La Citroën DS, une voiture révolutionnaire, a marqué son époque et apporté des technologies qui ont transformé le secteur automobile.

Les Origines de la Citroën DS

En 1936, Pierre Jules Boulanger, à la tête de Citroën, lance le projet "VGD" (Véhicule de Grande Diffusion) pour remplacer la Traction Avant. La conception est confiée à Flaminio Bertoni pour le design, André Lefebvre pour la conception, et Paul Mages, qui jouera un rôle essentiel dans ce projet.

La Seconde Guerre mondiale freine le projet, mais le programme "VGD" continue. Le 14 avril 1944, l'équipe présente à Pierre Boulanger une TPV avec une suspension hydraulique innovante. Bien que les premiers essais ne soient pas concluants, Boulanger perçoit le potentiel de cette nouveauté et encourage son développement.

Malheureusement, Pierre Jules Boulanger décède en 1950. Robert Puiseau, son successeur, poursuit le développement du projet VGD en y apportant quelques modifications.

La Chasse à la Déesse

En 1952, l'Auto-Journal dévoile en exclusivité les premières photos de la remplaçante de la Traction, déclenchant la colère de Citroën. Les premiers prototypes complets sont présentés le 1er décembre 1953.

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En attendant de finaliser sa future routière, Citroën teste certains éléments de la future VGD sur la Traction 15-6H en avril 1954, en lui ajoutant des suspensions hydrauliques sur le train arrière.

1955 : Paris Découvre la Citroën DS

En 1955, Citroën crée l'événement au Salon de Paris en présentant la Citroën DS. Son design aérodynamique et ses innovations techniques marquent une rupture avec les modèles existants. La Citroën DS était l'attraction du Salon de l'Automobile de Paris de 1955 et son design aérodynamique a mis un coup de vieux à toutes ses rivales.

Moderne par son style, la Citroën DS est techniquement révolutionnaire avec un capot en aluminium, un pare-brise bombé, des portes sans encadrement, des freins à disque à l'avant, des suspensions et des freins hydrauliques, une boîte de vitesse hydraulique et une direction assistée.

Malgré un moteur de Traction 11D de 75 ch jugé insuffisant, la DS rencontre un vif succès, avec 12 000 commandes enregistrées dès le premier jour du salon.

Fiabilisation et Évolutions de la Citroën DS

En mai 1957, une version simplifiée, l'ID19, est lancée avec une boîte de vitesse mécanique et des freins classiques. Cette même année, Citroën améliore la fiabilité de son système hydraulique en remplaçant le liquide LHS par le LHS2.

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En septembre 1957, le modèle 1958 apporte une petite modification : l’échappement central a cédé sa place à une double sortie sur le côté gauche du véhicule. L'année suivante, une finition Prestige est ajoutée, avec une glace de séparation et un équipement téléphonique. En septembre 1959, la DS adopte des enjoliveurs sur les grilles d'aération situées sur ses ailes avant.

En 1960, la DS perd sa marche en ligne droite, des ailes arrière rallongées apparaissent et le volant des DS19 délaisse son vinyle blanc pour du noir.

Henri Chapron Déshabille la DS

En février 1961, la DS cabriolet fait son apparition dans le catalogue officiel de la marque. Citroën fait appel à Henri Chapron pour la réaliser et la produire. Le carrossier avait déjà commercialisé des DS découvrables, comme la DS Le Caddy dès 1959.

Après avoir marqué les esprits lors du salon 1958, les ateliers Chapron avaient commercialisé une DS Le Caddy dès 1959 ainsi que de nombreuses autres déclinaisons !

Henri Chapron a été missionné par Citroën afin de produire la DS cabriolet et le carrossier situé en région Parisienne n’avait cependant pas attendu cette version officielle afin de proposer des DS découvrables.

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La Citroën DS Cède au Conformisme

En mars 1961, la puissance de la DS 19 passe à 83 ch. En septembre 1961, la planche de bord ivoire est remplacée par une version plus "rationnelle", l'indicateur de feu allumé disparaît et le "champignon" cède sa place à une pédale de frein classique.

L'année suivante, la DS adopte un nouveau nez avec des pare-chocs à butoirs et des prises d'air modifiées. En 1963, la DS19 peut troquer sa boîte hydraulique pour une transmission manuelle à 4 rapports.

Un Pallas pour une Déesse

La luxueuse version Pallas fait son apparition en août 1964, avec des sièges en cuir, une paire de longues portées et des baguettes latérales en inox. En décembre 1964, les DS gagnent un indicateur de température d'eau.

En 1966, le moteur de la Traction est remplacé par un bloc à 5 paliers, avec une cylindrée de 1985cm3, portant la puissance de la DS19A à 90 ch. Un nouveau moteur de 2175cm3 de 109 ch SAE est également proposé pour la DS21.

En octobre 1966, le LHS2 est remplacé par du LHM de couleur verte.

Joli Lifting pour une DS

En 1967, la DS subit un lifting réalisé par Robert Opron, avec de nouveaux phares carénés et des ailes avant modifiées. Le restylage de la DS a modernisé sa face avant.

L'Arrivée de l'Injection sur la Citroën DS

En septembre 1969, la DS adopte une nouvelle planche de bord noir mat avec 3 cadrans circulaires. La DS19A est remplacée par une DS20A de 103 ch SAE, tandis que la DS21 offre 115 ch. L'injection électronique fait son apparition sur la DS21, lui permettant d'atteindre 139 ch SAE. Le 7 octobre 1969, le cap du million d'unités fabriquées est dépassé.

En 1970, une boîte automatique à 3 rapports est proposée sur la DS21. En 1972, les feux de recul font leur apparition et la climatisation devient une option.

La DS23 remplace la DS21, avec un moteur de 2347cm3 offrant 115 ch DIN pour les versions à carburateurs et 130 ch DIN pour celles équipées de l'injection électronique.

Lancée à Paris le 6 octobre 1955, la DS vient de souffler sa 70ème bougie.

Fin de Production

Le modèle 75 est le dernier pour la DS. La principale modification est l'adoption des feux de détresse. Produite à 1 455 746 unités, la Citroën DS cède sa place à la CX.

Les Petites Histoires de la Grande Citroën DS

La Citroën DS a été une voiture qui avait ses entrées à l’Elysée. Elle était particulièrement appréciée par le Général De Gaulle qui l’utilisait pour ses déplacements. Henri Chapron prépara d’ailleurs une version spéciale pour la Présidence de la République ! Cet exemplaire au design très particulier était immatriculé 1 PR 75 !

Le 22 août 1962, la voiture du Président De Gaulle, qui était en route pour l’aéroport de Villacoublay, a été prise dans une embuscade. Les assaillants ont mitraillé la voiture Présidentielle, causant notamment la crevaison de deux pneus. Le chauffeur a eu la lumineuse idée de mettre la voiture en suspension haute ce qui a permis à la DS de s’extirper de l’attentat du Petit Clamart tout en gardant ses occupants sains et saufs !

L'Auto-Journal daté du 1er avril 1952 tenait un véritable scoop : les premières photos de la VGD surprise par Gilles Guérithault durant ses essais. Cet article provoqua la colère de la marque au double chevrons qui attaqua en justice la rédaction de l’auto-journal. Le magazine automobile français a également été blacklisté par Citroën durant de longues années du fait de cet article.

La Citroën DS « volante » utilisée pour...

L'Histoire du Cabriolet DS : Le Mariage de l'Excellence et de l'Innovation

Au Mondial de l'Automobile de Paris de 1955, Henri Chapron tombe sous le charme de la nouvelle Citroën DS. Comme aucun projet de cabriolet ou de coupé n’est prévu par le constructeur français, il décide de saisir sa chance. Il conçoit le tout premier cabriolet DS, et le présente au Mondial de l'Automobile de 1958. La presse est dithyrambique. Les portes ont été allongées et épaissies, le pare-brise abaissé…la voiture est sublime.

Pendant 2 ans, Chapron et Citroën travaillent sur le projet, afin de proposer une version « usine » de la DS cabriolet, plus conforme aux normes de sécurité et moins coûteuses à produire que les versions conçues par le carrossier.

A partir de 1960, la production des DS cabriolet version « usine » commence dans les ateliers Chapron. Citroën, qui ne souhaite pas s’embarrasser d’une si petite production, fournit à Chapron le châssis et la mécanique. Le constructeur assure aussi la commercialisation des voitures dans son réseau, permettant aux acheteurs de pouvoir bénéficier d'une garantie sur ces cabriolets version "usine ".

En parallèle, Chapron produit aussi ses propres versions de la DS cabriolet. Ils deviendront respectivement "La Croisette" (sur la base de la DS19) et "Le Caddy" (sur la base de l’ID19). Quelques années plus tard, il crée un autre modèle de cabriolet, "Le Palm Beach", qui propose quatre vraies places. Les créations de Chapron sont plus originales et luxueuses aussi, proposant un habitacle raffiné et un…autoradio (comble du luxe dans les années 60).

Ainsi, les ateliers Chapron survivront jusqu’à la disparition d’Henri Chapron en 1978, essentiellement grâce aux cabriolets et aux coupé DS. Exception industrielle, ce cabriolet incarne la passion d’un homme pour le bel ouvrage et son goût pour les automobiles rares. Confortable, elle ne se distingue cependant pas par ses performances.

Si l'on tient compte de l'ensemble de la production (modèles dits "usine" et cabriolets Chapron), on totalise 1483 voitures, 1365 exemplaires de série et 118 Chapron. La plupart des cabriolets "usine" (779) disposaient de la mécanique des DS 19. Animée par un quatre-cylindres en ligne de 83 chevaux, cette version atteignait une vitesse maximale de 150 km/h. A partir de 1965, la version DS 21 est proposée (483 exemplaires vendus), offrant une puissance de 109CV.

Une vraie star sur le marché des voitures de collection, la voiture fait partie des rares autos françaises d’après-guerre à rivaliser avec les vedettes allemandes ou anglaises sur le marché des anciennes. Sa cote se situe d’ailleurs à des niveaux comparables à ceux atteints par la Jaguar Type E cabriolet (série 1), une référence en la matière.

Prix et Rareté

Acheter une DS cabriolet n'est pas donné à toutes les bourses. Comptez en effet entre 100 000 euros, pour une version usine en état moyen, et plus de 250 000 euros pour un beau spécimen Chapron. La voiture fait partie des rares autos françaises d’après-guerre à rivaliser avec les vedettes allemandes ou anglaises sur le marché des anciennes.

Ainsi en 2019 et 2020, deux exemplaires se sont vendus aux enchères Arturical du salon Rétromobile, respectivement pour 237 800€ et 185 952€. Plus récemment, le 20 septembre 2020, la maison Aguttes a vendu pour 246 300 € une version DS21 de 1966 - sans contrôle technique malheureusement.

Pour Résumer

DS cabriolet : retour sur la DS cabriolet de Citroën, véritable mythe automobile, signé de l’exceptionnel artisan Henri Chapron. Toute la France vient admirer la nouvelle voiture révolutionnaire. Devant ce succès sans précédent, les autorités de la marque se mettent à rêver. Il faut profiter de cet élan pour imposer la DS tout en haut de la pyramide de l’industrie automobile française. Pourquoi ne pas décliner cette nouvelle reine de la route en version découvrable ?

Citroën n’ayant pas prévu de concevoir une version cabriolet, pourquoi ne pas le faire lui-même? Après avoir obtenu l’accord de la marque, il conçoit le tout premier cabriolet DS présenté au salon de Paris 1958.

Le carrossier va revoir le dessin des portières, allongées et du pare-brise, abaissé. Des panneaux ornent les bas de caisses et les clignotants migrent près de la capote sous forme de cabochons. La direction de Citroën est conquise et entame une collaboration avec Chapron pour produire ce cabriolet en série.

Ces cabriolets “Chapron” rencontrent le succès et Citroën décide de lancer son propre cabriolet, intégré à la gamme, mais toujours fabriqué par Henri Chapron. La principale différence entre les deux modèles tient dans la partie arrière plus basse et entièrement soudée et les portières différentes. Le cabriolet “usine” reprend la plate-forme du break ID. L’objectif pour ce modèle présenté sur le stand Citroën à Paris en 1960 : rationaliser la production pour produire ce cabriolet “en série”.

Au lancement de la DS décapotable, la presse est élogieuse, Reprenant toutes les innovations techniques de la berline, aucun cabriolet européen n'allait égaler la beauté mais aussi le confort de la DS pendant plusieurs années, bien aidée par la supériorité de sa suspension hydropneumatique Citroën, en avance sur son temps.

Après une carrière honorable au vu du prix de vente, et quelques évolutions dont la face avant munie de quatre phares à partir de 1968, les productions Chapron font face à une baisse de la demande à l’aube des années 70. Le carrossier se voit obliger de mettre fin aux transformations de DS en cabriolet tandis que Citroën stoppe la production de la version usine en 1971.

Finalement 1 365 cabriolets usine seront construits sur base de DS 19 et DS 21 entre 1960 et 1971. Impossible aujourd’hui de trouver un exemplaire usine en état correct sous les 150 000€ alors qu’il faudra compter le double pour un modèle Chapron.

Il existe plusieurs versions cabriolet de la DS, mais aujourd’hui, je voudrais vous parler du modèle officiel , dit « usine ». Cela dit, que ce soit en versions non officielles (Croisette, Caddy, Palm Beach ou Cabriolet, produits à 236 exemplaires entre 1958 et 1972) on en version « usine », tous les cabriolets DS dignes d’intérêts furent fabriqués par un seul et même « constructeur » : Henri Chapron.

Deux ans après la présentation des Croisette et Cabriolet, Citroën lance donc la DS Cabriolet (en août 1960) et sa version moins « technologique » ID. A son lancement, la DS19 Cab dispose du 4 cylindres 1,9 litres de 75 ch, tandis que l’ID reçoit un moteur identique mais moins puissant (63 ch), mais très rapidement, les deux modèles reçurent le même moteur développant 83 ch. L’ID19 Cab sera retirée du catalogue en 1965, tandis que la DS continuera à être produite jusqu’en 1971, recevant petit à petit des évolutions moteurs : en 1965, la DS21 (109 ch puis 115 ch en 1968) remplace la DS19, puis recevra l’injection électronique en 1969 portant la puissance à 123 ch.

Stylistiquement, le cabriolet DS recevra les mêmes évolutions que la berline, recevant notamment en 1968 les nouveaux phares carénés.

Malgré le label Citroën et la distribution au sein du réseau de la marque aux chevrons, les DS et ID Cabriolets ne seront produits qu’à 1365 exemplaires. Il faut dire que le passage chez un carrossier extérieur fait gonfler les prix, près de deux fois le prix de la berline. Sa rareté et l’engouement pour la DS explique ces prix hors du commun : comptez entre 150 et 200 000 euros pour vous offrir ce haut de gamme de l’automobile française.

Les collectionneurs se pressent pour posséder ce véhicule de collection et les prix sur le marché de l'augmentation ne cessent d'augmenter.

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