Le scorpion Abarth a soufflé 70 bougies en 2019. Pour cette occasion, retour sur l'héritière de l'une des productions les plus emblématiques du préparateur italien. Ressuscité en 2007 avec des préparations sur base de Fiat 500 dans un premier temps, Abarth fête cette année ses 70 ans.

La 124 GT, en plus de l'hommage historique, est le sommet de gamme de la famille 124. Avec ses faux airs de coupé, cette déclinaison dénommée Abarth 124 GT se rapproche de la version Rally dans une livrée bien-sûr plus « civilisée ».

Design et caractéristiques

Basé sur la Fiat 124 Spider, le profil de cette Abarth 124 GT ne laisse que très peu de doute quant au caractère sportif et exclusif de l’engin. D’ailleurs, si certains y trouvent une allure semblable à celle du Fiat 124 Sport Spider des années 60/70, c’est tout à fait normal. En effet, la marque italienne a souhaité remettre ce spider au goût du jour en s’associant, pour ce faire, avec Mazda.

Mais qui dit même châssis, ne veut pas dire forcément même look. Et c’est tant mieux d’ailleurs, car nous avons affaire à deux dessins totalement différents : là où la Mazda MX-5 apparaît compacte, l’italienne se veut plus élancée. De quoi satisfaire, en tout cas sur le papier, des clients différents. L'union insolite entre Mazda et FCA a permis aux italiens de renouer avec leur glorieux passé.

Ces rappels effectués quant aux origines italo-nippones de la Fiat/Abarth 124, nous pouvons à présent évoquer les différences qui existent entre la version spider et son homologue GT que nous avons eu l’opportunité d’essayer. La plus notable réside bien évidemment dans l’adoption d’un hard-top. Celui-ci ajoute même une particularité : il s’agit du seul toit du marché entièrement fabriqué en fibre de carbone.

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Bien que composé de carbone avec son système de dégivrage intégré, ce toit alourdit de 16 kg le poids de l’Abarth 124 Spider (au demeurant contenu : 1050 kg). Outre le fait que cette pièce est de toute beauté et s'intègre superbement à la ligne du Spider, c'est surtout une caractéristique qui lui permet de n'afficher que 16 kg sur la balance malgré une doublure isolante intérieure et une lunette arrière dégivrante.

Autre différence niveau look, la présence de jantes OZ Ultraleggera en 17 pouces qui permettent de gagner trois kilogrammes sur la balance. Pour compenser le (sur)poids du hard-top, la 124 GT reçoit d'ailleurs des jantes OZ de 17 pouces allégées de 3 kilos pièce. Sur le plan du poids l'opération est donc quasiment neutre et même mieux car, si vous avez tout suivi, vous avez aussi compris qu'une 124 GT sans son hard-top pèse donc 12 kg de moins que le Spider.

Enfin, dernier détail qui n’aura pas échappé aux aficionados de la marque : la ligne d’échappement à quatre sorties Record Monza. Au-delà du look, c’est surtout la sonorité qui s’en retrouve décuplée mais ça, nous le verrons plus tard !

Assez exclusive, elle est livrée avec un hard-top en fibre de carbone, avec le tissage apparent, bien vernis. Avec le hard-top brut carbone vernis (équipé d’un système de dégivrage), ce sont donc bien 3 couleurs qu’on retrouve présentes sur cette belle 124 GT. Pas mal, et tellement rétro… <3 Mais ce choix en impose un autre : la perte du capot et du coffre peint en noir.

Intérieur et confort

A l’intérieur, même combat : les différences entre une Abarth 124 Spider et une 124 GT sont très discrètes. Lorsque l’on ouvre les portes, on retrouve ainsi la même planche de bord que sur la version 124 Spider. A l’image des compteurs mi-analogique mi-numérique très sobres, l’intérieur de l’Abarth 124 GT ne laisse aucune place au superflus.

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L’écran central concentre le système GPS, la radio ou encore les différents réglages de conduite de l’Abarth 124 GT, tandis que l’ensemble est piloté par un joystick et quelques boutons sur la console centrale. Certes née sous identité japonaise car issue de la Mazda MX-5, la 124 GT revêt ici un costume trois pièces italiens, draperie de laine Super100 produite au Prato, tailleur turinois.

Côté habitabilité, même pour les gabarits de plus d’1,90 m force est de reconnaître que l’on se sent bien à bord. Malgré un réglage de siège manuel perfectible, le conducteur trouvera facilement une position adéquate pour profiter pleinement du voyage. Niveau qualité, certains éléments sont durs (comme ceux de la partie basse). Malgré tout, l’alignement et l’aspect se révèlent satisfaisants.

L'habitacle du coupé reste aussi en tout point identique à celui du Spider. N'attendez pas trop d'exclusivité dans cet ensemble d'origine Mazda, à moins d'opter pour le Pack Racing Alcantara (1700 €) qui ajoute quelques touches d'Alcantara sur l'accoudoir, le frein à main, le soufflet de levier de vitesses et une partie de la planche de bord. Malgré ces efforts pour conférer à l'ensemble une finition plus "premium", la base reste globalement très plastique.

Pour le reste, on apprécie de la même manière que dans le 124 Spider ou la MX-5 une position de conduite basse et une ergonomie centrée sur le pilote.

Moteur et performances

Pourquoi changer de recette lorsque celle-ci marche ? Avec son bloc 1.4 MultiAir de 170 chevaux disponibles à 5 550 tr/min et ses 250 Nm de couple dès 2 500 tr/min, les performances de cette Abarth 124 GT sont identiques à celles de la version Spider (en dépit d’un poids supérieur de 13 kg). Le 0 à 100 km/h est abattu en 6,8 secondes tandis que la vitesse de pointe s’établit à 232 km/h.

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Sous le capot de cette belle nippo-italienne, on retrouve le quatre-cylindres turbo 1,4L MultiAir, déjà vu sur la Spider. Il n’y a pas d’évolution spécifique à prévoir pour cette GT mais avec 170ch et 250Nm de couple, cela suffit amplement. Question boîte, deux choix : la boîte manuelle à six rapports ou une transmission automatique & séquentielle. La première a été testée ici.

Le groupe moteur ainsi délivre la puissance aux roues arrières, bien entendu. Au niveau du châssis, c’est toujours Bilstein qui équipe notre modèle essayé, comme la Spider, avec cette fois des réglages différents. Cette ensemble moteur/boîte/châssis emmène notre belle à 232km/h en vitesse de pointe, pour un 100km/h abattu en 6,8 secondes. Selon les données du constructeur.

OH. C’est ce qu’on se dit une fois qu’on a la belle en main. Car j’avouerais que les premiers kilomètres ne sont pas évidents. Une fois encore, cette 124 exige des choses, des compromis, des sacrifices. Elle demande qu’on prenne son temps avec elle.

En profitant du surpoids négligeable de son hard-top, celles-ci sont identiques à la version Spider. Avec un 0 à 100 km/h établi en 6,8 secondes, l'Abarth résiste également à la Mazda 2.0 RF 184 ch.

Expérience de conduite

Après la théorie, passons maintenant à la pratique. Dès le démarrage (en ayant gardé la clé dans la poche - merci le système mains libres), le rugissement du moteur se fait bien entendre. Cette sonorité provient de la ligne d’échappement Record Monza qui procure une irrésistible envie de jouer avec la pédale d’accélérateur. Avec le mode Sport enclenché, celle-ci se montre encore plus expressive.

Ce mode permet par ailleurs de profiter d’une pédale d’accélérateur plus ferme, et de 20 Nm de couple supplémentaires. Néanmoins, sur ce dernier point, nous n’avons pas vu de réelles différences entre le mode Normal et le mode Sport. D’ailleurs, on constate un essoufflement entre 2 000 et 3 500 tr/min, semblable à ce que l’on pourrait ressentir avec un moteur atmosphérique… Alors que le bloc de cette Abarth 124 GT est suralimenté ! Et le mode Sport n’y change rien.

Fort heureusement, la boîte de vitesses à 6 rapports compense cette impression, et s’avère très gratifiante pour son conducteur. Très facile à manier avec son petit levier court et un étagement irréprochable, elle se révèle être l’amie idéale face aux creux de la mécanique. Pour ne rien gâcher, le pédalier, ferme mais efficace, permet d’effectuer un double débrayage comme un véritable pilote !

Là où certains roadsters se montrent souvent inconfortables sur de longs parcours, l’Abarth 124 GT reste appréciable. Quatre voies, routes nationales ou encore cols de montagne : notre trajet mêlait différents types de routes et jamais « notre » Abarth 124 GT n’a été prise en défaut, malgré la présence d’amortisseurs Bilstein plutôt typés sport.

A vrai dire, l’Abarth 124 GT profite d’un châssis taillé pour la route et bien dimensionné, ce qui lui sert grandement. On en vient naturellement à rêver d’un moteur plus puissant, pour rendre cette Abarth encore plus affûtée.

On enroule facilement les virages, notamment grâce au différentiel à glissement limité et à la direction très précise de l’engin. Propulsion oblige, le comportement est ludique (c’est même un euphémisme !), et il est ainsi facile de « jouer » avec le train arrière, qui déboite à l’envie, mais de façon toujours progressive. On sent ici la répartition des masses aux petits oignons (50/50) !

Résolument sportive mais sans se montrer aussi caricaturale qu'une Abarth 595, la 124 GT propose donc un comportement homogène et finalement assez cohérent avec sa désignation "GT". Même si sa vocation n'est pas celle d'une véritable Grand Tourisme, son usage ne se limitera pas aux petites routes sinueuses et elle sait aussi se montrer confortable sur long trajet. Il n'y a que le manque de caractère moteur qui vient ternir le tableau.

Consommation

Côté consommation, on aurait pu s’attendre à des chiffres stratosphériques, mais il n’en est rien ! Malgré ses 170 chevaux, le petit 1,4 MultiAir ne demande que 6,8 l aux 100 km (consommation calculée sur notre parcours de 1 200 km). Une donnée raisonnable pour un tel véhicule et nous pouvons, pour le coup, dire merci au downsizing.

Prix et concurrence

Abordons maintenant l’aspect financier, qui est souvent le sujet qui fâche ! Pour rappel, à sa sortie, la Fiat (pas Abarth) 124 Spider s’affichait aux alentours des 40 000 €. Depuis, le constructeur transalpin a changé sa donne. En effet, l’entrée de gamme de la Fiat 124 Spider s’établit maintenant à 34 500 €, soit le même prix que la version 160 chevaux de la MX-5.

Si le tarif paraît corsé, il convient de le mettre en corrélation avec les prestations de la voiture. Comptez effectivement 40 900 euros au minimum, soit à quelques centaines d’euros près le prix de l’Abarth 124 Spider à ses débuts. Juste en-dessous, la 124 Spider Turismo propose tous les équipements de la GT (écran tactile 7 pouces, système audio Bose, échappement Record Monza, sièges en cuir…), à l’exception du toit amovible en carbone et des jantes OZ, pour 37 500 euros.

L’Abarth 124 Spider “tout-court” se concentre quant à elle sur l’essentiel (pas d’écran tactile, climatisation manuelle, sièges en microfibre/cuir), mais conserve néanmoins le différentiel à glissement limité, afin de tirer le prix d’appel à 34 500 euros. De quoi sérieusement compenser l’écart de prix avec la MX-5 2.0 160 ch, proposée à partir de 32 200 euros mais pénalisée de presque 3 000 euros !

Les avantages et inconvénients des hard-tops sont connus depuis longtemps. Si la manipulation est ici relativement facilitée par le faible poids, elle nécessite d'être deux et d'utiliser un outillage dédié. Enfin, l'encombrement du toit reste conséquent. Autrement dit, avoir un garage s'imposera pour profiter des deux configurations... y compris lors de voyages à deux.

Le surcoût du GT se monte à 3400 € par rapport à une 124 Spider Turismo comparablement équipée. Hissant le tarif au-dessus de la barre des 40 000 € quand le Spider propose un prix d'appel à 34 500 € grâce à une dotation simplifiée, la version GT devrait rester la plus confidentielle au niveau des ventes.

Commençons par dire un mot sur les concurrentes, bien rares, de cette Abarth 124 GT. Déjà évoquée, la Mazda MX-5 RF s'oppose frontalement à l'italienne avec son toit rigide escamotable beaucoup plus pratique. Cependant, la Mazda reste un "targa" quand l'Abarth s'autorise une possible conversion en authentique roadster. Une versatilité que Mazda ne propose pas sur son roadster et qui permet à la 124 GT de jouir d'une position unique.

Sur le principe, on pourrait aussi lui opposer le Mercedes SLC, dernier représentant du genre des coupés-cabriolets depuis que BMW est retourné à la capote en toile. On se retrouve alors face à un SLC 200 affiché 42 100 € pour 184 ch et des prestations nettement moins sportives. Voilà de quoi relativiser le tarif élevé de l'italienne...

Voici un tableau comparatif des prix et des caractéristiques principales :

Modèle Prix (environ) Puissance Toit
Abarth 124 GT 40 900 € 170 ch Hard-top amovible en carbone
Abarth 124 Spider 34 500 € 170 ch Capote en toile
Mazda MX-5 RF 32 200 € 160 ch Toit rigide escamotable

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