Alors que les Etats-Unis et la Russie - URSS à l’époque - étaient en compétition pour atteindre la Lune durant les années 1960, un autre défit impitoyable se déroulait sur Terre. Ford, à la fin de la décennie, s’est lancé dans la course des 24 Heures du Mans avec pour seul objectif de battre Ferrari. Certaines marques ou écuries font le pèlerinage annuel sur le circuit de la Sarthe dans le seul but d’aller tout simplement au bout de cette course intense. D’autres, plus confiants, ont pour objectif de remporter un trophée avec une victoire dans une des catégories.

Au début des années 1960, la marque italienne souffrait d’un manque d’investissement et d’une trop faible clientèle pour la soutenir financièrement. Enzo, qui cherchait en priorité à poursuivre ses expériences dans le sport mécanique, décida de proposer la vente de sa marque automobile à Ford. Les américains, intéressés par la possibilité d’avoir accès au statut légendaire du cheval cabré, ont alors fait une offre à Enzo et l’ont invité à signer un contrat en Mai 1963. En le lisant, le grand patron de Ferrari remarqua qu’en plus de la marque automobile, Ford s’apprêtait à prendre le contrôle de l’écurie de course.

Bien évidemment, l’ajout de cette clause du contrat était inacceptable pour Enzo qui a immédiatement mis fin à la réunion et est rentré chez lui, laissant Henry Ford humilié et bien décidé à se venger. Alors même que la voiture issue de cette histoire est un modèle absolument fantastique, c’est cette histoire, connue par tout amateur de sport automobile, qui l’a rendu inoubliable. La légende glorifiant le modèle fut parfaitement exposée dans le film « Le Mans 66 » sorti en Septembre 2019.

Malgré le succès de la voiture que nous connaissons aujourd’hui, son développement a été un long processus semé d’échecs et de doutes. A l’époque, Ford était plutôt absent dans le domaine du sport automobile. C’était une marque renommée pour ses modèles de production destinés à séduire le marché américain mais aucun de ses modèles n’était produit, jusque là, dans le but de concourir sur un circuit de vitesse. A la tête du développement il y avait l’ingénieur britannique Roy Lunn qui possédait une certaine expérience en sport automobile suite à sa participation à la grande course du Mans en 1949 avec Aston Martin.

Une aventure qui pris fin, pour l’écurie, après seulement une heure de course. Dès le début du projet, Lunn et ses collègues avaient pour objectif de créer une voiture sportive à deux places avec un moteur V8 placé au centre du véhicule. Ford pouvait ainsi faire d’une pierre deux coups car le modèle de production devait alors rivaliser avec la Chevrolet Corvette. En tout cas, c’est ce que pensaient les directeurs de Ford. Pour commencer à construire un prototype, Roy Lunn s’est tourné vers Lola qui utilisait un moteur V8 Ford pour sa voiture de course nommée la Mk 6. Cette voiture a donc servi comme base pour créer le premier prototype de la Ford GT40 à même de réaliser de nombreux essais.

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Construit avec une carrosserie en acier et une géométrie de suspension imparfaite, le modèle était très lourd et difficile à conduire lorsque Bruce McLaren l’a testé en Août 1963. La saison de 1964 débuta avec une série d’essais sur le tracé de la Sarthe qui, grâce à la longue ligne droite de Mulsanne, révéla un problème majeur dans l’aérodynamique de la voiture. Alors que la vitesse de pointe théorique était impressionnante, puisqu’elle dépassait les 300km/h, la voiture avait une tendance à se soulever dès qu’elle atteignait 275 km/h. Il fut alors impossible de contrôler la GT40 sur les circuits à vitesses élevées. La voiture se lança dans sa première course, les 1000km du Nurburgring sur le mythique Nordschleife.

Comme c’est souvent le cas pour les nouvelles voitures de course, même de nos jours, cette première compétition fut très décevante pour Lunn, Wyer et son équipe. Les abandons successifs ont marqué cette première saison compétitive de la Ford GT40. La deuxième course pour la voiture fut celle que Ford voulait absolument gagner, mais cette fois-ci ce fut la transmission qui ne put supporter les vitesses vertigineuses de la ligne droite de Mulsanne. Le trio de GT dût alors abandonner avant la fin des 12 premières heures. Comme par magie, l’attitude plus flamboyante de Shelby a permit à la Ford GT40 de, non seulement supprimer ses problèmes de fiabilité, mais également de gagner en performance.

Sous la nouvelle direction, la voiture abandonna son tout petit moteur 4,2 litres et gagna un moteur de taille plus conforme au marché américain, de 7 litres. Dès sa première course en 1965, lors des 24 Heures de Daytona, la Ford GT40 remporta sa première victoire avec Ken Miles et Lloyd Ruby au volant. Cependant, la marque américaine avait encore beaucoup de progrès à faire. Pour l’année 1966, la Ford GT40 Mk II fut dotée d’un moteur plus puissant et d’une carrosserie plus aérodynamique. Les modifications ont offert, non seulement une victoire aux 24 Heures de Daytona, mais permirent à la GT40 d’occuper toutes les marches du podium.

En effet, lorsqu’une soixantaine de voitures de course se sont présentées sur le circuit du Mans en Juin 1966, Ford a dominé la course du début à la fin. Sur la grille de départ, les Ford GT40 ont occupé les quatre premières places et six ont commencé dans le top-10. Devenue une voiture mythique, connue par tous les passionnés d’automobile, le nom Ford GT accordera toujours la célébrité aux modèles qui le portent. Le premier est sorti en 2005 et était un modèle dit “hommage” à la GT40 d’origine. Avec un design très similaire à la GT40, cette première Ford GT de production fut construite pour célébrer les cent ans de la marque.

Son V8 suralimenté de 5,4 litres produisait 550 chevaux poussant la voiture à plus de 330km/h. A l’opposé, la seconde génération de la Ford GT, qui sortit en 2017, fut produite dans le seul but d’homologuer la voiture de course GTE. Désireux de réitérer son succès des années 1960, Ford a construit une voiture capable de gagner la course d’endurance en 2016.

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La Ford Mustang GTD : Une rivale pour la Porsche 911 GT3 RS

Une configuration grise avec des jantes dorées, un aileron avec support façon col de cygne, un prix quasiment similaire... Voici sans doute la Ford Mustang la plus ambitieuse de l'histoire, puisqu'elle a tout l'air de vouloir se frotter à la redoutable Porsche 911 GT3 RS. En marge de la Monterey Car Week, Ford présente donc la Mustang GTD, la version homologuée pour la route de la GT3 présentée quelques mois plus tôt.

Si, chez Volkswagen, le sigle GTD est associé à une Golf diesel "dynamique", du côté de la firme américaine, il s'agit tout simplement de la Mustang de série la plus extrême de l'histoire. Pour créer cette série spéciale typée pour la piste, Ford s'est appuyé sur son expérience sportive quasi séculaire. En effet, dès la phase de conception, les ingénieurs ont décidé de remplacer plusieurs panneaux de carrosserie en aluminium par de nouveaux panneaux en fibre de carbone, plus légers.

En ce qui concerne la suspension, les concepteurs ont choisi d'équiper la voiture d'un kit d'amortisseurs entièrement réglables, tant en compression qu'en détente et en hauteur. La carrosserie, quant à elle, a été dotée d'un kit aérodynamique actif, capable de faire varier les angles de l'aileron arrière et des splitters avant, en fonction de la courbe ou de la ligne droite. Sous le capot, pas de surprise, nous retrouvons le V8 5,2 litres de la nouvelle Mustang, qui a été suralimenté pour l'occasion et qui est équipé d'un nouveau système de lubrification par carter sec.

Le tout est désormais géré par une nouvelle boîte de vitesses à double embrayage à 8 rapports avec un arbre de transmission en fibre de carbone pour un équilibre des masses presque idéal. Le tout est associé à des jantes en magnésium, un échappement en titane ou encore des freins en carbone-céramique Brembo. Pour y parvenir, Ford a annoncé que toute la carrosserie de cette Mustang GTD a été étudiée dans une soufflerie à Allen Park, dans le Michigan, où une poignée de membres de l'équipe se sont réunis en 2021 pour cette mission qui, sur le papier, ressemblait à un rêve impossible : concevoir une Mustang capable de défier les meilleures voitures de sport européennes, dont la fameuse 911 GT3 RS.

"La Ford Mustang GTD bouleverse toutes les idées reçues sur les supercars. C'est une nouvelle approche pour nous. Nous n'avons pas conçu une voiture de route pour le circuit, mais une voiture de course pour la route. La Mustang GTD reprend les technologies de notre Mustang GT3, le tout dans une carrosserie en fibre de carbone et homologué pour la route", précise Jim Farley, le PDG de Ford. Tous les potentiels clients ne seront pas satisfaits, puisque la marque a annoncé que la production sera limitée à quelques unités seulement, avec un prix de base d'environ 300 000 dollars (276 000 euros). Un prix très proche de sa concurrente allemande citée un peu plus haut. Les premières livraisons auront lieu entre fin 2024 et début 2025. Quant à la version GT3 dédiée exclusivement au circuit, nous la verrons l'année prochaine aux 24 heures du Mans.

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Autres Modèles Emblématiques de Ford

Ford a produit de nombreux modèles emblématiques au fil des ans. Voici quelques exemples:

  • Ford Mustang
  • Ford Thunderbird
  • Ford Galaxie
  • Ford Fairlane
  • Ford Ranchero
  • Ford Gran Torino
  • Ford Country Squire
  • Ford Econoline
  • Ford Crown Victoria

Ford Contour SVT

Le programme de renouvellement de la Ford Sierra (lire aussi : Ford Sierra), nom de code CDW27, avait été lancé dès 1986. Conscient des faiblesses et de la conception assez ancienne de la Sierra, la future Mondeo devait être entièrement nouvelle (moteurs compris) mais aussi - comme son nom l’indiquait - devait être une voiture mondiale, vendue aussi bien en Europe qu’en Asie ou qu’aux Etats-Unis. Pour développer sa nouvelle voiture, Ford n’hésita pas à mettre le paquet, avec un petit billet de 6 milliards de dollars !

Ford SVT Contour : habits de sportive et V6 Duratec de 195 puis 200 ch

Si la Mondeo et ses nouveaux moteurs Zetec (4 cylindres) et Duratec (V6) apparut fin 1992 en Europe, l’Amérique dut attendre septembre 1994 (AM 1995) pour voir apparaître sur son marché la Ford Contour et la Mercury Mystique. Etrangement, malgré l’aspect mondial du véhicule, les versions américaines ne conservèrent pas le nom Mondeo. Elles recevaient en outre un accastillage assez éloignée de leur sœur européenne. Il faudra attendre le restylage de 1998 pour voir les Contour et Mystique se rapprocher du modèle « worldwide », dont seul les feux arrières différaient vraiment (et encore!).

SVT, département haute performance de Ford

Après des années sous le nom de SVO (Special Vehicules Operations), Ford décida de renommer en 1993 son département « haute performance » SVT, pour Special Vehicule Team. A l’instar d’AMG pour Mercedes, SVT proposait des versions plus musclées et plus exclusives des modèles de série. Les premiers véhicules à avoir droit à leur dérivé SVT furent le F150 (normal, il s’agissait - et c’est encore le cas - du best seller de Ford), renommé SVT Lightning, et la Mustang, qui, elle, prenait le nom de SVT Cobra.

Alors qu’en Europe la Mondeo se contentait encore en haut de gamme du V6 2.5 Duratec de 170 chevaux, il fut décidé de doter la Contour d’une version plus sportive destinée aux Etats-Unis exclusivement, et siglée SVT. Un nouveau kit carrosserie plus agressif fut réalisé, et le V6 passa entre les mains des sorciers de SVT pour en tirer 25 chevaux de plus. Avec 195 chevaux, la Contour SVT devenait alors bien plus dynamique, et mettait en avant sa tenue de route et ses suspensions « à l’européenne ».

Autre particularité : elle n’était disponible qu’avec une boîte manuelle 5 vitesses !

ST200 avant l’heure

Lancée fin 1997, la Contour SVT devançait donc sa cousine européenne, la ST200, de près d’un an (lire aussi : Mondeo ST200). C’est sans doute elle qui donna l’idée aux équipes européennes de lancer une version sportive de cette grande berline. Sans aller jusqu’à parler de succès, la première année fut assez encourageante, avec 6535 exemplaires vendus. Pour le millésime 1999, la SVT Contour évoluait. Avec 5 chevaux de plus, elle atteignait la barre symbolique des 200 ch (mais 5 chevaux de moins que sa cousine européenne, la ST200, sortie elle aussi en 1999).

Malgré ce gain de puissance, la Contour sportive n’arrivait pas à réitérer l’exploit de 1998 : avec seulement 2760 ventes pour l’AM99, c’était franchement décevant. En 2000, cela ne s’améliora guère, avec 2150 ventes. Ford cessa donc les frais cette année-là, avec 11 445 unités produites en 3 ans ! Relativement rare à l’époque, la SVT Contour l’est encore plus aujourd’hui, mais on en trouve encore parfois parmi les petites annonces américaines. Sachez enfin (en attendant l’article dédié) que SVT s’attaqua ensuite pour l’année modèle 2002 à la très européenne Focus qui elle aussi sera vendu en quantité limitée pendant 3 millésimes (2002/2003/2004 à 14 005 exemplaires).

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