Une Audi 80 Cabriolet à plus de 50.000 euros, cela peut paraître de prime abord assez étrange. Sauf qu'ici, le modèle qui nous intéresse est un peu particulier, puisqu'il fut la propriété de la Princesse Diana, qui parcourut environ 6.400 km à son volant.

Un Véritable Collector Royal

Diana Spencer n’a laissé personne indifférent. La princesse de Galles, duchesse de Cornouailles et de Rothesay avait le charme et un petit côté Rolling Stones au sein de la famille royale dont raffolait la presse people de l’époque. Cette dernière ne fut pas vraiment étrangère à l’accident qui lui coûta la vie ainsi que celle de Dodi Al-Fayed et du chauffeur de la Mercedes S280, Henri Paul. Seul le garde du corps, Trevor Rees-Jones a survécu.

Mais l’on aurait tord de résumer le rapport automobile de Lady Di à ce tragique accident. Diana aimait les voitures et aimait conduire. Cela ne fait aucun doute à la vue du lot 319 de la vente NEC Classic Motor Show organisé les 12 et 13 novembre par Silverstone Auctions. Une Audi 80 cabriolet d’un vert métallique du plus bel effet.

La princesse de Galles a parcouru quelques 6 400 kilomètres entre mars et juillet 1994, ce qui parait conséquent au regard du protocole qui entourait sa vie. Cette Audi est dotée d’un moteur 5 cylindres 2,3l associé à une boîte automatique. Pour la petite histoire, sachez qu’elle n’appartenez pas à Lady Di, mais bien à la concession Dovercourt Audi de St John Wood qui la récupéra à l’été 1994 avant de la revendre à Campbell Dale, un journaliste et écrivain politique bien connu au Royaume-Uni.

Fourni avec ses papiers d’origine ainsi qu’une série de clichés de la voiture avec Lady Di au volant, cette Audi 80 cabriolet est estimée entre 50 000 et 60 000£, soit l’équivalent de 55 000 et 67 000€.

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Caractéristiques et Histoire du Modèle

Datant de 1994, cette Audi 80 est mue par un 5 cylindres 2.3 L de 136 ch combiné à une boîte automatique. Elle semble afficher un bel état de fraîcheur, ce qui du reste n'est pas vraiment surprenant pour une voiture d'un tel pédigrée. Affichant aujourd'hui 34.460 km, elle sera prochainement proposée à la vente "NEC Classic Motor Show" les 12 et 13 novembre prochains. Son prix est estimé entre 50.000 et 60.000 livres, c'est-à-dire entre 55.000 et 67.000 euros. Le futur acquéreur se verra également remettre quelques photos de la Princesse Diana utilisant ladite voiture.

La 80 cabriolet est le tout premier du genre pour Audi. D’une élégance rare, cette décapotable très chic et classique pose des fondamentaux toujours d’actualité. Si l’on fait abstraction des confidentielles et artisanales Audi 100 Crayford et Roadster quattro signés par Walter Treser, chacune assemblée à la main, la première Audi à tomber le haut c’est elle : la 80 cabriolet. Il aura fallu attendre l’arrivée de la troisième génération de berline 80, la « type B4 », pour en profiter au tout début des années 90.

A l’époque, Audi commence enfin à bénéficier d’une image premium, encore porté par l’aura de l’Ur quattro, et par l’arrivée de modèles plus jeunes et ambitieux comme l’ambitieuse berline V8 ou le nouveau Coupé quattro. On est en plein bio design et, après l’équerre et le fil à plomb qui ont caractérisé les années 80, les stylistes commencent à (re)découvrir les courbes ! Ils se font justement plaisir avec le nouveau Coupé 80-90 lancé en 1988, décliné en une sulfureuse version S2, dotée du 5 cylindres 2.2 turbo 20v (poussé à 230 ch) et de la transmission intégrale quattro.

Même capotée, la 80 cabriolet brille par on élégance naturelle. Cette auto aurait dû rester à l’état de concept, sans lendemain, mais la commercialisation par BMW de sa Série 3 décapotable, produite en série par l’usine et non plus au compte-goutte par Baur, va précipiter les choses. Et ce qui va définitivement inciter Audi à passer la seconde, c’est l’excellente réaction du public qui réclame cette voiture ! On valide et on comprend pourquoi le public de l’époque a craqué pour ce cabriolet.

A l’époque, de nombreux modèles décapotables sont encore affublés de disgracieux arceaux (Ford Escort cabriolet, VW Golf cabriolet, Fiat Ritmo cabriolet, Jaguar XJ-SC…), ce qui n’est pas le cas de cette Audi, intégrant judicieusement les renforts dans les bas de caisse, ce qui, du coup, lui permet de se distinguer par une ligne affichant une grande pureté. Evidemment, les designers en sont pleinement conscients, et ils vont sublimer cette absence d’arceau en ceinturant tout l’habitacle d’une superbe applique en alu brossé, qui se prolonge dans les montants de pare-brise.

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A l’été 1991, on passe donc du rêve à la réalité, la 80 cabriolet devenant le nouvel ambassadeur du chic selon Audi. Bien sûr, à l’époque, il n’est pas encore question de toits en dur rétractables, une mode à laquelle Audi s’est d’ailleurs toujours refusé, pour préférer une traditionnelle capote souple et manuelle. La formule présente 3 avantages non négligeables… Primo, c’est plus léger qu’un toit rétractable. Deuxio, ça prend aussi moins de place lorsque c’est plié dans le coffre. Enfin, tertio, c’est nettement plus… esthétique !

Bien plus porté sur le confort et les apparences que sur la sportivité, la 80 cabriolet entame sa carrière avec un modeste 5 cylindres 2.3 litres de 136 ch, qui a fort à faire pour mouvoir cette auto accusant plus de 1400 kg à vide sur la balance. Audi ira d’ailleurs encore plus loin dans la médiocrité mécanique, en mettant un 4 cylindres 2.0 de 115 ch totalement poussif, et pire encore, un rugueux et sonore 1.9… diesel de 90 ch, digne d’un tracteur, totalement inapproprié ! Heureusement, à l’autre bout de la chaîne, Audi introduit à partir de 1993 un noble V6 2.8 litres qui nous intéresse. Un moteur bien en phase avec le positionnement toujours plus haut de gamme de ce cabriolet très BCBG.

Ainsi, dès 1995, la voiture gagne en série, sur toutes les versions, une capote électrique. L’année suivante, le placide 4 cylindres 2.0 de 115 ch est avantageusement remplacé par un plus alerte 1.8 20V de 125 ch. Et en 1998, bien qu’en fin de carrière, Audi va lui offrir un léger restylage, une caractéristique qui concerne le sublime exemplaire qui illustre cet article, puisqu’il date de mars 1999. Ainsi, le bloc veilleuses-clignotants devient tout blanc et gagne quelques rondeurs aux extrémités, tandis que les phares adoptent une lentille au xénon.

Et question standing, notre modèle d’essai fait un sans-faute, en embarquant notamment une superbe sellerie cuir (jusqu’aux contre-portes !), et des placages en bois précieux. Mieux, cet exemplaire est une des rares « Final Edition », assemblée à la main chez Karmann, les lignes de production habituelles étant mobilisées à l’époque par Audi pour assembler une autre auto. Taillé pour embarquer confortablement 4 adultes, ce vaisseau de 4m37 de long se laisse conduire du bout des doigts, la seule chose « sport » à son bord étant le volant à 3 branches siglé « Audi Sport » !

Dès les premiers kilomètres, on cerne rapidement le tempérament de cette belle décapotable qui préfère - et de loin - rouler à un paisible rythme de sénateur, plutôt que d’enchainer tambour battant les virages sur une départementale. Il est vrai que les 1455 kg n’aident pas, pas plus que l’amortissement trop lâche, privilégiant le confort à l’efficacité, ce qui génère vite du roulis lors des phases d’appui.

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Pourtant, en gagnant le billard plus rectiligne d’une voie rapide, ce cabriolet peut faire illusion, en effaçant d’une franche pression sur l’accélérateur le 0 à 100 km/h en 9,2 sec, pour filer ensuite à 221 km/h chrono. Ainsi que vos passagers qui n’apprécieront que modérément l’exercice si vous roulez ainsi décapoté et qu’ils se trouvent assis derrière, en pleine « zone de turbulences ».

Car clairement, les meilleures places restent devant, en restant protégé par le pare-brise. Après, pour mettre tout le monde d’accord, vous pouvez toujours recapoté, une formalité effectuée à l’arrêt automatiquement en quelques secondes, et qui permet de profiter de cette voiture sous un jour nouveau, en appréciant l’excellente isolation phonique. En revanche, pour le coup, on voit que le modernisme a parfois du bon, car capote fermée, la rétrovision est exécrable, rendant chaque marche arrière périlleuse, faute de ne pas bénéficier de radar de recul et encore moins de caméra. Il est vrai que nul n’est parfait…

Produite à seulement 71 534 exemplaires de 1991 à 2000, l’Audi 80 Cabriolet est, depuis, devenue un vrai collector, et un grand classique du genre. Les beaux exemplaires survivants se font rares et méritent d’être sauvés, surtout ceux qui bénéficient des meilleurs moteurs, à l’image de ce noble V6.

L'Impact de Lady Diana

La Princesse Diana était sans aucun doute la plus importante célébrité des années 1990. Cette Audi 80 Cabriolet était particulièrement élégante pour l'époque, et convenait à la perfection à celle qui était présentée comme la femme la plus élégante de la planète. Dans la presse britannique, Lady Diana a créé une controverse considérable car elle conduisait une voiture allemande. Mais, quoi qu'on en dise, elle l'adorait.

Et cette voiture fut facilement reconnaissable, au point que les paparazzis la harcelaient en permanence à chaque fois qu'elle sortait de chez elle. Le nouvel acheteur ainsi que les suivants étaient bien conscients de l'origine de cette voiture, qui fut alors particulièrement bien soignée et a peu roulé : elle affiche 34'460 kilomètres au compteur. Cette Audi fait partie d'une collection de voitures ayant appartenu à une famille royale ou à une célébrité, qui seront mises aux enchères à l'occasion de cette vente. Même si elle ne semble pas excessivement chère, cette Audi 80 Cabriolet devrait avoir un fort succès auprès des collectionneurs de voitures royales, ainsi que des fans de Lady Diana.

Détails de l'Audi 80 Cabriolet de la Princesse Diana
Caractéristique Détail
Modèle Audi 80 Cabriolet
Année 1994
Moteur 5 cylindres 2.3 L, 136 ch
Kilométrage 34 460 km
Estimation 55 000 - 67 000 €
Particularité Ancienne propriété de la Princesse Diana

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