La BMW Série 4 Gran Coupé est une berline-coupé qui allie élégance et sportivité. Découvrons ensemble les caractéristiques de la version 420d 190ch M Sport BVA8.

Design Extérieur : Élégance et Sportivité

Crevons tout de suite l’abcès qui fait tant parler sur ces nouvelles générations de BMW : la grille de calandre. Oui, il est arrivé de voir les amateurs de la marque à l’hélice, pointer du doigt notre 420d avec un certain mépris. Ces gros nasaux sont effectivement agressifs, siéent bien à une M3 ou M4, mais peut-être moins pour des modèles plus raffinés. Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’une question de goûts et c’est Chris Bangle qui doit bien rigoler de ce design très clivant, lui à qui on a tant reproché ses prises de risques stylistiques. Les nouvelles équipes ont quand même bien travaillé depuis.

Avec la Série 8, la Série 4 est à nos yeux un des modèles les plus réussis de la gamme actuelle. Et avouez que cette combinaison Tansanitblau métallisé (2 150 euros) avec quelques ajouts aéro signés M, des jantes de 19 pouces 859 M (1 000 euros) et un intérieur Cuir "Vernasca" Cognac (1 600 euros) à ceintures Motorsport (310 euros), font de cette 420d un modèle à la fois très chic et sportif. Nous verrons d’ailleurs que ces deux adjectifs la caractérisent en tous points.

Dimensions et Habitabilité

La Série 4 a pris du gabarit au passage, +14 cm en longueur (4,78 m), +3 cm en longueur (1,85 m) et 5,3 cm en hauteur (1,44 m), c’est toujours un plus pour améliorer un espace à bord un peu limité, malgré cette appellation Gran Coupe qui ajoute 2 portes à l'arrière.

La Série 4 Gran Coupe est une 4 places. À l’arrière, la place centrale reste en effet très étroite et impactée par le tunnel central. Du fait de sa garde au toit dictée par ses lignes de coupé, l'accessibilité n’est quant à elle vraiment aisée que pour les personnes de taille moyenne. Les mieux lotis sont les bagages, qui disposent d’un large espace (sans être le meilleur ) de 470 litres (480 litres pour une Audi A5 Sportback, 520 litres pour une Mercedes CLS coupé) et d’un plancher plat si dossiers rabattus.

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Intérieur et Technologies

Les passagers avant apprécieront quant à eux cette planche de bord, qui n’a rien de nouveau s’ils connaissent déjà la Série 3. Mais là encore, cette couleur Cognac s’accorde très bien avec l’aluminium, le noir laqué et les surlignages à LED (paramétrables à souhait). Le fait qu’elle soit à notre goût reste très subjectif, faites ainsi un petit tour sur le configurateur et vous trouverez forcément la combinaison de vos rêves, tant le choix est vaste. Il va sans dire que, comme à l’accoutumée chez les premium, le coût des options peut vite s’envoler.

Ce qui nous a moins plu, c’est l’interface du Connected Drive. À nos yeux, plus il y a de sous-menus, moins c’est ergonomique et c'est toujours le cas ici. Rien que pour régler la hauteur ou l'intensité du HUD, il faut aller très profondément dans l’interface alors qu’il est souvent nécessaire de l’ajuster (luminosité du jour, changement de conducteur…).

En revanche, parmi les gadgets fascinants à utiliser, la Série 4 bénéficie d’une batterie de caméras pour une vision à 360°, le tout manipulable du bout du doigt pour tourner ainsi autour du véhicule reproduit virtuellement sur l’écran. Ce n’est pas nouveau mais la précision du système le rend vraiment utilisable. Il y a aussi la compatibilité Android Auto et Apple Car Play, plus complète qu’ailleurs puisqu’en plus de ne pas imposer le branchement de câble, l’affichage est déporté (quoique simplifié pour la navigation Waze) à travers le compteur numérique et même le HUD.

Le BMW Live Cockpit Navigation Pro est en série et inclut, entre autres, le combiné d’instrumentation de 12,3 pouces, l’écran tactile central de 10,3 pouces, le wifi ou encore la navigation avec mise à jour automatique des cartes. Le Pack Connected Pro est aussi coché et ajoute notamment le très fiable RTTI qui recense les concentrations de cartes SIM sur la route pour en déduire des ralentissements. Tout un tas d’autres services connectés sont compris comme l’assistant vocal Alexa du groupe Amazon, à l’abonnement offert pendant 3 ans. Et on ne cite ici qu’une petite poignée des équipements qui équipent notre modèle, dont l’interminable liste des options (technologiques comme cosmétiques) a forcément un coût à nouveau.

Motorisation et Performances

C’est sûr, la sonorité des 6 cylindres en ligne, même en Diesel, nous manque beaucoup. Mais le 4 cylindres 2.0 qui équipe la 420d n’en est pas moins un petit cœur plein de bonne volonté, d’onctuosité et de discrétion. Il est aussi aidé par une micro-hybridation à 48V et 8 kW, ajoutant 11 petits chevaux aux 190 ch du bloc thermique. Les 400 Nm de couple atteints dès 1 750 trs/min autorisent quant à eux une conduite sur un filet de gaz, tout en générant une sensation de poussée qui procure d'agréables sensations sans avoir à se secouer. Une caractéristique qui a toujours été le propre du Diesel, mais un peu plus marqué encore ici par l’apport de la micro-hybridation. Cette force tranquille de 420d xDrive sait aussi maîtriser sa consommation, bloquée à 6,1 l/100 km (5,2 l/100 km en 2 roues motrices) après avoir emprunté tous les types de routes, entre l’Ile de France et l’Alsace. Un excellent score pour un engin de 1 835 Kg, à 4 roues motrices.

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Exclusivement proposé en boîte automatique à 8 rapports, notre modèle bénéficie en outre de l’option Sport pour cette transmission (200 euros) capable de montées de rapports absolument imperceptibles. Juste quelques fois, elle a généré de petits a-coups au rétrogradage, à très bas régime, à l’approche d’un rond-point par exemple.

Comportement Routier

Centre de gravité abaissé, voies élargies (50 mm à l’avant, 32 mm à l’arrière) et masses mieux réparties ont permis à la Série 4 d’être encore plus efficace et équilibrée. L’Allemande est en effet imperturbable, en plus de montrer une incisivité exemplaire en entrée de courbe, grâce à un train avant d’une précision diabolique. Une fois inscrite, il suffit de la laisser enrouler la courbe, sans corrections nécessaires, avec une stabilité d’assiette et un grip latéral impressionnant, le tout dans un silence de roulage bien cosy.

En option sur notre modèle, la suspension SelectDrive M (650 euros) joue aussi un rôle important quant aux qualités du châssis en offrant deux typages d’amortissement, même si le mode confort mériterait un peu plus d'onctuosité encore. La signature M est bien présente ici. Face à ce tableau quasi idéal, on aurait tout de même quelques petits reproches à faire à cette Série 4. Le système de récupération d’énergie par exemple rajoute une force de freinage exponentielle, au fur et à mesure que la pédale est enfoncée. Logique, me direz-vous, mais pour ceux qui aiment freiner dégressif, la sensation est déroutante. Un autre reproche, souvent fait aux BMW en général et qui reste d’actualité ici, serait pour la direction à assistance électrique qui n’est pas la plus informative.

Dernier détail, sur une autoroute A4 un peu chargée, nous avons remarqué que l'éclairage à LED laser (Pack Innovation à 3 750 euros incluant le HUD et la commande gestuelle) se comporte un peu comme cet ami timide qui ne veut gêner personne. Les LED et masques s'activent et se désactivent ainsi en permanence pour ne déranger aucun autre automobiliste, au point de ne jamais avoir un flux bien homogène. Un moindre mal, on y voit très bien en face et c’est le plus important.

Prix et Concurrence

Performante, confortable, rigoureuse, moderne et même esthétique si sa calandre est appréciée, la BMW 420d xDrive est une premium allemande comme on les aime. Mais pour avoir notre version d’essai particulièrement attractive, il faut ajouter pas moins de 21 160 euros d’options.

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Au moins, la 420d xDrive limite son malus, grâce à des émissions comprises entre 133 et 150 g/km de CO2 rejetés, soit 170 à 983 euros de pénalités (139 g/km pour notre version, soit 280 euros à peine). Face à la concurrence, la BMW étant bien plus récente, elle s’impose ne serait-ce qu’en modernité d’équipements face à une Audi A5 Sportback (Design 40 TDI 204 ch quattro S tronic), certes un chouilla plus puissante mais aussi légèrement plus onéreuse à 55 190 euros. La Mercedes CLA démarre bien en dessous, à 46 899 euros (220 d 190 ch Progressive Line), mais n’existe qu’en 2 roues motrices et se voit pénalisée d’une habitabilité moindre (au coffre près).

BMW 420d Gran Coupé : Le Choix Rationnel

La BMW 420d Gran Coupe, c’est le choix rationnel parmi les Série 4. Plus modeste que le brillant 6 cylindres de notre premier essai, l'entrée de gamme de la BMW Série 4 est assurée par deux 4 cylindres essence et Diesel. Bien que dérivé de la "simple" BMW Série 3, la Série 4 Gran Coupé se contente d'une gamme de motorisations réduite au strict minimum. C'est le grand écart ! 184 ch pour le 2 litres de la 420i, 374 ch pour l'excellent 6 en ligne de la M440i... et rien entre les deux. Sauf le Diesel de la 420d, unique mazout proposé sous le capot du Gran Coupé, pour l'instant du moins. Pas d'hybride PHEV (sa plate-forme le permettrait pourtant) comme on trouve sur les 320e et 330e, encore moins de M4 (pas prévu pour le Gran Coupé), et nulle trace du 6 cylindres Diesel pourtant monté sur le "vrai" coupé, en 430d et M440d.

Pour l'heure, lorsqu'il s'agit de traverser la France ou des régions entières d'une traite en limitant la casse à la pompe (c'est le quotidien de beaucoup), le petit 4 cylindres de notre 420d est un choix intéressant sur le papier... même si parler d'économie à propos d'une auto débutant à près de 50.000 € est toujours relatif. Par ailleurs, faute d'hybride rechargeable exonéré de TVS les entreprises y trouveront leur compte, ou se pencheront sur l'électrique i4.

Bien connu et présent sur une bonne partie des modèles de la gamme (du X3 à la 520d), ce moteur fait presque office de "bloc à tout faire" chez BMW. Son ultime évolution, secondée d'une micro-hybridation 48V et forte de 190 ch, a le mérite de concilier basses consommations (5,4 l annoncés) et agrément feutré de haut niveau, sans un mot plus haut que l'autre. Sauf en forte accélération, à la rigueur, où les claquements typiques d'un Diesel à froid sont toujours difficiles à supprimer. Rien qui ne jure trop, heureusement, avec l'environnement tiré à quatre épingles et l'esprit du très chic Gran Coupé Série 4. Nous voilà déjà rassurés.

Plus que les chronos, on retient surtout de la 420d sa douceur de marche et sa sobriété intéressante : autour de 6,5 l / 100 sans faire d'effort, de quoi amortir rapidement le surcoût par rapport à la 420i essence, un peu plus gourmande... Côté chrono, même constat... et aucune surprise. Amplement suffisant et volontaire en relances (400 Nm dès 1.750 trs/mn, c'est costaud), mais il n'y a rien de trop pour déplacer ses 1.730 kg (115 kg de plus qu'une 320d). On compte 7,3 s de 0 à 100 km/h, flatteur en soi... mais dénué de toute émotion mécanique, évidemment. C'est linéaire, fluide, efficace. Et comme prévu, peu porté sur la boisson. Avec un peu de retenue, on limite aisément son appétit autour de 6,5 l / 100 km. Au terme de notre essai, nous avons relevé un peu moins de 7 l sur un trajet autoroutier mené bon train, histoire d'arriver à bout du réservoir (59 l). Imbattable !

Rappel toujours utile : un Diesel consommera toujours moins qu'une essence de puissance et cylindrée équivalente (donc, c'est physique, sera moins émetteur de CO2). Comme sur les versions plus généreusement motorisées, on retrouve avec plaisir les atouts de n'importe qu'elle Série 4 (et autres modèles dérivés de la plate-forme CLAR). A commencer par la position de conduite parfaite, et l'agencement de l'habitacle centré autour du conducteur (strictement identique aux Série 2 Coupé et Série 3). De même, sans avalanche digitale ou autres excès numériques, les fonctions et commandes sont lisibles et rationnelles. De vrais boutons pour la ventilation !

Comportement sain et agilité de bon aloi au volant, malgré un léger surpoids par rapport à une Série 3 : la Série 4 Gran Coupé reste une vraie BMW, même avec un modeste Diesel. Surtout, la Série 4 conserve un équilibre de propulsion relativement dynamique, et un toucher de route précis. Le tout est servi par une suspension au typage assez marqué, un rien ferme sur notre version dépourvue de gestion pilotée. Peu de mouvements de caisse, mais la relative raideur peut lasser à la longue sur mauvaise route. Disons que le parti-pris ne plaira pas à tous, mais la filtration des irrégularités reste de très haut niveau. Pour une fois, pas de surmonte pneumatique gigantesque sur ce modèle d'essai qui se contente de jantes de 18 pouces.

Autre spécificité de la Série 4 Gran Coupé, son intérêt majeur finalement : le hayon du coffre ménage une large ouverture et débouche sur un volume convenable (de 470 à 1.290 l), plus facile d'accès que la malle d'une Série 3. Cela dit, pour jouer les familiales, cette dernière en break Touring remplit encore mieux le contrat... La cellule avant de l'habitacle est repris de la Série 3, à l'identique. Finition de haut niveau, matériaux soignés... Les meilleures places sont à l'avant.

Notons qu'en 420d, homologuée à 126 g / km en version de base, on échappe au malus. Maigre consolation, évidemment : une Série 4 Gran Coupé n'est pas donnée, même modestement motorisée. Dans la finition d'entrée de gamme de notre essai, la 420d débute à 53.350 € (et grimpe à plus de 67.000 € avec le pack Innovation incluant phares Laser et affichage tête haute, le pack Confort, les jantes 18 pouces). Le surcoût est tout de même considérable par rapport à une 320d ( à partir de 47.300 €), écart que l'équipement de série plus riche sur la Série 4 ne compense qu'en partie. Disons qu'il s'agit du prix de l'exclusivité, du hayon, des vitres sans montants... et de la grosse calandre, pour ceux qui aiment.

En face, la concurrence est rare chez les berlines à hayon (il s'agit bien de cela, malgré la magie du marketing qui a inventé le coupé-4 portes). Les principales représentantes du genre sont les Peugeot 508 (moins dispendieuse mais ses motorisations sont moins étoffées), Audi A5 Sportback (presque aussi chère, moins dynamique et en fin de carrière) et Volkswagen Arteon. Cette dernière est sans doute sa rivale la plus proche : spacieuse et bien présentée, elle profite surtout d'une palette de motorisations plus complète (essence, Diesel et PHEV).

La Série 4 Gran Coupé est plus longue de 7 cm qu'une Série 3 (4,78 m) mais pas plus vaste côté bagages (470 l). En revanche, le hayon bien large facilite l'accès. Voilà une alternative originale et presque rationnelle à une très classique berline familiale premium. Les qualités d'accueil et de confort d'une Série 4 Gran Coupé sont à peu de choses près équivalentes à celles d'une Série 3. Et même en sirotant du Diesel, prestations routières et agrément demeurent typiquement BMW. Le carburant de la honte, quoi qu'on en dise, présente toujours des arguments très concrets.

Tableau Récapitulatif

CaractéristiqueValeur
Longueur4,78 m
Largeur1,85 m
Hauteur1,44 m
Volume du coffre470 litres
Puissance190 ch
Couple400 Nm
Consommation6,1 l/100 km
Émissions de CO2133-150 g/km

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