L’histoire de la voiture, c’est un peu celle d’aventuriers qui aiment les moteurs, l’élégance d’une ligne et les défis. L'invention de l'automobile et la mise au point de la première voiture à la fin du XIXe siècle ont révolutionné le domaine des transports. Depuis les premières expériences de locomotion individuelle jusqu’aux voitures électriques autonomes et connectées, l’automobile ne cesse de se réinventer.
Étape majeure de la révolution industrielle, cette innovation a eu des conséquences économiques et sociales universelles difficilement comparables. Bienvenue dans cette histoire de 3 siècles qui fait de vous aujourd’hui l’heureux conducteur d’une jolie petite auto.
Début de l’histoire automobile avec les véhicules à vapeur
Avant l’automobile, les hommes utilisaient des attelages, c’est-à-dire des traîneaux ou des chariots à roues tirés par un homme ou par des bêtes de somme. En 1668, Ferdinand Verbiest, jésuite belge, mathématicien et missionnaire en Chine, s’intéresse à l’utilisation de la vapeur. Les premiers essais pour monter un moteur à vapeur sur une voiture datent du XVIIe siècle ; mais ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que les inventeurs et les ingénieurs commencent à rencontrer quelques succès.
100 ans après (1769) en France, Nicolas Joseph Cugnot invente le premier véhicule automobile fonctionnel d’Europe. Ingénieur militaire, Cugnot substitue au cheval une troisième roue motrice actionnée par un moteur à vapeur dans l’intention de mécaniser le fardier d’artillerie utilisé pour le transport des pièces. Mais dans le civil, personne ne veut acheter un véhicule automobile particulier super lourd et plus lent qu’un cheval.
Vers la fin du 19ᵉ siècle, le développement technique des machines à vapeur des chemins de fer remet l’idée des voitures automobiles routières au goût du jour.
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Développement d’un véhicule à moteur à combustion
Carl Benz partage, avec l’Allemand Gottlieb Daimler, la paternité de la construction en 1885 de la première voiture, un véhicule à trois roues équipé d’un moteur à combustion interne. En France, Amédée Bollée obtient un grand succès commercial à l’Exposition universelle de 1878 avec des véhicules toujours très lourds, mais dépassant les 40 km/h. Le nombre de commandes passées au fabricant attire l’attention des industriels et les incite à chercher à améliorer la motorisation.
Selon une approche française à tendance parfois chauvine, l’automobile serait née avec le brevet déposé le 12 février 1884 pour « un moteur à gaz et ses applications », devenu moteur fixe sur une automobile d’Édouard Delamare-Deboutteville et Léon Malandin.
De nombreuses inventions au service de l’automobile
Très tôt, l’histoire de l’automobile fut ordonnée, et dès la deuxième Exposition internationale d’automobiles à Paris, en 1899, une allée fut consacrée à une rétrospective des ancêtres. À partir de cette nouvelle motorisation, le développement technique et commercial ne cesse de croître. Les constructeurs automobiles surfent sur la révolution industrielle en cours, elle-même portée par une vague de découvertes et d’inventions sans précédent.
Le premier aboutissement de l’objet automobile concerna la conception globale du véhicule dont chacun admet qu’il n’évolua plus fondamentalement au cours des décennies suivantes en matière de transmission, de direction ou de carrosserie, alors que n’avait pas encore été tranché définitivement le problème de la motorisation.
- 1845 : Bandage pour roues, en cuir et rempli d’air comprimé, breveté par R. W. Premiers pneumatiques pour automobile
L’usage de caoutchouc pour habiller les roues représente une invention automobile majeure, permettant un volume de circulation important sur le réseau routier (ce dernier encore amélioré par l’enrobage bitumeux dès 1900). À partir de 1884, le carbure de pétrole est régulièrement utilisé pour la propulsion des véhicules équipés de moteurs à combustion à 4 temps.
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Invention de la pompe à essence
Le carburant est stocké dans les ateliers de fabrication et provoque de nombreux accidents par explosion. John Tokheim invente la pompe à essence extérieure en 1898. Elle permet de contrôler simultanément le volume livré.
Industrialisation de l’automobile par Ford aux États-Unis
En 1900, les Etats-Unis, la France et l'Allemagne produisent déjà 9504 voitures. En ce temps, l’impasse relative de l’automobile électrique était loin d’avoir été démontrée, même si certains la pressentaient : dominant la fin du siècle, la rivalité des modes de propulsion avait permis à l’électricité d’emmener pour la première fois une automobile au-delà des 100 km/h.
_L’Américain Henry Ford _commence, en 1908, à en fabriquer des millions tout seul. Ou plutôt avec les milliers d’ouvriers qui travaillent sur ses chaînes de montage.
La Ford T de 1908 à 1927
Huit ans après, Henry Ford invente son modèle T, qu'il fera construire à des millions d'exemplaires sur ses chaînes d'assemblage. Henri Ford reste un industriel important parce qu’il porte un nouveau modèle économique et social (le fordisme) représenté par la Ford T. Il met en pratique les principes énoncés par F.W.
Développement du marché automobile en Europe
Henri Ford marque l’histoire de la voiture par l’efficacité de son système et son impact sur l’économie américaine (les ouvriers peuvent acheter ce qu’ils produisent et disposent de temps de loisir pour consommer). En Europe, il faut attendre la reprise économique de l’après-guerre pour que l’automobile se démocratise : la « Coccinelle » de Volkswagen, la 4CV de Renault et la 2CV de Citroën remportent un succès populaire considérable, et sont vendues à plusieurs millions d’exemplaires.
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Vers les automobiles 100 % vertes et autonomes
La Première Guerre mondiale marque la disparition totale du moteur à vapeur, et pendant des dizaines d’années, la voiture électrique est pratiquement abandonnée. Et puis… le choc pétrolier des années 1970 et la prise de conscience énergétique et écologique du 21ᵉ siècle révolutionnent le regard porté sur la voiture.
Dans les années 1970, l’automobile doit s’adapter à de nouveaux défis. Les chocs pétroliers (1973 et 1979) provoquent la hausse du prix de l’essence et la crainte d’une pénurie d’essence. Les constructeurs se mettent alors à construire des voitures plus petites. Ils travaillent sur les moteurs pour augmenter leur rendement et permettre ainsi aux automobiles d’aller plus loin avec la même quantité d’essence.
Parallèlement, on commence à prendre conscience des dangers de la route : les automobilistes sont de plus en plus nombreux, et les voitures, plus performantes, leur permettent de rouler plus vite. Enfin, le nombre croissant d’automobiles sur les routes entraîne un autre problème crucial : la pollution automobile. Les pots catalytiques permettent bien d’éliminer certains polluants, mais pas le dioxyde de carbone (ou gaz carbonique, CO2) qui contribue à augmenter l’effet de serre, donc à réchauffer la planète.
Bien que très critiquée depuis son apparition (dangereuse, bruyante, puante…), l’automobile, luxueuse ou populaire, s’est jusque-là toujours imposée comme symbole positif de liberté et d’autonomie. Il devient désormais urgent de la rendre sobre et respectueuse de l’environnement.
La voiture électrique
Savez-vous que la voiture électrique fonctionnait très bien dès 1881 ? La voiture électrique est parfaitement au point depuis 1881. Camille Faure a pu la finaliser et la commercialiser grâce à l’invention de la batterie d’accumulateur au plomb de Gaston Planté (1865). Ainsi, dans l’Amérique et la France des années 1890, beaucoup de taxis urbains fonctionnent à l’électricité. Mais les batteries pèsent plusieurs centaines de kilos et s’avèrent très lentes à recharger.
L’histoire des voitures électriques reste marquée par le problème toujours d’actualité des batteries. Aujourd’hui plus légères, fonctionnant au plomb ou au lithium, elles conservent l’inconvénient d’une empreinte environnementale et sociale importante (fabrication très polluante). Il y a actuellement 29,5 millions de voitures électriques dans le monde, leurs émissions de gaz à effet de serre proviennent de la recharge de la batterie.
Bon à savoir : L’ingénieur Camille Jenatzy, premier pilote automobile star, dépasse le premier les 100 km/h et détient durant 3 ans le record mondial de vitesse terrestre avec 120,8 km/h sur sa voiture électrique, la Jamais contente. Il est battu en 1902 à Nice par une voiture à vapeur Gardner-Serpollet qui atteint les 135 km/h.
Innovation : voiture autonome et autres concepts
L'automobile a révolutionné le transport et a entraîné de profonds changements sociaux, en particulier dans le rapport des individus à l'espace. Elle a favorisé le développement des échanges économiques et culturels et conduit au développement massif de nouvelles infrastructures (routes et autoroutes, parkings). L’évolution de la voiture doit donc continuer vers zéro émission par véhicule.
Soutenue par les directives européennes de réduction de CO2, elle cherche des solutions vertueuses. Pourtant, il semble que les modèles du futur déjà présentés proposent surtout des véhicules connectés et intelligents, autonomes, partagés et électriques. Mais quelle aventure tout au long des 300 dernières années !
Lectures complémentaires
- Histoire De L'automobile, de Pierre Souvestre.
- Une autre histoire de l'automobile, de Jean-Louis Loubet.
- L'Incroyable Histoire de l'automobile, de Giles Chapman.
- Une brève histoire de l'automobile.
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