Le segment des ludospaces propose généralement des voitures spacieuses à moindre coût. Le segment des ludospaces (Citroën Berlingo, Peugeot Rifter, Renault Kangoo…) se maintient bon an mal an et les propositions des constructeurs arrivent sporadiquement. Pour son nouveau Tourneo Connect, Ford souhaite joindre l’utile à l’agréable. Être capable de transporter jusqu’à 7 personnes ou disposer d’un grand volume de chargement, c’est le credo des ludospaces. Ces dérivés de véhicules utilitaires, aménagés pour devenir plus conviviaux, sont de plus en plus prisés par certains automobilistes qui trouvent les monospaces souvent trop chers.

Qualité de Vie à Bord

La qualité de fabrication est d'un bon niveau pour un ludospace. L’intérieur du Grand Tourneo Connect change radicalement par rapport à la précédente version qui date de 2013. Désormais, tous les éléments modernes y sont implantés : écran tactile central de 10", commandes tactiles placées sous l’écran central pour régler la température, combiné d’instruments digital et parfois personnalisable selon les finitions… En dehors des commandes au volant qui s’avèrent nombreuses et qui demanderont un peu d’attention pour se familiariser avec, l’ergonomie globale est plutôt bonne. Ford dispose en plus de l’application FordPass3 qui permet aux utilisateurs de consulter certaines informations sur leur smartphone, comme le niveau de charge de la batterie, l’autonomie en mode 100 % électrique, les travaux d’entretien à venir, la position de la voiture… Il est même possible de verrouiller et déverrouiller à distance le véhicule.

À bord, le Grand Tourneo Connect est plaisant grâce à un très large volume intérieur. La sensation d’espace a été d’autant plus appréciée sur notre modèle d’essai équipé de l’option toit panoramique qui laisse entrer un maximum de lumière. À l’avant comme à l’arrière, les passagers seront très bien lotis, même si on regrette un léger manque de maintien des sièges avant en latéral. Seule la troisième rangée manque un peu d’accessibilité malgré les portes latérales coulissantes.

Le point fort de l’habitacle du Grand Tourneo Connect c’est, à n’en pas douter, sa modularité. Les deux rangées de sièges arrière peuvent être repliées (mais dans ce cas, on ne dispose pas d’un plancher plat et c’est dommage) et même retirées de la voiture. Attention, il faudra être un minimum costaud pour manipuler les sièges un peu lourds. Ainsi, une fois en configuration 2 places, on dispose d’un volume de chargement exceptionnel de 3,1 m3. Même en configuration 7 places, le volume de coffre reste appréciable avec 446 litres sous tablette. C’est certes un peu juste si on part pour trois semaine de vacances, mais c’est largement suffisant pour un usage au quotidien. Enfin, on disposera de 1 720 litres en version 5 places.

En ouvrant la porte du Tourneo Connect, le premier constat est sans appel : il y a de la place ! Et, en s’asseyant côté passager, la sensation d’espace se confirme. La tête d’une personne mesurant un peu moins de 1,70 m est bien loin du toit très haut perché et la poignée de maintien, placée en haut de la porte, impose de tendre quasiment entièrement le bras. Au moins, ici, on ne se sent pas du tout à l’étroit. En plus, notre version d’essai, une finition Titanium, dispose en série d’un toit panoramique qui illumine l’habitacle et accentue encore cette sensation d’espace. Même l’habitabilité à l’arrière ne nous a pas déçus : trois occupants voyageront dans de bonnes conditions, sans se gêner. Et, dans sa version 7 places (option proposée à 250 € sur la version longue appelée Grand Tourneo Connect), seule la troisième rangée de sièges est un peu plus rustre avec des assises et des dossiers plus fermes. Côté habitabilité, le contrat est donc rempli.

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Lorsque l’on achète un tel véhicule, on s’attend aussi à pouvoir moduler facilement l’aménagement intérieur. Là aussi, ça commence bien : tous les sièges peuvent être repliés (les dossiers des sièges de la deuxième rangée se rabattent en deux parties 2/3-1/3) pour offrir un plancher plat jusqu’aux deux sièges avant. Une opération simple en soi, mais un peu longue, surtout pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude. Le résultat est toutefois convaincant : on dispose, avec une configuration finale à 2 places, d’une longueur de chargement de plus de 2 mètres pour un volume maxi de 2 620 litres (Grand Tourneo 7 places) ou de 1,8 m et de 2 410 litres pour le Tourneo Connect 5 places. Nous avons aussi apprécié la bonne modularité qui permet d’offrir moult variantes de chargement avec un nombre de sièges suffisant. Par exemple, il est possible de rabattre uniquement les sièges de droite pour transporter un objet long et disposer de 5 places.

Si le Tourneo Connect arrive donc à prendre soin des occupants en termes d’habitabilité, il pèche un peu par la qualité de ses matériaux et par leur assemblage. Un peu tape-à-l’œil, ils sont tous peu agréables au toucher et n’offrent aucun rembourrage. La zone située au-dessus de la boîte à gants est même vraiment peu flatteuse avec des assemblages perfectibles et des éléments qui bougent. D’autre part, ils semblent tous assez sensibles aux rayures, ce qui ne laisse pas présager d’un bon vieillissement. Les rangements sont assez nombreux et la boîte à gants est très généreuse. Attention à son ouverture car, selon la position du siège, elle peut venir taper dans les genoux du passager. De même, sa conception fait un peu bas de gamme avec des charnières qui ne semblent pas très résistantes. À manipuler avec précaution !

Au Volant

Le Tourneo Connect reprend les codes stylistiques des autres modèles de la gamme Ford, et c’est bien dommage. Comme nous l’avions déjà regretté sur le SUV Ford Kuga, la console centrale est très complexe et les commandes y sont beaucoup trop nombreuses. On est bien loin de la sobriété et de l’ergonomie tant appréciées de la Peugeot 308. Le conducteur sera donc rapidement perdu et devra parcourir un certain nombre de kilomètres avant de pouvoir maîtriser tous les boutons.

L’habitabilité très généreuse est aussi cause de quelques inconvénients. Ainsi, le rangement disponible sur la planche de bord du côté passager est carrément inaccessible et il est impossible d’aller chercher quoi que ce soit dans la capucine lorsqu’on est assis. De même, le conducteur devra s’étirer pour régler le rétroviseur intérieur. S’il dispose de nombreux réglages du siège et du volant, le conducteur aura tout de même un peu de mal à trouver une bonne position de conduite du premier coup. Enfin, la visibilité de trois quart arrière est assez médiocre. Le radar de recul (en option à 225 € et de série sur la finition Titanium) est donc indispensable pour éviter les accrochages lors des manœuvres.

Le Tourneo Connect, en version courte ou longue, se montre toutefois assez maniable grâce à sa direction très assistée à basse vitesse qui permet d’évoluer sans effort. En ville, le nouveau Ford ne posera donc pas vraiment de souci de conduite. Sur la route, il nous a également séduits par son insonorisation d’un excellent niveau. En effet, aucun bruit d’air ni de roulement désagréables ne se manifestent. Même sur autoroute, le véhicule reste agréable à conduire et nous ferait presque oublier sa catégorie. Les suspensions, modifiées par rapport à la version utilitaire et nettement améliorées par rapport au précédent modèle, sont assez confortables. La prise de roulis est assez faible et, malgré ses dimensions, le véhicule n’est pas trop sensible au vent latéral. Mais les suspensions ont parfois des réactions peu agréables. Par exemple, sur des routes pavées, les vibrations sont vivement retransmises dans l’habitacle et secouent les occupants. Un défaut qui devrait toutefois disparaître lorsque le véhicule est en charge.

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Côté moteur, plusieurs choix sont proposés. À commencer par le récent moteur Ecoboost 1.0 de 100 ch que nous avions déjà pris en main dans la Focus (en version 125 ch). S’il est alerte dès les plus bas régimes et volontaire avec deux personnes à bord, il y a malheureusement fort à parier qu’il soit un peu juste lorsque le véhicule sera à pleine charge. Pour preuve, cette motorisation n’est pas proposée sur le Grand Tourneo Connect. À l’usage, ce bloc s’est aussi montré plus gourmand que prévu avec une moyenne affichée de 7,3 l/100 km alors que le constructeur n’en annonce que 5,6 l ! L’autre alternative en moteur à essence est un 1.6 l de 150 ch associé à une boîte de vitesses automatique. Une version moyennement agréable à l’usage en raison d’une boîte de vitesses qui manque de répondant. Pour un usage polyvalent, il vaudra alors mieux se tourner vers un des moteurs Diesel et en particulier vers le 1.6 TDCi 95 ch ou 115 ch. La version à 75 ch est en effet un peu trop juste. Ainsi, pour un Tourneo Connect à 5 places, le moteur de 95 ch suffira amplement, mais pour une version longue à 7 places, il vaudrait mieux préférer le 115 ch.

Nouvelle sous le capot du Tourneo, la mécanique hybride rechargeable est constituée d’un moteur 4 cylindres à essence de 1,5 litre développant 150 ch (110 kW) associé à un moteur électrique placé dans la boîte de vitesses (à double embrayage et six rapports) et alimenté par une batterie haute tension de 19,7 kWh. De quoi permettre, selon le fabricant, une autonomie en mode tout électrique de 110 km. Lors de notre prise en main, nous n’aurons réussi à rouler que 95 km sur un parcours mêlant de la ville et des voies rapides. C’est plutôt pas mal au regard des 1 832 kg (à vide) de l’engin et de sa forme cubique peu aérodynamique. Une fois la batterie épuisée, nous avons établi une consommation moyenne sur autoroute de 8,5 l/100 km. Pour ce type de véhicule, c’est plutôt honorable. Mais, là où le bât blesse, c’est qu’avec le tout petit réservoir de carburant de 32,5 litres (50 sur les autres modèles) on ne dispose d’une autonomie en thermique que de 380 km ! C’est un peu juste.

Le Tourneo Connect PHEV propose 4 modes de conduite permettant d'optimiser l’utilisation de la batterie :

  • EV Now, qui utilise uniquement le moteur électrique ;
  • EV Auto, qui gère automatiquement la répartition de puissance entre l’électrique et le thermique ;
  • EV Later, qui ne fait fonctionner que le moteur essence afin de préserver toute l'énergie de la batterie pour une utilisation ultérieure et sa déclinaison personnalisation ;
  • EV Reserve, qui conserve une quantité d’énergie électrique définie par le conducteur pour une utilisation ultérieure.

Concernant la recharge grâce au chargeur embarqué de 11 kW, il est possible de regonfler la batterie de 0 % à 100 % en 2 h 30 une fois branchée sur une wallbox de même puissance. Chose intéressante, le Tourneo Connect PHEV peut aussi être rechargé en courant continu (borne rapide) sous 50 kW. Dans ce cas, il est possible de passer de 10 % à 80 % de charge en 26 min.

Sur la route, le ludospace s’est avéré assez confortable à conduire et capable d’enchaîner une suite de virages sans trop sourcilier. Les suspensions sont suffisamment fermes pour éviter une trop grande prise de roulis et ménager d’autant les occupants. On note toutefois un freinage qui manque un peu de mordant lorsqu’on appuie sur la pédale. Il ne faudra donc pas hésiter à bien enfoncer la pédale pour obtenir un ralentissement suffisant. En outre, le système de récupération d’énergie au freinage, même s’il est réglable, ne participe pas franchement à ralentir le véhicule.

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En ville, le Tourneo se montre assez maniable une fois que le conducteur aura bien assimilé son gabarit imposant. Principal regret : la caméra de recul peu efficace qui n’offre qu’un champ de vision étriqué ne permettant pas vraiment de se guider.

Sécurité

Avec le Tourneo Connect, Ford démocratise encore plus ses systèmes de sécurité innovants en proposant le freinage automatique d’urgence en ville (Active City Stop, en option) ou l’ESP antiretournement monté de série sur toutes les versions. Le véhicule peut aussi recevoir une caméra de recul avec affichage de l’image dans le rétroviseur intérieur, le système de reconnaissance vocal Sync ou le dispositif MyKey qui limite l’accès à certaines fonctions (radio en mode silence lorsque les ceintures ne sont pas attachées, alerte de dépassement de vitesse, limitation du volume maxi, appels téléphoniques bloqués…), lorsqu’un jeune conducteur utilise la voiture par exemple. Le véhicule possède par ailleurs jusqu’à 10 airbags, des ceintures de sécurité à trois points sur toutes les places (avec prétensionneurs pour les places avant), des points d’ancrage Isofix… Son châssis est en outre conçu pour absorber au mieux les chocs avec l’utilisation d’aciers spécifiques à haute résistance et utilisant des zones de déformation pour absorber l’énergie en cas de collision.

Les Gammes et les Tarifs du Ford Tourneo Connect (mai 2025)

Voici un aperçu des gammes et des tarifs du Ford Tourneo Connect en mai 2025 :

Ford Tourneo Connect Motorisation Puissance Émissions de CO2 Trend Titanium Active
1.5 EcoBoost (E) 115 ch 149 g/km 29 640 € 33 840 € -
2.0 EcoBlue BVM6 (D) 102 ch 141 g/km 30 840 € - -
2.0 EcoBlue BVM6 4x4 (D) 122 ch 147 g/km - - 39 720 €
2.0 EcoBlue DSG7 (D) 122 ch 147 g/km - 36 240 € 39 120 €
1.5 EcoBoost PHEV 150 ch 11 g/km 40 200 € 42 600 € 45 480 €

Les Gammes et les Tarifs du Ford Grand Tourneo Connect (mai 2025)

Voici un aperçu des gammes et des tarifs du Ford Grand Tourneo Connect en mai 2025 :

Ford Grand Tourneo Connect Motorisation Puissance Émissions de CO2 Trend Titanium Active
1.5 EcoBoost (E) 115 ch 153 g/km 32 040 € 36 360 € -
2.0 EcoBlue BVM6 (D) 102 ch 145 g/km 33 240 € - -
2.0 EcoBlue DSG7 (D) 122 ch 151 g/km - 38 760 € 41 520 €
2.0 EcoBlue BVM6 4x4 (D) 122 ch 164 g/km - - 42 120 €
1.5 EcoBoost PHEV 150 ch 11 g/km 42 600 € 45 120 € 47 880 €

Si le Grand Tourneo Connect hybride rechargeable ne manque pas d’atouts, avec une bonne habitabilité, une tenue de route appréciable, une bonne finition et une excellente autonomie en mode électrique, son prix pourrait être un frein à l’achat. Car, avec des prix compris entre 42 600 € et 47 880 €, c’est certainement le plus cher du segment, d’autant plus que les concurrents hybrides rechargeables sont très rares. En comparaison, un Volkswagen Caddy Maxi Life 1,5 l eHybrid (qui partage la même plateforme) est proposé à partir de 40 540 €. De son côté, le Citroën Berlingo XL ne dispose que de 5 places et n’existe pas en hybride rechargeable. Quant au Peugeot Rifter XL, il n’est désormais proposé qu’en version 100 % électrique (à partir de 39 950 €). Enfin, à noter qu’avec ses 1 832 kg sur la balance, le grand Tourneo Connect PHEV, qui bénéficie d’un abattement de 200 kg, sera soumis à un malus au poids contenu de 320 €.

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