Née pour répliquer à la BMW Série 3 Compact, la Mercedes Classe C Coupé Sport lui a survécu. Mieux : elle s'offre une nouvelle jeunesse et change de patronyme, devenant une Classe CLC à part entière.
Un sursis qui n'allait pas de soi, le Coupé Sport ne s'étant vendu qu'à 320 000 exemplaires depuis 2001. Mais le Royaume-Uni et la France étaient demandeurs d'un renouvellement de ce modèle aux tarifs accessibles, dont les trois quarts des acheteurs ne possédaient pas de Mercedes auparavant. Un vrai outil de conquête, donc.
Présentation extérieure et intérieure
Nouveau nom, nouveau style, cette Mercedes aspirait visiblement à un nouveau départ. Pourtant, en raison d’un succès en demi-teinte, son avenir n’était pas assuré. L’ex-Classe C Coupé Sport doit cette seconde chance à la volonté de certains marchés - dont la France - qui continuent de croire en elle. L’allemande profite donc de copieuses retouches, qui visent dans le mille. Comment de ne pas croire au premier coup d’œil qu’il s’agit d’un nouveau modèle ?
La greffe d’une face avant de Classe C lui confère stature et dynamisme, et les nouveaux feux arrière (associés à un large 3ème feu stop à LED) transfigurent la poupe.
Si vue de face, la CLC fait parfaitement illusion, l’habitacle n’affiche plus la même fraicheur. On retrouve la planche de bord de l’ancienne Classe C et ses formes arrondies, celles que la nouvelle berline a définitivement bannies. A quelques détails de finition près, les matériaux et la finition font encore assez bonne impression.
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Les sièges au maintien amélioré, le nouveau volant à 3 branches et la position de conduite étonnamment basse (on conduit avec les jambes quasiment droites !) alimentent les prétentions sportives de l’auto.
Confortable à l’avant, l’espace est juste suffisant à l’arrière pour des personnes de taille moyenne. Mais la CLC pèche davantage en matière de visibilité. Avec un postérieur si haut perché et une lunette arrière si inclinée, la manœuvrer s’apparente à un jeu de hasard qui rend indispensable le radar de recul (facturé 850 euros).
Côté équipement, on note l’arrivée du Bluetooth et d’un port USB pour lecteur MP3, tandis que l’ensemble télématique des nouveaux SLK, SL et CLS rejoindra la liste des options au deuxième semestre 2008.
Motorisation et Performances
Sous le capot, le CLC embarque la précédente génération du 2.2 CDI diesel, qui développe 150 ch, et non 170 comme le bloc équipant les berlines et breaks C 220 CDI. Pour réduire les émissions de CO2 et échapper au sacro-saint malus, le calculateur moteur a été revu et les démultiplications de boîte allongées. Dommage pour l'agrément de conduite et les reprises : les performances sont paisibles.
Les 6 moteurs disponibles - 4 essence de 143 à 272 ch et 2 diesel de 122 et 150 ch - proviennent tous de l’ancien modèle, seule la version 200K ayant vu sa puissance évoluer (+ 20 ch, à 184 ch). Mais toutes progressent côté consommations et rejets de C02, la palme revenant au diesel 200 CDI, dorénavant 10,8 % plus sobre.
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En France, le 4 cylindres diesel de la version 220 CDI se taillera la part du lion. Développant 150 ch sur la CLC (168 ch sur la Classe C) pour 340 Nm de couple, il ne manque pas de répondant et grimpe rapidement dans les tours. Ses performances lui valent un dynamisme correct sans plus, le 0 à 100 km/h réclamant 9,7 s (ou 9,4 s en boîte automatique) et la vitesse maxi s’établissant à 224 km/h.
Côté consommation, cette mécanique s’est contentée de 7,3 l/100 km sur autoroute durant notre essai, tandis que ses émissions de C02 de 156 g/km lui évitent tout malus écologique.
La Mercedes CLC est proposée avec quatre moteurs à quatre cylindres (2 essence et deux Diesel) et deux moteurs à six cylindres (essence uniquement). Les motoristes se sont astreints à diminuer la gourmandise de tous ces blocs dont la consommation se situe désormais entre 5,8 et 9,5 l/100 km.
Pour les versions Diesel qui assureront, en France, le gros des ventes, la CLC est proposée soit avec un 4 cylindres 2.148 cm3 de 122 ch (CLC 200 CDI), soit avec un quatre cylindres de même cylindrée mais qui développe 150 ch.
Dans sa déclinaison 200 CDI, la Mercedes CLC, sans que soient modifiées ses valeurs de puissance et de couple, voit sa consommation baisser de 10,8 % et ses émissions de CO2 passer de 172 à 152 g/km. Elle échappe ainsi à un malus de 750 €, tout comme la Mercedes CLC 220 CDI de 150 ch qui recrache très raisonnablement 156 g/km (174 g/km auparavant).
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Mais cela n’est valable qu’avec la boîte manuelle à 6 rapports, la boîte automatique à 5 rapports optionnelle (2.000 €) faisant revenir le malus au grand galop !
En essence, l’offre débute avec la Mercedes CLC 180 Kompressor équipée d’un quatre cylindres 1.796 cm3 suralimentée par un compresseur (d’où son nom !!!) qui développe 143 ch comme auparavant.
Il n’en va pas de même pour la Mercedes CLC 200 Kompressor dont le 4 cylindres 1.796 cm3 voit sa puissance passer de 164 à 184 ch et son couple maxi, délivré dès 2.800 tr/min, de 240 à 250 Nm. Ces nouvelles valeurs procurent un gain sensible en performance qui, cerise sur le gâteau, s’accompagne d’une baisse d’environ 8 % de sa consommation.
Les deux six cylindres sont pratiquement repris tels quels à la Coupé Sport. Le plus petit est un 2.496 cm3 de 204 ch, le plus gros un 3.498 cm3 de 272 ch.
Comportement routier
À l'image du caractère général du CLC, qui est plus confortable qu'amusant à conduire. Difficile de parler de vraie sportivité : les performances moyennes et les assistances électroniques omniprésentes entravent l'efficacité de la Mercedes CLC 220 CDI sur routes sinueuses.
Sur le plan routier, la CLC marque le pas par rapport à la nouvelle Classe C. Loin d’afficher son parfait dosage entre confort et dynamisme, elle offre nettement moins de rigueur. Néanmoins, ce modèle a encore son mot à dire côté agrément de conduite.
Dans les enchainements de courbes, on savoure sa direction précise, le mordant de son train avant et son agilité bien dosée. La CLC enroule avec facilité grâce à un train arrière assez mobile, bien aidé par les 340 Nm de couple transmis aux roues arrière. Celles-ci les digèrent sans broncher sur sol sec, mais la motricité pourra faire défaut sur revêtement gras ou détrempé.
Néanmoins, notre modèle d'essai, équipé du Pack Sport optionnel, marque un vrai progrès par rapport à l'ancien Coupé Sport. Les suspensions rabaissées (15 mm à l'avant, 5 à l'arrière) et les roues de 18 pouces chaussées de pneus à flanc bas du Pack apportent un surcroît d'agilité au CLC.
En outre, ce Pack ajoute une nouvelle direction paramétrique à démultiplication variable, plus directe que la direction classique et dépourvue de l'aspect collant de cette dernière. Avec moins d'effort de braquage au volant et un rappel enfin naturel, l'agrément est réel en virage. Tout juste pourra-t-on reprocher un pompage un peu excessif des suspensions.
Mais au global, les 1 600 euros du Pack Sport ne sont pas investis pour rien, d'autant que le confort n'y perd pas grand-chose. Et un peu de dynamisme est toujours bon à prendre, car du côté moteur, c'est plutôt le calme plat.
Le 2.2 diesel d'ancienne génération accuse déjà un retard technologique par rapport au dernier modèle (150 ch au lieu de 170), mais il est en plus accouplé à une boîte aux démultiplications longues destinée à abaisser les émissions de CO2 de 174 à 156 g/km. Tant mieux pour le budget, puisque l'on échappe à tout malus et que les consommations baissent.
Les suspensions retravaillées ont leur rôle dans ce dynamisme, mais ne ménagent guère vos lombaires. Quant au freinage, nous l’aurions apprécié plus mordant et endurant.
Bilan
Mieux qu'un simple replâtrage du Coupé Sport Classe C, le CLC est bel et bien une évolution du modèle. Et même si la sportivité n'est toujours pas au rendez-vous, la nouvelle appellation n'est plus trompeuse comme l'ancienne et l'ajout du Pack Sport permet de rehausser l'agrément de conduite.
Profondément remaniée, la CLC compose du mieux qu’elle peut avec des dessous plus très d’actualité, mais garde un bon potentiel de séduction. Elle demeure en outre l’un des principaux modèles de conquête de Mercedes, qui manque de modèles compacts dans sa gamme. Ses prix en baisse malgré l’équipement en hausse devraient lui permettre de faire aussi bien, voire mieux, que le modèle précédent.
Prix de départ de cette version 220 CDI : 31 600 euros.
Points Forts
- Style revigoré
- Equipement en hausse sans conséquence sur les prix
- Habitabilité plutôt correcte
- Position de conduite "sportive"
Points Faibles
- Base un peu vieillotte
- Suspensions raides
- Insonorisation moyenne
- Prix toujours au dessus de la concurrence
C’est parait-il dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. Mais cela vaut-il toujours lorsqu’il s’agit d’affronter une Audi A3 au top de sa forme et une BMW Série 1 qui multiplie les carrosseries ?
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