L'achat d'une voiture d'occasion est souvent une bonne affaire, car elle est moins chère, immédiatement disponible et déjà rodée. Cependant, à partir de 2026, une taxe pourrait vous faire grincer des dents : le malus écologique s’invite dans le marché de l’occasion.

Le malus écologique est un dispositif fiscal mis en place par l’État français pour inciter à l’achat de véhicules moins polluants. Il s’applique à l’immatriculation des voitures les plus émettrices de CO₂, selon un barème régulièrement ajusté. Plus un véhicule rejette de dioxyde de carbone, plus le montant du malus est élevé.

Jusqu’ici réservé aux véhicules neufs, le malus sera désormais exigé lors de l’immatriculation en France de voitures d’occasion provenant de l’étranger. Jusqu’à présent, ce fameux malus ne concernait que les voitures neuves. On pouvait acheter une occasion sans se soucier des émissions de CO₂. Mais dès 2026, changement de cap.

Évolution du Malus Écologique

Le malus écologique n’est pas récent. Il a été mis en place en 2008. À l’époque, son seuil d’entrée était fixé à 160 g/km et le montant des taxes pourrait presque sembler dérisoire aujourd’hui. Pour ce qui nous intéresse, en 2015, le malus touchait les véhicules émettant plus de 130 g/km de CO2.

Nouvelles Mesures à Partir de 2026

À partir du 1er janvier 2026, le malus écologique et la taxe au poids s’appliqueront aux voitures d’occasion émettant plus de 107 g/km de CO2 et pesant plus de 1 499 kg. Cela risque de faire très mal au marché du véhicule d’occasion. Si les acheteurs de modèles de seconde main avaient le sentiment d’être épargnés par les politiques de taxation des voitures neuves, ce ne sera plus le cas à compter du 1er janvier 2026.

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Depuis le 13 février 2025 et l’adoption via l’article 49.3 de la loi de finances 2025, les acquéreurs d’un véhicule immatriculé pour la première fois après le 1er janvier 2015 (compris) se préparent à se soumettre au malus CO2 et à la taxe sur la masse. Le barème 2026 fait descendre ce seuil d’entrée à 108 g/km de CO2. Autrement dit, ceux qui émettaient entre 107 et 130 g/km de CO2 en 2015 n’ont jamais payé la taxe qui leur est désormais associée.

Récapitulons : une personne achetant en 2026 un véhicule immatriculé à partir du 1er janvier 2015 devra s’acquitter du malus CO2 si la voiture y a échappé par le passé ; mais également de la taxe au poids si elle y est éligible. Autrement dit, cela concernera celles émettant plus de 107 g/km de CO2 et pesant plus de 1 499 kg.

Pour rappel, le malus au poids est entré en vigueur en 2021. Il concernait alors tous les véhicules dont le poids excédait 1 800 kg. La seule bonne nouvelle est que ces malus ne devront être payés qu’une seule fois au cours du cycle de vie du véhicule. Du moins, selon ce qui est inscrit actuellement dans la loi.

Abattements et Exonérations

À noter que la loi de finances 2025 prévoit deux abattements spécifiques. Le premier dépend de l’ancienneté du véhicule. Il est calculé par tranches mensuelles : ainsi, un modèle ayant entre 1 et 3 mois verra ses malus être allégés de 3 % ; quand un autre ayant entre 73 et 84 mois profitera d’une décote de 48 %. Les véhicules ayant plus de 15 ans seront exemptés des malus.

Enfin, et cela à compter du 1er janvier 2027, un abattement kilométrique viendra s’ajouter. Ces éléments résultent de l’article 29 de la loi de finances 2025.

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Prenons désormais l’exemple d’un modèle ayant servi d’illustration un peu partout sur les réseaux sociaux : la Renault Megane IV 1.3 TCe (115 chevaux), ici immatriculée pour la première fois en mars 2020 et affichant des émissions de CO2 de 120 g/km. Selon le barème du malus écologique 2026, elle devrait être soumise à une taxe de 310 euros si elle était neuve. Mais dans le cas d’un achat le 1er janvier 2026, la voiture a 70 mois d’existence. Le taux d’abattement prévu pour les véhicules ayant entre 61 et 72 mois est de 43 %. Après calcul, nous arrivons à un malus rétroactif de 176,70 euros. Évidemment, notre Megane d’illustration n’est pas soumise au malus sur le poids.

Il en est de même pour la Peugeot 208 II 1.2 PureTech (130 chevaux). Notre exemple se concentre sur un modèle immatriculé pour la première fois en mai 2023. La citadine du Lion affiche 123 g/km de CO2, ce qui l’a exemptée de malus écologique à l’époque, puisque le seuil était fixé à 128 g/km. Mais elle ne sera plus épargnée lors de sa future revente. La 208 aura 32 mois en janvier 2026, ce qui correspond à un abattement de 28 %. Son premier nouvel acquéreur, à compter du 1er janvier 2026, devra donc payer un malus écologique d’environ 288 euros. Ce dernier baissera au fur et à mesure de l’ancienneté du véhicule.

En guise de nouvel exemple, prenons cette fois le cas d’un BMW X6 (G06) xDrive30d (286 chevaux), immatriculé pour la première fois en septembre 2020. Dans le cas d’un achat en janvier 2026, il aura 47 mois. L’abattement associé est de 33 % (37 à 48 mois). Avec 172 g/km de CO2, son malus écologique a déjà été payé lors de sa mise en circulation ; à titre d’indication, il était alors d’environ 10 000 euros, contre 26 302 euros en 2026. Il reste désormais la question du poids, puisqu’il avait échappé au malus lors de sa première immatriculation. La sanction débute désormais dès 1 500 kg et est de 10 euros par kg excédentaire.

Qui est concerné par cette taxe ?

Si vous achetez une voiture immatriculée pour la première fois en France depuis 2015, et qu’elle n’a pas été soumise au malus à l’époque, vous paierez une taxe à l’immatriculation. Le principe est simple : le malus auto se calcule désormais non plus seulement à l’achat neuf, mais à chaque revente. Si la voiture rejette trop de CO₂, elle est taxée. Et ce, à chaque changement de propriétaire.

Tous les acheteurs de voitures d’occasion ne sont pas concernés. Si vous achetez une voiture électrique, pas de malus. Même chose pour les modèles très anciens (plus de 15 ans). Le malus écologique s’applique à tous les véhicules immatriculés depuis le 1er janvier 2015, jamais taxés jusqu’ici, et qui dépassent un certain niveau de CO₂. Il est calculé selon le barème de l’année en cours. Et il peut grimper vite.

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Le montant à payer dépend des émissions de CO₂, mais pas seulement. Un abattement est prévu selon l’ancienneté du véhicule. Une voiture de 5 ans paiera moins qu’une de 2 ans. Plus le véhicule est âgé, plus la réduction est importante. Et ce n’est pas tout. Dès 2027, un nouveau critère entrera en jeu : le kilométrage. Plus votre voiture a roulé, plus le malus pourrait être réduit.

Comment Limiter l’Impact du Malus Écologique?

Pour limiter l’impact financier du surcoût écologique, plusieurs stratégies s’avèrent efficaces. La première consiste à choisir une motorisation adaptée à vos besoins réels. L’allègement du véhicule représente un levier majeur. Le choix du carburant peut réduire la note. Un véhicule compatible E85 bénéficie d’un abattement de 40% sur ses rejets, tandis que les modèles électriques restent totalement exonérés.

Si vous prévoyez d’acheter une voiture d’occasion en 2026, préparez-vous. Informez-vous bien. Comparez les modèles. Prévoyez un budget pour les taxes. Car dans ce nouveau paysage automobile, une bonne affaire peut vite se transformer en coûteuse surprise. Mieux vaut y regarder à deux fois que de foncer sur le premier modèle venu.

Tableau des coefficients de décote forfaitaire selon l'ancienneté du véhicule

Ancienneté du véhicule (en mois) Coefficient forfaitaire de décote (en pourcentage)
De 1 à 3 3
De 4 à 6 6
De 7 à 9 9
De 10 à 12 12
De 13 à 18 16
De 19 à 24 20
De 25 à 36 28
De 37 à 48 33
De 49 à 60 38
De 61 à 72 43
De 73 à 84 48
De 85 à 96 53
De 97 à 108 58
De 109 à 120 64
De 121 à 132 70
De 133 à 144 76
De 145 à 156 82
De 157 à 168 88
De 169 à 180 94
À partir de 181 100

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