La Fiat 124 Spider, lancée en 1966, a marqué un tournant dans l'histoire de l'automobile. Conçue par le constructeur italien Fiat, cette berline compacte a été une véritable révolution grâce à son design moderne et sa fiabilité.

Genèse du Projet Spider 124

Vers 1963, alors que l’équipe de Dante Giacosa travaille sur le projet de la future berline 124, qui est destinée à succéder aux Fiat 1300 et 1500, débute l’étude d’une version spider construite sur cette nouvelle base. Étant le partenaire privilégié du constructeur, et ayant déjà dessiné les lignes des précédents Spiders 1200 et 1500, le carrossier turinois Pininfarina se voit sollicité pour concevoir le dessin du futur Spider 124.

Renzo Carli, le directeur du bureau de style du carrossier, confie le projet à Tom Tjaarda. Ce jeune designer, d’origine américaine, reprend comme source d’inspiration les lignes du spectaculaire dream car Chevrolet Corvair Rondine. Si, vu sous certains angles, la source d’inspiration qui a donné naissance au futur Spider 124 est manifeste, sa transposition sur le châssis du spider va nécessiter un gros travail d’adaptation, les proportions du châssis périmétrique de la grosse Chevrolet n’ayant rien à voir avec celles de la plateforme de la Fiat 124, bien plus compacte. La structure monocoque de l’Italienne imposant une ceinture de caisse beaucoup plus basse.

Si le dessin de la partie arrière est pratiquement identique à celui de la Rondine, celui du capot-moteur devra être remanié à plusieurs reprises afin de ne pas briser l’équilibre subtil de son profil. Les optiques semi-escamotables du cream-car Chevrolet sont abandonnées, cédant leur place à de simples phares rectangulaires. La version définitive arborera finalement des phares circulaires, disposés légèrement en retrait de la calandre.

Présentation et Caractéristiques Techniques

Tom Tjaarda quittant Pininfarina en novembre 1965, il n’aura pas le temps d’achever son œuvre. Le prototype du Spider effectuant ses premiers tours de roue quelques mois plus tard. Dans l’intervalle, la berline 124, à laquelle le Spider emprunte sa plateforme (raccourcie) ainsi que la grande majorité de ses composants mécaniques, est dévoilée au salon de Genève en mars 1966. Au même salon est également dévoilé le spider Alfa Romeo Duetto, qui risque de s’avérer un redoutable concurrent.La riposte de Fiat ne se fera pas attendre très longtemps, car le Spider 124 est présenté au public quelques mois plus tard, à l’automne, au Salon de Turin.

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Si, avec son Spider, Fiat chasse désormais ouvertement sur les terres d’Alfa Romeo et de Lancia, malgré une concurrence assez féroce et déjà bien installée, la 124 peut néanmoins mettre en avant ses tarifs plus raisonnables que ceux de ses prestigieuses rivales. Une grande partie de ses composants étant empruntés à la berline, cela limite les coûts de production.

Parmi les éléments empruntés à cette dernière figurent notamment les trains roulants. La suspension avant reste fidèle à de classiques leviers triangulés associés à des ressorts hélicoïdaux. Le pont arrière, quant à lui, est guidé par des ressorts du même type et bénéficie d’un tube de poussée et de deux tirants longitudinaux. S’il dispose d’un système de freinage efficace, avec ses quatre freins à disque, la direction, elle, doit se contenter d’un boîtier à vis et galet.

Le moteur, conçu par Aurelio Lampredi, est le quatre cylindres à double arbre à cames emprunté à la 124 Sport. Sur la version sport, grâce à une augmentation de l’alésage, il voit sa cylindré portée à 1 438 cc et l’arbre à cames latéral est remplacé par une culasse poly-sphérique à double arbres à cames en tête. La Fiat 124 Sport revendique ainsi une puissance de 90 chevaux. Elle profite également d’une boîte de vitesses à cinq rapports, un avantage certain face au Spider d’Alfa Romeo.

Évolutions et Motorisations

Il faut attendre l’automne 1969 pour que le moteur de 1 608 cc soit installé sous le capot du Spider 124. Alimenté par deux carburateurs Weber, il délivre 110 chevaux. Cette nouvelle version du Spider se reconnaît à sa nouvelle grille de calandre façon « nid d’abeilles » et de ses deux bossages sur le capot.

Un rendement très flatteur sur le papier, mais qui, sur la route, décevra quelque peu les amateurs de conduite sportive à cause de son manque de brio et sa sonorité assez fade. A cette époque, les ventes commencent d’ailleurs à se tasser et l’arrivée de l’originale X 1/9, conçue en collaboration avec Bertone, n’arrange pas la situation.

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Succès aux États-Unis et Adaptations

Si les ventes du Spider ont baissées, le modèle reste cependant suffisamment populaire auprès du public pour que Fiat décide d’en poursuivre la fabrication. Son succès reste grand en effet sur le marché américain. En 1974, plus de 32 000 exemplaires du Spider 124 ont ainsi été écoulés par le réseau américain. Le modèle cesse, à ce moment-là, d’être vendu en Europe, sa production étant à présent réservée à l’exportation.

Malgré ses scores de vente aux États-Unis, le Spider Fiat fait grise mine, car les systèmes antipollution, imposés par la législation américaine, qui équipent désormais ses moteurs brident ses performances. La version 2000, qui le remplace en juillet 1978 est, elle, est à peine moins anémique, puisque sa puissance atteint à peine les 86 chevaux.

L’adoption d’une injection électronique Bosch, en mai 1980, permet au Spider de voir sa puissance remonter à 102 ch, et même à 120 chevaux sur la (rare) version Turbo (diffusée à moins de 700 exemplaires entre 1981 et 1983).

La Période Pininfarina et le Retour en Europe

A partir de 1982, le Spider est intégralement assemblée chez Pininfarina. C’est à ce moment-là qu’il revient sur le marché européen, désormais vendu non plus sous la marque Fiat mais sous le label Pininfarina et portant la dénomination Spider Europa. Sous son capot, on retrouve le double arbre de 1 995 cc qui, bénéficiant de normes européennes moins strictes qu’aux USA, affiche une puissance de 105 chevaux. Les acheteurs intéressés se voient aussi proposés une version plus sportive, dont le compresseur Volumex permet d’obtenir 135 chevaux. Ce qui lui permettra de terminer sa carrière en beauté.

C’est maintenant le chant du cygne pour le vénérable Spider qui quittera la scène, dans la plus grande discrétion, en 1985. En dix-neuf ans d’existence, il aura été produit à plus de 198 000 exemplaires.

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La 124 Spider en Compétition

Le Spider Fiat tentera aussi en compétition. Le département course de l’usine Fiat de Turin étudiera ainsi, en 1970, une version 1600 Corsa spécialement conçu pour cet usage. Allégée et surélevée par rapport au modèle de série, elle bénéficiera également d’ une mécanique retravaillée dont la puissance atteint 155 chevaux. Lorsqu’en 1971, le préparateur Abarth passe sous le contrôle de Fiat, le constructeur turinois, profitant du savoir-faire reconnu de la célèbre officine, charge alors celle-ci d’élaborer une version encore plus radicale du Spider Corsa.

Produite entre 1973 et 1975, l’Abarth 124 Rally se reconnaît, au premier coup, par sa ligne beaucoup plus agressive que celle d’un « simple » Spider de série, avec ses élargisseurs d’ ailes, ses jantes en alliage léger, son capot en fibre de verre peint de couleur noir mat, ses sièges-baquets, son arceau de sécurité ainsi que le hard-top qui viennent remplacer la capote afin d’ offrir la meilleure rigidité possible à la voiture.

Sur le plan technique, le Spider Abarth dispose aussi d’une suspension arrière indépendante (conçue spécifiquement pour ce modèle). Bénéficiant de soupapes de plus grande dimensions et d’une alimentation par deux carburateurs Weber, le moteur qui l’ équipe peut développer plus de 170 chevaux dans sa configuration la plus puissante.

Malgré le talent des pilotes qui auront son volant entre leurs mains, comme Markku Alen ou Björn Waldegaard et quelques belles victoires comme au Rallye du Portugal ou une seconde place au Championnat du Monde des Rallyes décrochée par Fiat en 1973, la 124 Abarth ne parviendra cependant pas à surclasser ou même à égaler des pointures de la catégorie comme les berlinettes Alpine ou la Lancia Fulvia HF. De plus, le Spider 124 sera très vite surclassé la Lancia Stratos, qui ne tardera pas à faire la preuve de son efficacité dans les plus grandes épreuves de la compétition automobile.

La Renaissance Moderne et la Collaboration avec Abarth

En 2015, Fiat a ressuscité la légendaire 124 Spider en collaboration avec Mazda. Basée sur la structure de la Mazda MX-5, cette nouvelle version a su combiner le meilleur des deux mondes : l’expertise technique de Mazda en matière de roadsters et le style distinctif de Fiat.

Le schéma se reproduit une fois encore avec l'Abarth 124 Spider dévoilée au Salon de Genève. Comme avec les déclinaisons vitaminées de la petite 500, cette Abarth au regard courroucé et au long capot noir mat rebutera les amateurs de discrétion. C'est une allure sportive et rétro qu'il faut assumer.

Sous le capot, on trouve le 4-cylindres essence 1.4 MultiAir double turbo de la Fiat 124 Spider, cette fois poussé de 140 à 170 chevaux (+ 10 Nm de couple à 250 Nm). De quoi passer de 0 à 100 km/h en 6,8 secondes avec la boîte manuelle à six rapports. Abarth n'a pas lésiné sur le cuir synthétique de marque Alcantara pour insuffler un air de sportivité à cet intérieur encore très proche de celui de la Mazda MX-5.

Pour 40.000 euros, le moteur 1.4 suralimenté de l'Abarth 124 Spider n'offre que 10 chevaux supplémentaire. Certes, pour ce prix-là, les ingénieurs de Abarth Racing Team ont spécifié un différentiel à glissement limité, des amortisseurs Bilstein ou encore des étriers de frein Brembo. Enfin, les tympans devraient être flattés par la sonorité du silencieux Record Monza.

Fiat 124 Spider : Plaisir de Conduite et Sensations

Avec la résurrection de la 124 Spider, au dessin très italien et différent de sa concurrente Japonaise, Fiat tente d’attirer une clientèle, certes réduite, mais fidèle à la marque et à la recherche de belles sensations procurées par un turbo essence (multiair) de 140 ch. et ses roues arrières motrices.

Accompagné de bonnes accélérations et d’un freinage à la hauteur, sans pour autant se sentir obligé d’utiliser systématiquement le double débrayage, c’est un vrai plaisir de rouler avec la 124 Spider sur des petites routes de montagne aux nombreux virages et lacets. Le petit volant placé de manière relativement verticale, entièrement gainé de cuir, contribue lui aussi à augmenter les sensations sportives procurées.

Si on est tout de suite attiré par son nouveau design très italien et séduisant, côté confort il ne faut pas oublier que l’on roule à bord d’un roadster cabriolet deux places. Cependant, les deux sièges sont bien équilibrés pour satisfaire deux styles de conduite. La position de conduite est facilement adaptable aussi bien en hauteur qu’en profondeur. A noter que les deux sièges peuvent se régler indépendamment par le conducteur et son passager.

Côté acoustique, souvent mis à mal dans les cabriolets surtout lorsque la capote est rabaissée, un système Bose (en option sur la version Lusso plus) avec 9 haut-parleurs dont 4 situés dans les appuie-tête procure un luxe non négligeable quelles que soient les routes empruntées. La capote est très facilement et très rapidement dépliable et rabattable. Un écran tactile 7 pouces apporte la touche de modernité indispensable pour cette résurrection. Juste devant le levier de vitesses se trouve un petit espace de rangement à côté de prises USB et SD. Petit détail pratique dans cet aménagement millimétré, un compartiment pour smartphone a été spécialement créé à droite de la console centrale.

L'Héritage et la Nostalgie

Aujourd’hui, on peut s’offrir un Spider/Europa entre 10 et 15 000 euros. Le plus dur sera d’en trouver un exemplaire sans trop de corrosion, le mal des italiennes de ces années-là. Mais c’est un retour garanti dans les années 60.

La 124 Spider est une petite auto par rapport à nos critères actuels puisqu’elle ne mesure que 3.97 m de long et 1.62 m de large pour un poids inférieur à la tonne. Pour ce qui de l’habitacle, c’est le meilleure de l’Italie des années 60-80 avec une belle planche de bord en vrai bois, des petits manos Véglia et un compte tours qui s’agite comme un ressort à chaque pression sur l’accélérateur, un beau volant Nardi Classic légèrement tulipé et des sièges plutôt confortables parfaits pour les voyages sur les petites routes de Toscane ou sur les bords de l’Adriatique surtout que le 2.0 L DOHC est mélodieux ce qui ne gâche rien.

Une auto à redécouvrir si on aime les autos qui hésitent entre plusieurs styles ou catégories, qui sont des autos de collection encore abordables, facilement réparables ou restaurables. A rechercher en 1500 pour la version originale née en 1965, en 1800 pour la sportivité, en 2000 ie ou VX ( avec le 2.0 L 135 ch de la Trevi Volumex ) pour la facilité de vie et en 2000 Turbo si on aime la rareté et qu’on a le temps de chiner dans les ventes ou dans les annonces.

Abarth : L'Esprit de la Performance

L’histoire de Abarth commence avec un homme : Carlo Abarth, né en 1908 à Vienne. C’est en 1949, à Turin, qu’il fonde avec Guido Scagliarini l’entreprise Abarth & C., spécialisée dans les kits de transformation et les échappements sportifs. Là où d’autres misent sur la puissance brute, Abarth préfère la légèreté, l’optimisation, et une certaine ingéniosité mécanique.

En 1971, Fiat rachète officiellement Abarth. L’objectif : intégrer ce savoir-faire sportif dans son propre groupe, tout en rationalisant la production. Carlo Abarth se retire, et la marque perd un peu de son indépendance artistique. Abarth devient davantage une griffe qu’un constructeur indépendant.

Aujourd’hui, Abarth n’est plus un constructeur indépendant, mais une marque à part entière dans l’univers Fiat. Sa gamme repose surtout sur la 500 et ses dérivés, toujours vendus comme des jouets pour adultes. Mais certains s’interrogent : Abarth est-elle encore une vraie marque de sport, ou un exercice de style bien rodé ?

Tableau Récapitulatif des Modèles et Motorisations

Modèle Années de Production Motorisation Puissance Particularités
Fiat 124 Spider (AS) 1966-1969 1.4 L 90 ch Première série, exportée aux USA dès 1968
Fiat 124 Spider (BS) 1969-1972 1.4 L 90 ch Retouches esthétiques et d'équipement
Fiat 124 Spider (CS) 1972-1978 1.6 L, 1.8 L 110 ch Version la plus vendue, principalement aux USA
Fiat 124 Spider (CSO) 1979-1982 2.0 L (Injection) 105 ch Moteur à injection électronique
Fiat 124 Spider 2000 Turbo 1981-1983 2.0 L Turbo 120 ch Version rare, moins de 700 exemplaires
Pininfarina Spider Europa 1982-1985 2.0 L 105 ch (135 ch Volumex) Assemblée par Pininfarina, compresseur Volumex en option
Abarth 124 Spider 2016-2020 1.4 MultiAir Turbo 170 ch Suspensions Bilstein, freins Brembo, échappement Record Monza

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