Les lignes qui vont suivre ont pour unique vocation d'aider les lecteurs à comprendre les systèmes d'immatriculations des véhicules utilisés par les armées françaises qui seront évoqués sur le site dans la mesure du possible.
Historique des Immatriculations Militaires
En 1896, la "Commission Militaire des Automobiles" est créée et est présidée par le Général Lambert, Directeur de la Section Technique de l'Artillerie. Les grandes manœuvres de 1897 voient véritablement le premier usage d'un véhicule automobile dans l'armée française.
À partir de 1898, la commission s'associe aux concours automobiles organisés par l'Automobile Club de France et envoie des délégations aux Salons de l'Automobile de Paris. Les militaires souhaitent s'informer des progrès techniques de ce moyen de transport. En 1902, est publié une note portant "Instruction sur l'emploi des automobiles dans les quartiers généraux pour les manœuvres et voyages d'état-major".
En 1905, l'Automobile Club de France organise des tests destinés pour la première fois aux expérimentations militaires de camions. Entre Août et Décembre 1914, près de 15.000 véhicules civils furent réquisitionnés par l'armée française et ré-immatriculés.
Les 1°, 2°, 6°, 20° et 21° régions militaires n'ont pas utilisées les lettres de réquisitions car les véhicules concernés étaient situés dans la zone des armées et ont été directement immatriculés dans le système militaire. L'Algérie a fourni des véhicules dont on ne peut certifier s'ils ont porté la lettre correspondante.
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Il fallait identifier les véhicules déjà en usage ainsi que tous ceux à venir afin de gérer au mieux l'affectation et l'entretien. C'est à ce moment que fut décidé de la création de la série numérique, à la fin de novembre 1914. Dès ce moment et jusqu'au 1er trimestre de 1915, la priorité fut de recenser les véhicules en service au niveau le plus bas, les SAA.
En dehors du système numérique mis en place, il est bon de rappeler que la réquisition est utilisée tout au long de la guerre. Les réquisitions étaient organisées au niveau de la Région Militaire. Une instruction de l'Etat-major prévoyait que les véhicules réquisitionnés devaient prendre une immatriculation spéciale, consistant en une lettre caractérisant la région militaire, suivie d'un numéro de série. Au tout début de la guerre, la disposition ne fut pas appliquée.
Ce fut vers la mi-1915 que les services automobiles de l'intérieur eurent terminé de réimmatriculer avec le format de réquisition. Le Dépôt de Matériel Automobile et de Personnel (DMAP) est une entité à vocation nationale ayant pour but la réparation, le reconditionnement ou la transformation de véhicules non neufs. Les camions affectés à cette entité pour l'entraînement des conducteurs avaient une immatriculation distincte représentée par les lettres DMAP suivies d'un numéro de série dans les séquences 1000 ou 2000.
Le décret du 31 décembre 1922 redéfini les règles d'attribution des immatriculations des véhicules en services dans les armées. Un drapeau III précède 1 à 5 chiffres en blanc sur fond noir, attribués par tranches aux différents constructeurs selon les marchés. Ces immatriculations sont reprises dans le GBM n° 3 où François Vauvillier présente un dossier exceptionnel d'une centaine de pages.
A cette époque, des différences intéressent les immatriculations militaires utilisées dans les colonies et mandats français. La tranche de 1 à 2000 a été principalement affectée au Levant (Syrie et Liban), celle de 4001 à 5000 à l'Algérie et la Tunisie et celle de 6001 à 8000 au Maroc. Le système d'immatriculation étant épuisé 15 ans après sa création, l'arrêté du 16 avril 1938 prévoit qu'un M précède le même ensemble.
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De septembre à décembre 1939, près de 290.000 véhicules civils sont réquisitionnés. Les véhicules sont repeints et réimmatriculés dans des séries ou une lettre et une tranche numérique caractérisent la Région Militaire. Lors de la signature de l'armistice du 22 juin 1940 signé entre le régime de Vichy et l'occupant, le lieutenant-colonel Mollard, chef du CDM (Camouflage Du Matériel) va redonner une immatriculation civile à des milliers de véhicules réquisitionnés afin d'affaiblir l'occupant.
La note du 4 juillet 1940 instaure un système d'immatriculation inédit d'apparence civile. En 1939 et 1940, des véhicules ont été immatriculés à Paris avec un préfixe DP (Défense Passive). A partir de 1942, les Forces Françaises Libres en Afrique du Nord ajoutaient les lettres FFL devant le drapeau pour différencier leurs véhicules avec ceux du régime de Vichy.
Suite aux accords de la conférence interalliée de janvier 1943, plus communément appelés accords d'ANFA, définissant le réarmement de l'armée française d'Afrique et la dissolution de l'armée d'armistice, la France Libre bénéficie du prêt-bail. La DM n° 01660 31/DGM du 8 novembre 1944 unifie toutes les immatriculations antérieures des véhicules de l'armée française, qu'il s'agisse d'engins de commandes militaires anciennes, de réquisition ou de prise.
Ceux livrés en Afrique du française du Nord par les Américains au titre du prêt-bail et ceux de provenance alliée affectés par le centre de répartition du matériel allié à Angers sont exclus de cette réforme. III IC 95 000 à III IC ..
Du fait des circonstances dues à la régularisation des unités des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI), le système de 1944 avait été établi sur une base régionale, chaque Région Militaire disposant de son propre registre, un double étant destiné à l'administration centrale à Paris avec mise à jour mensuelle. En 1947, la gestion des immatriculations relève uniquement de l'administration centrale. Dès lors, les lettres préfixes des RM disparaissent.
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De plus, pour l'Armée de l'Air et la Marine, le deuxième chiffre est obligatoirement un 3 (Air), ou un 4 (Mer). Mais la présence du chiffre 3 en deuxième position ne signifie pas obligatoirement que le véhicule appartient à l'armée de l'air et ce principe se confirme également pour le chiffre 4.
A partir de 1960, tout véhicule automobile, remorque ou semi-remorque d'un poids total en charge supérieur à 50 kilogrammes doit être muni à l'avant et à l'arrière de plaques de contrôle dites plaques d'immatriculation. Les remorques, semi-remorques et motocyclettes ne sont munies que de la plaque arrière. Ces plaques reçoivent le numéro d'immatriculation qui doit être précédé d'une bande tricolore (bleu, blanc, rouge) symbole de la nationalité.
Les véhicules automobiles dépendant du Ministère de la Défense sont immatriculés dans une série particulière comprenant les véhicules des armées de terre, mer, air et services communs. Tout véhicule reçoit un numéro d'immatriculation à 7 chiffres jusqu'en 1979, à 8 chiffres à partir du 1er janvier 1980.
L'instruction n° 19600/DEF/SIMMT/SDTL/BEQT relative à la mise en œuvre de la gestion logistique des biens du milieu terrestre du 22 avril 2014 défini le nouveau champ d'uilisation des immatriculations militaires. Le numéro d'immatriculation est propre à chaque MOA, grands services ou directions et les registres sont détenus par le SIMMT. Le premier chiffre de l'immatriculation est soit dédié à chaque MOA, grand service ou direction, soit commun à certains d'entre eux si le volume du parc est moins significatif.
Les Troupes d'Occupation en Allemagne (TOA)
Grâce à l'insistance des alliés occidentaux, la France finit par obtenir une zone d'occupation en Allemagne qui lui soit propre, y compris dans l'ancienne capitale du Reich. Au début de cette période les matériels roulants de ce qu'on appelle les troupes d'occupation en Allemagne (TOA) sont constitués de véhicules américains équipant les forces françaises, auxquels s'ajoute des véhicules de prise récupérés dans les dépôts de l'ex-armée allemande.
A partir de 1946, les usines automobiles d'outre-Rhin recommencent à produire des véhicules qui sont des modèles de la période de guerre. Le gouvernement ouest-allemand est financièrement mis à contribution par le biais d'indemnités journalières destinées à l'entretien des troupes d'occupation. Les sommes attibuées aux Forces Françaises en Allemagne et en Autriche selon l'appellation adoptée en 1954, sont dépensées sur place et permettent des commandes importantes et variées. L'économat des FFA, organisme miltiaire soutenant aussi bien la troupe que les familles en garnison, mettra en oeuvre un parc important de matériels, le plus souvent d'origine française.
Identification des Plaques d’Immatriculation Militaires Françaises
Vous vous êtes déjà demandé comment identifier une plaque d’immatriculation militaire française et ce que ses détails révèlent ? Ce guide est fait pour vous. Décortiquons ensemble les différents aspects d’une plaque militaire : ses couleurs et symboles, la manière de lire les informations qu’elle porte, comme l’année d’immatriculation, le service d’appartenance et le type de véhicule, mais également les codes affectés aux différentes divisions de l’armée française… On vous dit tout !
Formes et couleurs de la plaque militaire
Saviez-vous que la couleur et la forme d’une plaque d’immatriculation militaire française peuvent vous en dire long sur l’année d’immatriculation du véhicule ? En fonction de l’année à laquelle le véhicule a été immatriculé, vous pourrez observer trois combinaisons principales de couleurs et de caractères :
- Caractères blancs sur fond noir : ce style classique et facilement reconnaissable était très répandu à une époque.
- Plaque d’immatriculation à fond jaune et caractères noirs : moins courante, cette combinaison indique des fonctions ou des périodes d’immatriculation particulières au sein de l’armée.
Symboles et logos : identifier une plaque d’immatriculation militaire
La plupart du temps, les plaques d’immatriculation militaires incluent un drapeau français ou un logo militaire intégrant le drapeau français. C’est à ce symbole qu’on les reconnaît au premier coup d’œil.
Chaque branche de l’armée est représentée par un logo unique, qui incarne les valeurs de la division qu’il symbolise :
- Armée de l’Air : le logo se compose d’ailes stylisées qui évoquent la liberté, la vitesse et l’élévation.
- Armée de Terre : représentée par une épée incorporant le drapeau tricolore, ce logo symbolise la force, le courage et la détermination des forces terrestres.
- Gendarmerie : le logo se compose d’une grenade noire et du drapeau français.
- Marine Nationale : signe distinctif : une ancre noire croisée avec le drapeau tricolore. Ce logo symbolise la mission de la Marine en tant que gardien des mers et océans. L’ancre symbolise la stabilité, la sécurité et la profondeur des engagements maritimes de la France.
Comment lire une plaque d’immatriculation militaire ?
Les plaques militaires ne sont pas seulement une série de chiffres et de lettres au hasard ; elles portent en elles des informations précises sur le véhicule qu’elles identifient.
Les 4 premiers chiffres
La plaque d’immatriculation d’un véhicule militaire français commence par une séquence de quatre chiffres, chacun ayant sa propre signification :
- Premier chiffre : le service d’appartenance. Ce chiffre indique à quelle branche de l’armée le véhicule appartient.
- Deuxième et troisième chiffre : l’année d’immatriculation. Ces deux chiffres révèlent l’année pendant laquelle le véhicule a été enregistré.
- Quatrième chiffre : le genre du véhicule. Ce chiffre renseigne sur le type de véhicule : véhicule de transport, engin blindé ou tout autre catégorie. Ce numéro aide à identifier la fonction principale du véhicule au sein de l’armée.
Quant aux quatre derniers chiffres de la plaque, ils n’ont pas de signification particulière et servent à différencier chaque véhicule.
Le service d’appartenance
On vous l’expliquait un peu plus haut, le premier chiffre de la plaque d’immatriculation permet de savoir de quel service de l’armée un véhicule dépend.
- 9 : Services généraux
Avec les plaques d’immatriculation militaires, chaque détail a son importance !
Plaques d'identité militaires
Jusque-là inexistante dans les rangs de l’armée française, l’idée de plaque d’identification est née aux États-Unis, au cours de la guerre de sécession. Adoptée en Allemagne dès 1869, ce n’est qu’en 1874 que la mise en place d’une plaque d’identification pour le soldat français est évoquée (traité d’hygiène militaire du médecin G. Morache).
Elle sert à identifier les tués. Le modèle 1881 a la forme d’un ovale de 3,5 cm sur 2,5. Le 12 octobre 1883, une circulaire du ministère de la guerre diminue et simplifie les inscriptions présentes sur la plaque.
Au début de la guerre, le soldat n’en perçoit qu’une réalisée en aluminium. Il la porte autour du cou grâce à un cordon noir plat. Le 14 mai 1915, il est décidé de fournir à chaque homme une seconde plaque d’identité comportant les mêmes inscriptions que la première. En cas de décès, une plaque est jointe à l’acte de décès alors que la seconde reste sur le corps.
Rapidement, les hommes prennent l’habitude de porter cette nouvelle plaque au poignet, montée par leurs soins sous forme de bracelet. Cette mesure leur parait nécessaire en raison du grand nombre des décapités dont on ne retrouve pas la plaque. En 1917 est mise à l’étude une plaque d’identité avec pour objectif de réunir les 2 plaques en une. Cette nouvelle plaque est adoptée le 12 juillet 1918, trop tard pour être distribuée significativement au cours du premier conflit mondial. La plaque d’identité modèle 1918 sera massivement distribuée à partir des années 1920.
LA PLAQUE MODÈLE 1950
La plaque modèle 1918 va être distribuée règlementairement jusqu’à la fin des années 1940 et l’apparition d’un nouveau modèle de plaque d’identité.
Bien plus grande, la plaque modèle 1950 est en quelque sorte un retour en arrière puisqu’elle est destinée à être portée autour du cou. Toujours sécable, la forme est arrondie sur les 2 cotés qui reçoivent le trou pour le passage de la chainette.
Les inscriptions évoluent, notamment au niveau du matricule. Le numéro de matricule est plus complet. Il contient les informations disparues par rapport à la plaque modèle 1918.
LA PLAQUE MODÈLE 1993
Au début des années 1990, décision est prise de modifier la forme de la plaque d’identité. Après 40 années de service la plaque modèle 1950 laisse sa place à la nouvelle plaque modèle 1993.
Dans le fond, pas de changement particulier. Les deux bords arrondis s’aplanissent et c’est tout. Le contenu n’évolue pas non plus. Sur les plaques modèle 1950, le groupe sanguin est rajouté.
Extrait de l’instruction N° 3426 du 14 août 2003 relative au marquage et au port de la plaque d’identité.
Généralités :
Dès son entrée en service, tout militaire est doté d’une plaque d’identité, y compris les militaires de la réserve. En temps de crise ou de guerre, le port est obligatoire. Pour les théâtres d’opérations extérieures (OPEX), le port est prescrit par le commandement de la force d’action terrestre. Ce port est obligatoire dès l’embarquement sur voie aérienne militaire et vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant la durée de la mission.
Les maîtres ouvriers cordonniers, équipés d’une machine à graver électronique, sont chargés de la gravure des plaques d’identité.
Les plaques d’identité et les chaînettes sont fournies par le commissariat de l’armée de terre.
Lorsqu’un militaire est décédé au cours d’une opération, la partie détachable est jointe aux valeurs et objets personnels, en vue du règlement de la succession. La partie de la plaque liée à la chaînette reste avec le corps afin d’identifier celui-ci. Dans les autres cas (départ à la retraite, atteinte de la limite d’âge, décès par maladie ou accident…), la plaque d’identité est conservée dans le dossier de l’intéressé.
Lorsque le dossier du personnel est expurgé, les plaques d’identité sont reversées aux établissements ravitailleurs du CAT (ERCAT) pour être dénaturées puis éliminées comme vieille ferraille.
La plaque d’identité modèle 1993 est percée sur sa médiane, une ligne de trous permettant de la plier et de la séparer en deux parties égales.
Sur la première ligne margée à gauche et à droite,
- margée huit (8) millimètres à gauche : la mention OFF s’il s’agit d’un officier,
- margée huit (8) millimètres à droite : le groupe sanguin (A, B, O ou AB) établi après une seconde détermination, suivi, avec un intervalle d’écart :
- de la mention NEG pour les sujets à facteur rhésus négatif,
- de la mention POS pour les sujets à facteur rhésus positif.
Sur la seconde ligne éventuellement sur la troisième ligne margée au centre, dans l’ordre, le nom suivi du premier prénom de l’état civil. La marine nationale utilise les plaques modèle 1918 pour ses matelots. Sa carrière va être longue puisque distribuée au moins jusqu’à la fin des années 1970. Il existe toutefois une petite différence par rapport à la plaque modèle 1918 de l’infanterie, il faut compter les trous. Les plaques de la marine comportent 11 trous pour la cassure alors que celles de l’infanterie n’en ont que 10.
Au début des années 1960, les lettres des bureaux de recrutement sont remplacées par des chiffres. les anciens bureaux maritimes aient quitté le service. Avant 1934, les plaques d’identité utilisées sont du modèle 1918 de l’armée de terre. A partir de 1934 et de la création de l’armée de l’air, la donne change.
Les informations manquent mais il semble que des plaques rondes, à porter autour du cou, aient fait leur apparition en 1936. Le contenu : Contrairement à l’armée de terre, c’est l’année de naissance du porteur et non sa classe qui est indiquée. La mention « armée de l’air » figure toujours du côté du « matricule ». Le « matricule » est en fait un NIA ou Numéro d’Incorporation Air.
Marquage Direct et Normes
La flexibilité offerte par les machines de marquage ouvre la possibilité d’adapter rapidement les opérations à des volumes variables, du prototypage aux grandes séries. Dans le secteur de la défense, le marquage direct des pièces et équipements est strictement encadré par un ensemble de normes rigoureuses.
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