Symbole d’autonomie, la voiture représente pour la société moderne le moyen de déplacement le plus utilisé sans user ses pieds. Mais qui a donc inventé la première voiture, et quelle est-elle ? Quelle est la toute première marque de voiture ? Focus sur l’histoire de la première voiture.
Les Pionniers de l'Automobile
Joseph Cugnot et le Fardier à Vapeur
C’est un Français, qui l’eût cru ? Joseph Cugnot est en effet l’inventeur de l’ancêtre de l’automobile. Il est sûr que les années 1760 ont été le témoin de la fabuleuse invention signée Joseph Cugnot. C’était en 1769 avec la naissance du fardier à vapeur. Son « fardier à vapeur » était alors mu par une simple chaudière à vapeur. À cette époque, son chariot à 3 roues roulait à 4 km/h. Cugnot ne pouvait pas savoir que plus deux siècles plus tard, son invention serait devenue un incontournable de la société du XXIe siècle.
Amédée Bollée et "L'Obéissante"
L’Obéissante a vu le jour un siècle après, c’est une voiture également à vapeur inventée par Amédée Bollée. L’Obéissante de Bollée est apparue pour sa part en 1873. Celle-ci pouvait accueillir une douzaine de passagers.
Karl Benz et le Moteur à Explosion
Plus tard, ce fut au tour de l’allemand Karl Benz de créer son automobile propulsée par un moteur à explosion, fonctionnant au pétrole. Quant à Karl Benz, son moteur à explosion équipant son tricycle est sorti en 1886. Disposant d’une boîte de vitesse, ce tricycle atteignait la vitesse de 15 km/h. Tout comme l’invention de Cugnot, celle de Benz est également considérée comme la première voiture de l’histoire.
L'Évolution du Moteur
L’évolution de l’automobile se présente comme une série de progrès technologiques majeurs. Au départ, les véhicules étaient propulsés par des moteurs à vapeur. À partir du milieu du XIXe siècle, les ingénieurs ont commencé à expérimenter des moteurs à combustion interne. Le moteur thermique, aussi appelé moteur à combustion interne, a marqué un tournant majeur dans l’histoire de l’automobile. On peut attribuer l’origine de ces travaux au physicien néerlandais Christiaan Huygens qui, en 1673, a mené une expérience en faisant brûler de la poudre à canon dans un tuyau fermé à ses deux extrémités.
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Moteur à Vapeur vs Moteur à Explosion
La différence majeure entre le moteur à explosion et celui à vapeur est l’efficacité de la combustion interne de la première. Grâce au mécanisme intérieur, les déperditions de chaleur sont réduites et améliorent ainsi le rendement pour un meilleur rapport poids/puissance. La combustion à vapeur représentait donc la meilleure technique de pilotage de l’époque.
Le Succès du Moteur à Explosion
Deux précurseurs ont joué un rôle clé dans le développement du moteur à explosion : Le Belge Étienne Lenoir a mis au point, en 1860, un moteur à deux temps. Ce sont toutefois les ingénieurs allemands, déjà très engagés dans la production de gros moteurs fixes, qui comprennent, les premiers, les potentialités de développement des moteurs mobiles, légers et performants. Ingénieur chez Deutz A.G. (gros fabricant de moteurs fixes), Gottlieb Daimler étudie, avec Wilhelm Maybach, les possibilités d'allègement du moteur à explosion. Les travaux de l'Allemand Nikolaus August Otto aboutissent au premier moteur à quatre temps tout à fait accompli (1867) qui sera encore amélioré puis commercialisé en Europe à partir de 1876. Après avoir quitté Deutz A.G., Daimler et Maybach fondent leur propre société et réussissent à développer, en 1883, un moteur rapide à quatre temps ne pesant que 80 kilogrammes (à comparer aux 300 kg du moteur Otto). Toutefois sa faible puissance (0,5 ch) n'autorise son application que sur des engins ultralégers, comme des bicyclettes. Parallèlement, Karl Benz, qui a mis au point, dès 1879, un moteur deux temps à allumage électrique, réussit lui aussi à en diminuer le poids et à passer au quatre temps.
Delamare-Deboutteville et les Contestation
La question du premier à avoir développé une véritable automobile est toutefois un sujet sulfureux, faisant l'objet de multiples contestations entre l'Allemagne et la France. Cette discorde trouve ses origines dans les inventions du Français Édouard Delamare-Deboutteville (antérieures à celles de Benz) qui n'a pas su les exploiter jusqu'au bout. Cet inventeur dépose, en effet, en 1884, un brevet pour un « moteur à gaz perfectionné » dont il équipe, avec l'aide de son mécanicien Léon Malandin, un véhicule en bois qui peut, lui aussi, être considéré comme la première automobile, avec un moteur à quatre temps comportant déjà la segmentation des pistons, la distribution par soupapes et l'allumage électrique. Mais, confronté aux irrégularités du fonctionnement du moteur et, surtout, à la casse du véhicule lors des essais, Delamare-Deboutteville renonce à poursuivre ses travaux et se tourne vers d'autres activités.
Daimler et Benz, ayant chacun de son côté mis au point des moteurs légers et fiables, ne peuvent, faute de moyens financiers, en équiper des voitures de petites séries. C'est au constructeur de cycles Émile Levassor qu'il reviendra d'utiliser, le premier, à partir de 1888 et en série, sur des tricycles, des moteurs Benz puis Daimler.
L'ère de l'automobile est désormais définitivement ouverte, Maybach présentant à l'exposition universelle de 1889, à Paris, un quadricycle, bientôt suivi par Peugeot et Panhard & Levassor.
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En 1895, la supériorité, en termes de fiabilité et de prestations, du moteur à explosion est définitivement établie lors de la course Paris-Bordeaux-Paris. Émile Levassor franchit le premier la ligne d'arrivée avec une voiture à deux places équipée d'un moteur Daimler-Phenix de 1 210 chevaux. Toutefois, le Phaeton Peugeot conduit par Koechlin est déclaré vainqueur, le premier prix devant être décerné, selon le règlement, à un véhicule à quatre places.
Quand a été Inventée la Première Voiture ?
Difficile de déterminer précisément qui des Français ou des Allemands ont été les premiers à inventer l’automobile.
Quelle est la Première Marque de Voiture au Monde ?
Ford, l’un des plus grands constructeurs automobiles, a commencé à imposer l’industrialisation de la construction automobile au monde entier en 1908. Cependant, il faut rendre à César ce qui est à César, et à Peugeot ce qui est à Peugeot. Fondée en 1803, l’entreprise est née sous l’initiative de Jean-Frédéric et Jean-Pierre Peugeot. Peugeot est la toute première marque de voiture, et de ce fait la plus ancienne de toutes.
Peugeot : Bien Plus qu'un Constructeur Automobile
Point culture : Peugeot n’a pas toujours été un constructeur automobile. Effectivement, à ses débuts, il s’agissait d’abord d’un fabricant de scies, de moulins à café, de ressorts pour l’horlogerie et de bandes d’acier.
La marque s’est initialement concentrée sur la confection de vélos dans les années 1830, avant de devenir constructeur automobile en 1882. La première automobile signée Peugeot est d’ailleurs présentée à Paris lors de l’exposition universelle en 1889. En plus d’être une trois-roues, c’était aussi la première à être conduite dans les rues d’Italie en 1893.
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L'Histoire de Peugeot : Une Saga Familiale
L’histoire de Peugeot est avant tout une histoire de famille, dont l’esprit entrepreneurial a traversé les générations. Tout commence en 1810, lorsque les frères ainés Jean-Pierre et Jean-Frédéric Peugeot transforment le moulin familial « Sous-Cratet » en une aciérie. Leur société « PEUGEOT Frères Aînés » alors est spécialisée dans la fabrication d’outils, de baleines pour corsets et de moulins à café. C’est quelques années plus tard qu’Armand Peugeot, petit-fils des fondateurs, se distingue par son esprit visionnaire et innovateur. Conquis par la révolution industrielle en Angleterre, il introduit la production de bicyclettes et se tourne vers l’automobile. En 1891, Peugeot lance en 1891 la Type 2, puis la Type 3, première voiture produite en série et passe ainsi des moteurs à vapeur aux moteurs à essence. En 1896, Armand Peugeot crée la Société des Automobiles Peugeot, se séparant de la branche familiale, sceptique quant à l’avenir de l’automobile. En 1910, à la mort d’Eugène Peugeot, la rivalité avec son cousin Armand Peugeot, propriétaire de la marque « Lion Peugeot », se termine par une fusion.
Au début du XXe siècle, Peugeot s’illustre dans le sport automobile grâce aux compétitions qui renforcent sa notoriété. La marque a notamment introduit des modèles iconiques comme « la Bébé » en 1905 et la 201 en 1929. Ces véhicules se distinguent par leur innovation et leur design, adoptant le système d’appellation à trois chiffres avec un zéro central, qui deviendra la signature de Peugeot. La marque continue d’aller plus loin avec le premier volant en 1898, le moteur diesel en 1936 et le toit ouvrant en 1937.
Après la Seconde Guerre mondiale, Peugeot connaîtra une phase de croissance assez rapide avec des modèles emblématiques comme la 203 en 1948. Ils sont ensuite suivis de la 404, dessinée par Pininfarina, un célèbre carrossier italien d’une entreprise familiale italienne de stylisme spécialisée en carrosserie automobile.
En 1976, la fusion avec Citroën, son principal concurrent sur le marché de l’automobile, donna naissance à PSA Peugeot Citroën. Cette réorganisation stratégique permit de diversifier l’offre et d’accroître l’influence de la marque. Les années 70 et 80 voient l’introduction de la 205, un modèle révolutionnaire qui revitalise la marque. Au début du XXIe siècle, Peugeot continue d’innover avec des modèles comme le SUV 3008, récompensé “Voiture de l’année en 2017. La fusion avec Fiat Chrysler Automobiles en 2021 pour former Stellantis renforce la position mondiale de Peugeot.
De plus, Peugeot poursuit son engagement envers la mobilité durable avec des véhicules hybrides et électriques tels que la e-208, marquant ainsi son entrée dans l’ère de l’électrification. L’histoire de Peugeot peut tous nous servir de leçon : la résilience et le travail porteront toujours ses fruits. L’histoire de Peugeot, c’est aussi une vision partagée par des générations de passionnés. Ceux qui ont persévéré face aux doutes et aux défis ont eu raison : leur détermination a permis de transformer une modeste entreprise familiale en un géant de l’automobile mondial.
Aujourd’hui, Peugeot continue de prospérer et de se réinventer. Alors que la marque s’engage dans l’ère de l’électrification et des technologies de pointe, elle reste fidèle à ses valeurs de qualité, d’audace et d’excellence.
Armand Peugeot et l'Exposition Universelle de 1889
Paris, printemps 1889. Depuis quelques jours, l’Exposition Universelle bat son plein. Des milliers de visiteurs se pressent sous l’arche qui donne accès à la Galerie des Machines, véritable hymne au monde moderne. Sur plus de 400 mètres s’alignent d’étonnantes inventions, comme ce « marteau atmosphérique », cette machine à fabriquer automatiquement des cigarettes ou ces différents modèles de turbines électriques.
Dans l’une des allées, on peut voir un drôle d’engin. Il s’agit d’un tricycle biplace à moteur à vapeur. Il a été construit par Léon Serpollet, un bricoleur de génie qui se passionne depuis toujours pour l’automobile naissante. Pour l’occasion, il s’est associé à un industriel dont le nom de famille n’est pas tout à fait inconnu du grand public : Armand Peugeot. Les deux hommes attendent beaucoup de leur « invention ». Ils seront déçus : A Paris cette année-là, leur tricycle ne suscite en effet aucun intérêt. Beaucoup se seraient découragés. Pas Armand Peugeot ! Comme Serpollet et quelques autres, il croit dur comme fer à l’avenir de ce nouveau moyen de locomation. A 40 ans tout juste, cet ingénieur diplômé des Arts et Manufactures n’en est pas à son coup d’essai. C’est lui déjà qui, en 1882, a décidé de lancer dans les usines de la famille une fabrication de cycles.
A ce moment, les Peugeot ont derrière eux une longue tradition industrielle. Originaires du Doubs, ils sont entrés dans l’acier en 1810 en créant dans un ancien moulin à grain une fonderie pour la fabrication de ressorts et de lames de scie. Ainsi sont nés les Etablissements Peugeot Frères, point de départ de l’aventure Peugeot. Les commandes affluant, une nouvelle usine a été créée en 1824, à proximité d’Hérimoncourt (Doubs), puis une troisième l’année suivante, à Valentigney. Ressorts, tournebroches, lames de scie, outillages… Très diversifiées, les productions des trois usines sont vendues dans toute la France mais aussi en Suisse, en Italie, en Allemagne, et même en Turquie.
Dans les années 1830, des dissensions poussent certains membres de la famille à créer leur propre fabrique d’acier, à Pont-de-Roide dans le Doubs. Il faudra une dizaine d’années aux Peugeot pour se réunifier sous la houlette de Jules et Emile Peugeot - le père d’Armand. Lorsque celui-ci vient au monde en 1849, les trois usines Peugeot d’Hérimoncourt, Valentigney et Pont-de-Roide emploient près de 500 ouvriers. Tel est le monde dans lequel évolue Armand Peugeot lorsqu’il rejoint l’entreprise familiale après ses études, à la fin des années 1860.
Comme tous les membres de la famille, le jeune ingénieur est fortement marqué par la culture protestante qui imprègne les Peugeot : la valorisation du travail et de l’investissement productif, le sens de l’effort, le refus des plaisirs trop voyants et de l’argent facile, le tout joint à une haute conscience sociale. Un rien austère, Armand Peugeot n’en est pas moins un homme curieux et à l’esprit continuellement en éveil.
Au début des années 1870, il se rend ainsi en Angleterre, le berceau de la révolution industrielle. Il y prend la mesure des bouleversements en cours, dans le domaine de la fabrication des produits comme dans celui de leur commercialisation. Il y découvre également une industrie nouvelle : celle de la bicyclette, un étonnant moyen de locomotion qui avait suscité un véritable engouement dans le Paris du Second Empire avant de tomber dans un relatif oubli après la guerre de 1870 et de s’épanouir de l’autre côté de la Manche. Il lui faudra plus de dix ans pour en faire l’une des fabrications phares de la Société Peugeot Frères.
Dix ans passés à étudier les engins existants, à concevoir un modèle, à acquérir des matériels, et surtout à convaincre son cousin Eugène avec qui il préside aux destinées de l’entreprise familiale et qui, lui, ne croit pas aux cycles. Il devra admettre son erreur… En 1882, à force d’insistance, Armand Peugeot présente le « Grand Bi », un surprenant engin doté d’une immense roue avant et d’une toute petite roue arrière. Le succès est immédiat. En 1886, la firme lance ses premières bicyclettes à roues égales et à transmission par chaîne. Leur fabrication s’effectue dans l’usine de Beaulieu et mobilise 300 ouvriers, le tout sous la houlette d’Armand Peugeot. En 1890, Peugeot livre déjà 8000 exemplaires par an, chiffre qui passera à 20 000 dix ans plus tard ! Un formidable succès qui propulse Peugeot parmi les tout premiers constructeurs nationaux de cycles et contribue à faire connaître le nom de l’entreprise auprès du grand public.
En ces années 1880, Armand Peugeot vient de changer les destinées de l’entreprise familiale. Car l’industriel voit déjà plus loin… En 1886, alors même que débute à Beaulieu la fabrication de bicyclettes, Armand Peugeot tombe en effet par hasard sur le véhicule à vapeur créé en 1881 par Amédée Bollée, le père de l’automobile. « La Rapide » ressemble davantage à un omnibus qu’à une voiture moderne. Mais pour Armand Peugeot, le choc est immédiat. Le vélocipède d’abord, la locomotion à moteur ensuite : pour lui, ces inventions sont de la même veine. A ses yeux, l’automobile - le terme date de 1875 - va, comme le vélo, connaître un grand essor et ce, pour les mêmes raisons : l’envie de se déplacer facilement, la soif de liberté sans parler des sensations que procure la vitesse… Dès 1886, Armand Peugeot décide de se lancer dans l’aventure automobile à laquelle personne, à ce moment, ne croit vraiment.
Deux ans plus tard, en 1888, il contacte un autre pionnier de la locomotion, Léon Serpollet, qui a imaginé de monter une chaudière à vapeur sur un tricycle. C’est ensemble que les deux hommes présentent le fameux tricycle Peugeot lors de l’Exposition Universelle de 1889. En cette année 1889, Armand Peugeot est donc déçu mais pas découragé. L’homme a appris la patience… Surtout, il a découvert en parcourant les allées de la Galerie des Machines le petit canot pourvu du moteur à pétrole récemment breveté par l’ingénieur allemand Gottlieb Daimler. A nouveau, l’industriel a une intuition : c’est ce moteur fonctionnant au pétrole, et non la vapeur, qu’il faut utiliser pour mouvoir une automobile.
Le reste est affaire de circonstances. Cette même année 1889, Armand Peugeot est en effet contacté par un client de la société Peugeot Frères qui lui fournit de l’acier : le carrossier Panhard & Levassor. L’un de ses dirigeants, Emile Levassor, se passionne lui aussi pour le nouveau moyen de locomotion. Atout supplémentaire : c’est à Panhard & Levassor que Daimler Benz a confié l’exclusivité de la fabrication et de la commercialisation de son moteur en France. A Armand Peugeot, Emile Levassor propose de mettre leurs compétences en commun et de fabriquer ensemble des automobiles.
L’affaire se noue en novembre 1889 lors d’une rencontre au sommet organisée à Valentigney entre Armand Peugeot, Emile Levassor et Gottlieb Daimler, venu spécialement jusqu’au siège de la société Peugeot Frères. A l’issue de la rencontre, les trois hommes se sont partagés les tâches : Panhard & Levassor fournira les moteurs construits sous licence Daimler que Peugeot montera sur des quadricycles. Deux ans plus tard, le premier quadricycle Peugeot sort de l’usine de Beaulieu. Il est vendu à quatre exemplaires.
Il était dit cependant que les mêmes causes devaient entraîner les mêmes effets… En ce milieu des années 1890, Armand Peugeot est sur le point de gagner son pari, comme il avait gagné celui des cycles une douzaine d’années plus tôt. Mais dans la famille, tout le monde ne pense pas comme lui. Eugène Peugeot voit en effet d’un très mauvais œil ces fabrications qui encombrent les ateliers de Beaulieu. A dire vrai, il ne croit pas à l’automobile, un simple caprice à ses yeux. Il craint en outre que la présence des automobiles sur le catalogue de la firme ne rebute la clientèle traditionnelle de cette dernière et ne nuise à l’image de qualité qui s’attache à ses produits. Pour Eugène Peugeot, la cause est entendu : fabricant de moulins à café, de tondeuses, d’outils et de ressorts, Peugeot Frères n’a rien à faire dans l’automobile !
Entre les deux cousins, les relations ne tardent dès lors pas à tourner à l’aigre, Eugène refusant à Armand les moyens financiers qu’il réclame pour développer ses fabrications. Dans ces conditions, la rupture est inévitable. Elle se produit en 1896, date à laquelle Armand Peugeot crée avec son beau-frère Albert Fallot la Société anonyme des automobiles Peugeot. Le succès sera foudroyant ! Dès 1897, afin de répondre à la demande croissante, une nouvelle usine est créée à Audincourt, près de Valentigney. Un an plus tard, elle emploie déjà 350 ouvriers et fabrique 156 véhicules. Ayant rompu avec Daimler, Armand Peugeot se lance dans la fabrications de ses propres moteurs. Pourvus de deux cylindres horizontaux, ils permettent de libérer de la place pour les passagers, changeant profondément l’apparence des véhicules.
Et ce n’est pas tout ! En 1899, alors que la production des automobiles Peugeot approche les 500 exemplaires, une autre usine est créée à Fives, près de Lille. A Valentigney, Eugène Peugeot doit en convenir : son cousin Armand a réussi son pari. Quant à l’automobile, elle a bien un formidable avenir devant elle ! En 1904, Peugeot Frères décice donc à son tour de se lancer dans la production de véhicules à moteurs. Ils seront vendus sous le nom « Lion-Peugeot ». Etrange situation qui fait des deux cousins des concurrents. L’avantage, pourtant, est à Armand : en 1905, la société des Automobiles Peugeot fabrique 1261 véhicules, chiffre qui passe à 2000 en 1910. La demande est telle qu’Armand Peugeot doit sans cesse agrandir ses installations. En 1910, près de 1600 ouvriers travaillent à Lille et Audicourt. Des succursales ont été ouvertes à Lyon, Nancy, Bordeaux et Marseille. Avec une production de l’ordre de 500 exemplaires par an, Lion Peugeot est très loin derrière.
Dès 1905, Eugène cherche d’ailleurs à convaincre Armand de regrouper leurs forces. La réunification intervient en 1910. Cette année-là, Eugène Peugeot meurt, rendant possible la fusion des deux entreprises au sein de la Société anonyme des automobiles et cycles Peugeot. Elle emploie 2500 salariés, produit 2352 voitures et 80 000 bicyclettes par an et s’apprête à construire une nouvelle usine à Sochaux. La direction en est confiée à Robert Peugeot, le deuxième fils d’Eugène. Mais à 61 ans, Armand reste l’âme de l’activité automobile dont il a fait la vocation première de l’entreprise familiale.
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