À la fin des années 70, Fiat est confronté à des difficultés financières. Le groupe se concentre alors sur des modèles plus rentables, en partageant les études entre plusieurs marques. La gamme Fiat commençant à vieillir face à la concurrence, il est temps de réagir. Dans le domaine des petites voitures, le remplacement de la Fiat 127, lancée en 1971, est un enjeu crucial. Son remplacement est donc un enjeu crucial pour Fiat qui n’a pas le droit à l’erreur.

Genèse de la Fiat Uno

La Fiat Uno est née d'un projet nommé 146 en interne. Avec un budget de 700 millions de dollars, la gestation du projet sera rapide, se basant sur les acquis des années précédentes : traction et hayon sont fidèlement au programme. Or, du coté de chez Lancia, membre du groupe, un projet avance et doit donner jour à une citadine afin de remplacer l’Autobianchi A112. C’est en 1978 que le projet est lancé chez Lancia pour une petite voiture un peu plus luxueuse que la moyenne. Giugiaro est contacté pour dessiner la robe de ce modèle et remet sa copie très rapidement.

C’est alors qu’un coup de théâtre intervient : la Lancia Uno est récupérée par Fiat purement et simplement et Lancia est priée de recommencer une étude complète (le restylage de l’A112 a été jugé finalement pas assez probant) à partir de la future Fiat Panda qui doit sortir dans quelques mois. La Lancia Y10 sera l’enfant de cette nouvelle étude. De son coté, la nouvelle Lancia Uno est bien plus innovante, plus jolie et pratique que le projet qui est en étude chez Fiat. Coté design, le dessin général de la Lancia Uno est conservé, ce qui fait que la nouvelle venue ne ressemble en rien à la Fiat 127 qu’elle va remplacer.

Le véhicule définitif propose un Cx de 0,34 et une habitabilité, surtout en hauteur, remarquable avec une très large surface vitrée. On croirait voir le premier minispace de l’histoire automobile. Les dimensions sont réduites puisque la Fiat ne mesure que 3m64 pour une largeur de 1m54 sur un empattement de 2m36. Par rapport à la hauteur de 1m43, on identifie rapidement que ces proportions laissent augurer d’un véhicule relativement habitable mais surtout haut par rapport à ce que se fait habituellement. Associé à un poids contenu de 700 kg seulement pour les premiers modèles de la gamme, on obtient un véhicule qui ne poussera pas ses consommations dans les plus mauvaises limites. Par rapport à la Lancia Uno et à la Fiat 127, la future Fiat Uno sera aussi bien disponible en version 3 portes qu’en 5 portes ce qui permet de proposer une voiture citadine mais aussi une petite familiale plus polyvalente avec ses 2 portes supplémentaires, un fait encore rare dans ce segment à cette époque.

Le logo Fiat, depuis 1982 (déjà vu sur les Panda et Ritmo série2) se compose de 4 barres bleues inclinées, intégrant chacune une lettre de la marque. Les feux avant sont très largement dimensionnés et de forme rectangulaire, conforme à la mode du moment. Les clignotants, eux aussi de grandes formes viennent s’accoler aux feux. Idem à l’arrière, où le bloc de signalisation de grande taille se détache clairement de la carrosserie. L’essuie glace avant central à mono balai, comme sur la Fiat Panda, se justifie par la taille très haute du pare brise.

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Au niveau des innovations, on peut noter les satellites de commandes à la place des commodos habituels et un éclairage par fibre optique des éléments du tableau de bord à partir d’une unique ampoule, ce qui représente une première mondiale. Au niveau motorisation, en attendant une vraie révolution sous les capots en cours de mise au point, ce sont les blocs habituels de Fiat qui prennent place. On trouve 3 blocs différents donnant une gamme complète de puissance : le 903cc de 45 ch (Fiat 127), le 1116cc de 55 ch (Fiat Ritmo 60) et le 1301cc de 68 ch (Fiat Ritmo 70). La fabrication est robotisée à l’extrême pour l’époque.

Après 360 prototypes et plus de 6 millions de kilomètres, la présentation au public à lieu à Cap Canaveral en janvier 1983 pour une commercialisation immédiate. Sur fond de conquête de l’espace et de haute technologie, la nouvelle Fiat Uno s’affiche à coté des fusées de la NASA afin de marquer les esprits : Fiat ne veut plus vivre dans le passé et être taxé de rétrograde ou de technologiquement trop prudente comme par le passé.

La gamme s’articule autour de 2 finitions : base et S ou Super selon les marchés. Les Uno 45 et 45S sont équipées d’un 903cc de 45ch antédiluvien. De leur coté, les Uno 55 et 55S récupèrent le 1116cc de 55ch de la Ritmo 60. Enfin, la Uno 70 n’est par contre disponible qu’en finition S et 3 portes avec le 1301cc de 70ch issu aussi de la Ritmo 70.

A partir de l’automne 1983, une Fiat Uno 45 ES est disponible : Cette Uno Economy Saving vient compléter la gamme des modèles plus économique en carburant qui fleurit chez Fiat à cette période en plus des recherches intenses qui sont menées pour réduire les consommations des moteurs. Apparait au même moment une déclinaison encore rare dans la catégorie des citadines : une version diesel est ajoutée à la gamme. Le moteur est un 1301cc de 45 ch provenant de la Fiat 127.

En 1984, la Fiat Uno obtient le très recherché prix de voiture de l’année devant la Peugeot 205 alors qu’elle a remplacée, en Italie, la Fiat 127 au sommet des ventes. A partir de mai, une version plus cossue vient coiffer la gamme : la Uno 70 SX se base sur la version 70 S mais avec un équipement et un niveau de finition encore supérieur que ce soit en 3 ou 5 portes.

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L'Arrivée de la Uno Turbo i.e.

L’année 1985 marque un tournant dans la vie de la Uno alors que plus d’un million d’exemplaires ont été produits. Au niveau motorisation, c’est le début de la révolution. Une nouvelle génération de moteurs va venir remplacer les blocs sans âge utilisés jusque là. Si la Uno 45 récupère ce moteur pour une puissance inchangée malgré les 100cc supplémentaire (mais 145 km/h en vitesse max au lieu de 140), c’est au bénéfice des consommations et de la souplesse d’utilisation qui rend totalement obsolète la présence de la Uno ES qui disparait sans avoir convaincue.

La grosse nouveauté pour cette année 1985 reste l’apparition d’une version sportive qui manquait dans la gamme de la Fiat Uno par rapport à la concurrence. L’époque est encore aux GTi et petites bombes sur-vitaminées où Fiat brille par son absence alors que tout le monde propose au moins un modèle de citadine à moteur pêchu. La base est un bloc Fiat Ritmo 85 mais avec un changement de cylindrée pour passer à 1301cc…mais qui n’a rien à voir avec le bloc de même cylindrée que la Uno 70. On applique toute une série de modifications qui vont dans le sens de la performance : injection électronique dérivée de la Fiat X1/9, radiateur d’huile, refroidissement par huile de la culasse et turbo compresseur IHI VL2 avec intercooler. Le résultat est une Uno Turbo i.e. qui avoue 105ch pour une vitesse de pointe qui atteint les 200 km/h, le 0 à 100 étant avalé en un peu plus de 8s pour seulement 850 kg.

Afin de digérer cette nouvelle puissance, le châssis est revu et corrigé avec des ressorts plus fermes, un abaissement de la caisse et 4 freins à disques sur une monte pneumatique majorée en 175/60 mais toujours en 13 pouces. Au niveau du look, une sportive dans les années 80, ça s’affiche et fait savoir qu’elle n’est pas comme les autres. A l’intérieur, le choc est tout aussi fort avec la moquette rouge, sièges à filet rouge plus enveloppants et le tableau de bord avec ses nombreux manomètres (compte tours, température d’eau, pression de turbo, température et pression d’huile) transformant le poste de conduite en celui de pilotage d’un avion.

A la conduite, la puissance met à mal le train avant qui se montre approximatif quand on arrive aux limites. Si on y ajoute une direction un poil hésitante, sans être dangereuse, la Uno Turbo i.e. se montre un peu difficile à dompter et tirer sa quintessence ne se révèle pas chose évidente. Le moteur est par contre, un régal, relativement progressif, sans temps de réponse (trop) long, il offre à la Uno un niveau de performance enviable. Siglée Abarth dans certains pays, elle va partir à la chasse à la Peugeot 205 GTi 1,6l et autres Renault Super 5 GT Turbo.

Évolutions et Fin de Production

Si la gamme parait complète, c’est sans compter sur l’apport d’une nouvelle version (encore) en 1986 qui reste encore rare dans la catégorie. En 1989, le 1301cm3 est troqué pour un nouveau moteur de 1.372Cm3, dérivé de l’Uno 70 IE, il s’équipe d’un turbo Garrett T2 permettant d’atteindre une puissance de 118Ch, plus à même de rivaliser sur un segment parti dans une course à la puissance. Les performances sont elle aussi en hausse avec une pointe à 204km/h (contre 200km/h pour la première version), un 0 à 100km/h effectué en 8,3 secondes.

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En pleine mode GTi, Fiat prend le contrepied des petites sportives à la mode de l'époque. Tout le monde l'a oublié mais la sortie de la Turbo est là pour coincider avec la sortie des chaînes de la millionième Uno, histoire de marquer l'évènement. Exclusivement disponible en 3 portes, tout comme les Golf et 205 qu'elle souhaite ouvertement conccurrencer, cette Uno version sport possède un look sans équivoques par rapport au reste de la gamme. Le hayon qui intègre un déflecteur est réalisé en poyester chose plutôt révolutionnaire à l'époque (à la façon de la BX avec son hayon et capot).

C'est sous le capot que Fiat va créer la surprise. Injection électronique, refroidissement du bloc moteur, de l'huile, du turbo, utilisation de matériaux rares sur la grande série comme le magnesium, tout a été pensé. Ainsi boosté avec une pression de 0.7 bars, le 1.3 litres développe 105cv avec un couple de 147Nm à 3200tr/min. Si la voiture plafonne à 200 km/h en pointe ce sont les reprises qui imposent le respect et qui la place dans le peloton de tête de la catégorie.

La Fiat Uno Turbo i.e. a connu plusieurs évolutions au fil des ans. En 1987, la boite de vitesses issue de la Ritmo est remplacée par une boite de conception nouvelle. En 1988, elle accueille un « ABS » nommé Antiskid. En septembre de la même année, l’Uno série 2 pointe le bout de son nez avec une face avant redessinée et s’équipant d’un nouveau hayon, le Cx de la voiture passe alors de 0,33 à 0,30. La décoration se passe de stripping latéraux, à la place, des bandes rouges à la façon d’une 205 GTI font l’affaire, des nouvelles jantes au logo Abarth apparaissent.

Deux séries limitées de Uno verront néanmoins le jour :

  • La Formula sortie en 1988 sur la base de 1.3 litres de 105cv. Diffusée à 500 exemplaires, elle n'était basée que sur la décoration et disponible uniquement en blanc.
  • La deuxième série est la "Racing". Basée sur la phase 2, elle apparait en 1991.

En 1989 : Fiat opère un facelift de la gamme Uno avec poupe et proues retouchées. Elle sera produite jusqu’à la fin de l’année 1993, et vendue jusqu’en 1994, avant de tirer sa révérence, le poids des ans se faisant gravement sentir. Environ 50 000 exemplaires auront été produits durant presque 10 ans !

Caractéristiques Techniques de la Fiat Uno Turbo i.e. (1985)

Voici un tableau récapitulatif des principales caractéristiques techniques de la Fiat Uno Turbo i.e. lors de son lancement en 1985 :

Caractéristique Valeur
Moteur 4 cylindres en ligne, 1301 cm³
Puissance 105 ch
Couple 147 Nm à 3200 tr/min
Turbo IHI VL2 avec intercooler
Poids 850 kg
Vitesse maximale 200 km/h
0 à 100 km/h Environ 8 secondes

Aujourd’hui, les Turbo ie se trouvent pour des tarifs bien moindres que ses contemporaines GTI. Pourtant, les beaux exemplaires se font rares : beaucoup ont subit les horreurs du tuning ou les bidouillages moteurs, sans parler de l’hécatombe de primes à la casse ou de l’enroulage de platanes. Le challenge sera bel et bien de trouver la perle rare, mais sans effort, y’a moins de plaisir à la fin.

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