Conduire après avoir pris certains médicaments comporte des risques. En France, la part des accidents attribuables aux médicaments se situe entre 3 et 4%. La prise de médicaments est l’une des principales causes d’accidents de la route, juste derrière l’alcool, la drogue et la vitesse.

Pourquoi les médicaments peuvent-ils être dangereux pour la conduite ?

Les médicaments peuvent affecter la capacité à conduire. Leurs effets gênent la conduite de tout type de véhicules, motorisés ou non, et peuvent même rendre cette pratique dangereuse. Ils affectent également la sécurité d'utilisation de certaines machines, aussi bien dans un cadre professionnel que privé (bricolage, loisirs…). Certains médicaments sont dangereux pour la conduite car ils peuvent entraîner une somnolence, mais ils peuvent aussi rendre l'usager moins attentif ou encore ralentir ses réflexes.

Depuis 1999, les médicaments qui peuvent avoir un effet sur l’aptitude à la conduite automobile sont signalés par un pictogramme représentant une automobile dans un triangle jaune, orange ou rouge. Ce dernier doit être obligatoirement imprimé sur le conditionnement extérieur du médicament.

Effets des médicaments sur la conduite

  • Fatigue
  • Envie de dormir, membres lourds, engourdis ou tremblants
  • Maux de tête
  • Envie de vomir, difficultés à estimer les distances, à voir la route ou les autres voitures
  • Difficultés de concentration
  • Euphorie, énervement ou agressivité

Les pictogrammes et leur signification

Les boîtes des médicaments présentant un risque pour la conduite sont composées d'un pictogramme spécifique. Pour aider le patient à maintenir un bon niveau de vigilance sur ses médicaments, les boîtes d’emballage comportent un pictogramme (triangle de couleur contenant une auto) indiquant la dangerosité du produit en cas de conduite.

Lorsqu’un des pictogrammes figure sur une boîte de médicaments, voici les indications qui sont données afin d’aiguiller les conducteurs sur les risques :

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  • Niveau 1 : « Soyez prudent », qui indique que les usagers ne doivent pas prendre la route sans avoir lu la notice. Les médicaments dits de niveau 1 sont signalés par un pictogramme sur fond jaune, la mention "Niveau 1" et le conseil "Soyez prudent. Ne pas conduire sans avoir lu la notice". Ils ne sont généralement pas contre-indiqués pour la conduite car le risque est faible et dépend surtout de la façon dont la personne tolère plus ou moins bien le médicament.
  • Niveau 2 : « Soyez très prudent », qui indique que les usagers ne doivent pas prendre la route sans avoir consulté auparavant un professionnel de santé. Les médicaments de niveau 2 sont signalés par un pictogramme sur fond orange, la mention "Niveau 2" et le conseil "Soyez très prudent. Ne pas conduire sans l'avis d'un professionnel de santé". Ils ont des effets pharmacodynamiques dangereux prédominants pour la conduite par rapport à la susceptibilité individuelle. Ils nécessitent l'avis d'un médecin. Sont concernés les antidépresseurs, les antidouleurs (notamment la codéine), les tranquillisants, les médicaments contre le diabète, l'épilepsie ou la maladie de Parkinson.
  • Niveau 3 : « Attention danger, ne pas conduire », qui indique que les usagers doivent impérativement demander l'avis d'un médecin avant de pouvoir reprendre le volant. Les médicaments dits de niveau 3 sont signalés par un pictogramme sur fond rouge, la mention "Niveau 3" et le conseil "Attention, danger : ne pas conduire. Pour la reprise de la conduite, demandez l'avis d'un médecin". Ils présentent le risque le plus élevé car leurs effets pharmacodynamiques rendent la conduite dangereuse. Dans ce groupe on trouve les somnifères, les tranquillisants, les neuroleptiques. Ils peuvent entraîner une incapacité temporaire qui rend la conduite impossible. Informez-vous du délai à respecter avant de reprendre le volant. Environ 5 % des médicaments sont classés en risque de niveau 3.

Comment s'informer sur les effets des médicaments ?

Prévenir les risques liés à la prise de médicaments consiste notamment à bien s’informer sur les effets du remède. Il existe plusieurs sources de renseignements sur la dangerosité d’un médicament au volant.

La notice d'un médicament

Sur chaque notice qui se trouve dans la boîte d’un médicament, la rubrique «Conducteurs et utilisateurs de machines», et plus particulièrement les paragraphes «Mises en garde et précautions d’emploi» et «Effets indésirables», concernent directement les usagers de la route. À l’intérieur de chaque emballage se trouve une notice présentant toutes les caractéristiques du produit actif, notamment les risques et recommandations liés à la conduite. Il y a toujours des paragraphes dédiés, intitulés « Effets indésirables » et « Mises en garde et précautions d’emploi ». Ces informations vous permettront de connaître les risques au volant, notamment lorsque les médicaments augmentent le temps de réaction.

Conseils supplémentaires

  • Consultez votre médecin ou pharmacien : Ils peuvent rechercher le médicament qui altère le moins possible vos capacités à conduire et vérifier d'éventuelles interactions avec d'autres médicaments que vous prenez. Généralement, les pharmaciens sont également en mesure de fournir les informations relatives aux dangers en cas de prise avant la conduite lors du retrait des médicaments en pharmacie. Pensez également à demander conseil à votre médecin. Ainsi, si vous devez continuer à conduire, il peut (peut-être) adapter ou changer votre traitement.
  • Respectez les heures et conditions de prise : Afin de limiter les risques pour la conduite, respectez les heures et conditions de prise de votre ou vos médicaments.
  • Évitez l'alcool et les drogues : La prise d'alcool ou de stupéfiants (notamment le cannabis) multiplie les risques d'accident. Dans tous les cas, une consommation, même modérée, d’alcool ou de drogue présente un danger important pour la conduite.

Responsabilité en cas d'accident sous médicaments

Tout accident grave donne lieu à une enquête incluant notamment une analyse de sang. Si elle détermine que vous conduisiez en ayant pris un médicament incompatible avec la conduite, votre responsabilité est engagée. Prendre des médicaments et le volant représente un risque d’accident avéré et souvent bien trop sous-estimé.

Il est à noter qu'à titre de règle générale, le code de la route prévoit que "Tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent" et sanctionne d'une contravention de deuxième classe, le fait de contrevenir à cette règle (art R. 412-6-1). Par ailleurs, en cas d'accident corporel, la prise de certains médicaments pourrait, en fonction des circonstances, caractériser "la maladresse, l'imprudence, l'inattention, la négligence ou le manquement à une obligation législative ou réglementaire de prudence ou de sécurité" permettant l'application des articles du code pénal sanctionnant l'homicide et les blessures involontaires commis à l'occasion de la conduite d'un véhicule de peines d'emprisonnement allant de deux à cinq ans (art.

La plus grande prudence reste de mise.

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