Le Circuit Paul Ricard, communément appelé « circuit du Castellet », est l’un des lieux emblématiques du sport automobile en France.
L'histoire d'un visionnaire : Paul Ricard
Né le 9 juillet 1909 à Marseille, Paul Ricard, issu d’une famille de boulangers et de négociants en vins, n’attendra pas longtemps avant de se lancer dans les affaires. La suite, on la connaît, l’homme fera fortune en créant la marque qui porte son nom. Mais quel rapport avec la course automobile ?
L'histoire du circuit varois commence par son fondateur Paul Ricard. L'homme d'affaires, à la tête des Pastis Ricard, possédait une vaste parcelle près de la ville de Signes.
La genèse du circuit
En 1962, Paul Ricard fait construire un aérodrome, pratique pour ses affaires et ses nombreux déplacements, il permettra également de desservir plus facilement l’ouest Varois et de faciliter l’installation d’investisseurs. Au départ, il y fait construire un aérodrome.
Sur ce terrain de mille hectares, idéalement situé entre Marseille et Toulon, Paul Ricard a d’autres ambitions. En 1969, Paul Ricard décide de faire construire un circuit sur ce même plateau. Il veut son circuit automobile de premier plan et le fait dessiner par des pilotes.
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Henri Pescarolo et Jean-Pierre Beltoise participent à l’élaboration du tracé. Vers la fin de 1969, une réunion informelle allait sceller le projet déjà sommairement tracé sur le terrain au Bulldozer, elle réunissait autour de Paul Ricard, Jean-Pierre Beltoise, François Mazet, Jean-Pierre Jabouille, Johnny Rives du Journal l’Équipe, et moi-même.
Jean-Pierre Beltoise était le pilote dont le prestige, l’aura auprès de Paul Ricard était les plus importants. Il a pesé beaucoup. Son influence a été déterminante.
En quelques mois, sous l’autorité de Paul Ricard, le projet est sorti de terre, avec la complicité discrète d’André Gautier et de plus en plus souvent celle de Robert Cavrini. Dix mois après le premier coup de pelle, il est inauguré.
Le 19 avril 1970 est inauguré, entre Marseille et Toulon, le circuit du Castellet. 19 avril 1970, 40 000 personnes se sont déplacées, des centaines de personnalités et le ministre de la Jeunesse et des Sports, Joseph Comiti : c’est l’inauguration du circuit automobile Paul Ricard, sur la commune du Castellet.
L'initiative revient à Paul Ricard, le célèbre industriel marseillais qui doit sa fortune à l'apéritif anisé auquel il a donné son nom. L'une des clefs de la réussite de ce fils de commerçant du quartier Sainte-Marthe réside dans la personnalisation de sa marque.
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Très vite, le circuit apparaît comme le symbole de la modernité en matière de sports mécaniques et une référence dans le domaine de la sécurité. Une école de pilotage y est installée et de grandes écuries viennent y effectuer des essais.
L'âge d'or du Grand Prix de France
Dès l’année suivante, en 1971, le Grand Prix de France de Formule 1 pose ses bagages au Castellet. En 1971, le Grand Prix de France de Formule 1 remporté par Jackie Stewart y est organisé.
Au cours des treize éditions de l'épreuve qui se déroulent ensuite sur le circuit, jusqu'en 1990, les plus grands pilotes s'illustrent. À l’image de la rivalité Alain Prost-René Arnoux en 1982, ou encore avec Ayrton Senna. Le pilote français Alain Prost est vainqueur à quatre reprises en 1983, 1988, 1989, 1990. Plus tard, c’est un certain Jean Alesi qui y fera ses débuts en Formule un en 1989 avec une inespérée quatrième place.
En 1986, l'accident mortel survenu au cours d'essais au pilote italien, Elio de Angelis, conduit à des aménagements importants. La longueur du circuit est notamment ramenée à 3,8 kilomètres. Certains de ces aménagements sont peu appréciés des motocyclistes qui ont fait aussi du Castellet un circuit de compétition.
Un circuit en mutation
La Formule 1 délaisse cependant le circuit dans les années 1990. La concurrence du circuit de Magny Cours dans la Nièvre, département d'élection du président Mitterrand, ou encore la législation restreignant la publicité de l'alcool constituent autant d'obstacles que le circuit ne parvient pas à surmonter.
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Si d'autres courses motocyclistes, de voitures de tourisme, de voitures anciennes et même de camion animent encore quelque temps le circuit, celui-ci apparaît sur le déclin. Il est racheté, en 1999, par l'homme d'affaire britannique, Bernie Ecclestone, considéré comme un personnage clé de la Formule 1.
Le 7 novembre 1997, Paul Ricard meurt. Quelques mois après la mort de son fondateur, le circuit situé près de Signes est en vente. Il faut attendre mai 1999 pour que le circuit ne soit plus la propriété de la famille Ricard.
Ainsi, Bernie Ecclestone rachète le circuit varois. Aussi, le circuit conserve le nom de son fondateur selon un accord conclu entre les parties. Sous la houlette de Philippe Gurdjian, il transforme le circuit pour le rendre moderne.
Le renouveau du Grand Prix de France
Le circuit Paul Ricard : le 24 juin 2018 marquera le retour sur sa piste du Grand Prix de France de Formule 1, vingt-huit ans plus tard. Le week-end dernier, Max Verstappen et Lewis Hamilton luttaient jusque dans le dernier tour pour la victoire. Verstappen a offert du grand spectacle aux 15 000 spectateurs le week-end dernier.
Il reste une année de contrat et la FOM a une stratégie simple. On commence à discuter juste après l’avant dernier Grand Prix, c’est leur manière de mener les discussions. Ça a au moins le mérite de nous mettre la pression ! On va donc commencer à en parler dès la fin de ce week-end”, ajoute Éric Boullier.
Aujourd’hui on consomme les médias de manière différente. La F1 s’est ouverte, on la découvre sur les réseaux sociaux. Les nouvelles générations découvrent la F1 sur Netflix. N’oublions pas non plus la forme actuelle des pilotes français. Pierre Gasly qui devient un héros, ça veut dire que les gens s'intéressent”, ajoute Éric Boullier.
Que vous soyez amateur de sport auto, fan d’endurance ou simple curieux, le Circuit du Castellet est une expérience immersive à vivre au moins une fois.
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