Dans la famille Fiat Uno, la version sportive est particulièrement marquante. La Fiat Uno a connu une carrière internationale, de l’Italie à l’Afrique du Sud, en passant par l’Iran, l’Inde, le Maroc, le Pakistan, l’Argentine, et bien sûr le Brésil.

La Fiat Uno au Brésil

La Fiat Uno a débarqué au Brésil en 1984, avec un style cubique tout droit venu de l’imagination de Giugiaro. Certains diront banale, mais il n’empêche que la petite italienne va rafler le titre de voiture de l’année 84 et que la marque de Turin va en écouler plus de 11 millions d’exemplaires à travers le monde. Avec presque 4 millions de voitures vendues, la Fiat Uno va rencontrer un immense succès auprès des Brésiliens.

Il faut savoir qu'au Brésil, pour vendre une voiture, il valait mieux la produire sur place, sinon, les taxes d’importation faisaient exploser son prix de vente. Tout ce qui n’est pas assemblé au Brésil devient la proie de plusieurs taxes qui font exploser le tarif.

Uno R : Une Alternative Brésilienne

Celle qui nous intéresse ici est la version dévergondée de la Uno, la …R ! Pendant que les européens se faisaient peur au volant de la Turbo ie, à partir de 1988 les Brésiliens devaient se contenter de la Uno R, remuée par un 4 cylindres 1.5 l de 86 ch. Pas de quoi s’taper l’cul par terre, même si « Quotra Rodas » un magazine spécialisé avait stipulé que l’Italienne accélérait plus fort qu’une Escort XR3 et ses 96 ch, l’Italienne profitant surement de ses 850 kg.

À partir de 1993, tout va s’accélérer. La Fiat Uno s’apprête à finir sa carrière en Europe et sa fabrication y est arrêtée. Tout le stock de pièces est alors envoyé au Brésil où les ventes ne baissent toujours pas. La Uno R voit son 1.6 l équipé d’une injection multipoint passe à 92 ch et s’appelle maintenant Uno R MPi.

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L'Arrivée Tardive de la Turbo ie au Brésil

En 94, c’est la Turbo ie qui pose enfin ses roues sur le sol brésilien. Chaque client se verra recevoir un stage de pilotage sur le circuit d’Interlagos pour apprendre à maitriser la fougue du petit 1.4 l turbalisé. En traversant l’Atlantique, la sportive recevait une nouvelle face avant (celle de la Tipo), troquait ses freins pour ceux de la Tempra, recevait des jantes en 14″ et une suspension revue, plus ferme et rabaissée de 10mm avec barres stab’ à l’avant et à l’arrière.

Le temps d’écouler les stocks et la Turbo ie quittera le catalogue en 96 pour laisser à la R 1.6 MPi le rôle de sportive de la famille. En 2004 la Uno devient Mille, la R 1.6 MPi restera au catalogue jusqu’à la disparition du modèle en 2013.

Au Brésil, on adore dropper sa caisse et y coller 4 jantes, la bestiole italienne n’y échappe pas. Jantes Rodera OZ 1 (répliques d’OZ Turbo) en 16″ chaussées en flancs tendus. Caisse posée avec méchant camber à l’arrière. Petite lèvre avant, crochet d’attelage à l’arrière (la tendance ultime !). Pour le reste, c’est bicolore avec un habitacle laissé d’origine. Ca fait largement le job pour un daily pépouze à pas cher.

La Fiat Uno Turbo ie en Europe

La Fiat Uno des années 80 a elle aussi eu le droit à sa version sportive. Avec cette Uno Turbo i.e Fiat a réussi à rentrer dans le clan des GTI grâce à ses bonnes performances et une très bonne tenue de route. La Fiat Uno Turbo ie a reçu un traitement privilégié été conçue spécifiquement et pas seulement au niveau carrosserie. Son moteur a été conçu spécifiquement pour elle: bloc et culasse sont spécifiques, soupapes d’échappement refroidie au sodium, turbo refroidi par eau, injection électronique Jetronic et allumage électronique microplex.

Avec la Fiat Uno Turbo ie de la série 1 on a bien à faire à une GTI des années 80. La carrosserie reçoit un bouclier avec projecteurs longues portées, jupes et élargisseurs d’ailes en plastique noir, jantes alliage avec le scorpion Abarth, becquet intégré au hayon arrière en polyester, sortie d’échappement chromée. A l’intérieur on a bien sûr le droit à de la moquette rouge et à un volant à 4 branches. Les compteurs sont lisibles et les indications complètes: température d’eau, température d’huile, pression d’huile et surtout en plein centre un manomètre de suralimentation.

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Plus que ses performances en terme de vitesse de pointe ou d’accélérations on apprécie la Turbo i.e pour ses reprises. Elle est très vive et sa tenue de route est bonne, c’est exactement ce que l’on demande à une GTI. On s’amuse bien à son volant et sa direction précise permet de bien la placer en virage avec une faible tendance au sous-virage. Dans les années 80 elle bénéficiait d’un rapport prix prestations très intéressant. Aujourd’hui en collection youngtimer elle reste moins recherchée que ses concurrentes de l’époque et sa cote est logiquement plus basse.

Si la Fiat Uno connaît un succès commercial européen et même sur d’autres continents qui ne se dément pas depuis 1983 date de son lancement, on ne peut en dire de même pour sa version de pointe : la Fiat Uno Turbo ie (1985). Si tout le monde a loué sa mécanique remarquable avec une intégration de la suralimentation digne des GT les plus prestigieuses, Porsche 944 Turbo en tête, ses qualités dynamiques discutables l’ont empêché de profiter de ses talents mécaniques.

Restylage de 1989

Pour 1989, Fiat opère un facelift à l’ensemble de sa gamme Uno et en profite pour faire du ménage sous les capots et mettre des mécaniques revues. La Fiat Uno Turbo ie profite donc d’un toilettage de printemps qui ne dénature nullement la ligne originale de Giugiaro, mais au contraire l’inscrit mieux dans la gamme contemporaine de Fiat et lui redonne de l’élan. Le museau est plus plongeant et semble plus aérodynamique, avec une calandre affinée et des optiques avant dans le prolongement. Un véritable nouveau visage qui fait mieux fini et plus cossu. La poupe est intelligemment redessinée au niveau du hayon qui s’inspire de celui de la Fiat Tipo.

Les feux arrière bicolores rouges sont dans l’ère du temps et plus découpés que par le passé. Les boucliers enveloppants pour la version Turbo ie sont plus gratifiés d’un liséré rouge qui ceinture la caisse et se montrent plus qualitatifs dans leur aspect lisse. A noter l’encoche arrière pour laisser paraître le silencieux d’échappement. La Fiat Uno Turbo ie est revue esthétiquement et reçoit une nouvelle mécanique.

Améliorations Mécaniques

Référence en matière de mécanique, le quatre cylindres Fiat turbo injection électronique de la Uno a été unanimement plébiscité par les spécialistes. Avec sa nouvelle cylindrée, Fiat revoit quelque peu sa copie, sans pour autant abandonner ses bonnes habitudes. La cylindrée est portée à 1 372 cm3 (+71 cm3) par augmentation de la course. L’équipement mobile est toujours renforcé (vilebrequin en acier forgé) et les soupapes refroidies au sodium. Un soin particulier est apporté au refroidissement de cette bouillante mécanique avec un radiateur d’huile supplémentaire tandis que le turbocompresseur est refroidi par eau. Ce dernier est désormais pioché chez Garrett. Modèle T2, il est taré à une pression de 0,8 bars. L’injection électronique intégrale Bosch L-Jetronic est chargée de gérer l’ensemble allumage, alimentation au mieux.

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Et force est de constater que l’agrément est toujours excellent avec une intégration turbo sans temps de réponse marqué et une disponibilité très bas dans le compte-tours. Et cerise sur le gâteau, ce nouveau moteur autorise une puissance en hausse passant à 118 ch à 6 200 tr/mn et un couple à 161 Nm à 3 500 tr/mn. Plus de performances, mais atteintes à un régime plus élevé. Néanmoins, le quatre cylindres turbo de la Fiat Uno Phase 2 reste un bijou de technique et d’agrément.

La boîte de vitesses manuelle est toujours à 5 rapports avec un étagement parfaitement adapté, et la commande est enfin améliorée en passant par des câbles et non plus une tringlerie. Le chronomètre est plus flatteur avec une vitesse de pointe de 204 km/h tandis que le 0 à 100 km/h reste identique avec 7’’7. Pas de quoi être déçu car la Fiat Turbo ie Phase 2 est plus lourde de 80 kilos (925 kilos).

Tenue de Route et Confort

La tenue de route est également inchangée avec du bon et du moins bon. Dans les points positifs, louons la qualité du freinage à quatre disques (ventilés avant) qui est aussi puissant qu’endurant. La direction est directe et précise, mais toujours très pesante dans les mains. Au moins le nouveau volant à jantes épaisse atténue quelque peu cette sensation d’effort au volant. très dur peine toujours autant à passer la puissance au sol. Une fois l’accélérateur écrasé, surtout roues braquées, les petits pneus de 175/60 R13 laissent de larges traces de gommes sur le bitume sans aucune efficacité. La Fiat Uno Turbo ie Phase 2 sous-vire désespérément, et il faut faire preuve de patience et de ruse pour passer le plus vite possible dans les enchaînements rapides et serrés. Le train arrière semi-rigide est également fermement suspendu.

Cette suspension aux réglages fermes dégrade également le confort à bord. Entre le niveau sonore du moteur à bord, des sièges et une position de conduite qui pourraient être meilleurs et la fermeté de la suspension, la Fiat Uno Turbo ie Phase 2 ne corrige pas le tir sur les griefs déjà énoncés sur la phase 1. D’autant plus regrettable que la mécanique réussie mériterait nettement plus en matière d’efficacité.

Intérieur Amélioré

Une fois à bord, on mesure pleinement le travail réalisé par les hommes de Fiat. La planche de bord offre un dessin bien plus esthétique et harmonieux, l’ergonomie progresse (fini les commodos sur les bords du combiné d’instruments) et la qualité des matériaux est bien meilleure. Il reste évidemment beaucoup de détails qui fâchent et des plastiques durs, mais saluons la démarche d’amélioration. L’instrumentation est toujours très complète, tandis que l’habitabilité reste excellente eu égard du gabarit extérieur.

La Fiat Uno Turbo ie Phase 2 est plus chic et toujours aussi polyvalente, les grands parcours ne lui faisant pas peur. Sous une plastique réactualisée avec beaucoup de talent et une impression de meilleure qualité, la Fiat Uno Turbo ie Phase 2 évolue sur de nombreux détails, mais pas l’essentiel. Bonne nouvelle pour son caractère mécanique toujours remarquable et remarqué. Moins pour sa tenue de route qui n’est toujours pas à la hauteur.

Plus cossue, la Fiat Uno Turbo ie Phase 2 peine à se faire un nom parmi la horde des GTI. Il faut avouer que les prestations dynamiques sont scrutées à la loupe pour se frotter aux références de la catégorie, et la Fiat Uno Turbo ie Phase 2 ne parvient pas à convaincre.

Tableau Récapitulatif des Spécifications

Modèle Cylindrée Puissance Couple Vitesse Maximale 0-100 km/h
Uno R 1.5 1.5 L 86 ch N/A N/A N/A
Uno R MPi 1.6 1.6 L 92 ch N/A N/A N/A
Uno Turbo ie (Phase 1) 1.3 L 105 ch N/A N/A N/A
Uno Turbo ie (Phase 2) 1.4 L 118 ch 161 Nm 204 km/h 7.7 s

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