Lorsqu'un constructeur comme Mercedes-Benz décide de se lancer sur le terrain du sport automobile, les choses sont rarement faites à moitié. La première berline sportive frappée de l'étoile de Stuttgart allait marquer l'histoire et ouvrir la voie à des rivales toutes plus audacieuses.

Genèse de la 190E 2.3-16

C'est en novembre 1982 qu'apparaît la première petite berline "compacte" de Mercedes. Elle a été conçue pour séduire un public plus jeune et son étude technique et aérodynamique avaient pour objectif d'en faire un véhicule économique à l'usage. Dès la conception du type W201, une version sportive est mise en projet sur cette base. Cette évolution va donner lieu à la commercialisation en série d'un modèle aux caractéristiques sportives clairement affichées.

LA 190 E 2.3-16 est présentée en septembre 1983 au salon de Francfort, bien que sa production ne débutera qu'un an plus tard. En présentant au Salon de Francfort en 1983 la 190 E 2.3-16, Mercedes initiait le concept de la berline familiale sportive.

Le Moteur Cosworth

À cette époque, Daimler-Benz savait construire des moteurs fiables, gros et coupleux, mais manquait d’expérience pour ce qui était d’un moteur sportif et rageur. Et pour cela, Mercedes fit appel à un sorcier anglais dont la renommée commençait à être bien installée : Cosworth ! Car si la 190 E 2.3-16 inaugurait une série de « Mercos » sportives incarnée dans les années 90 par la C36 AMG, l’heure n’était pas encore à la collaboration avec l’officine allemande. Et d’une certaine manière, faire appel aux anglais de Cosworth permettait de rester discret sur l’origine des modifications apportées au M102 développant à la base 136 chevaux.

Chez le motoriste britannique, le M102 (un 4 cylindres) recevait une nouvelle culasse à 16 soupapes, une injection mécanique Bosch KE-Jetronic, un radiateur d’huile, et diverses modifications permettant d’obtenir une puissance intéressante pour l’époque de 185 chevaux (pour 1220 kg) autorisant un 230 km/h de pointe et le 0 à 100 en 7,5 secondes. Pour la transmission, Mercedes va opter pour une boîte manuelle et se fournir chez son compatriote Getrag : la boîte 5 vitesses a la particularité d’être inversée, avec la 1ère en bas. La 2.3-16 restait bien entendu une propulsion.

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Design et Aérodynamique

Malgré le style très massif typique de Mercedes, la 2.3-16 et ses quelques appendices aérodynamiques (jupes, spoilers, aileron sur le coffre) disposait d’un excellent CX de 0,32 ! L’intérieur est très classique, noir et plastique, mais la sellerie est so 80’s.

Tenue de Route et Performances

Outre ses 185 chevaux forts respectables à l’époque, la 2.3 pouvait se vanter d’une tenue de route particulièrement efficace pour une propulsion. Déjà la W201 avait pu bénéficier d’un gros travail d’ingénierie et d’un investissement conséquent, mais la « 16S » (nom officieux qui fleure bon les années 90) rajoutait encore un peu plus de sérieux pour profiter des canassons révélés par Cosworth. Rigoureuse et agile, la 2.3 s’avérait une excellente berline sportive.

Désormais, dans les gammes des constructeurs, on allait trouver des berlines « 16 soupapes », « Turbo » ou tout simplement « sportive », discrète, mais performante : 405 Mi16 chez Peugeot, BX 16 Soupapes chez Citroën, Renault 21 2 litres Turbo et surtout, chez BMW, la concurrente la plus frontale, la M3 E30.

La Course des Champions de 1984

C’est en septembre 1984 que commença la production des 2.3-16 de série. En mai de la même année, Mercedes avait organisé une course de 2.3 avec tous les grands champions de F1 du moment : un événement qui restera dans les mémoires, avec un Ayrton Senna remonté comme une pendule. Pour l'occasion, une course inaugurale avec des célébrités sera organisée par Mercedes qui avait lancé sa 190 E 2.3-16 quelques mois auparavant. En ouverture, un plateau composé uniquement de 190 E 2.3-16 pilotées par les meilleurs pilotes du moment va s'affronter dans une course hautement médiatique.

Moss, Lauda, Prost et Hill seront tous battus par un jeune pilote nommé... Ayrton Senna, qui vit là un excellent moyen de se confronter à la crème des pilotes sur un pied d'égalité et dans l'unique but de prouver qu'il était le meilleur. Malgré un tarif salé et un intérieur austère (mais solide, avec sa sellerie écossaise), la 190 E 2.3-16 rencontrait son public. Produite jusqu’en juin 1988, elle s’écoulera à 19 487 exemplaires et continue aujourd’hui de faire rêver les minots d’alors, faisant grimper sa cote.

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Évolutions et Versions Ultérieures

En 1988, Mercedes fit évoluer le modèle en augmentant la cylindrée, devenant au passage la 190 E 2.5-16 et gagnant quelques chevaux : une histoire à venir bientôt sur Boîtier Rouge ainsi que ses dérivés rarissimes EVO 1 et EVO 2.

En 1989, la Mercedes 190 16s évolue et passe à 2,5 litres de cylindrée par allongement de la course (+7mm). Esthétiquement, la nouvelle 2.5-16 ne présente pas de changement à l'exception des monogrammes, cependant le rapport de pont est modifié (étagement inchangé). Mais en mars, le réseau Mercedes-Benz accueille la version 2.5-16 Evolution qui sera produite jusqu'en mai à seulement 500 exemplaires pour valider les modifications en compétition. Malgré une puissance inchangée, le moteur a été profondément remanié pour augmenter son alésage et réduire sa course afin de prendre plus de tours en compétition. La cylindrée passe alors de 2498 cm3 à 2463 cm3. Un an plus tard, en mars 1990, une nouvelle et ultime version apparaît : la 190E 2.5-16 Evolution II...

Engagement Sportif

Dès le lancement de la 190 E 2.3-16 un intense programme sportif va se mettre en place avec pour engagement prioritaire le Deutsche Productions Meisterschaft (DPM), un nouveau championnat conçu comme une alternative moins onéreuse que le prestigieux Deutsche Rennsport-Meisterschaft (DRM). La réglementation repose sur le Groupe A FIA. La première saison de 1984 voit s'affronter les BMW 635 CSi, Volvo 240 Turbo, Rover Vitesse et Ford Sierra XR4Ti mais la 190E 2.3-16 n'était pas encore prête. Elle débarque finalement en 1985 avec le pilote Leopold Gallina dans son plus simple appareil (photo ci-contre), mais l'arrivée de pilotes renommés (Gerhard Berger, Roberto Ravaglia, Klaus Ludwig) va faire grimper la popularité du DPM et donc les investissements.

Renommé DTM en 1986, le championnat allemand de voitures de tourisme va offrir plus d'amplitude aux évolutions techniques. La 190E est utilisée par des teams comme Carlsson et Snobeck et on commence à la voir parallèlement dans le championnat ETCC et les courses de 24h à Spa et au Nürburgring. Mais il faudra attendre 1988 pour que l'écurie Mercedes-Benz s'engage plus officiellement à travers un partenariat avec AMG. Cette année là, pas moins de quatorze 190E 16S s'affrontent par le biais de 5 équipes ! En 1989 et 1990, les Evolution I et II s'enchaînent, notamment grâce au travail de Snobeck sur le châssis. Fin 1990, Mercedes prend une participation dans AMG et scelle son partenariat commercial, mais il faudra attendre 1992 pour que la 190 décroche enfin le titre en battant la BMW M3 E30 après le retrait des Audi V8 quattro à mi-saison. Arrivé à son apogée, le moteur 2.5L Mercedes développe 373 ch à 9500 tr/mn et 300 Nm à 7750 tr/mn.

Fiche Technique de la Mercedes-Benz 190E 2.3-16

Voici un aperçu des caractéristiques techniques de la Mercedes-Benz 190E 2.3-16:

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Caractéristique Valeur
Motorisation Moteur 4 cylindres en ligne, 16 soupapes
Cylindrée 2299 cm3
Alimentation Injection Bosch KE-Jetronic
Puissance 185 chevaux à 6200 tours / minutes
Couple 235 Nm à 4500 tours minutes
Transmission Propulsion (autobloquant 32 %)
Boîte de vitesses Manuelle 5 (rarement automatique)
Freins avant Disques ventilés (+ABS)
Freins arrières Disques pleins (+ ABS)
Jantes 15 pouces
Pneumatiques 205-55 VR 15
Longueur 4420 mm
Largeur 1678 mm
Hauteur 1390 mm
Poids à vide 1220 kg
Vitesse maxi 230 km/h
Production 19487 exemplaires, 1984-1988

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