L'autodrome UTAC Linas-Montlhéry, en Essonne, fête ses 100 ans. Ce week-end des 12 et 13 octobre, plus de 15 000 personnes sont attendues à l’autodrome UTAC de Linas-Montlhéry pour célébrer les 100 ans d’existence du circuit.

Cinquième circuit automobile au monde après Brooklands, Indianapolis, Monza et Miramas, l'Autodrome de Linas-Montlhéry célèbre cette année son centenaire. L'Essonne célèbre un siècle de passion automobile.

L’anneau du circuit de Montlhéry, également connu sous le nom de « L’autodrome de Linas-Montlhéry, » est une caractéristique emblématique de ce circuit historique situé en France, à environ 30 kilomètres au sud de Paris. L’anneau de Montlhéry est une piste ovale en béton qui forme un anneau de 2,548 kilomètres de long. Cette configuration de piste présente des virages inclinés, également appelés « virages surélevés » ou « virages relevés », qui étaient une innovation technique à l’époque de sa conception.

Les origines de l'Autodrome

L'industriel Alexandre Lamblin est à l'origine de la création en 1924 de cet anneau de vitesse situé à 24 kilomètres de Paris près des villes de Linas et de Montlhéry, d'où son titre officiel d' "autodrome de Linas-Montlhéry". Ce propriétaire d'une usine de radiateurs d'automobiles et d'avions, par ailleurs possesseur d'un journal sportif, l' "Aéro-sport", a dans l'idée de doter la France et, plus particulièrement la région parisienne qui est à cette époque l'un des principaux centres de l'industrie automobile française, d'un anneau de vitesse.

Nous devons la construction en 1924 de l’autodrome à Alexandre Lamblin. Il est industriel et inventeur mais surtout véritable passionné de sports automobiles. A ce même moment, l’industrie automobile est en plein essor. En effet, tous les industriels ont un objectif précis : battre des records de vitesse. L’anneau de vitesse est comme une évidence. Effectivement, à son ouverture le succès est au rendez-vous.

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Le début des années 20 est l'époque des records et matches en tous genres (voiture contre avion, ...). De surcroît, la Grande-Bretagne dispose déjà d'une telle piste avec Brooklands depuis 1907, les Etats-Unis avec Indianapolis depuis 1911 et l'Italie avec Monza depuis 1922.

En 1923, Alexandre Lamblin se porte acquéreur d'un domaine situé sur le plateau de Saint-Eutrope, près de Montlhéry. Deux études sont menées de front et c'est la moins coûteuse, celle prévoyant un anneau de 2,5 km de longueur, éventuellement complété par un circuit routier extérieur, qui est retenue.

La conception de la piste

L'ingénieur Raymond Jamin est chargé du dessin de la piste. Elle est de forme ovale avec deux courtes lignes droites de 180 mètres. Dans les virages, elle possède un profil concave en forme de parabole cubique à axe vertical et les raccordements sont tracés suivant une spirale logarithmique, ce qui constitue l'une des particularités de cet ouvrage.

L'anneau est calculé de manière a ce que des voitures de 1000 kg puissent atteindre, en haut des virages, des vitesses de 220 km/h environ. Son développement, mesuré au milieu de sa projection sur un plan horizontal est de 2548,24 mètres (ligne médiane).

Lieu de records et de compétitions

Montlhéry accueille rapidement un grand nombre de pionniers de la vitesse et leurs monstrueuses voitures à records, venus d'outre-Manche en raison des nombreuses restrictions de bruit (montage de silencieux, interdiction de courses de nuit) imposées par les voisins du circuit de Brooklands. Plus de cent records sont établis ou battus, deux mois seulement après l'ouverture.

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C'est la marque Rolland Pilain qui ouvre la danse puis, le record du tour de piste sur l'anneau sera longtemps détenu par Gwenda Stewart sur Derby-Miller à 234 km/h de moyenne.

Linas-Montlhéry est aussi un lieu où se disputent des courses. Dès 1925, après adjonction d'un circuit routier construit en un temps record, se déroule le Grand Prix de l'Automobile Club de France qui attire une foule considérable dont le Président de la République lui-même.

Les voitures tournent dans le sens des aiguilles d'une montre alors que les records sont effectués dans le sens inverse. Malheureusement, au cours de la course, Antonio Ascari trouve la mort au volant de son Alfa Romeo P2 sur la nouvelle portion du circuit. Finalement, c'est Robert Benoist sur sa Delage 12 cylindres qui emporte la victoire.

Le GP de l'ACF se tient ensuite de 1931 à 1937 (sauf 1932) selon diverses formules qui attirent toujours autant de spectateurs venus assister aux duels Alfa Romeo - Bugatti puis, à l'arrivée des Auto-union, Mercedes et Delage.

Évolution et défis

Ensuite, il devient en 1933, la propriété du constructeur Citroën qui y installe une station d’essais pour ses voitures. Puis, les besoins évoluent et de nouveaux équipements sont construits : une tour de chronométrage, une tribune, des stands de ravitaillements, etc.

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En 1946, l’UTAC, un laboratoire d’essais industriels, récupère la gérance des pistes. Il faut attendre 1973 pour que l’UTAC en devienne propriétaire. Dans les années 2000, l’UTAC entrepend d’importants travaux pour remettre aux normes le circuit.

Les frais d'exploitation de plus en plus élevés et l'état du revêtement de béton qui ne permet déjà plus de faire tourner des monoplaces à haute vitesse, conduisent les administrateurs de l'autodrome à vendre en 1939 le site, qui comprend alors 750 ha, au Domaine National qui le met par la suite à la disposition du ministère de la Guerre.

L'autodrome subit de graves détériorations durant la guerre. En décembre 1946, c'est l'Union Technique de l'Automobile, du Motocycle et Cycle (UTAC), qui obtient du ministère de la Guerre, en vertu d'un bail de longue durée et contre versement d'une redevance annuelle à l'administration des Domaines, la gérance civile des pistes et installations de l'autodrome, moyennant sa remise en état, son entretien et l'acceptation de l'organisation de compétitions.

Depuis cette date, l'activité ne cesse de croître, principalement dans le domaine des activités de caractère technique et expérimental mais des compétitions continuent à être organisées. Les Coupes du Salon au moment du salon de l'automobile en octobre puis, à partir de 1956 et de manière épisodique, les 1000 kilomètres de Paris.

Cependant, le profil du circuit se révèle inadapté aux grandes vitesse atteintes dorénavant. L'accident de 1964 en est la triste démonstration. Les 1000 Kilomètres ne sont repris qu'en 1966 puis dernièrement en 1994. Les Coupes du Salon et le Grand Prix de l'âge d'Or constituent les deux derniers rendez-vous sportifs sur l'anneau. En 1996, le Grand Prix de l'âge d'Or est la troisième manifestation automobile française après les 24h du Mans et le GP de France de F1 mais faute d'un nombre suffisant d'engagés, les Coupes du Salon n'ont pu se tenir.

Le futur de l'Autodrome

Le circuit a été confronté dès le mois d'avril 1997 puis en 2001 au renouvellement de son homologation auprès de la commission nationale des circuits de vitesse. L'homologation actuelle a été renouvelée le 9 mai 2001 pour 4 ans (JO N° 114 du 17/05/2001). Sans son obtention, aucune course ne peut plus y être organisée.

Pour que les Coupes du Salon ou le GP de l'Age d'Or puissent à nouveau s'y tenir, divers travaux de réaménagement ont été réalisés et notamment la mise en place d'un grillage de protection pour les spectateurs dans la ligne droite allant des tribunes jusqu'au virage des deux ponts ainsi qu'en haut de l'anneau et capable de résister à des vitesses de 300 km/h. Le problème de l'homologation du circuit, tous les quatre ans, est récurent et, pour sauver l'autodrome, c'est d'un projet à plus long terme qu'il faut convenir...

Un lieu d'événements et de passion

Plus d’une dizaine d’événements grand public ont lieu à l’autodrome chaque année. Par conséquent, tous les ans près de 100 000 spectateurs viennent sur ce circuit mythique. De toute évidence, vous trouverez forcément un événement qui vous plaira. Que ce soit pour admirer les voitures anglaises lors de l’événement God Save the Car Festival ou lors de l’US Motor show et ses voitures américaines.

Depuis 2014 et l’inauguration du bâtiment “1924”, des séminaires y sont organisés dans ce cadre atypique.

En tant que centre d’essai, l’UTAC travaille depuis de nombreuses années à l’évolution des véhicules.

Depuis ses débuts en 1924, l’Autodrome de UTAC Linas-Montlhéry a été le foyer d’innombrables courses, de championnats palpitants et de rencontres inoubliables entre pilotes et fans. Des bolides classiques aux voitures de course modernes, l’Autodrome a vu évoluer la technologie et l’art de la conduite sur piste au fil des ans.

Pour ce centenaire, côté piste, les visiteurs ont eu le plaisir d’admirer six plateaux de voitures anciennes, datant de 1924 aux années 2020. Deux plateaux de motos étaient également présents, témoignant des moments forts de l’histoire de l’Autodrome. La Venturi, victorieuse des 1000km de Paris en 1994 pilotée par Jean-Claude BASSO et copilotée par Henri PESCAROLO.

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