La Citroën Visa est une automobile à cinq portes du constructeur automobile français Citroën produite de 1978 à 1988, qui succède à la Citroën Ami 8. Elle précède à la fois la Citroën AX mais également la Citroën ZX, du fait de son positionnement supérieur dans la gamme, comprenant également une longueur comprise entre les deux.
Depuis 1919, la marque Citroën fait preuve d'audace et d'un attachement à l'humain jamais démenti tout au long de son histoire. Forte de son patrimoine quasi-centenaire de plus de 300 modèles dont certains ont marqué à jamais l'industrie automobile, Citroën est inscrite dans le cœur de chaque Français.
Genèse et Contexte
Dans les années 1970, Citroën cherche à répondre aux Renault 5 et Peugeot 104 avec une petite berline moderne, située au dessus des gammes 2cv et Dyane et qui succéderait en partie à la vieillissante Ami 8. La nouvelle petite Citroën est fondée sur la plate-forme de la Peugeot 104. Celle-ci ainsi que la Renault 5 sont les concurrentes françaises de la Visa.
Mais en ces temps-ci, Citroën va mal, à court de trésorerie, la société est quasiment en faillite et doit trouver un repreneur, Michelin ne souhaitant pas une nouvelle fois mettre la main au porte feuille. Alors qu'un rachat par le Groupe Fiat se dessine, le gouvernement français met son véto et incite le français Peugeot à absorber son concurrent en 1976. Les 2 marques n'ont, pour ainsi dire, RIEN en commun : l'un a bâti sa réputation sur l'avant gardisme et l'innovation technique et stylistique de ses modèles, l'autre est du genre très conservateur.
Les premières études de la Visa, stoppées par Peugeot, donneront parallèlement naissance à l'Oltcit fabriquée en Roumanie.
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Design et Caractéristiques Innovantes
Le style de la voiture, si il est en grande partie inspiré de la Peugeot 104 qui sert de base, se veut initialement innovant. En effet, l'innovation sur la Visa est à chercher en premier lieu dans le pare choc bouclier, qui intègre également la calandre ; une grande première !
La Visa présente des caractéristiques étonnantes pour un véhicule de ce segment : essuie-glace central mono-balai, portes avant ouvrant très largement, « satellite » de commandes au tableau de bord, et AEI (Allumage Électronique Intégral) développé par Thomson, une première qu'elle partage avec la LNA.
Si l'extérieur est "original" n'allez surtout pas vous imaginer que l'intérieur ne l'est pas non plus ! Citroën n'est pas un constructeur qui fait les choses à moitié, aussi l'intérieur innove aussi. Couleurs criardes, sellerie originale (seventies obligent) et surtout le légendaire satellite. Cet étrange objet - étrange pour celui qui ne l'a jamais côtoyé du moins - regroupe tous les comodos en un seul point, comprendre que les clignotants, réglage des phares, des essuies glace...
Lancement et Premières Réactions
La Visa est lancée en septembre 1978 avec un « moteur boxer bicylindre » de 652 cm3 dérivé de celui de la 2 CV sur les versions Spécial et Club, il est l'évolution ultime du célèbre bicylindre : d'abord en 4 CV puis en 3 CV lorsque la puissance passe de 35 à 34 ch sur la Visa II.
La Visa Spécial, dépouillée, est le modèle d'accès de la gamme. Le modèle Club hérite d'enjoliveurs chromés. Notez toutefois le curieux pare choc arrière où viennent s'encastrer les feux de recul.
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Le début de carrière de la Visa est marqué non seulement par son physique particulier (et c'est peu de le dire !) mais aussi par un sacré revirement des publicités chez Citroën. Comment ça, ça vous donne pas particulièrement envie de l'acheter ? Les premiers mois de commercialisation confirment sans doute les impressions que vous pouvez avoir pour l'instant sur cette voiture : c'est un bide commercial ! Chez Citroën on est un peu inquiet. L'auto a mis l'Ami 8 à la retraite, il n'empêche que la bonne vieille 2cv se vend encore beaucoup mieux que la nouvelle venue.
Le Restylage de 1981 et l'Apparition de la Visa II
En mars 1981, seulement deux ans et demi après son lancement, la Visa devient la Visa II que des changements cosmétiques importants rendent plus acceptable au regard pour le grand public : la calandre si contestée avec son bouclier qui englobe la grille est remplacée par une large grille plus classique. Les boucliers sont également redessinés dans un style plus sobre et les motifs des roues sont aussi nouveaux.
C'est alors qu'intervient Heuliez. En 1981, la Visa fait donc peau neuve. A l'avant, exit le pare choc bouclier avec calandre intégrée, désormais la calandre à lames sera séparée du pare choc, lequel retrouve une forme beaucoup plus conventionnelle et moderne. A l'arrière les feux de recul quitte le pare choc et vont s'insérer dans de nouveaux blocs, redessinés pour l'occasion.
Ces modifications transforment radicalement le physique de la Visa ... et le regard du public ! Grâce au restylage, la Visa, dans un premier temps nommée Visa II, apparaît nettement plus attirante qu'auparavant. A l'intérieur, le tableau de bord n'évolue que très peu, avec simplement de nouvelles moulures sur la partie supérieure de la planche de bord.
Montée en Gamme et Versions Sportives
Initialement tout sauf sportive, la Visa va se dévergonder à l'entame des années 1980, au même moment où apparaissent sur le marché les Renault 5 Turbo, Peugeot 205 GTI, VW Golf GTI, etc.
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En 1982, un an après avoir été restylée, la Visa adopte une déclinaison sportive : la Visa Chrono. Outre sa décoration spécifique, l'auto reçoit une motorisation 1360 cm3 issue de la Peugeot 104 ZS2 qui développe 93 ch. 1 000 exemplaires de cette Visa sportive seront commercialisés, pour un prix de base de 55 000 F.
Cette série limitée trouve vite son public et remporte un franc succès à tel point que Citroën en refait 1 500 exemplaires de plus en 1983 pour répondre à la demande ! Cette nouvelle série possède néanmoins une distinction par rapport à la première puisque sous le capot le moteur est désormais un 1434 cm3 de 143 ch ! La Chrono peut revendiquer sans fausse modestie son nom et sa décoration spécifique évoquant la sportivité. En 2005 le sigle Chrono sera réutilisé pour une série spéciale de ... Citroën C1 !
En 1983 apparaît la Visa GT, version allégée de la Chrono. Le but est ici de séduire les amateurs de sportives qui n'ont pas accrochés à l'exubérance de la Chrono ou qui n'ont tout simplement pas eu le temps de s'en offrir une ! La Visa GT reçoit un logo spécifique sur le hayon mais aussi derrière les vitres arrière.
La Visa, une auto si insipide à la base et pourtant si attachante quand on prend le temps de l'observer de plus près.
Versions Spéciales et Innovations
La Visa inaugure un allumage électronique intégral conçu par Thomson CSF sur son moteur bicylindre. C’est une première mondiale sur une voiture de grande série. Un calculateur détermine en fonction de la charge et du régime, le moment où la bougie doit produire son étincelle.
La Visa est proposée avec un nouveau moteur bicylindre à allumage électronique qui est une évolution de celui de la 2CV. D’une petite voiture familiale à l’esthétique difficile à cause de ses boucliers en plastique intégrant la calandre à l’avant, la Citroën Visa évolue rapidement avec un habile restylage en 1981. La gamme intègre même des versions de plus en plus sportives.
Plusieurs séries spéciales ont existé sur la Visa. La première a été la Carte Noire, dérivée de la Super, lancée en mars 1979 et limitée à 2 500 exemplaires. En mars 1980, la Visa Sextant est commercialisée, toujours sur la base de la Super. À partir de la Super E, Citroën lance la Visa West End en mars 1982. On trouve aussi les Platine et GT Tonic en 1983, l’Olympique en 1984, la Challenger en 1985 et la Leader en 1985 et 1986.
Plusieurs séries spéciales ont existé sur la Visa.
- Carte Noire (mars 1979, 2500 exemplaires)
- Sextant (mars 1980, sur base Super)
- West End (mars 1982, sur base Super E)
- Platine et GT Tonic (1983)
- Olympique (1984)
- Challenger (1985)
- Leader (1985 et 1986)
La Visa Découvrable
En 1983 apparaît la Visa GT, version allégée de la Chrono. Le but est ici de séduire les amateurs de sportives qui n'ont pas accrochés à l'exubérance de la Chrono ou qui n'ont tout simplement pas eu le temps de s'en offrir une ! La Visa GT reçoit un logo spécifique sur le hayon mais aussi derrière les vitres arrière.
La même année, Citroën dévoile une déclinaison grand air de sa Visa : la Découvrable. Cette surprenante version est fabriquée chez Heuliez et vient compléter l'offre des petits cabriolets de PSA, en s'insérant en dessous de la 205 Cabriolet. La Visa Découvrable permet à Citroën d'investir un segment de niche qui commence à s'élargir dans les années 1980. Si cette déclinaison dispose d'un avantage avec ses 4 portes et ses 5 vraies places, son prix va en réduire la diffusion...
Motorisations Diesel et Utilitaires
En mars 1984 apparaît la Visa Diesel, dotée d'un 1.7 XUD de 60 ch qui impose le montage d'un train avant élargi de Peugeot 205. En octobre, la gamme Visa accueille un nouveau dérivé, remplaçant l'Acadiane et concurrençant la future Renault Express : le C15. La Visa Diesel marque un tournant chez Citroën : c'est la première petite Citroën diesel de l'histoire !
En 1984 (septembre) : Présentation au Salon de Paris des versions utilitaires essence (C15E) et diesel (C15D), qui resteront un best-seller auprès des artisans, commerçants et entrepreneurs durant plus de 20 ans. À noter que le C15 n'a jamais été produit en France, mais à Vigo en Espagne.
La Visa GTI : L'Apogée Sportive
L'année suivante, désireuse de peaufiner son image sportive après les BX 16 Soupapes et CX 25 GTI Turbo et Turbo 2, la marque aux chevrons lance la Visa GTI. Cette petite bombinette embarque un 1600 cm3 à injection d'une puissance de 105 ch, lui permettant d'atteindre la sympathique vitesse maximale de 192 km/h.
En 1984 (octobre) : La VISA GTI fait ses débuts au Salon de Paris. Le moteur de 105 ch est emprunté à sa demi-sœur 205 GTI.
Toutefois, comparée à ses concurrentes, la Visa accuse non seulement un déficit de puissance mais aussi de modernité. Ce déficit de modernité marque le déclin de la Visa.
La Citroën Visa GTI (1985-1988) n’a pas suivi la mode du moment et ce n’était pas une jolie voiture, mais c’était différent. Pourquoi ont-ils fait ça ? La raison est simple : la Visa GTI était équipée du bloc 205 GTI. Un mouvement à l’origine de l’association entre Citroën et Peugeot, qui avait racheté la marque au chevron en 1975. À ce moteur puissant, ils ont ajouté des suspensions plus fermes et abaissées pour concevoir un ensemble aussi amusant qu’efficace et précis. Le seul défaut constaté était son instabilité, dû au fait que l’essieu arrière était plus étroit que l’avant.
La Visa en Compétition
En mars 1981, Citroën lance le Visa Trophée. Cette formule de promotion se dispute au cours des épreuves du championnat de France des rallyes. Le trophée devient international en 1982 avec une centaine de courses prévues. Deux cent Visa Trophée identiques sont alors fabriquées. Cette version est homologuée en Groupe B. Son moteur quatre cylindres 1219cc développe 100ch DIN à 6500tr/mn. Il est associé à une boîte à cinq vitesses. La voiture ne pèse pas plus de 695kg à vide.
En 1982, Citroën élabore un prototype de voiture de course en collaboration avec Lotus. Cette Visa Lotus n’a de Visa que la silhouette de sa carrosserie étant donné qu’elle repose sur un châssis de Lotus Esprit avec moteur central arrière. Ce-dernier est le 2,2 litres repris également de la Lotus Esprit.
En novembre 1983, Citroën présente la Visa 1000 Pistes dotée d’un moteur 1,4l poussé à 145ch et d’une transmission intégrale permanente. La voiture est produite en 200 exemplaires pour permettre son homologation en Groupe B à compter du mois d’avril 1984.
Fin de Production et Héritage
En 1986, avec le lancement de la révolutionnaire AX, la Visa prend non seulement un sérieux coup de vieux mais en plus sa présence au catalogue n'est désormais plus justifiée. Les versions sportives s'arrêtent tandis qu'à l'intérieur on note le retrait du fameux satellite, remplacé par 2 comodos classiques.
Pour 1988, la Visa entame ses derniers mois de production, avec une gamme qui ne se limite plus qu'à un unique modèle : la Visa bicylinde de 652 cm3, disponible uniquement dans une finition de base. 1 254 390 exemplaires auront été produits en 10 ans de carrière, des chiffres honorables compte tenu des débuts chaotiques du modèle, mais inférieurs aux Renault Super 5 et Peugeot 205 qu'elle était supposée concurrencer. Cette tâche sera dévolue à l'AX, qui remportera, elle, un franc succès.
Au final, la Visa disparaît en 1988. Ce modèle s’est écoulé en près de 1,3 million d’exemplaires en dix ans ce qui est un score honorable bien que restant très éloigné de ceux des Renault 5 et Peugeot 205. L’AX à cinq portes lui succède même si son gabarit plus petit la positionne dans un segment de marché inférieur.
Anecdotes et Dérivés Étranges
En octobre 1982, au salon de Paris, un pick-up de loisirs à six roues dorées sur base de la Visa est exposé. Heuliez présente au salon de Paris 1982 la Visa Mercure. Au cours de l’année 1982, Heuliez réalise un prototype de Visa cabriolet avec deux portes et arceau.
Au début des années 1990, un clone de Citroën Visa a été produit par le constructeur chinois Wuling. La Wuling LZW 7100 a été assemblée à partir d’un stock de pièces détachées. Elle est motorisée par un trois cylindres Daihatsu produit sous licence par Tianjin.
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