Censée répondre à la mutation accélérée du secteur automobile mondial vers l’électrique et l’intelligence artificielle, voire permettre de sauver Nissan, la fusion entre les constructeurs japonais Honda et Nissan est officiellement lancée. A terme, elle pourrait impliquer Mitsubishi Motors, dont Nissan est le premier actionnaire.
En conférence de presse, les dirigeants de Honda et Nissan, Toshihiro Mibe et Makoto Uchida, ont annoncé le début des négociations en vue de la création, avant août 2026, d’une holding chapeautant les deux groupes.
Egalement présent, Takao Kato, patron de Mitsubishi Motors, a précisé que son groupe pourrait rejoindre ces discussions fin janvier 2025.
« Nous observons une transformation qui n’arrive qu’une fois tous les cent ans avec l’émergence de nouveaux acteurs, notamment de Chine, et d’un nouveau business model. Cela ne prendra pas vingt ou trente ans mais quelques années. D’ici à 2030, nous voulons avoir l’artillerie adéquate pour rivaliser avec les meilleurs », a expliqué M. Mibe.
« L’environnement change plus vite que prévu. Nous voulons aller plus loin que les collaborations déjà en place », a ajouté M. Uchida tandis que M. Kato a promis « d’étudier la meilleure forme de coopération afin de réaliser des synergies et d’exploiter au mieux les atouts de chaque entreprise ».
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Les deux constructeurs automobiles avaient opéré un premier rapprochement en mars 2024 en vue de combiner leurs forces dans la voiture électrique et le logiciel. En août, ils avaient signé un nouvel accord pour approfondir ce partenariat sur l'étude du SDV (software defined vehicle).
Les obstacles à la fusion
La rumeur de la fin de la volonté de fusion entre Nissan et Honda et accessoirement Mitsubishi qui avait déjà plus ou moins reculé courait depuis plusieurs jours. La plus importante opération de fusion entre constructeurs après celle de FCA et PSA dans Stellantis il y a quatre ans, n'aura donc pas lieu. Les constructeurs japonais ne sont pas parvenus à s'entendre.
La fierté de Nissan a conduit le constructeur à renoncer à un accord qui l'aurait marginalisé dans ce nouveau ensemble.
Ce retournement de situation met un terme à la plus grande fusion envisagée depuis la création de Stellantis.
Honda et Nissan ont officiellement mis un terme aux discussions en vue d'une fusion. Les dirigeants des deux sociétés ont annoncé le début des négociations afin de créer, avant août 2026, une holding chapeautant les groupes. Le patron de Mitsubishi Motors pourrait rejoindre les discussions fin janvier 2025.
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Les enjeux et les défis pour Nissan
Depuis lors, la situation de Nissan n’a cessé de se détériorer. En difficulté sur ses deux principaux marchés, aux États-Unis et en Chine, le constructeur semble désormais acculé. Lourdement endetté et en retard face à l’essor des start-up chinoises dans le domaine du véhicule électrique, Nissan se retrouve aujourd'hui isolé.
Refusant l’idée d’être absorbé par Honda, l'industriel se retrouve désormais seul face à la tempête.
Mitsubishi doit prendre une décision avant fin janvier 2025. De son côté, Mitsubishi doit statuer d'ici fin janvier 2025 sur ses intentions. Le japonais est contrôlé par Nissan à hauteur de 24,5 % du capital.
En cas d'accord, les deux parties espèrent une introduction en Bourse en août 2026. La nouvelle entité représenterait le troisième constructeur mondial. Mais il pourrait dépasser Volkswagen et Toyota si Nissan retrouvait ses volumes d'avant-crise sanitaire, soit deux millions de véhicules en moins.
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