Oser un SUV essence sportif, sans hybridation, à l’heure où le malus CO2 atteint des sommets ahurissants, est-ce bien raisonnable? On pourrait croire à de la provocation. Skoda relance une version RS de son grand SUV Kodiaq, dotée uniquement d’un moteur strictement thermique et décide de le vendre en France, où les malus s’enchaînent pour dissuader l’achat de tels véhicules. Mais, pour quoi faire ?
Lancé en 2017, le Skoda Kodiaq n’a pas tardé à se faire une place importante dans la gamme du constructeur tchèque, mais aussi sur le marché des voitures familiales. En sept ans, la première génération a conquis plus de 840 000 acheteurs, preuve que la formule plaît. La seconde génération, aujourd’hui à l’essai, est celle de la confirmation. Le Kodiaq reprend la même formule mais l’améliore : un style modernisé, encore plus d’espace, un comportement dynamisé ou encore des astuces « Simply Clever ».
Design extérieur
Avec ses éléments de design extérieur noir Glossy qui s'étendent jusqu'au pilier D, la version la plus dynamique du Kodiaq est immédiatement reconnaissable comme un membre de la famille RS de Škoda. Le look extérieur spécifique est souligné par des pare-chocs peints couleur carrosserie et la calandre illuminée. Les nombreux éléments de design extérieur noirs sont une caractéristique des modèles Škoda RS.
Ainsi, le Kodiaq RS de deuxième génération est doté d'un contour de calandre, de coques de rétroviseurs extérieurs, d’entourages de vitres, de rampes de pavillon et du pilier D noir Glossy. Le Kodiaq RS dispose d'inserts de pare-chocs avant spécifiques peints en noir. Un autre élément extérieur exclusif est la calandre illuminée. Comme sur tous les modèles Škoda RS, l'arrière est doté d'un réflecteur qui s'étend sur toute la largeur du véhicule.
Le lettrage Škoda et la désignation du modèle sur le hayon sont également noirs, tandis que le pare-chocs arrière et les seuils latéraux sont peints dans la couleur de la carrosserie. Des sorties d'échappement en aluminium brillant sont visibles sous le pare-chocs arrière. On retrouve le nouveau logo RS sur le hayon et sur la calandre Škoda.
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Les jantes en alliage Elias de 20 pouces de série ont une finition noire polie et sont exclusives à la finition RS. Ainsi, pour son restylage opéré en 2021, la marque a choisi de modifier subtilement son apparence (pare-chocs, phares et calandre).
Dans la dynamique de montée en gamme de Skoda, le Kodiaq de seconde génération s’affirme. Le SUV familial a pris du muscle, notamment avec ce capot nervuré, mais aussi cette grande calandre élargie au maximum et des projecteurs avant à LED. De profil, le Kodiaq se remarque par son volume. Le plus grand SUV de Skoda a une ligne de toit droite.
Si elle n’est pas dans le standard de mode des SUV actuels cherchant à dynamiser leur ligne avec un pavillon fuyant, elle permet d’optimiser l’espace à bord. De plus, les passages de roues carrés, surmontés d’un plastique noir, viennent rehausser visuellement le Kodiaq. Enfin, à l’arrière, le Skoda Kodiaq a un bandeau. Les optiques arrière adoptent une forme de C avec un effet tridimensionnel.
Concernant les dimensions, le Skoda Kodiaq grandit. Le SUV familial est plus long de 6,1 cm pour atteindre 4m75.
Design intérieur et confort
À bord du nouveau Skoda Kodiaq, la montée en gamme est indéniable. L’habitacle devient technologique avec deux écrans HD. L’écran central à bord du Skoda Kodiaq est de 13 pouces. Pour cette voiture à vivre à plusieurs, le constructeur tchèque a choisi de ne pas orienter l’écran vers le conducteur.
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Autre nouveauté pour le Skoda Kodiaq : les Smart Dials. Il s’agit de trois molettes équipées d’une interface numérique. Une simple pression au centre permet de basculer entre plusieurs modes choisis par le conducteur. Il est possible de régler la température de la climatisation automatique tri-zone (de série), mais aussi l‘intensité du siège chauffant et ventilé.
Vous pouvez aussi utiliser ces boutons pour régler le volume de l’autoradio, la ventilation ou encore les modes de conduite. Une solution pratique, bien trouvée par Skoda, dans une période où la tendance est à la réduction des boutons physiques, moins esthétiques mais très faciles d’utilisation. Tous les propriétaires de Skoda le savent, la marque propose des accessoires pratiques et bien pensés pour vous faciliter la vie.
Le plus connu est le fameux parapluie dans la portière, mais on en retrouve bien d’autres comme la baguette de protection de portière qui se déplie automatiquement, le grattoir à glace dans la trappe à carburant, l’entonnoir intégré au bocal de lave-glace, les appuie-têtes type aviation pour faciliter la sieste des passagers, le nettoyeur d’écran dans la console centrale ou encore les poubelles dans les portières.
Difficile de tout citer, mais il faut retenir que Skoda a pour ambition d’améliorer le confort de ses passagers avec ces petites attentions. Et il ne faut pas oublier une qualité essentielle des Skoda : leur habitabilité remarquable ! Commençons par le coffre proposant 910 litres en version 5 places. Si vous optez pour un Skoda Kodiaq 7 places, vous aurez un volume de 815 litres et 340 litres avec la troisième rangée dépliée, un volume comparable à une Skoda Fabia.
Autre point important pour le Kodiaq, il vous propose une roue de secours même en version 7 places. L’accès aux places arrière est plutôt facile avec une troisième rangée rabattable et coulissante. Il est même possible de faire entrer des adultes sur la sixième et septième place. Avec 1m86, je ne touche pas le toit et l’espace aux jambes reste suffisant bien que limité.
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Un mot concernant les finitions. Skoda s’améliore et a introduit des plastiques moussés dans la plupart des zones en contact avec les passagers. L’impression de qualité est en hausse. Dans notre version d’essai, le cuir de couleur « Cognac » vient donner du caractère à l’habitacle, cette sellerie est produite de manière éco-responsable. L’éclairage d’ambiance est présent, le dessin de la planche de bord est fluide et sans agressivité tandis que les poignées de portes épurées sont du plus bel effet.
Le réglage électrique des sièges permet de trouver une position de conduite confortable. Dans l'habitacle, deux sélections de design exclusif sont disponibles pour le Kodiaq RS. Le design intérieur RS Lounge comprend des sièges sport avec appui-têtes intégrés et une sellerie en suédine/matériau synthétique noir avec des surpiqûres rouges.
Les deux sièges avant sont réglables électriquement et disposent d'une fonction mémoire. Pour souligner le look dynamique, le ciel de toit est noir. Le tableau de bord, les contreporte et l'accoudoir central revêtent une sellerie en suédine noire.
Le design intérieur RS Suite, disponible en option, dispose d’une sellerie en cuir perforé/matériau synthétique noir avec surpiqûres rouges. Le Kodiaq RS est équipé d'un volant sport multifonction à 3 branches avec des surpiqûres rouges et un badge RS. Le pédalier look aluminium est inclus de série, tout comme le seuil des portes avant avec l'inscription « Kodiaq ».
Performances et conduite
Il faut savoir qu’il existe une forte réduction de taxe CO2 pour les familles comptant au moins trois enfants. Ainsi, avec ses 186 g/km, le Skoda Kodiaq RS est normalement pénalisé à hauteur de 48 901 €, ce à quoi on ajoute 2 900 € de taxe au poids, en version 5 places. En 7 places, ces montants grimpent à 61 245 € et 3 580 € respectivement. Si on ajoute un prix de base de 60 970 € minimum, la messe est dite : on ne signera pas de chèque pour ce tchèque.
Seulement, fan des usines à gaz pour réduire les émissions, le Gouvernement a prévu une réduction des taxes si on a au moins trois enfants à charge. Est-ce pour autant raisonnable d’acheter cet engin ? Techniquement, il s’avère en tout cas très sain, voire classique. Il reçoit le moteur 2,0 l TSI, doté d’un turbo, d’une distribution variable et d’une injection directe, mais dépourvu de toute forme d’hybridation.
Identique à celui équipant l’Octavia RS, ce groupe développe 265 ch (20 ch de plus que dans le Kodiaq RS d’ancienne génération) et un couple costaud de 400 Nm. Il s’allie exclusivement à une boîte à double embrayage DSG comptant 7 rapports, ainsi qu’à une transmission intégrale à coupleur Haldex de dernière génération. Ainsi, elle peut envoyer 100 % du couple à l’arrière, voire 85 % sur une seule roue.
Seulement, ce Kodiaq pèse 1 859 kg en 5 places, ce qui a une influence sur les performances. Celles-ci sont attractives plus que sportives, avec un 0 à 100 km/h exécuté en 6,3 s minimum, pour un maxi de 230 km/h.
Au démarrage, le moteur émet un petit bruit sympa et non envahissant, puis d’emblée, on apprécie le confort de roulement. La suspension filtre efficacement les inégalités, les jantes de 20 n’engendrant pas de percussions déplaisantes. De sorte qu’en conduite courante, en ville, sur route et sur autoroute, ce SUV - ou break surélevé, question de point de vue - séduit par sa facilité et son absence de défaut notoire.
Au contraire, on apprécie le punch du moteur, très similaire à celui qu’on lui connaît dans l’Octavia RS, malgré le poids très supérieur du Kodiaq. Ça, c’est dû au couple important, qui efface les kilos supplémentaires : ce bloc semble plus adapté à ce véhicule pesant qu’à la berline basse… Ce que confirment quelques kilomètres de conduite très active en montagne.
Le Kodiaq n’a en effet pas trop de difficultés à suivre une Octavia entre les virages. Et il aurait même tendance à la rattraper sur route sinueuse et peu adhérente en raison du froid ! C’est étonnant, mais son grip semble supérieur, de sorte qu’il passe en toute aisance là où l’Octavia commence à glisser à l’inscription en appui. Ce n’est donc pas une question de motricité, donc la transmission intégrale n’y est pour rien. Les pneus peut-être ?
Dans les deux cas, il s’agissait de gommes hiver, mais de marques différentes : Continental sur l’Octavia, Goodyear sur le Kodiaq. Mode Sport enclenché, le SUV contient efficacement ses mouvements de caisse tout en conservant une certaine souplesse d’amortissement, alors que la direction, affermie, est très agréable par sa consistance, sa rapidité et son feedfback correct.
On se sent donc en confiance pour exploiter le châssis équilibré, le grip abondant et la motricité irréprochable, transmission intégrale oblige. Proche de la limite, le Skoda se contrôle très bien en appui quand on applique un freinage dégressif, grâce à une pédale suffisamment ferme. Puis quand on la franchit, il sous-vire de façon progressive, puis l’ESP intervient.
Toujours en Sport, le moteur et la boîte gagnent en réactivité. Pour autant, les reprises prodiguées, certes vigoureuses, n’ont rien de véritablement sportif, alors que la DSG passe le rapport supérieur à l’approche du rupteur, même en mode manuel. Enfin, le freinage (étriers avant à deux pistons sur la version 7 places de cet essai) associe puissance et endurance, du moins par temps froid.
En clair, le Kodiaq RS se laisse maltraiter avec bienveillance, tout en procurant un agrément général assez inattendu, d’autant qu’il ne fait pas trop ressentir son poids. Le moteur essence 2.0 TSI du nouveau Kodiaq RS offre une puissance de 265 ch - soit une augmentation de +20ch par rapport à son prédécesseur - et un couple maximum de 400 Nm.
Le moteur est conforme à la norme d'émissions EU 6 EB. La distribution du couple aux quatre roues est assurée par une boîte de vitesses DSG à 7 rapports de série. La direction dynamique progressive est de série et permet une conduite particulièrement sûre et agile.
Prix et finitions
Le Skoda Kodiaq est disponible dès 43 790 € avec le moteur 1,5 eTSI de 150 chevaux en finition Selection 5 places. Pour une version 7 places, il faut ajouter un supplément de 1 080 €. Notre version d’essai en TDI 150 Selection débute à 48 470 € en 5 places. Une autre finition Sportline est prévue pour cet été. Le Skoda Kodiaq de seconde génération devrait toujours s’imposer comme l’une des références pour les véhicules familiaux 7 places.
Tableau récapitulatif des caractéristiques
| Caractéristique | Détails |
|---|---|
| Moteur | 2.0 TSI essence |
| Puissance | 265 ch |
| Couple | 400 Nm |
| Boîte de vitesses | DSG 7 rapports |
| Transmission | Intégrale |
| 0 à 100 km/h | 6,3 s |
| Vitesse maximale | 230 km/h |
| Volume du coffre (5 places) | 910 litres |
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