Enzo Ferrari fonde son entreprise de voiture de sport en 1947. Basé à Maranello, près de Modène, les installations deviennent rapidement un berceau de l'automobile sportive et un véritable mythe. Cette entreprise où la course et les modèles de série sont étroitement imbriqués a vu naître de véritables chefs d'œuvres arborant le logo au cheval cabré, comme les 250 GTO de 1964, la 330 P4 ayant participé aux 24 H du Mans ou la Daytona.

Les modèles emblématiques

Ferrari 250 Testa Rossa

Testa Rossa, signifiant « tête rouge » en italien, est le surnom affectueux donné par les passionnés de voitures de collection. Ce nom découle de la couleur rouge des couvercles de soupapes du moteur V12 de 3,0 litres logé sous le capot plongeant. Seulement 34 exemplaires de la 250 TR ont été fabriqués entre 1957 et 1961. La 250 TR a triomphé à plusieurs reprises aux 24 Heures du Mans, notamment en 1958, 1960 et 1961. Une 250 TR a également remporté les courses de Buenos Aires et Sebring, pilotée par Phil Hill et Peter Collins. En 2009, un exemplaire de ce modèle a été vendu aux enchères pour 12,2 millions de dollars.

Ferrari 250 GTO

GTO est l’abréviation de Gran Turismo Omologato, avec « homologato » traduisible par « homologation ». Cette voiture de route issue de l’univers des courses a fait une entrée fracassante après la présentation de la séduisante Type E de Jaguar au salon de l’automobile de Genève en 1961. Développée à partir de la 250 SWB par l’ingénieur Giotto Bizzarrini, elle a subi un renforcement du châssis et des modifications au niveau du moteur V12 de 3,0 litres pour atteindre une puissance de 300 chevaux. Elle pouvait également atteindre une vitesse de pointe de 280 km/h. Seuls 39 exemplaires de la 250 GTO ont été fabriqués entre 1962 et 1964.

Ferrari 275 GTB

La 275 GTB représente une icône des années 1960. Conçue par Pininfarina, la 275 GTB est largement saluée comme l’une des plus belles créations de Ferrari. Elle annonce ainsi ce que la marque allait produire au-delà du monde de la course : des voitures de route qui redéfinissaient constamment le design des voitures de sport. La 275 hérite de la lourde mission de succéder à la lignée des 250. Question style, Pininfarina fait encore mouche. D’ailleurs, laquelle de ses œuvres a-t-elle déjà déçu ? Pour la technique, petite révolution, avec l’adoption des roues indépendantes.

Ferrari Dino 206/246 GT

Alfredo « Dino » Ferrari, fils regretté d’Enzo, a été chargé de concevoir une voiture de sport plus abordable, dotée d’un moteur V6 de 2,0 litres, sans pour autant altérer la réputation de la marque Ferrari. Un projet de Pininfarina a été réalisé par Scaglietti, et cette voiture a l’honneur d’être la première Ferrari à avoir un moteur central. Cette configuration allait devenir la norme à Maranello. Cependant, Enzo n’était pas satisfait du fait que la voiture n’ait que six cylindres, donc son nom n’a pas été associé à cette machine.

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Ah, que n’a-t-on écrit sur la Dino ! La controverse ne portait jamais sur les voiture elle-même d’ailleurs, mais sur des considérations politiques, émotionnelles ou de principes. L’histoire commence par une incroyable statistique : Ferrari aura produit exclusivement des moteurs V12 pendant 27 ans. Pas le moindre V6 ou V8 durant cette période, sauf pour cette 246… qui de fait, n’a jamais porté l’emblème au cheval cabré, mais le logo Dino, du fils d’Enzo disparu en 1956. Ce qui amène à une autre controverse. On savait l’ingegnere réfractaire au moteur arrière, plus encore après l’arrivée de la Miura, et il aura baptisé la première de sa gamme du nom de son fils chéri. Etrange décision, même si Dino Ferrari était un brillant ingénieur qui commença à travailler sur un 6 cylindres.

Ferrari 308 GTB

On dit que la 308 GTB est celle qui a permis à Ferrari de devenir une entreprise viable. En effet, la 308 a connu un immense succès, restant en production pendant une décennie et devenant la voiture emblématique pour de nombreux passionnés d’automobile entre 1970 et 1980. Malgré le fait que les normes des supercars aient changé, la 308 demeure un objet qui incarne l’élégance.

Ferrari 330 P4

La 330 P4 a été produite en seulement quatre exemplaires, en réponse à la GT40 de Ford qui dominait les circuits d’endurance et défiait Ferrari. Construite en 1967, la 330 P4 est propulsée par un moteur V12 de 450 chevaux. Trois voitures ont été entièrement construites à partir de zéro, tandis que la quatrième a été assemblée sur la base d’un ancien châssis P3. Les efforts ont été couronnés de succès et la 330 P4 a remporté la première place à Monza en 1967, suivie d’une deuxième et d’une troisième place au Mans. Pour terminer avec une victoire aux 24 heures de Daytona en 1967.

Ferrari 365 Daytona

Après avoir cédé à la révolution du moteur arrière en Formule 1, puis au Mans sous la pression de ses concurrents (et des mauvais résultats des voitures de la scuderia à moteur avant), il s’entêta à conserver sa vieille architecture pour les modèles de série. Plus pour des questions de principe, que technique. Car sur la route, un certain Ferrucio Lamborghini, constructeur de tracteur de son état, venait de présenter un chef d’œuvre avec la Miura dont la mécanique était bien sûr implantée à l’arrière. Mais après avoir affirmé pendant des années que « le cheval tire la charrue, il ne la pousse pas », Ferrari ne pouvait pas changer d’avis trop rapidement. C’est ainsi que fut présentée la Daytona en 1968, avec pour principales qualités une tenue de cap royale et une certaine efficacité en grande courbe. Quand Ferruccio Lamborghini ait présenté la Miura au monde, Ferrari s’est attelé à créer une réponse à cette première supercar. Cependant, Maranello n’a pas simplement opté pour une imitation de la Miura à moteur central. Un simple coup d’œil sous le capot de cette GT allongée révèle que Ferrari n’était pas disposé à abandonner son moteur avant et de propulsion arrière. Son V12 a permis à la 365 de dominer les 24 heures de Daytona en 1967, terminant sur le podium. Lui valant ainsi le surnom qu’elle porte encore aujourd’hui. Malgré la production de 1200 unités, un nombre élevé, la valeur de la Daytona n’a pas été entamée.

Et voici la Ferrari la plus longue de l’histoire. Avec 4,98 m (une LaFerrari mesure 4,70 m), la 365 GT doit « en mettre plein la vue », dans la même logique que la Superfast qu’elle remplace. Du coup, les deux passagers arrière disposent d’un bel espace pour les jambes, mais pas pour la tête, qui cogne contre la lunette ; l’ingénieur « Ergonomi » ne travaillait pas encore chez Ferrari. Toujours dans un souci de vitrine technologique, la 365 recevait une suspension oléopneumatique, inédite sur une sportive, et une direction assistée hydraulique.

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Ferrari 288 GTO

Ferrari a produit 272 exemplaires de la 288 GTO entre 1984 et 1987, afin d’entrer dans une nouvelle catégorie de compétition : le groupe B des courses sur circuit. Basée sur la 308 GTB, la 288 était équipée d’un puissant moteur V8 turbocompressé de 400 chevaux, un véritable monstre de performance. Comme la série de courses prévue n’a jamais vu le jour, les 272 unités ont été exclusivement utilisées sur route. À l’exception d’une seule, toutes ces voitures ont quitté l’usine de Maranello avec la célèbre peinture rouge Ferrari, tandis que la dernière a été peinte en noir.

Ferrari F40

Voici la dernière Ferrari à laquelle Enzo Ferrari a apporté sa touche personnelle. Cette voiture de course homologuée pour la route développait 470 chevaux et était propulsée par un moteur V8 turbocompressé. Elle en a fait la première Ferrari à franchir la barre des 324 km/h lors de sa sortie en 1987. La carrosserie a été conçue par le carrossier Pininfarina, afin de l’alléger au maximum, peu de peinture a été utilisée révélant la structure en carbone. L’objectif initial était qu’Enzo demande à son équipe de créer la « meilleure voiture du monde ». Une voiture non conçue pour le confort mais pour la vitesse et les performances.

L'évolution de Ferrari

Ferrari s'est progressivement rapproché du géant Fiat par des accords techniques en 1965 avant de devenir une de ses filiales. De quoi survivre à la mort de son fondateur en 1988 et à une période difficile dans les années 90. Aujourd'hui, les ventes de Ferrari ne se sont jamais aussi bien portées grâce à une gamme performante et aux succès acquis en Formule 1.

Longtemps, une Ferrari pouvait se résumer à un moteur qui chante comme une diva, installé dans une sublime carrosserie. Le monde à l’envers. Entre le styliste Battista Pininfarina et l’ingegnere Enzo Ferrari, le plus audacieux techniquement n’est pas celui que l’on croit. Ainsi, c’est le designer qui, le premier, se préoccupa des contraintes aérodynamiques.

Au mitan des années soixante, la scuderia Ferrari est engagée dans pratiquement tous les programmes de compétition. La soif de victoires et de titres du commendatore semble sans limite : Formule 1, 24 H du Mans, Tour Auto, Mille Miglia et même les grandes courses américaines. Une folie financière qui oblige les ateliers de Maranello à produire toujours plus d’exemplaires.

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Ainsi, le rôle des modèles de route dans l’entreprise évolue vers une notion d’investissement : dépenser beaucoup d’argent dans leur conception permet d’augmenter leurs ventes, donc les profits de la marque, donc les budgets destinés à la course. C’est ainsi que Ferrari a toujours pu se mesurer sans le moindre complexe à des géants comme Alfa Romeo (à l’époque), Mercedes, Ford ou plus récemment, Renault. Un luxe que Porsche était incapable de se permettre à l’époque, y compris dans les années soixante-dix et quatre-vingt, où la marque de Stuttgart devait trouver de généreux sponsors pour s’aligner en course dans de bonnes conditions.

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