Janis Joplin, une figure emblématique de la génération Woodstock, est surtout connue pour sa voix rauque et ses performances scéniques électrisantes. Cet été, le Garage du cœur, la rubrique auto rétro de “M Le magazine du Monde”, se transforme en Garage du rock. Troisième volet sur la Mercedes Benz réclamée a cappella par Janis Joplin en 1970.

L'histoire derrière la chanson

Janis Joplin ne possédait pas de Mercedes ; elle préférait conduire un cabriolet Porsche 356 de 1965 couvert de motifs psychédéliques à dominante orange. Or, dans une chanson restée célèbre, enregistrée le 1er octobre 1970 à Los Angeles dans le studio Sunset Soud, elle en réclame une à cor et à cri. Et pas à n’importe qui : à Dieu !

« Je voudrais faire une chanson d’une grande importance sociale et politique », lance-t-elle, goguenarde, en préambule à l’enregistrement de cette courte (1’48) supplique interprétée a cappella. Scandée de sa voix éraillée et puissante, la prière de Janis Joplin est insistante.

« Oh Lord, won’t you buy me a Mercedes Benz ?/My friends all drive Porsches, I must make amends » (« Oh, Seigneur, pourrais-tu m’acheter une Mercedes Benz ?/Mes amis conduisent tous des Porsches, il faut que je me mette à leur niveau »).

L’artiste américaine explique qu’elle a bossé dur, sans l’aide de qui que ce soit, et que, mon dieu, elle l’a bien mérité, sa Mercedes. Dans la foulée, elle réclame aussi une télévision couleur, objet encore relativement luxueux à l’orée des années 1970.

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« Je compte sur toi, Seigneur, ne me laisse pas tomber », chante-t-elle, non sans souligner qu’il s’agit pour le Tout-Puissant de « prouver qu’il l’aime ». Miss Joplin, qui « attend la livraison chaque jour », précise aussi que l’on pourra se présenter chez elle « jusqu’à trois heures ». Dieu, à qui elle réclame en outre « une virée nocturne en ville », est prié de respecter les horaires d’ouverture.

Genèse et inspiration

Cette prière calibrée pour scandaliser les bigots et tourner en dérision la société de consommation, la chanteuse l’a écrite dans un bar de New York le 8 août 1970, en compagnie du musicien Bob Neuwirth, un ami de Bob Dylan. Le soir même, elle interprète sur scène ce morceau dont les paroles s’inspirent d’un fragment de texte de Michael McClure, poète très en vue sur la scène hippie de San Francisco qui sera crédité comme coauteur de « Mercedes ».

Un enregistrement mémorable

Moins de deux mois plus tard, la chanson est enregistrée en une seule prise sous les auspices de Paul Rothchild, le producteur des Doors, et sera intégré dans l’album Pearl, en cours de bouclage, qui sortira en 1971. Selon les souvenirs de Rothchild, l’ambiance de l’enregistrement était plutôt joyeuse.

Alors qu’elle devait enregistrer le jour même les paroles de « Buried alive in the Blues » (« Enterrée vivante dans le blues »), Janis Joplin, 27 ans, est retrouvée morte le 4 octobre au matin dans sa chambre du Landmark Motor Hotel de Los Angeles. Overdose d’héroïne.

« Mercedes » est le dernier enregistrement de la chanteuse. Il sera repris par une trentaine d’artistes et le constructeur allemand ne dédaignera pas l’utiliser dans l’un de ses spots publicitaires.

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Pourquoi une Mercedes ?

Pourquoi donc la sulfureuse star de la génération Woodstock réclame-t-elle une Mercedes plutôt qu’une Cadillac, par exemple ? Cette préférence clairement exprimée témoigne de l’aura dont jouissent, dès les années 1960, les modèles de luxe allemands auprès des Américains en quête de signes extérieurs d’ascension sociale.

Historiquement, la diffusion des modèles venus d’Allemagne est plus marquée sur les côtes américaines, surtout celle de l’ouest, où la culture hippie est née. A contrario, l’Amérique profonde s’en tient plus volontiers aux marques américaines traditionnelles. Janis Joplin, qui avait gagné San Francisco car elle étouffait dans son Texas natal, ne ferait donc que refléter une appétence très californienne pour les marques importées, à laquelle elle contribue en roulant en Porsche 356. Comme Georges Pompidou. Mais c’est là sans doute le seul point commun entre les deux personnages…

Autres chansons notables de Janis Joplin

La voix de Janis Joplin a toujours été une force sauvage, brute et urgente. Sa musique, imprégnée de blues et de rock, est porteuse d’une profondeur émotionnelle à la fois captivante et obsédante. Des collaborations remarquables avec des artistes tels que Big Brother and the Holding Company et le Full Tilt Boogie Band ont fait d’elle une icône intemporelle. Grâce à ces collaborations, elle a produit certains des hymnes les plus inoubliables des années 60 et du début des années 70.

  • Me and Bobby McGee (1971): Un morceau emblématique qui incarne l’essence du folk et du rock.
  • Cry Baby (1971): Une chanson à l’émotion brute qui mêle le blues-rock à la voix rauque caractéristique de Joplin.
  • Maybe (1969): Une ballade pleine d’âme qui capture l’émotion brute et la vulnérabilité.
  • Kozmic Blues (1969): Une plongée dans les turbulences émotionnelles, mélange de blues et de rock.
  • Move Over (1971): Déborde d’énergie et d’émotions brutes, mêlant rock and roll et blues.
  • Little Girl Blue (1969): Une complainte pleine d’âme ancrée dans les traditions du blues et du rock.
  • Piece of My Heart: Un morceau de rock puissant capturant l’émotion brute et le cran pour lesquels Joplin est connue.
  • Try (Just a Little Bit Harder) (1969): Un hymne blues-rock puissant sur la persévérance en amour.
  • To Love Somebody (1969): Une interprétation profonde d’une ballade pleine d’âme.

Les derniers jours de Janis Joplin

Les premiers enregistrements prometteurs n’empêchent pas Janis Joplin de demeurer anxieuse. L’enjeu de ce nouvel album est si important. Elle continue de s’interroger sur ceci ou cela. À côté de l’enregistrement de Pearl, l’idée de mariage fait toujours son chemin. Janis Joplin demande même à son conseiller juridique, Bob Gordon, de s’occuper des formalités. Janis Joplin dit alors à Seth Morgan qu’elle souhaite mettre sa carrière en sourdine et faire un enfant. Elle poursuit en disant qu’elle fera moins de concerts mais qu’elle continuera à enregistrer des albums.

Face à l’héroïne, la volonté de la chanteuse est souvent faible… Janis Joplin raconte à Lyndall Erb qu’elle consome à nouveau de l’héroïne, l’enjeu de son nouvel album en étant la cause. Lyndall Erb essaie de faire renoncer Janis Joplin mais cette dernière explique qu’elle arrêtera après la parution de son album. Janis Joplin demande à Lyndall Erb de ne rien dire au sujet de sa consommation d’héroïne, mais Myra Friedman est convaincue que la chanteuse a replongé vers la mi-septembre.

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Janis Joplin continue de s’inquiéter au sujet de ce nouvel album et de sa carrière. Pourtant, devant ses amis, elle reste enthousiaste. Le groupe est soudé et solidaire. L’enregistrement se passe dans de bonnes conditions et Paul Rothchild est compétant. Cependant comme Paul Rothchild et Janis Joplin sont exigeants, les choses durent ce qui angoisse la chanteuse.

Le 18 septembre 1970, Jimi Hendrix meurt à Londres d’une overdose, ce même jour, Janis Joplin et Jim Morrison sont ensemble. Ce dernier, qui ne consomme plus que du vin blanc, annonce à sa « vieille copine de beuverie » qu’il renonce à la musique et part vivre à Paris afin d’écrire. Pour une fois, Janis Joplin et Jim Morrison tombent dans les bras l’un de l’autre pour un au revoir qui est en fait un adieu ! Janis Joplin est aussi choquée par la disparition de Jimi Hendrix et tient de propos désabusés, mais la mort a fauché tant de gens qu’elle connaissait que cette réalité l’obsède de plus en plus. Elle finit même par dire au téléphone à Myra Friedman qu’elle se demande ce que l’on dira d’elle après sa mort.

Ses nombreuses petites phrases, sa plongée récente dans la drogue n’inquiètent pas ceux qui la connaissent. Ils sont trop habitués à ces attitudes. Puis Janis Joplin demeure si exaltée par son nouveau disque et par son histoire d’amour qui dure…

Le 1 er octobre 1970, après s’être fait des mèches, Janis Joplin signe un nouveau testament qui remplace celui rédigé en 1968. Dès juillet 1970, Bob Gordon, le conseiller de Janis Joplin explique à la chanteuse qu’elle se doit de modifier son testament. Janis Joplin finit par accepter. Elle lègue la moitié de ses biens à ses parents, un quart à son frère, Michael et un quart à sa sœur, Laura. Le contenu de sa maison -Janis Joplin accorde une valeur affective à ses meubles, bibelots et vêtements- doit revenir à Lyndall Erb qui devra les distribuer aux plus proches amis. Janis Joplin destine une somme de 2 500 dollars à une super fête qui sera donnée en sa mémoire et avec ses principaux amis. Janis Joplin demande à être incinérée, ses cendres devant être répandues au large de San Francisco dans l’océan Pacifique. Dans son testament, elle ne destine rien à Seth Morgan. Elle mentionne même qu’elle n’est pas mariée et n’y songe pas. Pourtant elle a demandé au même juriste de préparer son contrat de mariage ! Après avoir terminé ce nouveau testament, Janis Joplin se rend au studio où elle enregistre a cappella « Mercedes Benz ».

Le 3 octobre 1970, Janis Joplin appelle l’hôtel de ville pour obtenir des précisions sur les actes de mariage. Elle parle de drogue à Lyndall Erb. Elle lui annonce qu’elle en a trouvé mais qu’elle songe à prendre de la Dolophine, car elle désire vraiment en finir avec l’héroïne. Vers le milieu de l’après-midi, Janis Joplin, dans sa chambre, fait affaire avec un dealer. Après une discussion très animée au téléphone, avec Seth Morgan, Janis Joplin se fait une injection. Puis elle se rend au studio d’enregistrement de bonne humeur. Ce soir-là, environ vingt personnes sont présentes dans le studio d’enregistrement : les membres du groupe, les techniciens et des choristes. Nick Gravenites termine la composition de « Buried Alive in the Blues », pendant que le groupe répète. Cependant Janis Joplin n’est pas là pour chanter. Elle participe juste à l’enregistrement de ce chaleureux « Happy Brithday, John (Happy Trails)», cadeau destiné à John Lennon dont l’anniversaire est le 9 octobre. John Lennon recevra cette cassette à New York alors qu’il a déjà appris la disparition de Janis Joplin.

Janis Joplin écoute les rushes enregistrés par les musiciens pendant la journée du 3 octobre 1970. Elle est vraiment enthousiaste en entendant la chanson de Nick Gravenites. Le lendemain, elle doit venir enregistrer sa partie vocale. Paul Rohchild est aussi content et remercie d’ailleurs les musiciens et Janis Joplin pour leur investissement. Ayant déjà réalisé plus de cent albums, il leur déclare que celui-ci sera sans aucun doute l’un des meilleurs.

Juste avant de quitter les studios, vers minuit, Janis Joplin passe un coup de fil à Lyndall Erb qui lui apprend que Seth Morgan a quitté la maison pour une sortie, ce qui l’agace fortement. Avec ses musiciens, Kenny Pearson et Richard Bell, Janis Joplin va au Barney’s Beanery afin de prendre quelques verres. L’ambiance est bonne et Janis Joplin parle avec bonheur de son prochain album. Elle dit aussi que ses musiciens sont extraordinaires.

Vers minuit et demi, les musiciens laissent Janis Joplin dans le hall de l’hôtel et chacun regagne sa chambre. Janis Joplin ne parvient ni à avoir Seth Morgan, ni Peggy Caserta au téléphone. Elle se fait une injection d’héroïne extrêmement pure, puis elle sort de sa chambre. Il est une heure du matin. Elle demande à George Sandoz, le veilleur de nuit, de lui faire de la monnaie, car elle veut s’acheter un paquet de Marlboro au distributeur automatique. George Sandoz la trouve détendue, mais soudainement vieillie. Tous deux parlent quelques minutes, puis se souhaitent bonne nuit. Janis Joplin regagne sa chambre et s’habille pour la nuit. Elle ressent une brusque déflagration dans tout son corps et s’effondre en heurtant un meuble. Elle s’est cassé le nez en tombant. Janis Joplin perd la vie à 1 h 40 le 4 octobre 1970.

Ce même jour, vers 19 h 30, certains s’inquiètent de l’absence de la chanteuse qui aurait dû arriver à 18 h pour enregistrer le dernier titre « Buried Alive in the Blues ». Arrivé à l’aéroport de San Francisco, Seth Morgan s’énerve car il ne parvient pas à joindre Janis Joplin au téléphone et le dit à Paul Rothchild. Ce dernier, qui se trouve en studio, lui apprend que la chanteuse n’est pas venue à 18 h pour son enregistrement. Paul Rothchild téléphone partout afin de savoir où est Janis Joplin, car il estime que ce retard ne ressemble pas à Janis Joplin. Il est inquiet.

Seth Morgan, juste avant de prendre l’avion, appelle John Cooke afin de lui dire qu’il n’arrive pas à contacter la chanteuse et qu’il arrivera à l’aéroport de Burbank. John Cooke le rassure et lui dit qu’on ira le chercher à l’aéroport. Ensuite John Cooke quitte l’hôtel avec Vince Mitchell et Phil Badella. En voyant la voiture de Janis Joplin sur le parking et les rideaux de sa chambre fermés, ils s’inquiètent. John Cooke demande la clé de la chambre de la chanteuse au guichet. Il découvre le corps de Janis Joplin étendu sur le sol. Il appelle aussitôt le conseiller juridique de Janis Joplin, Bob Gordon et le manager, Albert Grossman.

Bob Gordon contacte son beau-frère qui est médecin et qui se rend aussitôt sur place. John Cooke et Bob Gordon annoncent le décès de Janis Joplin au gérant de l’hôtel, Jack Hagys qui prévient, selon la consigne de Bob Gordon, la police. La police arrive discrètement vers 21 heures. Les policiers découvrent de l’alcool, une somme de 94,70 dollars, quelques bijoux, une clé et un portefeuille mais pas de drogue. Le coroner A.L. Lorca examine le corps de Janis Joplin et relève des traces d’aiguilles sur le bras mais ne dit pas si elles sont récentes ou anciennes. Quelques capsules de Dalmane et des cachets contre la douleur sont trouvés. La cause du décès n’est pas confirmée mais il est retenu qu’elle peut être dû à une overdose de Dalmane. Le corps de Janis Joplin est emmené à la morgue afin d’y être examiné à nouveau.

Comme le rapport d’A.L. Lorca apparaît bâclé à l’un de ses collègues, Bob Dambacher effectue une seconde perquisition à l’hôtel, car l’absence de drogue permet de penser que Janis Joplin a été assassinée. Quand il arrive sur les lieux à 11 heures, le 5 octobre 1970, il est accompagné du docteur Thomas T. Noguchi. La chambre est sous surveillance depuis la mort de Janis Joplin. Le policier de garde annonce à Thomas T. Noguchi qu’une aiguille et une seringue ont été retrouvées. Les scellés sont enlevés et les deux hommes trouvent un morceau de coton avec des traces de sang séché, des sangles destinées à serrer le bras, un sachet rouge contenant de l’héroïne, du papier de toilette ensanglanté, le kit de toxico de Janis Joplin. Il n’y a alors plus de doute quant à l’overdose. Une question demeure : pourquoi rien n’a été trouvé la veille ?

Un comportement courant à l’époque consistait, pour les amis de la victime, à faire disparaître les traces de drogue puis à revenir sur les lieux afin d’apporter ce qui n’est autre que la pièce à conviction. Mais la chambre était surveillée, ce qui a permis à quelques-uns de croire que Janis Joplin avait été assassinée par la C.I.A ou le F.B.I., Jimi Hendrix et Brian Jones étant morts dans des circonstances douteuses, mais cela reste à prouver.

Le contenu du sachet rouge est analysé. Le médecin légiste apprend que la quantité de drogue utilisée par Janis Joplin a été minime mais que l’héroïne était pratiquement pure. Thomas T. Noguchi, médecin légiste de Hollywood et coroner principal du comté de Los Angeles, déclare donc qu’il s’agit d’une mort accidentelle par overdose d’héroïne. Des traces importantes d’alcool dans le sang ont aussi été relevées. Un œdème pulmonaire, une congestion des viscères, une importante métamorphose du foie ont aussi été constatés. À cela s'ajoutent d'anciennes traces des perforations dans les veines du bras, ce qui confirme que Janis Joplin avait repris de l'héroïne depuis plusieurs semaines.

Ce même week-end, huit cas similaires d'overdose à l'héroïne ont été relevés à Los Angeles. Cela semble confirmer que l'héroïne vendue à ce moment-là était d'une pureté plus que redoutable. Le nom du dealer à qui Janis Joplin achetait régulièrement son héroïne demeure inconnu. Il semble que ce dealer utilisait les services d'une expert qui coupait cette substance avec du lactose ou de la quinine afin de limiter les risques. Or cet homme n'était pas là ce fameux week-end et l'héroïne vendue tua par sa pureté.

Ces disparitions si rapprochées de stars et d'anonyme de la communauté hippie freinèrent la consommation d'héroïne dans le pays, mais au profit de la cocaïne et d'autres produits.

Hommages et postérité

Lors de son retour du Népal, David Niehaus apprend la disparition de Janis Joplin. Il est profondément triste. À Port Arthur, les parents de Janis reçoivent des condoléances mais aussi, hélas, des coups de téléphones haineux. Certains semblent heureux d'apprendre la disparition de Janis Joplin. La chanteuse avait critiqué vivement sa ville et sa région d'origine et personne ne voulait lui pardonner cela.

Après l'annonce de la disparition de la chanteuse, Sunshine et Linda Gravenites se rendent au studio afin de retrouver Paul Rothchild et les musiciens. Ensemble, ils écoutent avec une grande émotion des extraits de l'album désormais posthume de Janis Joplin. Albert Grossman est même venu. Dave Richards retourne à Larkspur afin d'aider Lyndall Erb. Il s'agit de s'occuper des animaux mais aussi des papiers administratifs consécutifs à un décès. Quelques proches sont là aussi : John Cooke, Peggy Caserta, Paul Rothchild, Kris Kristofferson. Des badauds sont présents autour de la maison. Des journalistes aussi.

La cérémonie funèbre se déroule le 7 octobre 1970 dans l'intimité familiale au cimetière de Westwood Village (comté de Los Angeles). Les parents de Janis Joplin demandent le rapatriement du corps de leur fille à Port Arthur, mais dès qu'ils ont connaissance de ses dernières volontés, ils les respectent. Janis Joplin est incinérée au cimetière du Memorial Park de Westwood Village. Ses cendres sont dispersées d'un avion survolant l'océan Pacifique, non loin de Stinson Beach le 13 octobre 1970.

Selon le testament de Janis Joplin, une fête en souvenir de la chanteuse est donnée le 26 octobre 1970 en soirée au Lion's Share qui se trouve au 60 Red Hill Road, lieu consacré depuis 1966 au folk et au rock. Sur le carton d'invitation était écrit : "Drinks are on Pearl." (i.e. "Les boissons sont pour le compte de Pearl."). Alors on boit, on fume, on rit, on pleure et on évoque des souvenirs. Deux cents personnes sont présentes : Big Brother and the Holding Company accompagné de Chet Helms, C.B.S et Albert Grossman, Laura Joplin (la sœur de Janis Joplin) et des amis comme John Cooke, Dave Richards, Linda et Nick Gravenites… Seul Kris Kristofferson est absent, estimant que rien n'a été fait pour sauver Janis Joplin d'elle-même. Il choisit de lui dédier une chanson, "Epitaph (Black and Blue)", qui figure sur son deuxième album, The Silver Tongued Devil and I.

Les affaires personnelles de la chanteuse sont partagées le week-end suivant entre ses proches amis. Tous reçoivent un précieux souvenir. Les parents de Janis Joplin reçoivent enfin des messages de sympathie du monde entier. Bob Gordon s'occupe des formalités de la succession. Il constate avec étonnement que Janis a tenu ses papiers à jour et avec précision. Toutes ses dépenses sont consignées. Redoutant toujours l'avenir, Janis Joplin avait peur de manquer, c'est pourquoi elle dépensa sans excès. Ses seuls coups de folie furent sa maison de Larkspur et sa Porsche. Cependant Janis Joplin n'a jamais refusé l'aide pécuniaire dont ses amis pouvaient avoir besoin. Le seul budget important de Janis Joplin fut la drogue et l'alcool.

La firme C.B.S. et Albert Grossman passent rapidement du deuil au commerce. Dès février 1971, C.B.S. lance l'album Pearl, le trente-trois tours ayant été déposé chez les disquaires en janvier 1971. Neuf semaines durant, et ce, dès les 27 février, l'album se hisse en tête des charts. Le 45 tours "Me and Bobby McGee" devient numéro un au Billboard. Ce sera le seul tube, hélas posthume, de la courte carrière de Janis Joplin. D'ailleurs ce titre sera repris de très nombreuses fois. Dans l'album Pearl -qui est malheureusement le chant du cygne de Janis Joplin-, la chanteuse déploie sa voix puissante mais blessée, aux riches harmoniques. Cette voix exprime à la fois une douleur insurmontable et une vulnérabilité sous laquelle se cache une agressivit…

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