L’organisation urbaine des Yvelines est indissociable aujourd’hui du rayonnement métropolitain de la capitale sur la région Ile-de-France. Cette dépendance se traduit par un réseau de voies de communication rayonnant grossièrement en est-ouest, accompagné des deux grandes masses d’urbanisation : celle de la vallée de la Seine et celle de Versailles/Rambouillet par Saint-Quentin-en-Yvelines.

Des Origines Gallo-Romaines au Moyen Âge

A l’époque gallo-romaine, la carte des réseaux routiers des Yvelines nous montre un fonctionnement bien différent. Le réseau liait les anciennes cités gauloises sans la prédominance absolue de Lutèce : Beauvais, Chartres, Orléans, Dreux, Evreux, aux côtés de Paris. Chacune de ces voies nord-sud franchit la Seine à la faveur des îles, favorisant l’éclosion et le développement des trois villes de Poissy, Meulan et Mantes. Ainsi dans la vallée de la Seine, ce sont les îles qui ont fait les villes historiques, via les franchissements par les ponts qu’elles ont rendu possibles.

Au Moyen Age, Paris prend progressivement une importance dominante, au fur et à mesure que s’établit le pouvoir royal. La croissance de la capitale favorise l’épanouissement des trois villes de la vallée de la Seine à l’aval, qui bénéficient du trafic fluvial des marchandises nécessaires aux Parisiens. La vallée de la Seine devenant aussi voie d’invasion, de pillages, de massacres et de guerres (les Vikings danois au IXe siècle, la guerre de 100 ans au XIVe-XVe siècle notamment), les populations cherchent la protection des seigneurs qui s’installent dans les possessions des grandes abbayes et y construisent leurs forteresses. Les paysages des Yvelines sont encore marqués par les châteaux et donjons construits à cette époque, aujourd’hui plus ou moins ruinés, à Houdan, Maurepas, Chevreuse, Beynes, auxquels s’ajoutent les traces discrètes de ceux de Brethencourt, Neauphle, Septeuil, Gambais. Outre les villages, châteaux et fortifications, les seigneurs féodaux ont également favorisé la fondation des abbayes : ainsi Simon de Neauphle fonde les Vaux-de-Cernay en 1128, nous léguant aujourd’hui le plus bel ensemble monastique restant dans le département.

Malgré ces édifications, les villages d’Yveline restent néanmoins très modestes au Moyen-Age. Même Rambouillet n’aurait compté que 140 chefs de familles au XIIIe siècle.

L'Ère Royale et Son Impact

A partir de la Renaissance, la présence du roi et de la cour dans les terres Yvelinoises va engager un processus de construction qui va profondément marquer les paysages urbains et patrimoniaux du département. Si les îles ont fait les villes de la Seine, ce sont les forêts giboyeuses, alliées à la proximité de Paris, qui vont faire les villes royales, puis les grands domaines commandés par des châteaux de villégiature. Les Valois résident volontiers à Saint-Germain-en-Laye, du fait de la forêt et des chasses qu’elle autorise. C’est sous François 1er que le château est transformé. Ils ont légué aujourd’hui les élégants châteaux de pierre et de brique, les jardins, les terres boisées non gagnées par l’urbanisation qui font une part de la valeur paysagère des Yvelines.

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Louis XIV ancre, lui, son pouvoir à Versailles. La création de la ville s’est amorcée en même temps que Louis XIV engageait les transformations du château de son père Louis XIII en palais. Elle a été aussi volontariste que l’ont été celle du château et des jardins. Le Parc aux Cerfs, au sud de l’avenue de Sceaux, se développe à partir des années 1680, remplaçant le vieux village de Versailles. A la fin du XVIIème, toute la ville est en construction. Après le « trou d’air » lié à la mort de Louis XIV, la ville, devenue bourgeoise et non plus seulement royale au XVIIIe siècle, s’agrandit avec l’extension sur Clagny et l’annexion de Montreuil, pour atteindre 65 000 habitants à la Révolution. Ces grands domaines exigent des dispositions favorables à la chasse non seulement dans les forêts mais aussi jusqu’au cœur des cultures. Le paysage agricole des Yvelines est ainsi marqué par les réserves au milieu des champs, les allées de libre passage pour les meutes et les chevaux, la présence de gibier qu’il est interdit de détruire. Les innombrables contraintes entraînées par cette réglementation en faveur de ces chasses royales et princières ne seront pas sans effet sur les révoltes, puis la révolution de 1789, par une population croissante, à la merci de récoltes insuffisantes et des famines.

L'Ère du Chemin de Fer

Lorsque la première ligne ferroviaire de France est inaugurée entre Paris-Saint-Lazare et Le Pecq, en août 1837, se doute-t-on de l’extraordinaire bouleversement que le train va opérer sur le territoire en raccourcissant à ce point l’espace-temps ? Saint-Germain se retrouve alors à une demi-heure du cœur de la capitale. Dans la vallée de la Seine, la rive gauche est desservie dès 1843 sur l’axe Paris-Rouen, avec Mantes et Meulan par les Mureaux, les petites localités étant atteintes par un réseau d’omnibus à chevaux en complément.

Pourtant, après soixante ans d’intense construction de voies ferrées, la carte du territoire correspondant aux Yvelines montre un département encore entièrement rural à l’aube du XXe siècle. L’industrialisation effleure à peine l’arrondissement de Mantes. En fait, dans le territoire des Yvelines, le train révolutionne d’abord les modes de vie, en favorisant le tourisme, les loisirs, les résidences secondaires ou maisons de plaisance. L’héritage historique des grands domaines devient attractif et accessible aux parisiens. Le train arrive à Versailles en même temps que Louis-Philippe décide de faire du château un musée historique. Un mode de vie nouveau se met en place, inaugurant le gigantesque mouvement de navette domicile-travail qui marque notre époque contemporaine : les familles habitent Versailles et le chef de famille travaille à Paris. Les navetteurs se multiplient, décrits par Roger Martin du Gard.

Le même phénomène touche la vallée de la Seine. Grâce au train, en 1899 « on note à Andrésy que des parisiens, surtout fortunés, mais aussi des employés, viennent chaque soir, de mai à octobre, « respirer l’air pur et salutaire des champs » et retournent le lendemain à leurs occupations », note Marcel Delafosse. En rive gauche, desservie en premier par le train, les anciens parcs de châteaux sont construits de villas. C’est parce qu’elle est bien desservie que Emile Zola achète sa « cabane à lapins » à Médan, la transformant en petit domaine. Le train, complété par le tramway, rend accessible des bords de Seine aux parisiens, qui viennent s’y promener, s’y baigner, canoter et faire la fête dans les guinguettes le dimanche : à Bougival avec la Grenouillère, à Chatou avec la Maison Fournaise. Quant aux premières opérations d’urbanisme réalisées dans des domaines, celle de Maisons-Laffitte dès 1834, celle du Vésinet en 1858, elles sont directement liées à la création des voies ferrées. Au Vésinet, les acquéreurs des premiers lots reçoivent même un permis de circulation pour trois ans. Ces toutes premières opérations préfigurent l’explosion de l’urbanisation qui suivra au siècle suivant.

L'Impact de l'Autoroute A13

« Dès lors et jusqu’à aujourd’hui, le véritable fleuve irriguant le territoire, dans tous les domaines, n’est plus la Seine mais l’autoroute A13. Certaines extensions s’inscrivent dans le parcellaire agricole ancien, souvent en lanière en bord de Seine, hérité des cultures maraîchères. Mais plus profondément, l’ensemble du développement d’activités s’accompagne d’un effort de logements considérable pour les ouvriers, sous forme d’immeubles collectifs, construits massivement de 1960 à 1975. La population d’Aubergenville est multipliée par 6 entre 1959 et 2006 ; celle d’Ecquevilly par 8 ; celles d’Epône, des Mureaux, de Limay quadruplent ; celle de Flins est multipliée par 25 !

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Les grands ensembles se multiplient : le Val Fourré à Mantes-la-Jolie, les Plaisances à Mantes-la-Ville, les Croms et les Champarts à Limay, la cité d’Acosta à Aubergenville, les 5 quartiers aux Mureaux, la Cité La Noé à Chanteloup-les-Vignes, les Grésillons à Carrières-sous-Poissy, Beauregard à Poissy, les Champs de Villars-Barricades/Les Plantes d’Ennemont à Achères. L’antique hiérarchie des villes-ponts a disparu dans un patchwork de paysages hétérogènes, fait de vieilles centralités, de vastes quartiers d’habitation tantôt anciens, tantôt ruraux, tantôt ouvriers, de grosses implantations industrielles ou post-industrielles, de trous de gravières et sablières, mais aussi de champs cultivés et de coteaux boisés, le tout cisaillé d’infrastructures, routes, autoroutes et voies ferrées.

Montesson : De la Seigneurie à la Cité Moderne

Le territoire de la paroisse, unité religieuse et administrative, est divisé en deux seigneuries, celle de Montesson et celle de La Borde. La seigneurie de la Borde est trois fois plus étendue que celle de Montesson, mais l´ensemble du terroir est cultivé par les habitants de la paroisse qui tous vivent au village.

L´existence du fief de Montesson est attestée par un document de 1239 : l´écuyer Jehan de Montjoie cède « le fief et ses appartenances » à l´abbaye de Joyenval ( aujourd´hui sur la commune de Chambourcy). Puis la seigneurie de Montesson appartient au prieuré de Conflans-Sainte-Honorine jusqu´au milieu du XVIème siècle.

A partir de 1564, les de Pileur, de petits officiers de justice d´origine normande, deviennent seigneurs de Montesson : ils ont tout simplement acheté le domaine et les droits seigneuriaux y afférant. Parmi eux, Justine de Pileur dite « Dame de Montesson » , seigneure (sic) à part entière , puis ses fils, les sieurs Portail, également seigneurs de Chatou.

En 1761, les deux seigneuries sont achetées par Henri Léonard Bertin, baron du Périgord . Bertin est un homme d´Etat aux talents multiples, lieutenant général de police de Paris, puis ministre de Louis XV et de Louis XVI. Passionné d´agronomie, il crée avec Parmentier des sociétés d´agriculture. Il expérimente ses idées dans ses domaines de Chatou et de Montesson : culture de pommes de terre, prairies artificielles, élevage de moutons mérinos... Le parc seigneurial de Bertin, mi-parc d´agrément, mi-potagers et prairies, correspond approximativement au quartier actuel du Parc Penet.

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Bertin émigre en 1791, les deux seigneuries sont acquises par le marquis de Feuquières qui décède peu après. La Marquise de Feuquières est arrêtée, elle est guillotinée en juin 1794 sur des accusations formulées par la municipalité de Chatou. Quand le parc seigneurial est vendu en 1804, il existe un château inachevé à l´emplacement du square Aristide Briand ; il ne figure plus sur le cadastre de 1820.

La seigneurie de La Borde est constituée à partir d´un fief dépendant du seigneur de Maisons, à une date inconnue. Olivier le Daim, âme damnée de Louis XI, en est brièvement le seigneur avant d´être pendu au gibet de Montfaucon en 1484. Son successeur est Etienne de Vesc, ami et conseiller de Charles VIII. La seigneurie est ensuite achetée par de petits officiers royaux, qui y ont ferme et manoir où ils résident, ainsi les Dodieu de 1581 à 1746.

L'Atlas Censier de Montesson (1780)

L'atlas censier de Montesson, daté de 1780, vient tout juste de quitter le bureau du maire, où il servait d'élément de décoration depuis plusieurs décennies, pour rejoindre le fonds documentaire des archives départementales à Montigny-le-Bretonneux. En mairie, on explique que ce grand registre de 36 planches soigneusement reliées et couvertes de cuir, qui reste « relativement en bon état » malgré les attaques du temps, y sera « conservé dans de meilleures conditions ». Surtout, il y sera intégralement numérisé afin de « pouvoir être consulté par le public ».

L'ouvrage s'apparente au précurseur cadastre d'aujourd'hui. Il avait été rédigé à la demande du seigneur de l'époque, un certain Henri-Léonard Jean-Baptiste Bertin afin de permettre, comme son nom l'indique, la collecte de l'impôt féodal appelé le cens. Une redevance foncière dont devaient s'acquitter les propriétaires terriens auprès de la seigneurie locale.

« Ce n'est pas une œuvre d'art, mais cet atlas comporte de très belles cartes et illustrations, explique Jean-Baptiste Noé, historien et conseiller municipal siégeant à la commission du patrimoine. Il s'agit surtout de l'un des rares censiers dans le département puisque les autres ont été détruits à la Révolution. Il renseigne notamment sur les habitants de l'époque, leurs métiers et la taille de leurs parcelles ».

Reste que l'histoire de ce document, bien qu'authentifié, comporte encore certaines zones d'ombre. « On sait simplement qu'il a été retrouvé dans une brocante durant la deuxième moitié du XXe siècle et donné alors à la municipalité de l'époque », souligne Chantal Durand, présidente de l'association Mémoire et histoire de Montesson, qui raconte l'avoir consulté à plusieurs reprises. « On y retrouve bien l'église reconstruite par Perette, la nourrice de Louis XIV, quelques chemins et la rue principale, mais c'est à peu près tout, précise-t-elle. En revanche, ce document est plein de renseignements sur la vie de l'époque et peut notamment s'adresser à tous ceux qui s'intéressent à la généalogie ».

Montesson au XXe Siècle

Tout va changer à partir des années 60. Avec la généralisation de l´automobile, l´éloignement des gares n´est plus un frein à l´urbanisation. Le maire Edouard Béhuret et la municipalité d´union de la gauche favorisent la construction de nombreux logements, des collectifs HLM aux lotissements pavillonnaires. De nouveaux programmes ont été réalisés par les municipalités de droite élues depuis 1989, dirigées par Pierre Gesta puis par Jean-François Bel.

La population triple, environ 16000 habitants aujourd´hui, dans une cité-dortoir où plus de 80 % des actifs ont un emploi hors commune. Le maraîchage s´est modernisé et adapté aux besoins du marché parisien, la production intensive des salades a remplacé celle des légumes du pot au feu. Dans les champs, les Portugais ont succédé aux Bretons. La poursuite de l´activité agricole est liée à la préservation de la plaine et à la maîtrise de l´urbanisation.

Transformation de MC Dépannage Services Automobiles

MC DEPANNAGE SERVICES AUTOMOBILES, initialement une Sociéte À Responsabilité Limitée, a été transformée en Sociéte Par Actions Simplifiée le 16 novembre 2020. Monsieur Julien RIZZI a été nommé Président le 4 décembre 2020, succédant à Madame Nadia COPERCHINI.

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