En 1980, le réalisateur et producteur américain Sean S. Cunningham lançait Vendredi 13, premier opus d’une saga horrifique qui, à ce jour, compte déjà douze épisodes. Le postulat est toujours le même : des adolescents se font tour à tour massacrer à Crystal Lake, en pleine campagne, par un tueur fou connu sous le nom de Jason, qui cache les traits de son visage derrière un masque de hockey.
Avant de commencer à parler de ce nouveau remake réalisé par Marcus Nispel, il faut préciser que la saga Vendredi 13 a souvent été surestimée. Alors que Halloween vient justement de connaître les joies d'une nouvelle version signée Rob Zombie, et que bon nombre d'autres classiques du genre ont également fait l'objet de remakes récents (d'Amytiville à Hitcher, en passant par Massacre à la tronçonneuse), il semblait presque imparable que Vendredi 13 connaisse le même sort.
Pour se faire, Michael Bay a donc décidé de faire de nouveau confiance à Marcus Nispel (après qu'il ait dépoussiéré le classique de Tobe Hooper), ainsi qu'aux scénaristes Damian Shannon et Mark Swift (déjà à l'origine du script de Freddy contre Jason). Visiblement consciente des lacunes des premiers films, la fine équipe opte d'un commun accord pour une solution originale : rebooter la saga, non pas en prenant le film originel pour appui, mais en mélangeant divers ingrédients des deux suivants (dans lequel notre bon vieux tueur à la machette pouvait enfin s'en donner à cœur joie).
Marcus Nispel s'est montré extrêmement clair quant à l’orientation qu’il comptait donner aux nouvelles aventures de Jason : il s’agissait de retrouver l’esprit originel de la série, de se replonger dans ce qui était le « cœur » de la saga. Nispel n’était donc pas là pour faire évoluer le personnage de Jason ou pour moderniser le « processus » mis en branle par chacun des épisodes : il s’agissait de respecter l’esprit de la série tel qu’il avait été insufflé par le créateur du premier opus, Sean S. Cunningham.
C’est bien sur ce point que Nispel fait très fort. S’il respecte à la lettre le cahier des charges imposé par « l’esprit » Vendredi 13 - sexe et humour second degré - Nispel fait preuve d’un tel brio dans les scènes horrifiques qu’il parvient à nous faire oublier, dès la scène d’introduction, tous les épisodes déjà réalisés auparavant. La séquence introductive, si elle peut paraître un peu longue, met brillamment en scène le meurtre de cinq adolescents aux abords de Crystal Lake. La sauvagerie dont fait preuve Jason dès les premières minutes du film est absolument incroyable ; à l’heure des « slashers » simplistes et édulcorés (dont Scream, de Wes Craven, a été l’un des initiateurs principaux), revoir Jason massacrer des jeunes de cette manière est absolument jouissif.
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D’ailleurs, le démarrage du film est si radical et si réussi que le récit, par la suite, patine quelque peu, comme s’il avait du mal à se remettre lui-même de cette entame magistrale. Le scénario est le suivant. A la suite du massacre auquel nous assistons en introduction, le frère de l’une des victimes, Clay, décide de partir à la recherche de sa sœur. Contrairement à la police, Clay est convaincu que la bande d'adolescents parti camper sur le site de Crystal Lake n’a pas fugué ; quelque chose a dû se passer.
Lors de son enquête, Clay va faire la connaissance de six jeunes gens qui ont décidé de passer le week-end dans une maison de campagne de grand luxe située aux abords du lac. Naturellement, Jason va rapidement se rendre compte que des intrus se trouvent à proximité de sa demeure et va décider d’éradiquer ces étrangers… Autour d’un postulat hyper classique, Marcus Nispel a parfaitement su réinjecter les différents éléments qui constituaient la marque de fabrique de la franchise Vendredi 13.
Il réalise un retour aux sources très réussi, dont les faiblesses sont davantage dues à l’imbécillité de la série elle-même - Nispel semble reproduire quasi intentionnellement les défauts « sympathiques » de la série, afin de rester le plus fidèle possible au modèle - qu’à des erreurs de sa part. Beaucoup de critiques lui ont reproché ces nombreux défauts : humour graveleux, manque de hauteur de vue dans la forme, ratage de certains effets... Cependant, ces éléments faisant partie intégrante de la série, Nispel se les ait réappropriés et les utilise de façon respectueuse et méthodique.
La qualité du cadrage, ainsi que la beauté de la photographie, rappellent combien Marcus Nispel vaut mieux que tous les metteurs en scène qui se sont succédés sur la franchise. L’efficacité de sa mise en scène, son sens du rythme (très peu de temps morts) sont indéniables. En conséquence, Marcus Nispel confirme être, après son toilettage réussi de Massacre à la tronçonneuse, l’un des meilleurs cinéastes horrifiques actuels aux côtés de Rob Zombie.
Si on peut lui reprocher certaines incohérences - la scène au cours de laquelle Jason s’approprie le masque de hockey, lequel va faire partie intégrante de la mythologie propre au personnage, n’est pas franchement très pertinente - Marcus Nispel réalise un épisode extrêmement efficace qui reprend à la lettre le cahier des charges propre à la série tout en le dépassant. De fait, un court prologue rappellera succinctement les évènements du premier film afin d'évacuer d'emblée la question et de laisser une plus grande place à l'impitoyable croquemitaine au masque de hockey (qu'il n'arborera d'ailleurs qu'après plusieurs minutes, hommage au Tueur du vendredi oblige).
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Honnêtement, ce parti pris est tout à fait logique. Délaisser le personnage de Jason aurait été une erreur fatale (d'autant que les fans y sont particulièrement attachés). En revanche, on peut rester dubitatif sur l'ambition du long-métrage qui, en fait de renouveler le mythe, ne fait que reprendre inlassablement les codes dictés par la franchise (et qui ont si lourdement marqué un genre tout entier).
On retrouve donc toujours une bande d'adolescents attardés digne d'American Pie (n'ayant rien de mieux à faire que de boire de la bière à même une godasse sale ou de se palucher sur un catalogue Damart), des bimbos écervelées plus exhibitionnistes que chez Russ Meyer (avec un irrépressible besoin d'exposer leurs opulantes poitrines, quitte à les enduire d'huile en sus), la gentille sainte-nitouche courageuse (forcément mignonne et pure) ou encore le bon samaritain de service (fatalement séduisant et ténébreux).
Bien sûr, notre cher empêcheur de tourner en rond préféré (Jason Voorhees, ce bon vieux gardien de la vertu et des valeurs morales puritaines) est toujours d'attaque pour trancher joyeusement dans le tas des impies qui fument, boivent, se droguent et forniquent à tout va. « Il ne peut plus rien nous arriver d'affreeeuux maintenaaannt ! »
À ce niveau-là, difficile de blâmer les concepteurs du film. Le Jason nouveau est franchement impressionnant (Nispel sait mettre en valeur son poulain), toujours aussi brutal et rivalise même d'ingéniosité avec le tueur de Saw en ce qui concerne l'élaboration inventive des traquenards sournois qu'il tend à ses proies (avec autant de dextérité pour manier la machette ou les flèches que Rambo, et un goût prononcé pour les pièges à loup façon Severance).
Dans la peau du tueur au masque de Hockey, Derek Mears a une véritable présence à l'écran ; même s'il manque au personnage un soupçon de personnalité pour marquer durablement les esprits. Pourtant, Nispel (tout comme il l'avait fait pour Massacre à la tronçonneuse) ne lésine pas sur les moyens à ce niveau-là.
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Pour le reste, le réalisateur demeure très fidèle au matériau d'origine, multipliant les clins d'œil (décors, répliques, bande son et même certains plans) et les morts (les premières minutes dérouillent sévèrement en terme de sauvagerie !). Et bien que celles-ci soient extrêmement balisées (tout comme les sursauts mécaniquement orchestrés à base de musique tonitruante accentuant chaque effet), elles sont traitées avec une indéniable efficacité.
À défaut d'offrir une relecture véritablement pertinente de la saga, Marcus Nispel en réalise de loin l'opus le plus violent et le plus glauque de la série ; certains meurtres s'avèrant pour le coup particulièrement jouissifs (la nana qui se prend la machette dans la tête notamment), voire terriblement vicieux (avec le sac de couchage). Et même si ça manque d'une perversité à la Rob Zombie ou de l'inventivité d'un Destination finale, ce Vendredi 13 remplit grosso-merdo son contrat de pur divertissement sadique et crétin, mais tout à fait assumé.
Comme vous pouvez le voir, le pitch est court, très court, mais en même temps on est en terrain connu ! Comme pour Massacre à la Tronçonneuse, Hollywood déterre ses bêtes les plus féroces pour les livrer aux jeunes générations incultes en matières de cinéma et tout pleins de testostérone. Vendredi 13 est une saga mythique qui a bercé la jeunesse de beaucoup de trentenaires, et qui a fait les beaux jours des amateurs de Jason. Mais c’est aussi une saga culte avec un héros tellement charismatique et pourtant tellement débile.
Malgré sa sortie en catimini et sa distribution confidentielle, ce remake de « Vendredi 13 » n’est aucunement une maladie filmique honteuse, bien au contraire, mais une p….. de bonne série B qui redore le blason ternie, par d’innombrables séquelles douteuses, de Jason Voorhees, le célèbre tueur du vendredi 13.
Comme pour le remake de « Massacre à la tronçonneuse », son premier film, Marcus Nispel reprend à son compte les ingrédients du film original pour nous proposer une histoire inédite. Il n’est en effet plus question ici de la réouverture du camp de vacances de Cristal Lake. C’est tout d’abord une bande de jeunes campeurs à la recherche d’une plantation de marijuana sauvage autour du Lac de Cristal qui font connaissance du maniaque de la machette.
Ils sont suivis quelques semaines plus tard par un groupe de jeunes étudiants invités par un camarade de classe imbu de sa personne qui veut leur en mettre plein la vue en leur proposant de passer le week-end dans la somptueuse villa de ses parents. Ce petit aménagement de scénario n’est pas la seule différence notable en le film original et son remake.
Alors que le film de Cunnigham utilisait la caméra subjective pour nous faire vivre les meurtres par les yeux du tueur, le film de Nispel se plait à nous montrer Jason en action, non sans évoquer Michael Myers. Il n’est en effet plus question d’une mère vengeresse, ni d’une entité d’outre tombe, mais d’un fou furieux fait de chair ou de sang qui n’aime pas que l’on folâtre sur son territoire.
Dans la logique implacable de Hollywood de tout vouloir « remaker » il était évident que la série des Vendredi 13 y passerait tôt ou tard tant Jason Voorhees est une véritable icône de l’horreur de l’autre côté de l’Atlantique. Fort de leur succès commercial (100 m de $ de recette sur le sol américain) et en partie artistique du remake de Massacre à la Tronçonneuse, le duo Bay/Nispel se charge donc de redonner un nouveau départ à cette saga née en 1980 sous la houlette de Sean S. Cunningham.
Ce qui s’annonçait à priori comme une bonne nouvelle, n’est en fait qu’une très grosse déception. Les personnages sont caricaturaux au possible et tous les poncifs du genre sont bien présents. Marcu Nispel sait filmer ses décors parfois vraiment magnifiques et trouve quelques bonnes idées pour faire avancer son métrage sans que son rythme ne vienne à faiblir.
Le film est scindé en deux d’où le titre du film qui n’apparaît que au bout de 20/25 minutes de projection. Le réalisateur respecte les différents code du genre, nous offrant des passages où la caméra subjective produit un bel effet, filme son tueur de façon presque « trop » élégante et se permet même une introduction assez réussie avec une scène bien construite et probablement l’unique passage semblant faire partie cette saga horrifique.
Son nouveau Jason Voorhees est trop éloigné de celui crée dans le second volet et très peu développé par la série originale. Dans ce remake le duo Nispel/Bay nous donne leur propre version, leur point de vue qui est complètement différent et qui au final change complètement le comportement et la nature même du tueur de Cristal Lake.
Pour eux Jason Voorhees est une un chasseur masqué qui installe des pièges à loup, séquestre ces victimes, prend son temps pour tuer (la scène du sac de couchage et du piège à loup), fait des bonds et cavale après ces proies, construit tout un système de galeries souterraines avec des « alarmes » dans la forêt pour retrouver les fuyards.
A force de vouloir redonner une nouvelle image à leur tueur, une nouvelle conception de ce qu’est un Vendredi 13, le duo nous offre autre chose que ce à quoi nous étions en droit d’attendre.
Passées les 20 premières minutes où le scénario s’attarde sur les deux premières histoires, le reste n’est en fait qu’une presque copie du quatrième volet, Chapitre Final. Hormis la famille habitant près du lac, dont le fils sera le véritable tueur de Jason « humain », tout le reste est bien présent : frère recherchant sa sœur, fête dans une maison où Jason viendra s’amuser à sa façon, déroulement de l’intrigue quasi identique sauf son final.
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