L'histoire d'Auto Dauphiné est intimement liée à celle de Grenoble et de ses habitants. Plus précisément, c'est la fin d'une belle association qui a marqué Grenoble et les Grenoblois.

L’association du nom Galtier et des véhicules Renault, c’est fini. « Cela fait déjà quelques années que la famille Galtier a cédé ses parts dans les concessions Renault. »

Aujourd’hui, malgré les difficultés économiques, notamment dans le secteur de l’automobile, nous continuons à investir, à moderniser le réseau de distribution.

« C’est donc pour nous le bon moment pour passer à autre chose, le nom Galtier va donc disparaître », explique Alain Manuel, PDG du groupe, qui rassemble aujourd’hui les anciennes concessions Galtier, AutoDauphiné, AutoDauphiné Meylan mais aussi le garage Renault de Rives, les concessions Nissan et Dacia de l’agglo.

Ce groupe qui emploie 350 personnes a réalisé, en 2013, un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros.

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Le garage Galtier avait remplacé le garage Cotte et Julitta qui s’était installé cours Jean-Jaurès dans les locaux de “L’Eldorado”, une salle de music hall.

Auto Dauphiné : Une Incongruité Qui Surperforme

Sur le papier, Auto Dauphiné apparaît comme une incongruité. Le groupe dirigé par Alain Manuel distribue uniquement les marques du groupe Renault, dans la seule ville de Grenoble (38) qui abrite un autre distributeur du constructeur.

Et pourtant, l’opérateur surperforme. Alain Manuel dirige le groupe Auto Dauphiné depuis le début des années 1990.

« J’aurais beaucoup aimé commen­cer ma carrière en ce moment ! » À l’âge où certains regardent dans le rétroviseur ou d’autres se posent la question de leur succession, Alain Manuel fonce.

Un leit­motiv qui permet au dirigeant d’Auto Dauphiné, distributeur uniquement de Renault, Dacia et Alpine et seulement à Grenoble (38), d’exister dans un monde où la concentration et les conquêtes ter­ritoriales sont la règle.

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D’autant plus que sa situation est assez unique en France, si ce n’est en Europe. "Un découpage lié à l’histoire de la ville", rappelle‑t‑il. Il y a toujours eu, en effet, plusieurs distributeurs Renault dans la pré­fecture de l’Isère.

"Notre groupe est issu du groupe Galtier, une figure de l’écono­mie grenobloise dont l’origine remonte à 1924." À cette époque, le fondateur distribuait déjà Renault, dans un théâtre, l’Eldorado.

Le groupe Galtier a ouvert, en 1924, un garage dans un ancien théâtre grenoblois. C’est à cette époque que Renault sou­haite mettre un terme à cette situation unique et un brin complexe.

En paral­lèle, son père, qui travaillait au sein du groupe Galtier depuis les années 50 et qui en avait pris la direction, tombe malade. Pourtant, il n’avait pas vraiment décidé de faire carrière dans l’automobile.

L’homme a, en effet, une formation de chiropracteur qu’il a effectuée aux Etats-Unis pendant plu­sieurs années. Même s’il avait fait ses armes quelques années auparavant avec son père, l’ar­rivée à la tête des affaires ne se fait pas en douceur.

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Sur les six sites qui exis­taient à Grenoble, il en reprend deux, ce qui porte son portefeuille à trois adresses.

Aujourd’hui, commercialisant 3 500 Renault et Dacia, sans oublier 150 Alpine, il couvre, avec six sites et deux contrats, 80 % des ventes de Re­nault sur son secteur.

"Je n’ai jamais vraiment eu envie de me développer hors de mes territoires", commente‑t‑il. Cette situation géographique unique nécessite une approche du commerce et du service différente par rapport à ce qui peut exister dans d’autres villes dans lesquelles la concurrence n’est pas intramarque.

Si le groupe Manuel affiche donc une pénétration aussi importante, c’est grâce à la mise en place d’outils digitaux très intégrés et à une structure organisationnelle poussée.

L'Importance de l'Informatique et la Connaissance du Marché Local

Car le groupe Manuel a toujours été féru d’informatique. "Nous sommes à l’origine d’un des outils de DMS Reynolds, rappelle Alain Manuel. Depuis huit mois, le distri­buteur a déployé un outil de pilotage de l’activité vendeur interfacé avec les outils informatiques internes.

Avec un centre d’appels intégré composé de cinq collaborateurs, l’organisation mise en place trace tous les appels et mesure ensuite leur suivi.

Cette solution permet d’avoir un meilleur suivi des appels entrants et au final de mieux remplir les ateliers et de redonner du temps aux équipes qui sont en relation directe avec le client sur le lieu de vente.

"Nous essayons d’exploiter au maximum les bases de données que nous avons à notre dispo­sition, explique‑t‑il. Autre raison de ces bons résultats : la connaissance du marché local.

"Cela passe notamment par les hommes, com­mente le dirigeant. Nous avons très peu de turnover."

Implication dans le Sport Automobile et l'Avenir

Le groupe est également très impliqué dans le sport automobile. Il a, en effet, accompagné pendant de nombreuses années le pilote de rallye Bruno Saby, une action qui lui a permis de décrocher le panneau Alpine dans la région.

Bruno Saby, pilote grenoblois, a longtemps été soutenu par Galtier/Auto Dauphiné et Alain Manuel. Aujourd’hui, Alpine reste son bébé.

"J’ai créé une agence de voyages pour organiser avec notamment Pierre Saby, le fils de Bruno, des roadtrips pour mes clients Alpine." Une stratégie qui lui permet de faire de la prospection au­près de clients cibles et qui fonctionne très bien.

"Un client était venu en Aston Martin.

À l’heure de la concentration et du multimarquisme, Alain Manuel a une vision iconoclaste : "Cela ne m’intéresse pas pour plusieurs raisons. La première est d’abord une question de loyauté.

J’ai connu des hauts et des bas avec Renault, mais si j’en suis là aujourd’hui, c’est en partie grâce au constructeur. Ensuite, j’estime qu’avec Renault, Dacia et Al­pine, je couvre tous les segments du mar­ché ; je n’ai donc pas besoin de distribuer une autre marque.

Il a, en effet, lancé une activité de jeux en réalité virtuelle pour utiliser les mètres carrés en trop dans sa concession. Lorsqu’on lui demande comment il voit les prochaines années, il a l’œil qui pé­tille.

Lui qui a organisé son groupe de façon transversale et non pas verticale, ne jure que par l’hydrogène. Il projette de monter le premier service après‑vente pour les VU hydrogène que va commer­cialiser Renault.

"Notre métier est une caverne d’Ali Baba, résume‑t‑il. On y trouve de tout et surtout, on en fait ce qu’on veut. On fait du commerce, du service, de la finance, de l’immobilier, de la recherche…" Bref, Alain Manuel s’amuse.

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