Les deux meilleures ventes de la catégorie des grands monospaces se sont renouvelées cette année dans le but de reconquérir les familles. Mais entre le Ford S-Max 2 et le Renault Espace 5, les différences sont nombreuses. Quelle philosophie triomphera ?
Le grand monospace n'est pas encore mort. Malgré l'arrivée en force des SUV et son déclin commercial - moins de 4.000 exemplaires vendus en 2014 contre 10 fois plus il y a 15 ans -, l'ancien chouchou des familles n'a pas dit son dernier mot.
C'est le cas des nouveaux Ford S-Max et Renault Espace, deux visions totalement différentes du monospace. D'un côté, la fibre sportive inaugurée par le premier S-Max et perpétuée avec sa seconde génération. Dans sa volonté de monter en gamme, l'Espace joue la carte futuriste et raffinée aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur. A côté, le Renault Espace paraît bien plus original et presque futuriste. A première vue, ce nouveau S-Max ne diffère guère de la précédente génération.
Design et Apparence Extérieure
Si le conserve une silhouette de monospace, c'est à dessein. Il conserve sa silhouette de pavillon tombante, ses passages de roues marqués ainsi que ses fausses ouïes de ventilation sur les ailes avant. C'est la face avant qui se distingue le plus de la précédente mouture, avec un volume plus finement travaillé et une calandre façon Aston Martin.
Alors que c'était jusqu'alors son cheval de bataille, l'Espace pourrait avoir bien du mal à contenter les familles nombreuses comme autrefois, malgré un encombrement équivalent à l'ancienne version longue (4,85 m de long). Les deux sièges du dernier rang, autrefois de véritables places, ne sont ainsi plus utilisables que par de jeunes enfants.
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Intérieur et Habitable
Moins sportif qu'extérieurement, l'habitacle du S-Max fait plutôt triste à côté de celui du français. A l'intérieur également, l'Espace fait table rase du passé. Dans la finition haut-de-gamme Initiale de notre modèle d'essai, il se distingue par un environnement clair et chaleureux, mêlant le gris clair et le brun. Dommage que la fête soit gâchée par une console centrale aux plastiques de mauvaise qualité, générant des bruits parasites.
Autre bon point, si la présentation semble moins flatteuse qu'à bord de l'Espace, la finition est en revanche plus homogène. Car excepté les contre-portes, les matériaux sont de bonne qualité avec l'utilisation de cuir et de plastiques moussés. Une harmonie malheureusement oubliée dans la Renault qui alterne entre de beaux cuirs, des jolis laquages, et des plastiques durs disgracieux situés juste en dessous du levier de vitesses.
Ce dernier est en revanche beaucoup plus généreux en termes de rangements pratiques (double porte gobelet, espace sous la console centrale ou encore tablettes d'aviation) contrairement à l'Espace qui semble oublier sa vocation à transporter les familles. Heureusement, question modularité le Français a été bien pensé. A l'instar du S-Max, il offre une deuxième rangée avec des sièges coulissants, escamotables et rabattables grâce à des boutons situés dans le coffre.
Et pour les très grandes familles, une troisième rangée est offerte de série sur le S-Max. Sans surprise, ce troisième rang fait office de places d'appoint dans les deux véhicules. Il en va de même pour le nouveau S-Max qui, dans la lignée de la première génération, ne sera pas beaucoup plus habitable qu'un monospace compact au troisième rang. À ceci près que le monospace Ford sera toujours épaulé par le Galaxy pour ceux qui privilégient le volume au dynamisme...
Agrément Routier et Performances
Il fut un temps où les monospaces n'étaient pas vraiment considérés pour leur agrément routier, les clients ne leur demandant que d'être spacieux, confortables et pas trop gourmands. Malgré ses 4,80 m de long et ses quelques 1.857 kg sur la balance, il se montre étonnement prévenant en maîtrisant la prise de roulis et limitant le sous-virage. Même sa direction précise et consistante est une bonne surprise pour un véhicule de cette catégorie. Un constat totalement opposé sur l'Espace.
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Heureusement, le châssis 4Control avec roues arrière directrices permet au conducteur de s'adapter au tracé de la route. Il conviendra toutefois de privilégier le mode Neutral au mode Confort trop peu rigoureux alors que le mode Sport servira à mieux enrouler les trajectoires sur les parcours tortueux.
Nos deux montures avaient un gros point commun, celui de posséder la même boîte automatique double-embrayage à 6 vitesses fournie par l'équipementier allemand Getrag. Force est de constater qu'à l'usage, elle est totalement différente d'un modèle à l'autre. Associée au 2.0 TDCi de 180 ch du S-Max, elle rend une copie quasi-parfaite : douce, réactive, elle encaisse et restitue parfaitement les 400 Nm de couple sans aucun à-coup ou patinage.
On ne peut pas dire la même chose de l'Espace qui propose une doublette moteur/boîte gérée de manière étrange. Si le 1.6 dCi bi-turbo de 160 ch est un moteur silencieux et plus frugal que celui du S-Max (7 l/100 km observés sur un parcours mixte), il n'est pas aidé par la gestion de sa boîte. Peu réactive et trop molle en Confort ou Neutral, elle tire inutilement les rapports en mode Sport.
Sécurité
Dévoilé sur le Mondial de Paris 2014 et commercialisé au printemps dernier, le nouveau Ford S-Max vient de passer entre les mains de l'Euro NCAP, l'organisme européen chargé d'évaluer les performances de sécurité des nouveaux véhicules (par l'intermédiaire du nouveau Galaxy). Au final, le monospace américain s'en est honorablement sorti en obtenant la note maximale de cinq étoiles. Pas vraiment une surprise.
Passé sur le gril en avril dernier, le modèle au losange avait lui aussi récolté les cinq fameux macarons. Brillant particulièrement par sa capacité à bien protéger ses jeunes occupants, il avait reçu les notes de 82% en matière de protection des adultes, 89% pour la protection des enfants, 70% pour celle des piétons et 80% pour ses différents équipements de sécurité.
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En comparaison, la deuxième génération du S-Max a elle obtenu les notes de 87, 87, 79 et 71% dans chacune des catégories précitées. Un match serré. Le véhicule à l'Ovale Bleu a donc fait mieux dans deux secteurs : la protection des adultes et celle des piétons. Il a notamment bien passé l'épreuve de l'impact latéral et a su bien préserver les jambes des piétons lors des tests pratiqués.
Voici un tableau comparatif des notes obtenues par les deux modèles lors des tests Euro NCAP :
| Catégorie | Ford S-Max 2 | Renault Espace 5 |
|---|---|---|
| Protection des adultes | 87% | 82% |
| Protection des enfants | 87% | 89% |
| Protection des piétons | 79% | 70% |
| Equipements de sécurité | 71% | 80% |
Tarifs
Mais forcément, en offrant de l'espace, de la modularité, un bon agrément routier et un équipement riche, nos monospaces 7 places du jour affichent des factures plutôt salées : 47.200 € pour l'Espace Initiale Paris dCi 160 ch EDC et 43.200 € pour le S-Max Titanium 180 ch PowerShift AWD. Des tarifs encore plus proches à dotations quasi-équivalentes puisque l'Espace demande un chèque de 49.900 € contre 49.470 € pour le Ford S-Max.
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