Volkswagen a décidé de s’incruster dans le petit segment des breaks électriques avec l’ID.7 Tourer. Suivant la trajectoire de Tesla, la plupart des constructeurs sont entrés dans le segment des voitures électriques avec des grandes berlines ou de gros SUV. Cependant, avec le développement rapide des technologies électriques, les fabricants s’intéressent à d’autres formes de carrosserie, avec des compactes et des citadines. Mais le paysage semble évoluer un peu et quelques constructeurs ont décidé de s’y intéresser.

Porsche et MG ont été les premiers à s’exprimer avec les Taycan Cross/Sport Tursimo et la MG 5. Peugeot a ensuite décidé de lancer la e-308 SW, alors que BMW a attaqué par le haut avec la i5 Touring. C’est désormais au tour de Volkswagen d’arriver dans le segment avec l’ID.7 Tourer.

Design et Dimensions

Le break allemand diffère finalement très peu de la berline que l’on connaît déjà. Ainsi, l’empattement et la longueur totale de 4,96 m sont parfaitement identiques entre les deux modèles. Seule différence : un pavillon plus horizontal à partir du pilier B central, afin de proposer un peu plus de coffre à l’arrière.

Mais avec un porte-à-faux arrière identique et des cotes intérieures similaires, le volume annoncé évolue peu. Le maigre espace grapillé grâce à la lunette moins inclinée permet de faire passer le coffre de 532 à 545 litres ! Pour atteindre la valeur maximale de 605 l, il faudra redresser les dossiers en position Cargo, ce qui implique de modifier l’assise des passages sans que cela nuise au confort. L’ID.7 Tourer n’arbore ni la rigueur statutaire d’une Passat SW, ni l’agressivité d’une Arteon Shooting Brake. Ses lignes sont douces, tendues, presque anonymes. Le long pavillon fuyant, la calandre pleine, les flancs épurés… Tout respire l’efficience. Esthétiquement, ce n’est pas la familiale qui fait tourner les têtes. Mais ce design discret cache une aérodynamique travaillée. L’ID.7 Tourer annonce un Cx de 0,24.

Les dimensions du véhicule sont généreuses : 4,96 mètres de longueur et 1,55 mètre de hauteur, offrant un espace de chargement impressionnant de 605 litres, extensible à 1 714 litres. La capacité de chargement et la profondeur de 1,95 mètre en font un choix pratique pour les familles ou les trajets professionnels.

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À l’intérieur, l’ID.7 Tourer déploie des finitions de haute qualité. L’assemblage des matériaux est au top niveau et les matériaux utilisés de très bonne facture. Le tableau de bord intègre un grand écran central de 15 pouces, accompagné de l’interface ID. Software 4.0, qui offre une navigation intuitive et des commandes personnalisables. Les sièges ErgoActive, en finition ArtVelours, disposent de fonctionnalités de chauffage, de ventilation et d’une fonction de massage à dix points pour un confort exceptionnel.

Intérieur et Confort

Pour le reste, on y retrouve sans surprise le même habitacle spacieux et plutôt bien fini. Un tournant dans l’histoire des ID, régulièrement pointées du doigt pour leur présentation en retrait des habitudes de la marque. Ici, les matériaux sont plaisants et l’agencement est digne d’une berline de son rang. Au centre trône toujours un grand écran de 15 pouces reposant sur le système d’exploitation MIB4 réactif et entièrement configurable.

Mais aussi une habitabilité royale, et un coffre digne d’un utilitaire léger : 605 litres banquette en place, 1.714 litres une fois rabattue. L’intérieur est plus séduisant. Pas dans l’exubérance, mais dans l’ergonomie, l’espace et la technologie. La planche de bord minimaliste s’organise autour d’un grand écran central de 15 pouces et d’un affichage tête haute en réalité augmentée, de série. Cet élément technologique projette directions et limitations directement dans le champ de vision. Le combiné d’instrumentation, lui, est réduit à sa plus simple expression : une mini dalle derrière le volant. Peut-être un peu trop minimaliste.

L’habitabilité de la Volkswagen ID.7 Tourer est l’un de ses principaux atouts. Dès qu’on s’installe à bord, l’impression d’espace est renforcée par le toit panoramique. À l’arrière, l’espace est généreux. Les grands gabarit pourront voyager confortablement, même avec un passager avant mesurant 1,80 m. Les passagers arrières profitent également de porte-gobelets, de prises USB-C et de la climatisation bi-zone. C’est le grand luxe ! Enfin, le coffre gagne en capacité par rapport à la berline avec un volume allant de 605 litres à 1 714 litres une fois les sièges rabattus. On dispose ainsi d’un espace de chargement de près de 2 mètres de long.

La position de conduite est d’un très bon niveau. Le maintien des sièges est bien étudié. Mention spéciale aux sièges ErgoActive avec ventilation, chauffage et massage, en option sur les finitions inférieures, de série ici. À l’arrière, l’espace aux jambes est gigantesque. On pourrait croire à une voiture avec chauffeur. On exagère le trait, ce n’est qu’une Volkswagen ? Eh bien, pas tant que ça. Le plancher plat, conséquence de l’architecture électrique MEB, rend les longs trajets à trois tout à fait envisageables. À deux, on est vraiment très à l’aise à l’arrière. Dès les premiers kilomètres, l’ID.7 Tourer séduit par son silence de fonctionnement. Volkswagen a particulièrement soigné l’insonorisation. Vitrages feuilletés, joints multiples, et matériaux absorbants dissimulés partout. Sur autoroute, c’est un cocon. Même à 130 km/h, on peut parler sans crier avec les passagers. Qu’il soient assis à l’avant ou sur les places arrière de cette ID.7 Tourer.

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Conduite et Dynamique

En toute logique, le sac à dos n’a absolument aucun effet sur le comportement dynamique du modèle, qui se distingue toujours par son haut niveau de confort. L’insonorisation est toujours impeccable, même aux places arrière, alors que le confort de suspension ne souffre d’aucune critique. Mais il faudra pour cela cocher l’amortissement piloté DCC optionnel (1 390 €). Dans son réglage le plus souple, le système ne fait qu’une bouchée des aspérités, mais il exagère parfois les pompages. C’est le cas sur certains ralentisseurs qui auront tôt fait de frotter les soubassements.

À l’instar de la berline, le break s’apprécie donc à un rythme de sénateur, qui s’impose tout naturellement en Suède, lieu de notre essai. Pour autant, la masse totale de 2 239 kg (dont une batterie de 86 kWh de 556 kg contre 503 kg pour la 77 kWh) dans cette configuration Pro S ne grèvent pas les performances, avec un 0-100 km/h en 6,7 s, contre 6,5 pour la plus légère des berlines. Les capacités de reprises sont donc proches, avec un 80-120 en un peu moins de 4,5 s.

Cette Volkswagen ID.7 break offre donc un compromis confort/tenue de route bluffant. Surtout pour une voiture de près de 2 tonnes à vide. Le centre de gravité assez bas - batterie oblige - aide à contenir les mouvements de caisse. Et l’ID.7 Tourer enroule les virages avec sérénité. Attention, ce n’est pas une sportive. Mais simplement une routière accomplie.

Motorisation et Autonomie

Comme nous l’avons constaté à de nombreuses reprises, la Volkswagen ID.7 est l’une des reines de l’efficience sur le marché actuel. Malgré le poids supplémentaire et un coefficient de trainée aérodynamique de 0,25 (contre 0,23 pour la berline), l’appétit demeure toujours maîtrisé pour une voiture de ce gabarit et de plus de 2,2 tonnes. Selon la norme WLTP, cette version réclame 0,3 kWh/100 km de plus en moyenne, pour une autonomie maximale de 683 km. Dans les conditions favorables de notre essai, avec une grosse majorité de route secondaires sans relief, non avons enregistré une moyenne de 15,4 kWh/100 km, soit une autonomie totale théorique de 560 km.

Cette nouvelle batterie, dotée de cellules fournies par LG selon nos informations, annonce un pic de recharge rapide de 200 kW. C’est à peine plus que les 175 kW (185+ kW réels) de la batterie de 77 kWh. Nous n’avons pas eu tout le loisir de tracer une courbe de recharge, mais le constructeur annonce un ravitaillement de 10 à 80 % en 26 minutes. La puissance moyenne théorique qui en ressort est supérieure à celle de la version Pro de 77 kWh.

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Sous le « capot arrière » (puisque c’est une propulsion), on retrouve le moteur APP550 de 272 chevaux et 545 Nm. Les performances sont très suffisantes : 0 à 100 km/h en 6,5 secondes… Relances toniques, le tout dans un silence parfait. Mais ce n’est pas la sportivité qu’on vient chercher ici, plutôt l’endurance, à vrai dire. Et sur ce point, l’ID.7 Tourer impressionne. Avec sa grosse batterie de 86 kWh utiles. L’autonomie dépasse les 550 kilomètres en usage mixte. Et en condition réelles.

Lors de notre essai de 1.200 km, répartis entre départementales, autoroutes et agglomérations, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 15,5 kWh/100 km en conduite coulée et optimisée sur route
  • 17,6 kWh/100 km en moyenne sans forcer, ni faire attention
  • 20,3 kWh/100 km sur autoroute à allure réglementaire

Des scores excellents, qui placent l’ID.7 Tourer parmi les électriques les plus efficientes de sa catégorie. Surtout pour un véhicule aussi logeable et pratique.

Volkswagen ID.7 Tourer GTX

Le lancement de la Volkswagen ID.7 Tourer coïncide avec celui de la version GTX, proposée en berline et en break. Comme son nom le laisse supposer, cette déclinaison joue la carte du dynamisme. Sous sa robe se trouve un châssis retravaillé avec la présence en série de la suspension DCC et de la direction progressive. Mais c’est bien entendu la transmission intégrale qui fait tout le sel de cette version avec la machine synchrone APP550 à l’arrière (286 ch) et la machine asynchrone AKA150 à l’avant (109 ch). La puissance totale est donnée pour 340 ch et 545 Nm de couple. Du fait de sa configuration technique, cette dernière peut être déconnectée sans présenter de résistance magnétique à rythme stabilisé afin de maîtriser les consommations.

Difficile de livrer un premier bilan complet au terme de cette prise en main, sur des routes suédoises droites, plates et surveillées de très près. Tout juste pourrions-nous noter une direction un peu plus consistante et un amortissement plus rigoureux, sans plus. Côté chrono’, le 0-100 km/h est effectué en 5,5 s, alors que nous avons noté un 80-120 km/h en 3,8 s. Une très bonne valeur, qui la place au niveau d’une BMW i4 eDrive40.

Cependant, la présence d’une monte large (265/35 à l’arrière) et de pneus Continental EcoContact 7S à faible rendement énergétique (catégorie C), la consommation grimpe d’un cran : nous avons noté une moyenne finale de 16,7 kWh/100 km, soit 515 km d’autonomie.

Technologies Embarquées

Côté recharge, c’est du classique MEB : charge AC 11 kW, et DC jusqu’à 200 kW. De quoi passer de 10 à 80% en 30 minutes sur borne rapide. Sur notre trajet, nous avons rechargé majoritairement sur autoroute, ce qui n’est pas optimal pour le coût. Avec un coût total de 140 euros pour 1200 kilomètres… Il n’y a rien d’alarmant avec cette ID.7 Tourer. En usage domestique ou avec des tarifs négociés, il est facile de descendre sous les 10 euros/100 km.

Autre point positif, en réel, la recharge est vraiment rapide. En fait, en s’arrêtant sur une aire d’autoroute, on découvre que la température de la batterie de notre break Volkswagen est déjà optimisée. Autrement dit, à peine quelques secondes après avoir été branchée, la recharge est au maximum ! Un bon point qui permet de passer moins de 20 minutes à la borne avant de voir afficher « 80% ».

Volkswagen a corrigé le tir sur un autre point. L’interface logicielle, longtemps critiquée, est désormais fluide et plus intuitive. Le nouvel OS 4.0 s’approche enfin des standards attendus. Plus stable, plus rapide, mieux organisé. L’ID.7 Tourer embarque aussi une pompe à chaleur de série, les ADAS de niveau 2 (Travel Assist), un régulateur adaptatif intelligent, et même la possibilité d’utiliser Android Auto et Apple CarPlay sans fil. Sans parler du raccourcis pour désactiver rapidement quelques aides jugées trop envahissantes par beaucoup… Un bonheur.

Prix et Positionnement

Exception faite des BMW i5 Touring et Porsche Taycan Sport Turismo qui jouent dans la cour des véhicules premium, la Volkswagen ID.7 Tourer est sans concurrence directe au sein du segment E : les BYD Han, Mercedes EQE et Tesla Model S ne sont disponibles qu’avec des silhouettes conventionnelles. Voilà qui en fait donc une proposition singulière et en phase avec ses ambitions de grande routière, capable de voyager sereinement et facilement grâce à son efficience toujours intéressante.

Surtout, si l’équipement est plus généreux, cette dernière justifie difficilement le chèque de 75 000 € à signer pour la GTX Tourer. En revanche, affichée au prix de 62 390 €, la version Pro S de 86 kWh est plutôt bien placée dans son segment : il faut compter à partir de 77 700 € pour une BMW i5 Touring eDrive40 de base (81,2 kWh - 548 km WLTP), alors que la Taycan Cross Turismo est hors sol.

La concurrence est encore peu fournie. La MG5 n'a pas la carrure, les Porsche Taycan Sport Turismo et Audi A6 e-Tron visent une cible très différente, tout comme la BMW i5 Touring.

Conclusion

Le break thermique vit ses derniers instants. Même s’il a encore de beaux jours devant lui. Mais la relève électrique tarde à s’imposer, encore trop souvent cantonnée à des silhouettes de SUV, plus hautes, moins efficientes, et pas toujours taillées pour le voyage. Avec l’ID.7 Tourer, Volkswagen tente une synthèse audacieuse. Conjuguer l'esprit des Passat Break TDI d’antan avec la modernité électrique. Pari réussi ?

En bref, si vous en avez assez des SUV, qui sont désormais omniprésents, et que vous recherchez un break efficient, électrique, confortable et bien équipé, l’ID.7 est vraiment le modèle qu’il vous faut.

Tableau Récapitulatif des Caractéristiques Principales

Caractéristique ID.7 Tourer Pro S ID.7 Tourer GTX
Puissance maximale 286 ch 340 ch
0-100 km/h 6,7 s 5,5 s
Autonomie (WLTP) 683 km 595 km
Capacité de la batterie 86 kWh 86 kWh
Volume du coffre 605-1714 litres 605-1714 litres
Prix de départ 62 390 € 75 000 €

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