L'engagement de Toyota aux 24 Heures du Mans, qui a débuté en 1985, est une histoire de passion, de technologie, de déchirements et de triomphes.

Les Débuts Encourageants (1985-1990)

Dès les années 1970, Toyota avait été épisodiquement représenté dans la Sarthe en tant que motoriste. Mais le premier engagement officiel de la marque aux 24 Heures du Mans date de 1985, avec deux voitures construites autour d'une monocoque en aluminium et utilisant un moteur dérivé de la série, un petit 4-cylindres turbocompressé de 2,1 l de cylindrée seulement.

En 1986, les deux Toyota 86C se distinguent des 85C par une aérodynamique corrigée afin d'obtenir plus d'appui. L'année suivante, les 87C disposent d'un nouveau 4-cylindres turbo dont la puissance a été augmentée.

En 1988, face à une opposition exceptionnelle comprenant pas moins de 10 Porsche, 5 Jaguar, 4 Nissan et 2 Sauber Mercedes, les deux 88C iront au bout, finissant 12e et 24e.

Pour finir la décennie, Toyota se réorganise. La structure Toyota Tom's continue à s'occuper de l'exploitation sur la piste, mais les voitures sont conçues et produites par TRD (Toyota Racing Development). Leur châssis-monocoque en carbone abrite désormais un V8 biturbo de 3,2 l de cylindrée.

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L'année suivante, l'équipe engage 3 Toyota 90CV avec enfin un résultat qui va dans le bon sens, la n° 36 évitant les problèmes pour finir 6e, meilleur résultat jusqu'alors.

Les Années 1990 : Vers la Victoire (1991-1999)

Le changement de réglementation technique, instaurant à partir de 1991 l'usage de moteurs 3,5 l atmosphérique en lieu et place des moteurs turbo, provoque l'envoi au musée de toute une génération de voitures, dont les 90CV.

Joli prototype à moteur V10 3,5 l, la Toyota TS010 fait en 1992 son entrée dans le nouveau Championnat du monde des voitures de sport en commençant par remporter la première course à Monza devant une Peugeot 905. Deux mois plus tard dans la Sarthe, l'une des trois Toyota conduite par le Japonais Masanori Sekiya, l'Irlandais Kenny Acheson et le Français Pierre-Henri Raphanel parvient, au terme d'une course solidement menée, à s'intercaler entre les deux Peugeot sur la deuxième marche du podium.

En 1994, les protos, comme la TS010, sont ralentis par l'augmentation de leur masse minimale et la limitation de la taille de leur réservoir. Durant la course, les deux Toyota s'installent en tête avant la tombée du jour.

À partir de 1995, les protos comme la TS010 ne sont plus admis au Mans, ce sont les GT qui ont pris leur place en compagnie de quelques protos spider. Cette année-là, comme en 1996, Toyota est représenté dans la Sarthe par l'écurie japonaise Sard qui a développé une voiture sur la base de la Supra en y logeant dans le compartiment avant le 4-cylindres 2,1 l utilisé auparavant sur les protos 87 et 88C.

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Après une pause d'un an, Toyota revient officiellement en 1998 avec une nouvelle voiture née d'une nouvelle organisation. C'est le Toyota Team Europe (TTE) basé à Cologne qui est chargé de développer une nouvelle voiture pour Le Mans. Très belle, très impressionnante, la Toyota GT-One (TS020) naît sous la direction de l'expérimenté ingénieur français André de Cortanze. En carbone bien entendu, la coque accueille un V8 bi turbo de 3,6 l issus des précédents groupes C.

En 1999, Toyota arrive - une fois encore - en grand favori face aux GT de Mercedes et aux protos LMP1 de BMW. D'ailleurs les GT-One n° 1 et 2 occupent la première ligne de la grille et font la course en tête pendant la première heure.

Finalement, la Toyota n° 3, conduite par un équipage entièrement japonais (Suzuki, Tsuchiva, Katayama) se retrouve en début d'après midi en passe de gagner la course. Elle remonte en effet de manière très consistante sur la BMW de tête et pour les commentateurs, il ne fait pas de doute qu'elle ne va pas tarder à la dépasser. Jusqu'à ce que, à moins d'une heure de l'arrivée, le pneu arrière gauche éclate, en manquant au passage de l'envoyer dans le rail. Elle finira quand même deuxième.

L'Ère Hybride : La Consécration (2012-2020)

Mise au chômage technique après la fin du programme F1, l'équipe européenne Toyota Motorsport réussit à convaincre le président Akio Toyoda de revenir au Mans. Une décision facilitée, ou rendue évidente, par l'évolution de la réglementation technique qui admet, à partir de 2012, la motorisation hybride.

Aux prises avec une situation financière difficile, Peugeot décide soudainement de se retirer du championnat en janvier 2012, ce qui a sans doute contribué à accélérer l'engagement de la Toyota TS030, laquelle fait ses premiers tours en course à l'occasion des 24 Heures du Mans. Face au V6 Diesel des Audi, les TS030 font appel à un V8 à essence de 3,4 l de cylindrée. Et alors que les Audi utilisent le moteur électrique pour animer leur train avant et prendre au passage la dénomination Quattro, le moteur-générateur des Toyota est implanté sur l'essieu arrière.

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L'année suivante le duel avec Audi est encore plus serré et les deux Toyota sont à l'arrivée, la n° 8 montant sur la deuxième marche du podium alors que la n° 7 finit 4e après avoir été retardée par une sortie de route.

Toyota inaugure de son côté la nouvelle TS040 qui associe un V8 de 3,7 l associé à deux moteurs-générateurs, un sur chaque essieu. Au total, le pic de puissance atteint 1 000 chevaux !

Dès cette année-là, on constate à quel point la réglementation technique, basée sur un contrôle strict de la consommation d'énergie, favorise tout à la fois la créativité des ingénieurs et le spectacle.

L'année suivante, Toyota arrive dans la Sarthe avec deux TS040 dont la fiabilité a été améliorée. Et en effet, les deux voitures tourneront comme des horloges sans connaître d'alerte sérieuse, mais elles se révéleront aussi incapables de suivre le rythme des Porsche et des Audi pour finir à de bien frustrantes 6e et 8e places.

La Période TS050 HYBRID (2016-2020)

Quelle image peut-on retenir de l'édition 2016 autre que celle de la Toyota n° 5 immobilisée dans la ligne droite des stands à trois minutes de l'arrivée ? Car jusqu'à cet incroyable avant dernier tour et les cris de Kazuki Nakajima dans la radio, « No power, no power ! », la course avait été tout simplement superbe, la lutte très intense et très serrée pour qu'enfin la marque japonaise batte très joliment Porsche et Audi.

Après cette incroyable déveine, il était clair que l'heure de la vengeance allait sonner en 2017. Au volant de la n° 7, Kamui Kobayashi réalise le tour parfait et prend la pole position à 251,8 km/h de moyenne, battant le record de la piste qui datait de 1981.

La TS050 HYBRID n°8 qui a remporté en septembre 2020 la 88e édition de la course légendaire avec Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Brendon Hartley comme pilotes, a été officiellement prêtée ce mardi au musée des 24 Heures du Mans. Avec 1 000 chevaux et quatre roues motrices, pesant seulement 895 kg, la TS050 HYBRID s'est imposée comme la voiture LMP1 ultime, établissant le tour le plus rapide de tous les temps au Mans en 2017, lorsque Kamui Kobayashi réalise un temps de 3’ 14,791s à une vitesse moyenne de 251,9km/h.

Ce fut la première de quatre pôle positions consécutives pour une TS050 HYBRID, ouvrant la voie à des victoires en 2018, 2019 et 2020. Mike Conway a établi le record du tour de course le plus rapide, au volant de la TS050 HYBRID n°7 classée deuxième en 2019, avec un tour en 3’ 17,297s, à une vitesse moyenne de 248,6km/h.

A cette occasion, Hisatake Murata, président de TOYOTA GAZOO Racing et Pierre Fillon président de l’ACO, ont participé à une cérémonie de remise à l'intérieur du musée où la TS050 HYBRID est la pièce maîtresse d'une exposition unique célébrant l'histoire de Toyota au Mans.

L'Ère Hypercar et la GR010 HYBRID (2021-)

Pour revenir à l’actualité de l’épreuve qui s’annonce ce weekend, les fans se rendront cette semaine aux 24 Heures du Mans pour assister à la première tentative de victoire de la nouvelle Hypercar GR010 HYBRID.

La GR010 HYBRID n°7 de Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries arborera une livrée rouge et blanche inspirée de la TS020 qui a participé aux éditions 1998 et 1999 des 24 Heures du Mans. Cette livrée unique devrait enthousiasmer les fans en leur rappelant la riche histoire des courses d'endurance.

TOYOTA GAZOO Racing entend honorer son illustre héritage manceau en se battant pour une sixième victoire dans la Sarthe cette année. Si la GR010 HYBRID n°7 reflète ce passé glorieux, la livrée noir mat de la GR010 HYBRID n°8, pilotée par Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryō Hirakawa, incarne le présent. Son design s'articule autour d'un spectaculaire logo GR, symbole de l'esprit de l'équipe - « Vitesse » et « Horreur de la défaite » - ainsi que du concept « Prototype », symbole de l'amélioration continue des voitures issues du sport automobile et de leur évolution constante.

Les deux GR010 HYBRID arboreront également un nouveau logo célébrant le 40e anniversaire des débuts de Toyota au Mans.

Hommage à l'Histoire : Les Livrées Spéciales du 40e Anniversaire (2025)

Pour célébrer cette histoire, la GR010 HYBRID n° 7 de Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries arborera une livrée rouge et blanche inspirée de la Toyota GT-One (la TS020) qui a participé au Mans 1998.

Au cours de ces quatre décennies, Toyota, ses pilotes, les membres de son équipe et ses fans ont connu des moments de joie, de déception et de suspense, contribuant ainsi à la riche histoire de cette course. Depuis sa première participation officielle en 1985 et avant la 93e édition, 61 Toyota ont pris le départ à l'épreuve en 26 éditions, remportant cinq victoires, 18 podiums et huit pole positions.

La GR010 HYBRID 2025 est équipée d'un moteur hybride de 200 kW (272 ch) sur l'essieu avant associé, pour constituer une transmission intégrale, à un V6 3,5 litres biturbo alimenté par un biocarburant 100 % renouvelable.

Les Chiffres Clés de Toyota aux 24 Heures du Mans

Catégorie Nombre
Participations 27
Voitures engagées 61
Victoires 5
Podiums 18
Poles positions 8

L’exposition Toyota au musée des 24 Heures du Mans se tiendra jusqu’en février 2022.

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