Une voiture historique, célèbre ou simplement originale. Ce mois-ci, la Renault Alpine A 442 B et sa reproduction au 1/43ème par Solido. Cette victoire aux 24 Heures du Mans reste très présente dans notre mémoire alors que nous fêtons le 40ème anniversaire.

Depuis la guerre, les victoires au Mans des constructeurs automobiles français ne sont pas courantes, elles marquent donc nécessairement les esprits.

L'épopée Alpine aux 24 Heures du Mans

L’épopée Alpine aux 24 Heures du Mans a commencé en 1963 et malgré des moyens limités, la marque de Dieppe sera présente tous les ans pour porter la couleur bleu. Renault n’est jamais très loin d’Alpine puisque outre le fait que les Alpine sont depuis toujours construites sur des mécaniques de la Régie, en 1973, Renault devient actionnaire majoritaire. A partir de 1973 Renault engage avec Alpine un programme de courses d’endurance. Un prototype à moteur 2 litres est développé, l’Alpine A 441 est alignée dans le Championnat d’Europe Sport Prototypes 2 litres. Le succès est rapide puisque Alpine remporte le titre en 1974.

A l’issue de ce titre, Renault va prendre totalement la main sur le programme compétition puis nomme, en 1976, Gérard Larousse aux commandes du service course. L’objectif est de gagner les 24 Heures du Mans et Renault va développer une voiture sur la base de l’Alpine A 441, elle donne naissance à l’Alpine A 442. Équipé d’un moteur V6 2 litres turbocompressé de 500cv, un seul prototype est engagé aux 24 Heures 1976, pour un premier test.

1977 : Une revanche manquée

Pour 1977, Renault vient en force avec 4 Renault Alpine A 442, la n°9 de Bell - Jabouille fait le meilleur temps des essais et prend la tête de la course. Elle va faire cavalier seul et maintenir la 1ère place pendant 17 heures, jusqu’à 9 heures du matin et la casse de son moteur. Si les A442 furent performantes en 77, elles furent toutes victimes d’ennuis de moteur laissant la victoire à Porsche. Chez Renault, l’origine du mal ayant affecté les moteurs en 1977 est connue.

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1978 : L'année de la victoire

Renault est de retour en 1978 avec le même et seul objectif, ne courir qu’au Mans et gagner. La A 442 connait quelques ajustements notamment au niveau des prises d’air, la A 442B est équipée d’une bulle saute-vent en Plexiglas qui permet de diminuer la trainée, son défaut est qu’elle fait monter la chaleur dans l’habitacle.

Quatre Renault Alpine sont engagées, la nouvelle A 443 n°1 pour Jabouille - Depailler, la A 442B n°2 pour Jaussaud - Pironi, la A 442A n°3 pour Bell - Jarier et la A 442A n°4 pour Ragnotti - Frequelin - Dolhem. Porsche de son côté engage trois 936/78 et une 935/78, la « Moby Dick ». Le duel Renault - Porsche commence avec un avantage pour Porsche qui fait le meilleur temps aux essais, devant la A 443.

Les A 442 ne sont que 5ème, 7ème et 8ème, on se dit que Renault joue la fiabilité. Le départ de la course est donné par Raymond Poulidor, l’éternel second. Qu’importe le présage, Renault attaque fort et place la A 443 en tête. Malgré de petits ennuis, elle va se montrer très rapide et servir de lièvre pour les Porsche. Pour autant Renault n’est pas serein puisque la n°3 abandonne sur accident et la n°1 s’arrête le dimanche matin alors qu’elle était en tête.

La Renault Alpine A 442B de Didier Pironi et Jean Pierre Jaussaud remporte les 24 Heures du Mans devant deux Porsche 936/78 et la Renault Alpine A 442A n°4. Les vainqueurs ont parcouru 5 044,530 km à 210,188 km/h de moyenne. C’est la première victoire d’un moteur V6 au Mans et la deuxième pour Michelin. Il aura fallu 16 ans depuis l’Alpine M63 de 1963 pour qu’Alpine accède à la victoire, certes en tout petit derrière Renault, mais l’histoire retient Alpine.

Tableau des Positions Finales

Position Équipe Voiture
1 Renault Alpine A 442B
2 Porsche 936/78
3 Porsche 936/78
4 Renault Alpine A 442A

L'après-course et l'héritage

A l’issue de la course, Renault annonce qu’il ne sera pas présent en 1979 et qu’il arrête son programme d’endurance pour se consacrer à la Formule 1. En cette fin des années 1970, Solido domine le monde de la voiture miniature. C’est sous la référence n°87 que la vainqueur du Mans est proposée. Présentée dans l’habituelle boite carton avec fenêtre Rhodoïd, noire et intérieur jaune, la dénomination se limite à Alpine A 442, montrant bien la place d’Alpine par rapport à Renault dans le cœur du public.

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La miniature est une reproduction très fidèle, elle n’oublie aucun détail. On retrouve la bulle plastique, la cheminée de prise d’air, l’intérieur détaillé, les roues fidèles. Une planche de décalques permet une décoration parfaite de la voiture mais nécessite une bonne pratique de la pose. Pour encore plus de fidélité, il est nécessaire de jouer du pinceau en peignant les supports d’aileron en blanc. Cette absence de partie ouvrante est une tendance à cette époque, notamment pour Solido, dont les miniatures sont plus proches du modélisme que du jouet. Il y a 40 ans on ne s’en plaignait pas, aujourd’hui non plus d’ailleurs. Solido avait bien compris que sa clientèle évoluait, ce n’était plus l’enfant la cible mais l’adolescent et l’adulte. C’est pourquoi Solido a dans cette période commercialisé des kits en coffret comprenant deux voitures non peintes, des planches de décalques, des accessoires permettant de réaliser des variantes de modèles de compétition.

Heureusement, il y avait d’autres possibilités comme les planches de décalques de la BAM. Mais le plus souvent, il fallait jouer avec la lime et le Sintofer. En conclusion, la Solido est un très bon modèle et reste près de 40 ans après sa sortie ce qui se fait de mieux. Cette miniature n’est pas rare et se trouve facilement, neuve en boite, autour de 25€.

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