La direction de Renault poursuit sa politique en faveur de l’actionnariat salarié. Après l’opération « shareplan 2022 » et « shareplan 2023 », elle lance en septembre un « shareplan 2024 ».

Renault se place dans le cadre de la loi Pacte voulue par le ministre de l’économie Bruno Le Maire en 2019. Cette loi a dérèglementé les dispositifs d’actionnariat salarié afin d’inciter les employeurs à « récompenser le travail » sous forme d’actions. L’objectif est que les salariés puissent acquérir jusqu’à 10% du capital de la société qui les emploie.

Avec cette loi Pacte, Macron et ses ministres « pro-business » ont voulu « récompenser le travail » non pas par des hausses de salaire mais en transformant chaque salarié en apprenti capitaliste. Le but est double : drainer davantage d’argent vers les marchés financiers et « intéresser les salariés aux enjeux stratégiques de l’entreprise et à son développement »... boursier. En clair, il s’agit que les travailleurs se prennent au jeu du boursicotage et réagissent non plus comme des salariés mais comme des actionnaires.

Un miroir aux alouettes car fondamentalement le salarié reste soumis au lien de subordination envers son employeur. La loi sur le partage de la valeur de 2023 a encore assoupli le régime des attributions gratuites d’actions (AGA) aux salariés et mandataires sociaux depuis le 1er décembre 2023.

Les Mécanismes et les Limites de l'Actionnariat Salarié

Les actions proposées aux salariés ont d’abord été rachetées sur le marché boursier par le groupe Renault. Or le rachat de ses propres actions a aussi pour effet de soutenir leur cours.

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Les actions acquises dans les plans d’actionnariat et leurs dividendes éventuels sont bloqués 5 ans et ne donnent pas de pouvoir d’achat immédiat. Le placement est aussi soumis aux aléas de la Bourse et peut se révéler perdant.

D’autre part, tous les salariés ne sont pas égaux dans l’attribution d’actions. Quand le salarié de base se retrouve avec quelques dizaines d’actions, la direction de Renault en verse des milliers aux cadres dirigeant. En 2023 en plus du « shareplan », la direction a également mis en oeuvre un plan de « co-investissement » censé récompenser les plus méritants d’entre eux.

Renault a ainsi attribué 78 495 actions à 165 cadres dirigeant (hors Luca De Meo), soit 475 actions par cadre dirigeant. Quant aux membres du Comité Exécutif de Renault, ils reçoivent en plus des milliers d’actions de performance.

Illusion de Pouvoir et Réelle Influence

Le supposé pouvoir que ces actions donneraient aux salariés sur la marche de l’entreprise est également une illusion. Même en ayant 10% du capital, les salariés resteraient largement minoritaires lors des votes de l’assemblée générale annuelle des actionnaires. Pas de quoi peser sur les décisions de sa direction en cas de désaccord.

Un salarié reste subordonné à son employeur et n’a pas les mêmes intérêts qu’un actionnaire. Mais quelques actions gratuites ne permettent ni de payer ses factures, ni de peser sur les orientations de l’entreprise.

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