Après cinq années passées à la tête de l'écurie Renault, Cyril Abiteboul quitte le constructeur français. Le groupe Renault a annoncé ce lundi le départ de Cyril Abiteboul, directeur de l'écurie de F1 depuis cinq ans. Alors que celle-ci disputera la prochaine saison sous le nom d'Alpine, le constructeur français a également nommé Laurent Rossi directeur général de la marque Alpine.

C'est une véritable bombe que le Groupe Renault vient de lâcher, ce lundi 11 janvier. Alors qu'il était pressenti pour prendre la tête d'Alpine, Cyril Abiteboul quitte la firme au Losange. L'information a été officialisée à l'instant par l'intermédiaire d'un communiqué de presse.

Le jeu des chaises musicales se poursuit à la tête de l’activité sportive et haut-de-gamme du groupe Renault. Après le départ de Jérôme Stoll, c’est une autre figure de l’engagement du Losange en Formule 1 qui quitte la firme, le très connu Cyril Abiteboul. Cyril Abiteboul était annoncé par la presse spécialisée pour reprendre la tête d’Alpine, mais c’est un tout autre scénario qui nous est proposé, et personne ne l’a vu venir...

Renault avait besoin de changement au sommet alors que l'équipe de F1 passait à sa nouvelle identité Alpine pour 2021. Telle est l'explication du PDG de Renault, Luca de Meo, qui a répondu aux rumeurs selon lesquelles Cyril Abiteboul aurait été évincé de son poste de chef d'équipe en raison des mauvaises performances de l'équipe. "Cette question est un peu compliquée", a-t-il déclaré. "Avec cette nouvelle histoire pour nous, cela aurait été difficile de continuer sans rien changer", a-t-il ajouté, faisant référence à l'ancienne structure de direction sous Abiteboul.

Le PDG du Groupe Renault, Luca de Meo (à gauche sur la photo), a été interrogé sur les raisons du départ de Cyril Abiteboul (à droite) à la tête de Renault F1 Team, devenue Alpine F1. "Cette question est un peu compliquée" admet de Meo. "Avec cette nouvelle histoire pour nous, cela aurait été difficile. S’ils avaient besoin de soutien [de Renault], ils l’avaient, mais leur zone de confort était de rester en dehors.""Maintenant, Alpine est intégrée à la stratégie globale du Groupe Renault.

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Alors que Renault F1 se rebaptisait Alpine en vue de la saison 2021, on pensait que l’arrivée de Fernando Alonso au sein de la nouvelle identité serait le seul gros changement. C’était sans compter sur une grande surprise qui a vu Cyril Abiteboul prendre la porte, après une saison 2020 de Formule 1 pourtant intéressante. Sans réelles réponses ni explications depuis son départ il y a trois mois, Luca de Meo, le nouveau DG du Groupe Renault (nommé suite à l'arrestation de Ghosn suivi de sa spectaculaire évasion) a pris la parole pour apporter les raisons de ce changement dans la nouvelle écurie Alpine F1.

Un Homme qui ne Collait Pas au Plan Renaulution

En annonçant, le 14 janvier dernier dans son plan Renaulution, la volonté de rendre la marque Alpine plus visible, Luca de Meo apportait une réponse sur le pourquoi avoir changé le nom de l’écurie Renault F1 par celui de la marque dieppoise. Alpine devenait alors un pilier et l’ « Avant-Garde » du Groupe. Bien évidemment connu pour ses exploits dans le monde du sport auto, le choix d’utiliser Alpine comme porte-drapeau en Formule 1 prenait tout son sens.

On pensait alors que Cyril Abiteboul allait continuer à manager l’écurie après une très belle saison 2020 qui montrait des signes d’améliorations. Ce ne sera pas le cas puisque l’homme de 43 ans a pris la porte début janvier. Lui et son confrère Jérome Stoll, président de Renault Sport Racing, ont donc été remplacés par Davide Brivio et Laurent Rossi (dont on apprendra début 2022 les problèmes relationnels avec Alain Prost).

Dernièrement, Luca de Meo, PDG de l’Alliance, en poste depuis l’été dernier après avoir pris la place de Carlos Ghosn (récemment interviewé depuis son lieu de résidence au Liban), explique ces choix : « Nous démarrons une nouvelle aventure et pour l’ancien management il aurait été difficile de mener le team dans cette nouvelle direction. S’ils avaient besoin du soutien du groupe, alors ils le demandaient, mais la plupart du temps leur zone de confort consistait à rester dans leur coin en entretenant un sentiment d’autonomie. »

Mais le nouvel homme fort du Groupe va plus loin et ne cache pas une certaine insatisfaction du travail réalisé pendant 4 ans par Cyril Abiteboul et son équipe : « Cela ne cadre pas avec notre vision de la « Renaulution » qui repose sur une intégration plus harmonieuse. Cette structure de management a accompagné le team de F1 depuis 2016 en ramenant quelques podiums au bout de cinq saisons. C’est un bon début, mais il faut aller de l’avant et un nouveau chapitre s’ouvre maintenant. »

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De Meo assure que la qualité du travail de Cyril Abiteboul n’est pas remise en question : "Il a débuté en 2016 et nous a dit au revoir avec quelques podiums. Mais nous devons regarder vers l’avenir.

"Je remercie le Groupe Renault de m’avoir fait confiance pendant ces nombreuses années, en particulier pour la relance et la reconstruction de l’écurie depuis 2016", explique Cyril Abiteboul. "Je tiens à remercier chaleureusement Cyril pour son implication sans relâche qui a notamment mené l’équipe Renault F1 Team de l’avant dernière place en 2016 jusqu’aux podiums la saison dernière", précise de son côté Luca de Meo.

Le visage de Renault en Formule 1, et donc d’Alpine, sera celui de Laurent Rossi. Un ancien de la maison qui a débuté sa carrière en 2000 avant de rejoindre Boston Consulting Group puis Google. Il revient à Boulogne-Billancourt en 2018 où il travaille en qualité de Directeur Stratégie & Business Développement. Le sport automobile sera très certainement confié à Marcin Budkowski et Davide Brivio dans des rôles qui seront précisés.

Pour le remplacer à la tête de l'équipe, c'est Davide Brivio qui a été nommé. Un choix surprenant compte tenu du fait que l'Italien n'a aucune expérience en Formule 1 malgré son travail impressionnant à la tête de Suzuki en MotoGP. "L’Italie est un berceau d’excellence, en ingénieurs, mécaniciens, professionnels qui ont la Formule 1 dans leur ADN. C’est pourquoi j’ai choisi un Italien, Davide Brivio, comme directeur de course, à la tête de notre équipe. Tout le monde sait qu’il est le champion du monde sortant de MotoGP, sur deux roues. Mais peu importe qu’il y ait quatre roues de ce côté. C’est un excellent professionnel, il connaît la saveur d’une piste, l’importance d’avoir une équipe soudée, confier à chacun un rôle spécifique, il sait organiser le travail. Nous devons faire mieux que la saison dernière, c’est-à-dire décrocher plus de podiums . Le vrai défi viendra pour nous en 2022 avec le changement de règlement. Alpine pour nous, c’est le sport, la compétition, l’application de l’excellence technologique de Renault. Sur la route, nous voulons en faire une marque à zéro émission, mais toujours sportive. J’aime chercher l’âme d’une marque dans les racines de son histoire pour la projeter dans le futur.

L'équipe Alpine F1 Team s'articule sur un triumvirat de têtes pensantes avec Davide Brivio, directeur d'équipe, qui arrive de la MotoGP et Suzuki (les tenants du titre), de Marcin Budkowski, le directeur exécutif de l'équipe et Alain Prost le directeur non-exécutif.

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Bilan et Perspectives

Cependant le bilan de Cyril Abiteboul comporte aussi bien des points positifs. Sur le plan du marché des transferts, il a été particulièrement proactif, passant d’un line-up Magnussen/Palmer à Hülkenberg/Palmer, puis Hülkenberg/Sainz. La prise de Daniel Ricciardo à Red Bull a constitué un gros coup. Le remplacement de Nico Hülkenberg par Esteban Ocon est également assez prometteur pour l’avenir. Et le retour de Fernando Alonso est une grosse pioche sportive et marketing. Les progrès de Renault depuis 2016 ont été clairs et nets : de poussive 8e en 2016, l’équipe joue maintenant régulièrement les (gros) points. Rien n’était acquis car Cyril Abiteboul, en reprenant Lotus, avait trouvé une usine d’Enstone en lambeaux et totalement obsolète.

Abiteboul s'en va après que Renault a pris la cinquième place du dernier Championnat des constructeurs grâce, notamment, aux trois podiums de Daniel Ricciardo (3e aux GP d'Eifel et d'Émilie-Romagne) et Esteban Ocon (2e au GP de Sakhir).

Si l’ex manager de Renault F1 n’a pas satisfait Luca de Meo, il n’était également pas très apprécié du monde de la F1, comme certains journalistes et experts ont pu l’expliquer. Du côté du paddock de F1, on ne ressent pas vraiment de tristesse après le départ de Cyril Abiteboul, au contraire même. Certains journalistes le qualifiait de personnage « fourbe, arrogant et hypocrite ». Évidemment, les querelles avec Red Bull au sujet du moteur Renault et du choix de Daniel Ricciardo de rejoindre l’écurie française ne permettent pas vraiment de contredire ces dires.

C’est le cas d’un expert de la F1, jack Plooij qui, ironiquement, avait commenté que « c’était triste qu’il (Cyril Abiteboul) ne soit plus là », avant de rajouter : « Si vous le comparez à d’autres team principaux, il était vraiment très arrogant. Abiteboul se croyait vraiment bon alors que ce n’était pas nécessairement le cas. En revanche, j’attends beaucoup de son successeur, Davide Brivio. C’est vraiment un bon gars et un grand nom des sports mécaniques. »

Toutefois, d’après certaines rumeurs, Cyril Abiteboul pourrait rebondir plus rapidement que prévu en Formule 1 puisque des bruits de couloirs l’annonce comme le nouveau manager de l’écurie Alfa Romeo dans le futur. Ce n’est pas tout, il pourrait aussi débarquer en Formula E avec le Groupe Stellantis.

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