Bien qu'il ait eu lieu il y a bientôt 67 ans, le drame qui s'est produit aux 24 Heures du Mans 1955 reste encore aujourd'hui l'accident le plus meurtrier de l'Histoire du sport automobile. Cet événement tragique a marqué à jamais l'histoire de l'endurance automobile et a eu des répercussions profondes sur le sport automobile en général.

Le Contexte de la Course

L'épreuve promet d'être disputée dans la catégorie 5 litres puisqu'on y trouve notamment trois Mercedes 300 SLR, trois Jaguar Type D (plus deux autres châssis engagés par des équipes clientes) et trois Ferrari 121LM. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les monoplaces n'ont cessé de gagner en vitesse. Mais les circuits, eux, sont restés sensiblement les mêmes. La différence de vitesse entre les monstres de 5 litres et les bolides plus modestes est également source d'inquiétude.

Le jour du départ, samedi 11 juin, ce sont 250 000 personnes qui se pressent aux abords du Mans pour assister au plus grand évènement automobile mondial de l'année. Soixante pilotes sont au départ, face aux stands, prêts à bondir dans leur voiture en voyant le drapeau s'abaisser.

Pierre Levegh et la Mercedes 300 SLR

C'est donc au volant d'une puissante Mercedes 300 SLR, directement dérivée du modèle de Formule 1, que Levegh s'engage au Mans en 1955. Ce Français de 49 ans, qui pilote depuis la fin des années 1930, s'est fait grandement remarquer aux 24 Heures du Mans 1952 en tenant en respect les Mercedes 300 SL… seul. En effet, à une époque où le nombre d'heures au volant n'était pas limité, Levegh a été le seul pilote au volant de la Talbot-Lago T26 GS frappée du numéro 8.

Le Drame du 11 Juin 1955

À 18h28, alors que les meneurs sont dans leur 35e tour de course, Hawthorn se prépare à regagner les stands avec une courte avance sur le Maestro. Le futur Champion du monde F1 1958 va à gauche, effectue son dépassement puis se rabat sur la droite, où se situent les stands. Possiblement en train de surveiller l'arrivée d'une autre voiture de tête dans ses rétroviseurs, Macklin est surpris par le freinage d'Hawthorn. Resté dans le sillage d'Hawthorn après avoir perdu un tour, Levegh n'a nulle part où aller.

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Tandis que Macklin est envoyé dans les stands, fauchant plusieurs personnes, le carénage et le fond plat de la Mercedes ne font qu'aggraver l'envol de Levegh. Et c'est contre un muret en béton situé quelques mètres plus loin, que la voiture s'écrase et s'enflamme instantanément, le magnésium du châssis nourrissant d'énormes flammes blanches aveuglantes. Le choc contre le mur a pulvérisé la Mercedes et de nombreux éléments, notamment le bloc moteur, sont envoyés à pleine vitesse dans la tribune voisine.

Officiellement, plus de 120 personnes sont blessées. Le drame ne fait malheureusement que commencer. Un commissaire de police décrit une scène rappelant celle « consécutive à un bombardement ». Dans son courrier adressé le 18 juin au cabinet du préfet de la Sarthe, le divisionnaire détaille un « sol couvert de débris divers et de corps étendus, gisant disséminés ou par groupes, presque tous atteints à la tête ou à la partie supérieure du corps. Parmi les témoins et les spectateurs de cette scène, il n’y avait ni cris, ni panique mais une stupeur muette, anxieuse. »

À l’endroit de l’accident, Pierre Levegh roule à 260 km/h environ. La Mercedes était lancée : à cette époque n’existait pas le virage du Raccordement que les voitures actuelles franchissent à 120 km/h. En 1955, les bolides de pointe n’ont que la courbe rapide de Maison blanche pour les ralentir, la piste débouchant sur la ligne droite des stands après une légère courbe à droite.

Alors que les caméras offrent une retransmission en direct pour la première fois, l’enfer règne sur une portion que le gendarme Gérard Riquet évalue à 500 m2. Le chef d’escadron observe « 200 corps, morts ou blessés, étendus les uns sur les autres dans un chaos indescriptible. »

Selon les sources, 82 personnes périssent dans la catastrophe.

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Conséquences et Retrait de Mercedes

Aussi étrange que cela puisse paraître, le drame qui vient d'avoir lieu au Mans, l'accident le plus meurtrier de l'Histoire, ne provoque pas l'arrêt de la course. Très rapidement, l'état-major de Mercedes-Benz prend connaissance de l'accident et, vers 1h du matin, il est décidé de faire rentrer au stand les deux autres voitures. Si Hawthorn remporte finalement la course, son succès est évidemment éclipsé par le drame qui s'est produit la veille.

Suite à cette tragédie, Mercedes se retire du sport automobile pour trente ans. Compte tenu de sa violence, l'accident du Mans fait le tour du monde. Plusieurs pilotes présents ce jour-là décident de raccrocher leur casque à la fin de la saison, dont Lance Macklin. La popularité des sports mécaniques chute en flèche et l'été est marqué par l'absence de grande épreuve : la manche suivante du Championnat du monde des voitures de sport, au Nürburgring, est annulée, de même que les Grands Prix de France, d'Allemagne, d'Espagne et de Suisse en Formule 1.

La Mercedes 300 SLR Uhlenhaut Coupé

Parmi les automobiles les plus convoitées de l’histoire, rares sont celles à incarner à la fois la performance absolue, la beauté racée et la légende tragique. La Mercedes 300 SLR coche toutes les cases. Ce bolide unique au monde, produit à seulement deux exemplaires pour sa version « Uhlenhaut Coupé », a bouleversé l’histoire de la course… avant de devenir l’une des voitures les plus chères jamais vendues.

Même base technique, mais avec une aéro revue, cette auto est prévue pour être le fer de lance de Mercedes en endurance. Deux exemplaires sont fabriqués mais la tragédie du Mans en 1955 entraîne le retrait de la firme à l’étoile de toute compétition.

Vente Record en 2022

En mai 2022, Mercedes décide de vendre l’un des deux exemplaires. Une vente privée orchestrée avec Sotheby’s, à huis clos, au musée de Stuttgart. L’acheteur reste anonyme, mais le montant est public : 135 millions d’euros, soit environ 140 millions avec les frais. C’est tout simplement la voiture la plus chère jamais vendue.

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Les sources d’Hagerty, apparemment recoupées, parlent de 135 millions d’euros ! La Mercedes-Benz 300 SLR Ulhenhaut est l’auto la plus chère du monde avec un prix de 135 Millions d’euros. L’heureux acheteur ? C’est Simon Kidston, le marchand qui avait réuni 7 McLaren F1 lors du dernier Rétromobile.

La Mercedes 300 SLR n’est pas qu’une voiture. C’est une légende roulante. Un mélange de brutalité technique et de grâce esthétique. Son histoire tragique, son exclusivité, son héritage sportif… tout contribue à l’aura presque mystique de ce modèle.

Mercedes-Benz Classic au Mans Classic 2012

A l'occasion de l'édition 2012 de la manifestation Le Mans Classic, du 6 au 8 juillet, Mercedes-Benz reviendra sur le retour triomphant de la marque dans l'histoire du sport automobile, il y a 60 ans. Les 14 et 15 juin 1952, Herrmann Lang et Fritz Rieß remportent les 24 Heures du Mans, suivis par leurs coéquipiers Theo Helfrich et Helmut Niedermayr.

A l'occasion du Mans Classic 2012, Mercedes-Benz Classic nous fait revivre la double victoire aux 24 Heures du Mans en 1952 : trois voitures de course 300 SL d'origine seront présentes à ce rendez-vous de renommée internationale consacré à l'histoire du sport automobile.

Les Voitures de Course Mythiques

  • Le plus ancien SL au monde (numéro de châssis 2 - le numéro 1 fut détruit par l'usine).
  • Le 300 SL portant le numéro de châssis 5, qui participa notamment à la course Carrera Panamerica en 1952.
  • Le véhicule utilisé pour les essais de la Carrera Panamerica de 1952 (châssis numéro 6).

Ces voitures de course mythiques sont d'authentiques témoins de l'histoire du sport automobile chez Mercedes-Benz. Leur extraordinaire parcours dans le cadre de ce lieu historique constitue le thème central du stand d'exposition de Mercedes-Benz Classic au circuit du Mans.

Pilotes Présents au Mans Classic 2012

  • Hans Herrmann
  • Klaus Ludwig
  • Jochen Mass

L'Énigme de la Plaque d'Identification

Une énigme concernant la Mercedes de Levegh aux 24 heures du Mans 1955 a été soulevée. Un collectionneur, Michel, détient une plaque d'identification d'une Mercedes 300 SLR de 1955 (plaque 00008) qu'il a reçue en cadeau d'un industriel, Robert, qui prétend l'avoir ramassée sur le tarmac du Mans le 11 juin 1955. Le conservateur du Musée Mercedes de Stuttgart a confirmé que la 300 SLR 00008 a couru au Mans en 1955 et est exposée dans leur musée.

Il est supposé qu'il y a eu une inversion et que cette plaque a été fixée, dans le compartiment moteur de la 00006 de Levegh, qui a explosé et causé la mort de plus de 150 personnes. La voiture de Levegh fut pulvérisée. Les autres furent rapatriées en Allemagne.

Selon le musée de Stuttgart, il y a eu une erreur administrative de la part de Mercedes : plusieurs mois avant la course, ils engagent une voiture en indiquant à l’ACO le numéro de châssis 00008 au lieu du numéro 00006. Craignant l’esprit tatillon des organisateurs, ils ont décidé qu’il fallait que « l’erreur soit juste », en substituant une plaque d’identification à une autre pour cette seule course du Mans. Et ensuite, de retour à Stuttgart, ils auraient remis la plaque 00006 « where it belongs », et réservé la plaque d’identification 00008 pour la voiture en cours de construction, qui deviendra par la suite le « coupé Uhlenhaut ».

Tableau Récapitulatif des Informations Clés

Événement Date Détails
24 Heures du Mans 11 juin 1955 Accident mortel impliquant la Mercedes 300 SLR de Pierre Levegh
Vente aux enchères de la Mercedes 300 SLR Uhlenhaut Coupé Mai 2022 Voiture vendue pour 135 millions d'euros, devenant la plus chère au monde
Le Mans Classic 6-8 juillet 2012 Mercedes-Benz Classic célèbre le retour triomphant de la marque en 1952

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