La Citroën SM, fruit de l’union entre Citroën et Maserati, a marqué les esprits dès son lancement au Salon de Genève en 1970. Son design, signé Robert Opron, avec sa face avant ornée de six phares sous une verrière panoramique, évoque une fusée roulante. Sous le capot, un V6 Maserati (2,7 ou 3,0 litres) délivre jusqu'à 180 ch, propulsant ce coupé à 220 km/h - un record pour une traction avant de série à l’époque. La suspension hydropneumatique, signature Citroën, offre un confort inégalé, tandis que l’aérodynamisme soigné en fait une pionnière.
La Citroën SM Mylord et les transformations par Chapron
Au cours des années 1960, la disparition des Facel Vega de Jean Daninos ont laissé cette race de voitures françaises orpheline. Le haut de gamme tricolore s'est alors résumé à celui de nos trois constructeurs généralistes, dont certains modèles ont toutefois été revus à la hausse par quelques spécialistes. Cette Citroën à moteur Maserati sera également traitée par Heuliez avec sa version « Espace », qui sera exposée au salon de Paris en 1971 en même temps que le cabriolet Mylord de Chapron. Ce dernier conserve l'esthétique de la SM, mais sa caisse a été renforcée et, surtout, un coffre classique a été ajouté, ce qui lui procure un profil tricorps. L'habitacle est abrité par une vaste capote. La Mylord n'était pas bon marché : 130.000 francs, le double d'une version normale, et presque autant qu'une Ferrari Daytona. Voilà qui explique sans doute son insuccès.
Chapron se charge de transformer la SM et propose deux modèles d’exception : un cabriolet Mylord (il sera fabriqué à huit exemplaires) et une berline baptisée Opéra à l’empattement allongé et construite à neuf unités. Pour le compte de l’Elysée, le carrossier de Levallois réalisera deux cabriolets quatre portes de parade. Dérivés de la berline, ils seront dotés d’un porte-à-faux arrière allongé, qui portera la longueur totale de la voiture à 5,60 mètres (1800 kilos).
La SM2A : Une version Restomod moderne
Depuis quelques années, les Gallet écument les salons en exposant le projet, puis la voiture complète. SM2 c’est une sacrée histoire, une Citroën SM entièrement revue, plus performante, fiabilisée, mieux équipée, un Restomod à la française en fait. Tout l’intérêt d’un Restomod est quand même de garder l’aspect original de l’auto. Et pour le coup SM2A tape dans le mille. À l’extérieur SM2 va jouer dans les détails. Pour la reconnaître il faudra être habitué des SM d’origine.
C'est ainsi que sortent de ses ateliers des Citroën SM revues et corrigées suivant les technologies d'aujourd'hui : les SM2. Extérieurement, les SM2 ressemblent en tout point au modèle d'origine, pourtant, toute la mécanique a été reprise pour améliorer l'efficacité et la fiabilité. Cette démarche procède du Restomod.
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Les améliorations de la SM2A
C’est bien sur la partie technique que SM2 se distingue le plus d’une SM Injection « normale ». Beaucoup de pièces sont en alu, une nouvelle fois usinées dans la masse. Le but est à la fois esthétique, mais vise aussi à améliorer la répartition du poids. Dans cet optique, la batterie est d’ailleurs passée à l’arrière, le radiateur est lui aussi en alu et le conjoncteur est approché du tablier. Le poids sur le porte à faux avant (qui est grand quand même) est donc réduit.
Du côté de l’injection on passe sur un système séquentiel avec rampe alu, joints toriques et raccords vissés. L’allumage fait appel à une bobine par cylindre. Le refroidissement est également revu, quand à la boîte de vitesse, elle a subi un profond lifting. Le gain de couple a en effet permis de changer le pignon de 5e par un autre, plus démultiplié. Enfin on ne peut parler de SM sans évoquer l’hydraulique. Tous les conduits ont été déplacés, pour les éloigner de l’échappement notamment. De fait, ils passent dans les longerons !
Le travail fait sur le moteur porte la puissance à 170ch. Le couple est également plus abondant et dispo plus bas. Niveau poids, on gagne aussi 120 kg.
L'expérience de conduite de la SM2A
Déjà je vais prendre place dans SM2 après avoir ouvert la porte. Les charnières sont neuves et dures. Une fois la porte ouverte et les compères installés à l’arrière, je m’installe. Le siège est particulièrement confortable mais un peu plus dur que le siège d’origine. Ah non, il est juste neuf… Je le règle et je m’attache, avec un système dont l’enrouleur est bien caché et une boucle moderne plus facile à manier. Ensuite c’est au volant de se régler. Hauteur, profondeur, faudra quand même pouvoir atteindre le champignon. Tout est prêt.
Le V6 d’origine Maserati s’ébroue du premier coup. Même à l’arrêt et avec une insonorisation de qualité, il est présent dans l’habitacle… et avec une sonorité pas déplaisante du tout. Pour quitter le stationnement, une centaine de mètres de chemin défoncé se profile ! Même pas mal. SM2 s’en joue totalement. Je me prend pour Aladdin, si ce n’est que le tapis volant aimerait bien aller plus vite.
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Alors une Citroën SM reste une auto très agréable. Mais une fois que vous êtes montés et que vous avez conduit (ou encore mieux, piloté) SM2, c’est autre chose ! Plus rien à voir avec l’ancienne SM, surtout au niveau des perfs. Cette auto est née de l’imagination de techniciens qui savent ce qu’ils font et savaient ce qu’ils voulaient. Pari gagné.
Citroën SM : Motor Klassik Award 2025
Un vent de gloire souffle sur l’automobile française : le Citroën SM vient de décrocher pour la deuxième année consécutive le prestigieux « Motor Klassik Award 2025 » dans la catégorie « Classiques français ». Avec 47,8 % des voix des lecteurs du magazine allemand Motor Klassik, ce coupé révolutionnaire de 1970-1975 s’impose face à une concurrence rude. Alliant design audacieux, technologie avant-gardiste et un héritage qui inspire encore DS Automobiles, le SM prouve que son statut d’icône traverse les décennies.
Dans l’édition 2025 des Motor Klassik Awards, orchestrée par le vénérable magazine Motor Klassik (filiale de auto, motor und sport), le SM a triomphé avec panache. Sur plus de 17 000 votants, 47,8 % ont plébiscité ce classique français, devant d’autres légendes tricolores. Cette seconde victoire consécutive, remise lors d’une cérémonie à Stuttgart à DS Automobiles - héritière spirituelle du SM -, témoigne de son statut intemporel.
Christine Schulze Tergeist, directrice de Stellantis Premium Brands Germany, savoure ce succès : « Le SM incarne l’innovation et la passion française. Ce prix honore son héritage et inspire notre avenir. Le SM n’est pas qu’un vestige du passé : il est une muse pour DS Automobiles, marque premium née en 2014 sous l’égide de Stellantis. Sa quête de confort, de style et de technologie avant-gardiste se retrouve dans les DS 7 ou DS 9 actuelles, qui reprennent l’esprit luxueux et innovant de leur aïeul.
Tableau récapitulatif des transformations de la Citroën SM par Chapron
| Modèle | Années de production | Nombre d'exemplaires | Description |
|---|---|---|---|
| Cabriolet Mylord | 1971-1975 | 8 | Cabriolet de luxe basé sur la SM, avec un coffre classique ajouté. |
| Berline Opéra | 1972-1974 | 9 | Berline avec un empattement allongé pour plus d'espace aux passagers arrière. |
| SM Présidentielle | 1972 | 2 | Cabriolets quatre portes de parade pour l'Élysée, avec un porte-à-faux arrière allongé. |
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