Situé dans le prestigieux château de Compiègne, le Musée National de la Voiture offre un voyage captivant à travers l'histoire de la locomotion routière, des origines de l'attelage aux premiers pas de l'automobile.
Création et Inauguration
Créé au château de Compiègne à l'initiative de Paul Léon, directeur des Beaux-Arts, et grâce aux efforts de Léon Auscher, vice-président du Touring Club de France, le Musée National de la Voiture et du Tourisme a été inauguré en 1927 par Edouard Herriot, ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts.
Créé le 1er juillet 1927 par le Touring Club de France et son vice-président, le carrossier Léon Auscher, le musée s’est installé au Château.
Thème du Musée
Il a pour thème l'histoire de la locomotion routière, depuis les origines de l'attelage jusqu'aux débuts de l'aventure automobile.
Collections du Musée
La collection, présentée sur 3200 m² de zone muséale, offre des exemples particulièrement riches et variés à travers ses différentes sections :
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- L'attelage, avec 75 véhicules à 2 et 4 roues, caractéristiques des usages les plus divers (transport routier et urbain, sport, apparat...) aux XVIIIème et XIXème siècles, complétés par 52 traîneaux et véhicules portés.
- Le cycle, depuis ses origines jusqu'aux premières bicyclettes, au tournant du XXè siècle.
- L'automobile, enfin, avec 31 véhicules représentatifs de ses balbutiements dans les domaines de la vapeur, de l'électricité et du moteur à explosion.
Le musée conserve notamment la berline de Bonaparte pour son entrée à Bologne le 19 juin 1796, le coupé de voyage du général Maison, divers coupés et calèches Premier Empire et la berline du futur roi d’Espagne Ferdinand VII qui servit en 1808 à le ramener de Madrid à Bayonne puis de Bayonne à Valençay où Napoléon l’avait assigné à résidence.
Un coupé de poste du début du XIXe siècle aurait, selon la tradition, servi à Napoléon au retour de l’île d’Elbe entre Grenoble et Auxerre.
Le Second Empire est représenté avec la berline de l’ambassade ottomane à Paris, voiture construite par Binder et utilisée par l’ambassadeur pour le cortège du baptême impérial en 1856 ; par le coupé d’Orsay de la famille Fould toujours par Binder vers 1850 ; par la Berline de ville construite par Ehrler offerte par l’Impératrice Eugénie à Napoléon III en 1867 à l’occasion de l’Exposition universelle.
Différents chars à bancs rappellent les excursions dans le parc de Compiègne ou les accompagnements des chasses à courre pour ceux qui n’avaient pas le bouton de la vénerie impériale.
Parmi elles, une voiturette Renault de type A est l'ancêtre de nos petites citadines. A ses côtés, on aperçoit une Delahaye ayant appartenu à la duchesse d’Uzès, féministe engagée et première femme à avoir obtenu le permis de conduire en 1889.
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Les visiteurs se baladent entre un bus aux roues en bois qui faisait Madeleine-Bastille à Paris, et une chenillette Citroën qui faisait l’exploit à traverser le Sahara.
La "Jamais Contente" : L'Icône du Musée
En haut figure une photo de la célèbre “Jamais Contente”, première voiture à dépasser les 100 km/h et dotée d’une propulsion électrique.
En principe, tout amateur d’automobile et d’histoire connait la Jamais Contente et son pilote concepteur Camille Jenatzy.
A la fin des années 1890, l’automobile en est encore à ses balbutiements, et nul ne peut prédire avec certitude quel sera le futur de ce moyen de transport.
D’autant que 3 solutions de propulsion sont en concurrence, la vapeur, l’électricité et le moteur à essence, ce dernier n’étant pas alors le plus avancé, sans oublier la propulsion humaine avec le développement des bicyclettes.
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Qui dit concours dit stimulation, compétition et publicité, et Camille Jenatzy, brillant ingénieur belge se lance dans l’aventure, y voyant aussi un bon moyen de promouvoir la compagnie de taxis électriques qu’il vient de fonder à Paris.
Il choisit évidemment l’électricité pour mouvoir son engin, et se trouve rapidement en seule concurrence avec un autre ingénieur adepte de l’électricité, le français Charles Jeantaud.
Camille Jenatzy, qui est aussi pilote et participe déjà à des courses automobiles, comprend que pour gagner, il lui faut concevoir un engin dédié à un record de vitesse en ligne droite.
Il simplifie l’auto, et surtout lui construit une carrosserie en partinium (alliage d’aluminium) riveté en forme de torpille pour réduire la résistance à l’air.
Bon, le pilote n’est pas pris en compte dans cette étude, et installé dans la Jamais Contente, Jenatzy dépasse largement de la carrosserie.
Le record avec cette barre symbolique des 100 km/h, extraordinaire pour l’époque, connait un grand retentissement.
S’il assure une bonne publicité à Jenatzy et sa compagnie de taxis, c’est aussi une publicité remarquable pour les pneus Michelin.
Après la mort de Jenatzy, la Jamais Contente sera rachetée par la société Fulmen, dont les accumulateurs étaient utilisés dans la Jamais Contente.
Entreposée sans trop d’égards, la carrosserie en aluminium sera rongée par les vapeurs d’acide des batteries.
Au fil des années, plusieurs restaurations ont été effectuées, et lors de la dernière en 1958, les tôles d’aluminium trop détériorées sont entièrement remplacées par des tôles formées aux cotes initiales et fixées suivant la technique d’origine.
Le châssis et la structure sont d’origine, par contre les batteries et les moteurs ont disparu depuis longtemps.
D’abord parce que c’est un modèle unique construit essentiellement dans le but de battre un record de vitesse.
Ensuite parce que c’est le premier véhicule automobile à dépasser la barre symbolique des 100 km/h.
Enfin, parce qu’à une époque où les voitures ressemblent à des carrosses ou des calèches motorisées, la Jamais Contente amène une notion d’aérodynamique, même très primitive.
Par cette performance, son style unique et avant-gardiste, sa propulsion électrique, la Jamais Contente est l’une des premières icones de l’histoire de l’automobile.
Renouveau du Musée
Peu à peu, il sort du sommeil léthargique dans lequel il était plongé depuis des décennies.
Cette Belle au bois dormant, c’est le Musée national de la voiture. Un lieu exceptionnel au sein du Château de Compiègne.
Cette plaque arrive à point nommé.
«Ce label constitue un grand honneur mais s’avère très important, confirme le directeur du château.
En effet, le musée est installé dans le Château et cette plaque permet d’en accroître la visibilité depuis la voie publique.
«La localisation au sein du Château amènera un public populaire et familial qui va ensuite découvrir les collections consacrées au Second Empire, l’autre thématique importante de l’endroit, estime Rodolphe Rapetti.
Le directeur a bon espoir de voir les choses évoluer «dans le bon sens» au cours des prochains mois.
«Nous sommes en vérité beaucoup à l’espérer !
Rodolphe Rapetti fait allusion aux expositions passées du château, notamment sur le design automobile qui ont reçu plusieurs dizaines de milliers de visiteurs.
«Selon moi, on ne peut pas oublier les objets mobiles dans l’histoire de l’art.
«L’automobile constitue une histoire industrielle extraordinaire, en France en particulier, car c’est là qu’elle est née, rappelle Jean-Louis Blanc, président de la FFVE.
Le choix du musée de Compiègne s’est fait naturellement.
«Avec Rodolphe Rapetti nous avons un remarquable connaisseur de l’automobile ancienne», commente le président.
Habituellement de couleur bleu ciel, cette plaque s’est habillée d’un beige léger, pour s’intégrer à son environnement.
Elle comporte quelques informations sur le musée.
On y voit ce drôle de véhicule faire son entrée officielle devant la façade du Château.
La “Jamais Contente”, première automobile à franchir le cap des 100 kilomètres/heure, en 1899.
Mais l’inexorable passage du temps altère les conditions de conservation et de présentation de ce musée.
De bien modestes travaux ont eu lieu épisodiquement.
Mais une récente prise de conscience a le musée conduit à un début de renouveau.
Cela en vaut la peine.
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