L'histoire de Mercedes-Benz, constructeur allemand emblématique, est complexe et intimement liée à l'histoire industrielle et politique de l'Allemagne. L'immense réussite de ce constructeur allemand est une preuve que même dans les contrées les plus reculées de la planète, s’il y a une route, une Mercedes posera ou a déjà posé ses pneus sur l’asphalte du coin.

Les Origines et l'Ascension de Mercedes-Benz

Tout commence avec un ingénieur allemand, Karl Benz, né le 25 novembre 1844, qui débute sa vie professionnelle vers 1864 dans les chemins de fer. Il travaille ensuite pour différentes compagnies et échoue dans une entreprise qui pique rapidement du nez, son associé s’avérant peu fiable. Cette entreprise ne tient pas longtemps, mais suffisamment pour que Benz ait le temps de créer un moteur à deux temps.

C’est en 1902 que M. Emil Jellinek, un concessionnaire de Daimler dans le midi de la France, dépose la marque commerciale Mercedes qu’il choisit en l’honneur de sa fille qui porte ce prénom. Il fait alors construire les premières voitures Mercedes (Mercedes 35 HP et Mercedes Simplex). Le célèbre logo de Mercedes, une étoile stylisée à trois pointes, est dessiné en 1909 et devient l’emblème officiel de la marque Mercedes en 1911.

Pendant que se déroulent ces événements, une autre branche de ce qui deviendra Mercedes-Benz pousse. Gottlieb Daimler, né le 17 mars 1834 en Allemagne, étudie le génie mécanique. En 1863, lors de l’un de ses premiers emplois en tant qu’ingénieur, il fait la connaissance d’un certain Wilhelm Maybach. Ensemble, les deux compères vont travailler pour quelques entreprises spécialisées dans la mécanique dont, en 1872, la Deutz AG Gasmotorenfabrik de Cologne, en Allemagne. Ils y rencontrent son propriétaire, Nikolaus Otto, l’inventeur du moteur à quatre temps (1861).

En 1886, à peine quelques mois après Karl Benz et à peine 60 kilomètres plus loin, Daimler et Maybach créent leur voiture sans chevaux, la Daimler Motorcoach. Rapidement, Daimler se distingue avec ses moteurs qu’il vend aux marques françaises Panhard et Levassor et Peugeot. En 1890, Daimler fonde la Daimler Motoren Gesellschaft (DMG) et devinez qui est l’ingénieur en chef: Wilhelm Maybach bien sûr!

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En 1926, on assiste à un mariage entre les deux plus importants constructeurs automobiles allemands de l’époque: Mercedes-Benz est née. Désormais, Il y a cinq familles de modèles chez le constructeur à l’étoile. Les modèles A, B, C, E et S. Les véhicules tout-terrain sont désignés en général sous le signe GL, suivie d’une lettre indiquant la hiérarchie du modèle (par exemple Mercedes-Benz GLE dérive de la Classe E).

Mercedes-Benz pendant la Seconde Guerre Mondiale

Vers la fin des années 1930, le gouvernement allemand interdit à Daimler-Benz la production des voitures particulières. Désormais et jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la compagnie ne produira que des camions pour les forces armées allemandes. Conséquence, ses usines sont bombardées à maintes reprises.

En 1931, les modèles furent désignés par le préfixe L (pour lastwagen). En 1938, le gouvernement allemand établit des restrictions et Daimler-Benz a eu l'autorisation de produire uniquement des camions deux essieux de 3, 4.5, et 6 tonnes. Pendant la guerre plus de 64 000 camions utilitaires furent produits et presque exclusivement pour l’armée. À la fin de la guerre, la firme fabriqua une série de camions appelés Opel Blitz.

Le L4500

Afin de standardiser la production des véhicules de transport, les autorités allemandes mirent au point le "schell plan". La production des usines Mercedes n’échappa pas à la standardisation. Le L4500 dérivé d’un modèle civil fut classifié en transport lourd dans la série des camions de 4,5 tonnes. Il fut largement employé pour le transport de logistique des forces armées allemandes pendant la 2ème Guerre Mondiale sur les fronts Ouest et Est.

Un total de 9.500 exemplaires toutes versions comprises (cargo, caisse technique, flak, conversion ferroviaire) fut produit entre 1939 et 1945, et affecté à la Wehrmacht. Deux modèles de base ont été produits, le modèle "S" qui était un 4x2 (propulsion par pont arrière) et le modèle "A" qui était un 4x4 tout terrain. Les deux modèles étaient équipés d’un moteur OM67/4 diesel de 7274cc 6 cylindres d’une puissance de 112 cv. Outre le transport logistique, le L4500 servit aussi de plate forme de transport et de tir pour le Flakvierling de 20mm. Une version plus élaborée équipée d’un FLAK 37mm reçut une cabine et un avant blindé. Un système de 4 béquilles stabilisait le véhicule durant le tir. Il est à noter qu’il existe aussi une variante équipée pour le déplacement sur voie ferrée. Les roues à pneumatiques caoutchoutés sont remplacées par des roues " type ferroviaire " tout acier. L’avant et l’arrière du véhicule sont équipés de butoirs pour pousser où tracter des wagons.

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Un certain nombre de L4500 furent convertis en semi-chenillé en remplaçant le pont arrière par un train de roulement de Panzer II. Ce type de véhicule L4500S était destiné essentiellement pour le Front Est. Produit durant la période 1943-1944, il pouvait être équipé d’une cabine standard ou Einheits-type.

Travail Forcé et Conditions Difficiles

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Mercedes-Benz a exploité des travailleurs soviétiques et français à partir de 1941, dont la force de travail devint rapidement indispensable au fonctionnement de l'entreprise, qui équipait la Luftwaffe et la machine de guerre allemande. Les conditions de travail étant très dures, des grèves eurent lieu, et les protestataires furent envoyés en camps de concentration. En décembre 1944, Mercedes-Benz exploitait 26 958 travailleurs forcés, 4 887 prisonniers de guerre, sans compter ceux qui s'étaient échappés, étaient morts ou avaient été envoyés en camps de concentration.

La Mercedes-Benz 770K d'Adolf Hitler

Un modèle particulier de Mercedes-Benz 770K a marqué l'histoire. Plusieurs exemplaires de cette automobile ont été commandés par le IIIème Reich, mais assez peu ont été modifiés et blindés comme celle-ci (une dizaine, le chiffre variant légèrement selon les sources). Cette automobile est une prise qui aurait été faite à l’issue de la prise de Berchtesgaden, commune allemande abritant la demeure d'Hitler au Berghof et son chalet au Nid d'Aigle, par le général Leclerc et la 2ème division blindée en mai 1945. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses Mercedes-Benz 770K ont changé de mains et ont été dispersées à travers le monde.

Cette Mercedes bleu marine, surnommée "Super Mercedes", est longue de 5,60 mètres, avec 3,88 mètres d’empattement. Elle fût en effet commandée en 1938, par le chauffeur personnel d’Hitler, afin de servir de véhicule de parades au dictateur, et surtout d’instrument de propagande, montrant la force de l’industrie du Troisième Reich. Livrée le 29 juillet 1939, avec des vitres et une carrosserie blindées, elle fût par exemple utilisée en 1940 par Hitler pour une parade triomphale à Berlin après la capitulation de la France, ou servi lors d’une visite de Benito Mussolini, ou pour un voyage en Grèce et en Yougoslavie.

Saisie comme une prise de guerre par les Alliés, elle sommeille un certain temps en France au Havre, sous la surveillance de la police de l’armée américaine. Vendue à un industriel du tabac belge, elle fut ensuite rapidement revendue à un Américain. Il la donna ensuite à un musée de la Seconde Guerre Mondiale dans le Tennessee, puis à la fin des années 70, elle rejoint une collection de voitures à Las Vegas (Nevada). En 2009, un millionnaire russe la rachète à un propriétaire américain.

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10% du prix de vente final seront reversés à des œuvres caritatives pour des campagnes d'éducation sur le nazisme et l'Holocauste.

La Quête de Records de Vitesse et la Mercedes-Benz T80

Depuis son arrivée au pouvoir, Hitler a accordé une grande attention à l’automobile, dans une perspective à la fois propagandiste - montrer la réussite de son régime - mais aussi militaire, en préparant la guerre moderne mécanisée.

C’est dans ce contexte qu’est conçue la Mercedes-Benz T80, dont la fabrication va coûter la bagatelle de 600000 Reichsmarks. Le projet est supervisé par l’ingénieur aéronautique Josef Mickl pour le design et sur la partie technique, par l’incontournable Ferdinand Porsche. Par l’entregent d’Ernst Udet, général des forces aériennes de la Luftwaffe, l’industrie aéronautique est également sollicitée, avec la mise à disposition du prototype d’un nouveau V12 Daimler-Benz DB603 de 44,5 litres de cylindrée et développant 3000 chevaux.

La Mercedes-Benz T80, dont la fabrication va coûter la bagatelle de 600000 Reichsmarks. Le projet est supervisé par l’ingénieur aéronautique Josef Mickl pour le design et sur la partie technique, par l’incontournable Ferdinand Porsche.

Un autre diktat hitlérien imposa que la tentative se fasse sur le sol Allemand. Ainsi, une ligne droite de 10 kilomètres fut spécialement aménagée sur une portion d’autoroute entre Dessau et Leipzig pour déployer toute la puissance du Schwarzer Vögel (en riposte au Blue Bird anglais), le surnom donné par Hitler à la flèche d’argent du record. Le nationalisme du projet n’avait d’ailleurs plus aucun doute, puisque la carrosserie devait arborer fièrement l’aigle et la croix gammée.

Prévue pour Janvier 1940, la tentative est annulée avec le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. Mais tout ne fut pas perdu façon de parler: le moteur entra en production à partir de 1942 et équipa les chasseurs Dornier Do335, Focke-Wulf Ta 152 ou encore l’avion de combat Messerchmitt Me410 jusqu’à la fin des hostilités.

Mercedes-Benz 170V de 1942

Ce véhicule est un original et inédit Mercedes Benz de 1942, produit à Berlin. Il s’agit d’un 170V, fabriqué le 18 février 1942 à Stuttgart, en Allemagne, et qui est l’un des rares exemplaires construits et qui a survécu à la Seconde Guerre mondiale. Techniquement, ce véhicule dispose d’un moteur en fonctionnement à 100%, d’une boîte de vitesses manuelle à 4 rapports, d’un intérieur, d’un corps et d’un revêtement de couleur originaux, l’acier étant très solide et sans traces de rouille. L’odomètre indique 6,288 km (environ 66 000 milles) et le véhicule est complet, sans modification depuis qu’il est sorti de la ligne de production en 1942. Le numéro de chassis est 136 054/0104.

Les valeurs des véhicules de l’Empire allemand pendant la Seconde Guerre mondiale sont de plus en plus recherchées et devraient augmenter considérablement à mesure que l’on approche du centenaire, offrant ainsi une occasion unique de posséder une pièce authentique de l’histoire et peut-être une des rares Mercedes de l’Empire allemand encore en son état d’origine patiné.

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