Deux mondes automobiles distincts s'offrent à vous. D'un côté, BMW, fidèle à ses traditions sportives avec des coupés, une propulsion et une boîte manuelle disponible. De l'autre, Audi, qui bouscule ces traditions en misant sur la polyvalence, une transmission intégrale et un drift artificiel. Ce comparatif vous aidera à choisir votre camp en analysant les aspects clés de ces deux marques emblématiques.

Prix et Positionnement

La BMW M2, par exemple, affiche un prix de départ élevé, auquel s'ajoutent des taxes importantes. Ce positionnement tarifaire la place au niveau d'une ancienne M4, ce qui peut sembler prohibitif pour une compacte sportive. En face, Audi propose des alternatives comme la RS3, dont le prix et les taxes peuvent également être conséquents, notamment pour les versions les plus performantes.

Au final, quelle que soit l’architecture, on se retrouve face à des compactes qui se prennent pour des GT à tous points de vue : prix, puissance, performances. Mais peut-on encore parler de compactes ?

Musculation et Dimensions

La dernière génération de RS3 fait de la gonflette (+ 5 cm en longueur et en largeur !) et la berline en rajoute une couche avec sa malle arrière. Résultat, comme une Civic Type R, elle dépasse les 4,50 m et logiquement 1,5 tonne étant donné la technologie embarquée : transmission intégrale sophistiquée, 5 cylindres turbo, boîte à double embrayage… La balance de notre partenaire W-Autorsport indique même 1 614 kg, dont une écrasante majorité sur l’avant : 58 % contre 59 % pour la Sportback.

La BMW M2 a subi une cure de musculation, affichant un poids conséquent, supérieur à celui d'une M4 Competition propulsion. Cette prise de poids s'explique par des dimensions en hausse et le partage de composants avec les modèles M3/M4. Cependant, des options comme la boîte manuelle et le toit en carbone permettent de réduire le poids.

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Intérieur et Confort

En s’installant, on retrouve une ambiance familière avec le large écran incurvé et la multitude de paramètres de conduite disponibles, regroupés sur la page « Set-Up » : réponse moteur, suspension, direction, freins, sonorité, contrôle de traction sur 10 niveaux (en coupant les aides). L’analyseur de drift est toujours de la partie, comme le compteur numérique type aviation manquant de clarté dans les modes sportifs (comme la RS3 !). La position de conduite ravira les amateurs de BM’ et les baquets maintiennent parfaitement, en ajustant électriquement les coussins latéraux.

L'intérieur de la M2 offre une ambiance familière avec un large écran incurvé et de nombreux paramètres de conduite réglables. La position de conduite est optimisée et les sièges offrent un bon maintien. La RS3, quant à elle, offre un espace plus généreux pour les passagers arrière, mais la qualité des matériaux peut être inégale.

Au moins, la RS3 peut accueillir trois adultes dans de meilleures conditions. Mais la place est comptée au niveau des genoux en raison des coques des beaux baquets en microfibres matelassés proposés sur cette édition spéciale. Non seulement ces sièges offrent un maintien adéquat, mais ils restent moelleux à l’image de ceux d’une Civic Type R. Le conducteur est donc choyé, mais l’assise est relevée d’un cran par rapport au coupé BMW et rappelle que l’on évolue dans une berline.

Sur la Route

Le côté GT de la M2 frappe sur autoroute. L’ambiance devient aussi relax qu’à bord des M3/M4. Le 6 en ligne garde son calme et oscille autour de 2 000 tr/mn. Même avec de la glu aux pattes, les bruits de roulements se font discrets. Clairement, la M2 a changé de catégorie et n’a rien d’un petit coupé rebelle. Le châssis, rigide, est enfin bien suspendu et fait appel d’office à un amortissement piloté.

Sur autoroute, la M2 se révèle être une GT confortable, avec une ambiance relaxante et une bonne gestion des suspensions. La RS3, bien que confortable, offre une insonorisation légèrement inférieure et une direction plus sensible aux bruits de roulement. Sur les petites routes, la RS3 se montre plus agile et procure un esprit GTi inattendu.

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La RS3 ne peut aller si loin et reste contrainte par l’architecture de traction de l’A3 à moteur transversal. Elle repose sur des voies copieusement élargies (+ 3 cm à l’avant !) et une suspension abaissée, rigidifiée qui prend en compte la monte pneumatique atypique : avant élargie de 20 mm par rapport à l’arrière. La Performance Edition n’étrenne pas de nouvelles pièces mais en creusant, il s’avère que le logiciel gérant l’amortissement piloté - ici de série - possède une référence spécifique. Cette version soigne également le confort et ne verse jamais dans le radical.

Moteur et Boîte de Vitesse

BMW M ne s’est pas creusé la tête et a repris le six en ligne des M3/M4 Competition (510 ch, 650 Nm), en le bridant à 460 ch et 550 Nm. Tous les ingrédients marquants l’évolution du récent 3 litres répondent présent : rigidification, impression en 3D de la culasse, cylindrée en légère hausse (course relevée de 89,6 à 90 mm), carter d’huile à chambres séparées, refroidissement XXL, vilebrequin forgé, injection directe à 350 bars.

Le moteur six en ligne de la M2 offre un caractère trempé et une puissance disponible dès 3 000 tr/mn. Cependant, il peut manquer de naturel sur le plan vocal. Le 2,5 litres de la RS3, quant à lui, se distingue par sa sonorité et son coup de pied aux fesses à 3 500 tr/mn. La boîte à double embrayage de l'Audi offre une harmonie parfaite avec le moteur, tandis que la ZF de la BMW, bien qu'efficace, implique moins le conducteur.

Le 2,5 litres s’éclate dans tous les sens du terme : vocalement et mécaniquement en flanquant un coup de pied aux fesses à 3 500 tr/mn. L’échappement Sport (de série) gronde généreusement et souligne chaque changement de rapport d’une déflagration. Délectable. Comme le 6 en ligne, il reste à l’aise dans les tours et stoppe l’ascension un brin plus tôt (7 000 tr/mn).

Performances

La séance démarre fort pour la M2, qui remporte largement le round des reprises. De 80 à 150 km/h en Drive, elle colle 0’7 à la RS3 et cet écart grimpe à une seconde pile de 140 à 200 km/h. Dans tous les cas, les relances sont atomiques et les dépassements une formalité permettant de jouer à saute-mouton, avec d’autant plus de plaisir lorsque le mouton prend la forme d’un SUV.

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La M2 se distingue par ses reprises fulgurantes, tandis que la RS3 excelle au démarrage grâce à sa transmission intégrale. Au bout d'un kilomètre, les deux modèles affichent des performances similaires, dignes de la catégorie supérieure. La RS3 Performance Edition progresse légèrement par rapport à la RS3 classique, mais reste en deçà des performances de l'A 45 S au sprint.

Sur Piste

Sur la piste : victoire BMWVous vous dites que la victoire était courue d'avance entre une propulsion et une traction transformée en intégrale capable de survirer. C'est plus compliqué que ça.

Équipées de pneus performants, la M2 et la RS3 offrent des sensations différentes sur circuit. La M2, avec ses Cup 2R en accessoires, se montre particulièrement efficace et enregistre des temps impressionnants. La RS3, bien que performante, peut être plus délicate à maîtriser en raison de sa transmission intégrale et de sa tendance au survirage.

Tableau Récapitulatif des Performances

Modèle Moteur Puissance Poids Mesuré 0-100 km/h Prix de Base
BMW M2 6 en ligne biturbo, 3 litres 460 ch 1730 kg 3.8 s 81 100 €
Audi RS3 Performance Edition 5 en ligne turbo, 2.5 litres 407 ch 1614 kg 3.5 s 97 830 €

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