La vie d’Audi n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, et il y a eu par le passé quelques flops commerciaux. C’est le cas de la petite A2 qui a commencé sa carrière en 2000 en France. Malgré son avant-gardisme, une phrase peut résumer le parcours de cette citadine : « trop tôt, tôt innovante, trop chère ».

Genèse et Conception de l'Audi A2

L’A2 commence sa carrière chaotique au tournant des années 90 et 2000, après une étude de style qui a commencé en 1996. Le projet baptisé « AI » était porté par Stefan Sielaff dont la principale idée était de réaliser un concept car qui allie espace et légèreté. Pour cela, il utilise massivement l’aluminium, un matériau léger et rigide qu’Audi maîtrise parfaitement depuis la première A8 de 1994, mais aussi le plastique (structure Audi Space Frame). L’auto est présentée au Salon de l’automobile de Francfort-sur-le-Main en 1997.

Positionnement et Ambitions d'Audi

Lancée en 2000, la petite A2 se posait comme un monospace citadin vraiment avant-gardiste. Tout était prêt pour s’ouvrir sur le marché des citadines premium. Audi voulait en effet mettre en avant son savoir-faire et sa qualité de fabrication en y ajoutant des innovations avant-gardistes. Audi s’était attaqué depuis les années 80 à asseoir son image de constructeur haut de gamme à travers des modèles emblématiques comme l’Audi A8 qui a, elle aussi, une structure en aluminium ou encore des modèles sportifs badgés S et RS. Toute une gamme de modèles « premium » a vu le jour chez le constructeur d’Ingolstadt. Le but avoué était bien sûr de se mettre au même niveau que les deux rivaux allemands de toujours, Mercedes et BMW. Le contexte ne pouvait pas laisser indifférent Audi qui ne disposait jusqu’alors que de l’A3 en voiture compacte. Alors, quand apparaît la plus petite A2 (3m83), les cadres de chez Audi sont sûrs de leur coup. Ils avaient déjà à leur actif l’Audi TT, un superbe coupé 2+2 plutôt aux lignes futuristes pour l’époque dont l’A2 s’en est inspirée fortement pour ses optiques et sa face avant lisse et rondouillarde. Tout était réuni pour frapper fort sans compter les innovations que la citadine avait intégrées.

Design et Innovations Techniques

Il y a donc d’abord cette ligne qui ne ressemble à aucune autre. On aime - ou pas - mais l’ensemble ne peut laisser indifférent. La citadine compacte et trapue avait l’aspect d’un petit monospace qui pouvait facilement se faufiler en ville. Sa structure en alu est une première sur ce genre de véhicule pour plus de légèreté. L’A2 ne pesait ainsi que 895 kilos pour la version essence et 1030 kilos pour la version diesel, soit des masses comparables aux autos des années 70-80. Le Cx, le coefficient de pénétration dans l’air très bas, est de surcroît de seulement 0,25. Voilà un cercle vertueux, qui va dans le sens de faibles consommations.

En effet, sa version diesel 1,4 litre (TDI) reposait sur un frugal moteur trois cylindres qui consommait peu. Il existait même un bloc de 1,2 litre surnommé « 3 litres » car il ne consommait que… 3 litres aux 100 kms. Un record ! A l’époque, ce type de motorisation était avant-gardiste et Audi ne s’est pas privé de la faire ensuite briller au plus haut niveau en Endurance sur ses protos du Mans. Bien née, l’A2 était en avance également sur son temps avec des émissions de CO2 qui flirtaient avec les 81g/km, lui permettant ainsi d’être conforme à la norme antipollution Euro 3. Aujourd’hui encore, un tel score sans hybridation laisse rêveur et permettrait à l’A2 d’échapper à tout malus ! Pour aller jusqu’au bout de la démarche, les ingénieurs maison ont même greffé un stop and start et une boîte de vitesses automatisée via un sélecteur de vitesses. Cependant, pour maîtriser au mieux sa consommation, la version diesel 1,2 litre ne disposait ni de climatisation, et ni de direction assistée.

Lire aussi: SUV Coupé Électrique Audi e-tron Sportback

Intérieur et Modularité

A l’intérieur, l’impression d’espace était bien réelle, avec une modularité bien pensée. Les sièges arrière étaient modulables et repliables pour obtenir un plancher plat. L’accessibilité au coffre était par ailleurs facilitée par la présence d’un large hayon. Pour accentuer l’impression d’espace l’habitacle disposait d’une surface vitrée importante, et notamment jusque sur le hayon dont la lunette remontait sur une partie inférieure du toit pour laisser entrer la lumière. L’équipement était par ailleurs plutôt généreux car sur la version de base Advance, on disposait de la climatisation automatique, tandis que la version High-Tech se paraît d’un toit panoramique en verre qui pouvait s’ouvrir, inondant encore un plus de lumière l’intérieur. Quant à la version S Line Sport, elle mettait davantage l’accent sur le côté dynamique de l’auto à travers la monte de jantes de 17 pouces, mais aussi de sièges et d’un volant sport.

Cette petite Audi, sûre de sa fiabilité, avait également été pensée pour les citadins qui rechignent à ouvrir un capot pour vérifier la mécanique. Sur l’A2, il fallait juste ouvrir une petite trappe intégrée à la calandre et on pouvait juste contrôler les niveaux d’huile et de liquide de refroidissement, et éventuellement faire un complément très facilement. Bien équipée, innovante, spacieuse, lumineuse et dotée d’une finition sérieuse cette citadine qui avait bien « tout d’une grande » sur le papier, semblait avoir tout pour réussir.

Échec Commercial et Facteurs Contributing

Ce concentré de technologie et son style novateur devaient propulser l’A2 au firmament des ventes. En effet, de 2000 à 2005, seulement 176 377 exemplaires ont trouvé preneur. Un flop ! L’A2 a clairement loupé sa cible et n’a pas su séduire comme espéré une clientèle urbaine aisée. La faute principalement à sa conception en aluminium qui a fait peur à certains, car en cas de choc, le prix des réparations - à faire uniquement chez des spécialistes de ce matériau, est forcément élevé, l’aluminium demandant des qualifications spécifiques aux carrossiers. Et pour ne rien arranger, il faut avouer qu’en utilisation journalière, l’A2 est très ferme à conduire. La coque alu rigidifie considérablement l’auto, et à l’époque, Audi ne maîtrisait pas aussi bien la filtration des trains roulants qu’aujourd’hui. Croyez-moi, les imperfections de la route se font bien sentir dans les lombaires !

Par ailleurs, à l’usage, l’A2 cumule quelques problèmes et ne se montre pas aussi fiable que ça. Les bobines d’allumage lâchent parfois et pire, le toit ouvrant Open Sky peut se bloquer en position ouverte. Un inconvénient majeur car si le garage peut le refermer manuellement grâce à une manivelle cachée par les pare-soleil, le remplacement du système d’ouverture est, lui aussi, hors de prix. Enfin, à la conduite, l’autre souci de l’A2 reste les épais montants présents de chaque côté du pare-brise qui masquent la visibilité aux angles gauche et droit.

Mais ce qui a surtout dissuadé les acheteurs, c’est le tarif, très… premium ! Un tarif jugé prohibitif à l’époque comparé à une A3 mieux finie et plus grande, bref plus polyvalente. Comme les ventes stagnent en France, Audi décide de baisser le prix en 2001, qui atteint tout de même 115 400 francs de l’époque (soit 17 600 €). Ce n’est pas suffisant pour inverser la tendance : le sort de l’A2 est déjà scellé. Avec cette citadine trop innovante - en avance sur son temps, et surtout trop chère à produire, Audi perd de l’argent, environ 5000 euros par exemplaire, et la firme d’Ingolstadt décide de jeter l’éponge en 2005. L’éphémère petite A2 n’aura vécu que cinq ans seulement, sans véritablement rencontrer son public, ni avoir de remplaçante directe. Un échec cuisant car Audi mettra du temps avant de proposer une citadine sur le marché. Il faudra attendre l’inédite A1 en 2009, bien plus conventionnelle en apparence et sur le plan technique, mais bien calibrée face aux attentes de la clientèle.

Lire aussi: Tout sur l'Audi Q3 Bleu

Postérité et Valeur Actuelle

Trop chère en neuf à cause de sa conception avant-gardiste, l’A2 a eu tort d’avoir raison trop tôt, car aujourd’hui, il ne fait aucun doute qu’une auto polyvalente légère et économe en carburant - donc peu polluante - trouverait un plus large public. D’ailleurs, le temps semble lui donner raison, car si la première Mercedes Classe A - sa rivale directe à l’époque - ne vaut plus grand-chose en occasion, ce n’est pas du tout le cas de l’A2 qui tient très bien la cote ! « La petite A2 aura été une étoile filante à la vie bien courte : à peine 5 ans de carrière et moins de 180 000 exemplaires écoulés !

Présentation Détaillée

Le pouvoir de séduction de l’A2 agit toujours et la ligne certes décalée, semble intemporelle. Depuis son lancement en décembre 2000, la petite Audi n’a visuellement subit aucune évolution de style. L’Audi A2 pratique la confusion des genres, avec sa bouille de monospace moderne aux dimensions de citadine. En effet, elle ne mesure que 3,83 m et s’insère avec une aisance hors du commun, dans le flot de la circulation. Très en avance sur son temps, elle est la première de sa catégorie à recevoir une structure en aluminium ASF (Audi Space Frame), garante de légèreté. En effet, l’Audi A2 ne pèse guère plus qu’une tonne et ce, même avec l’équipement complet de notre version Pack Plus.

Intérieur : Une Version Pack Plus Bien Équipée

Équipée du toit panoramique Open Sky, notre A2 dévoile un habitacle lumineux et cossu, surtout lorsqu’il est équipé d’une sellerie en cuir rouge. Le dessin du tableau de bord est encore d’actualité, mais pourquoi avoir conservé la poignée de maintien ? La qualité des plastiques s’avère largement en retrait des standards de la marque, même si l’assemblage promet une belle longévité. L’habitabilité est inversement proportionnelle au gabarit de l’auto et permet d’accueillir dignement 4 adultes. En revanche, le confort de la banquette arrière est un peu ferme et il est dur de poser sa tête pour effectuer un petit somme. Le volume du coffre affiche un très bon 390 litres et profite aussi d’une belle modularité. Il dispose d’un double fond, ce qui autorise le placement d’objets de valeur, loin des regards indiscrets. En matière de vision justement, on peste contre les épais montants et la ceinture de caisse haute, qui pénalise la visibilité. L’équipement de notre version haut de gamme comprend tout ce dont on peut avoir besoin : climatisation automatique, cuir Nappa, Audio CD 8 H.P, pack électrique, ordinateur de bord, régulateur de vitesse, aide au stationnement et Open Sky.

Moteur : Le 1.4 Tdi est Très Vigoureux

C’est désormais une version affûtée du 3 cylindres Tdi qui prend place sous le capot de l’Audi A2. D’une cylindrée de 1390 cm³, ce petit diesel offre des valeurs de puissance et de couple étonnantes. Développant 90 ch et surtout 230 Nm de 1900 à 2220 tr/min, il profite de la masse réduite de la voiture. L’accélération de 0 à 100 km/h ne demande que 10,9 s et les dépassements ne sont qu’une formalité. Malheureusement, le tableau est en partie gâché par la sonorité (surtout à froid) et surtout l’inertie à bas régime. Par ailleurs, la commande de boite accroche quelque peu. Conduite énergiquement, et majoritairement en ville, l’Audi A2 Tdi 90 a réclamé environ 7,5 litres de gazole. Sur des parcours roulants, cette moyenne tombe à 5,5 litres/100. Le recours à l’aluminium profite pleinement à l’agilité de la voiture, qui se révèle alerte dans ses réactions. Avec une direction bien assistée, elle se place au doigt et à l’œil. En revanche, le train avant éprouve des difficultés à juguler l’arrivée brutale du couple et il est fréquent de déclencher l’Esp (heureusement de série). Ce phénomène, inconnu des motorisations essence moins coupleuses, subit les 230 Nm de couple. D’autre part, les parcours bosselés feront ressortir un certain manque de rigidité, alors que le freinage manque de consistance.

Bilan

Disposant d’une motorisation de grande, l’Audi A2 Tdi 90 pêche par un comportement routier perfectible. Jolie et bien équipée, elle s’affiche à des tarifs trop élevés. Alors que la version de « base » Référence débute déjà à 20260 €, notre modèle d’essai Full Options valait près de 27000 €. Audi n'a pas encore donné son verdict quant à l'avenir de l'A2. S'il est certain que le modèle dans sa forme actuelle cessera d'exister dans 1 an, il pourrait toutefois être revu en profondeur pour entamer une seconde partie de carrière. Quoiqu'il en soit, cette situation incertaine, devrait permettre de négocier le prix catalogue.

Lire aussi: Code défaut 02071 : Guide de dépannage Audi

Points Forts

  • Légèreté
  • Performances
  • Habitabilité
  • Maniabilité

Points Faibles

  • Motricité
  • Rigidité
  • Prix salé
  • Fin de carrière

Pour Résumer

Les voitures modernes répondent à des impératifs de plus en plus drastiques en matière de sécurité, alors que l’équipement ne cesse de progresser. Si cette évolution va dans le (très ?) bon sens, elle pousse à l’alourdissement général des automobiles. La forte conscience technologique d’Audi a conduit à la présentation du concept AL2 préfigurant la future petite A2. Cette dernière pèse jusqu’à 40% de moins qu’une concurrente en acier traditionnel, mais se négocie à des tarifs très élevés.

tags: #audi #a2 #toit #panoramique #avis

Articles populaires: