'une esthétique devenue légendaire.

Rodriguez, pilote mexicain au tempérament de feu, impressionne par sa régularité remarquable malgré son style spectaculaire. Associé au méticuleux Lucien Bianchi, pilote d'essai réputé, ils forment un duo parfaitement complémentaire.

Cette course marque également l'évolution du sport automobile vers le spectacle moderne. Cette Ford GT40 Gulf occupe une place centrale dans l'univers des miniatures d'endurance. Les collectionneurs d'automobiles américaines apprécieront de l'associer à d'autres modèles de la collection Ford, des Mustang légendaires aux Chevrolet rivales. Destinée aux passionnés d'histoire automobile, cette reproduction séduit autant les collectionneurs chevronnés que les amateurs désireux de posséder un morceau de légende.

Ford GT Heritage Edition limitée Gulf : ses spécificités

Le modèle commercialisé en 2019 conservera le N°9 de la Ford GT40 de 1968 alors que celui dont la sortie est prévue en 2020, affichera sur son capot et ses portières le fameux n°6 de la GT de 1969.

La fibre de carbone est largement présente dans cette nouvelle édition autant dans son habitacle qu’à l’extérieur avec des seuils de porte, des conduits d’entrée d’air et une console centrale en fibre de carbone mate.

Cette Supercar américaine est équipée de jantes noires exclusives de 20 pouces conçues en aluminium forge avec des écrous noirs et des étriers de freins orange.

Son habitacle se pare d’Alcantara de couleur noir profond au niveau des sièges, du volant muni de palettes de changement de vitesse en aluminium et du tableau de bord.

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