Héritière d’une longue lignée de berlines "business", la Mercedes W124 a été lancée fin 1984, et on n’imaginait alors probablement pas à quel point cette famille allait devenir culte. Car son histoire, longue de 13 ans, et riche de quelque 2,2 millions d’exemplaires (berline, break, coupé et cabrio confondus) est jalonnée par quelques moments qui ont fait évoluer l’image de Mercedes-Benz. On pense notamment au fait qu’en 1993, la W124 est le tout premier modèle de la marque à recevoir l’appellation « Classe E », toujours en cours aujourd’hui. Et que dire de la légendaire 500 E, alias « The Hammer », la limousine hautes performances qui a probablement définitivement entériné l’histoire d’amour entre Mercedes et AMG.

La Meilleure Mercedes de l'Histoire?

Pour nombre de spécialistes, la W124 a été la meilleure voiture que Mercedes ait jamais produite. C’est la plus fiable, la plus indestructible, et après elle, le développement de l’électronique serait venu gâcher la perfection mécanique. Chacun jugera, le fait est qu’il est assez facile de trouver une 124 sur le marché, sous toutes ses formes. Et il est tout aussi facile de l’entretenir ou de lui refaire une jeunesse, car peu de modèles Mercedes ont un fan-club plus développé, ou un catalogue de pièces d’origine aussi riche, qu’elles soient d’époques ou reproduites par Mercedes-Benz Heritage GmbH.

L'Évolution du Design et des Innovations

Les gens de Stuttgart avaient forgé cette expression dans les années cinquante pour désigner un segment de marché si capital pour eux : Mittleren Mercedes-Klasse, la "Mercedes de la classe moyenne". Ni trop grande ni trop petite, point trop luxueuse mais construite avec une attention maladive pour le moindre détail. Durant près de trente ans, la "Mercedes moyenne" fut tout à la fois le point d'entrée dans la gamme du constructeur allemand et sa vache-à-lait.

Il serait faux de croire que cette péripétie d'ordre sémantique constitue le point culminant de la carrière de la W124. Sur le plan du style, la 200-300 choqua quelques clients conservateurs. Son profil en coin avec malle haute et sa robe dépourvue de tout chrome -hormis la calandre et les Etoiles à trois branches- confirmait la direction prise par la petite berline 190 présentée deux années plus tôt.

Ce cahier des charges strict mena les ingénieurs et les stylistes à signer de nombreuses innovations. Parmi lesquelles un nouveau type de joints de portière, dont tous les constructeurs s’inspirèrent à la fin des années 1980. Ou bien encore des boucliers avec déflecteurs intégrés fabriqués, comme les enjoliveurs de roues lisses, dans un vulgaire plastique. Comble de l’horreur aux yeux des nostalgiques des Mercedes aux chromes étincelants.

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Résultat de cette quête d’allègement et d’optimisation du rendement, la W124 se montra plus légère, plus performante et plus habitable que son aînée W123 lancée en 1976. Cette performance remarquable frappa les esprits à une époque où les publicistes étaient fascinés par l’aérodynamique, discipline mystérieuse mais ô combien poétique.

La W124 eut l’honneur d’inaugurer de nombreuses innovations techniques qui trouvèrent leur chemin vers les autres modèles de la gamme et, parfois, jusque chez la concurrence. Très novateur en son temps, le train arrière multibras de la petite 190 servit de base à celui de la 200-300. Quant à son train avant, il se caractérisait par l’inclinaison du pivot (reconnaissable à l’angle particulier que prenaient les roues lorsque braquées à fond) et son système anti-plongée.

Si le pot catalytique n’était au début qu’une option, il fut vite offert de série dès la seconde année de production en Allemagne. Même cheminement pour l’antiblocage de roue ABS qui ne fut intégré à la dotation de série qu’en 1988.

Motorisations et Déclinaisons de la Gamme

Si la W124 est aujourd’hui de taille à se réclamer du titre de la Mercedes la plus fiable de l’époque moderne (si l’on veut bien faire exception de la Classe S, trop élitiste), elle le doit à sa fabuleuse famille de motorisations essence et Diesel. Une gamme couronnée en octobre 1990 par la déjà légendaire 500 E dotée d’un V8 de 326 chevaux (la première Mittelklasse à huit cylindres).

La déclinaison de la gamme suivit dans un premier temps le scénario mis en place par l’aïeule W123. La berline 200-300 se vit ainsi très vite secondée par un break (1985), puis par une variante coupé (1987) tout aussi novateurs et modernes sur le plan du style. En 1989, à l’époque du premier remodelage (boucliers, protections latérales et nouveaux dessins de jantes) apparut une limousine sur empattement long. Contrairement à sa devancière qui avait allongé ses portières arrière, la nouvelle venue prit le parti d’en greffer deux supplémentaires.

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En 1991 enfin, après être demeuré absent de ce segment une vingtaine d’années, Mercedes-Benz dévoila une variante découvrable à quatre places. La Série W124 hérita de cet insigne honneur après que la 190 ait été jugée trop avancée en âge pour répliquer à la BMW Série 3 Cabriolet. Les progrès de la conception par ordinateur permettaient de mieux maîtriser les problèmes de rigidité torsionnelle et de combiner sécurité et masse contenue. Le système d’arceau de sécurité intégré aux appuie-tête du Cabriolet 300 CE-24 était digne du tout récent roadster SL.

Production et Héritage

Un total de 2.058.777 berlines fut produit entre 1984 et 1995, auquel vinrent s’ajouter 340.503 breaks. La Mercedes W124 fut la première série à offrir une telle combinaison entre succès et déclinaisons de carrosseries. Une recette que fait évoluer de belle manière sa descendante de 2014 qui se décline en une superbe Classe CLS, aux côtés du break, du coupé et du cabriolet devenus incontournables sur leur segment.

La W124 en Pionnière de la Classe E

L'histoire de la Classe E débute en 1984, soit à une époque où celle-ci n'existe pas encore. C'est aux séries 200-300 que sont confiées la lourde tâche de relancer une entreprise essoufflée et bousculée par une concurrence toujours plus accrue sur le secteur des berlines de luxe. Beaucoup d'espoirs seront donc placés sur une W124, son nom d'usine, qui bouscule les convenances.

Pare-brise, phares, calandre, le design des séries 200-300 est soumis au diktat de l'aérodynamisme triomphant. Une préoccupation majeure pour des ingénieurs sommés de réduire la consommation de berlines décidément bien trop gourmandes en carburant dans une époque difficile. L'aérodynamisme est une solution, l'allègement du châssis en est une autre. Stupeur et damnation, Mercedes emploie pour la première fois des matières plastiques.

Mais les séries 200-300 rentreront également dans l'histoire pour les multiples innovations embarquées à leur bord : pont autobloquant ASD, transmission intégrale (4MATIC) et boîte automatique cinq rapports. Pot catalytique, ABS et airbags rejoindront pour leur part la liste des équipements proposés en série.

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Suivant cette nouvelle nomenclature, la W124 se voit affubler d'un... "E". La Classe E prend donc son envol avec un modèle qui occupe une place particulière dans l'histoire du groupe. De 1984 à 1995, l'essentiel des ventes de la marque aura été assuré par les séries 200-300.

Les Successeurs de la W124

C'est au cours de l'été 1995 que la Classe E W210 fait son entrée dans les concessions. Le renouveau, amorcé par la W124, attend confirmation et Mercedes a son plan pour ne pas décevoir : jouer la carte d'une certaine continuité tout en lançant un nouveau style (phares ronds). Seul changement notoire entre la W210 et la W124, un gros restylage marqué par des lignes plus légères tout en arrondies. L'apparition de phares ronds à l'avant du véhicule viennent souligner cette transformation.

Au final, à l'image de la W124, la Classe E W210 rencontre le succès commercial avec plus de 2 millions d'exemplaires écoulés dans le monde. La troisième mouture de la Classe E est commercialisée le 16 mars 2002. Elle s'inscrit dans la lignée établie par ses devancières.

Confronté à une conjoncture économique difficile tout comme à la concurrence féroce de l'Audi A6 et de la BMW série 5, Mercedes va se replier sur ses valeurs conservatrices pour présenter une Classe E détonante début 2009. Finis les airs de grandes bourgeoises, la W212 reprend les lignes acérées et le style anguleux déjà vu sur la Classe C W204.

Mercedes-Benz Classe E W 124 Classique : Les Modèles

La Mercedes-Benz Classe E W 124 classique a été officiellement lancée comme modèle E-Class en 1993 après un changement de nomenclature ayant conduit à ce que tous les modèles portent la désignation "E". Le W 124 avait acquis une grande popularité dans le segment des moyennes et la nouvelle Classe E a poursuivi ce succès.

Disponible en plusieurs types de carrosseries, y compris berline, break (T-modèle), coupé et cabriolet, elle a séduit un large public.

  • Mercedes-Benz 200 / 200 E / E 200/E 220: Les modèles de base du W 124, avec des moteurs quatre cylindres, offraient une performance solide et étaient particulièrement populaires pour leur fiabilité auprès des familles et des conducteurs à haut kilométrage. Le E 200 produisait 136 ch, tandis que le E 220 offrait un peu plus de puissance avec 150 ch.
  • Mercedes-Benz 300 E / E 300: Avec un moteur six cylindres, le 300 E / E 300 offrait nettement plus de puissance et de confort de conduite.
  • Mercedes-Benz 500 E / E 500: Le modèle phare de la Classe E W 124 était le puissant E 500. Développé en collaboration avec Porsche, ce modèle possédait un moteur V8 de 5,0 litres avec 326 ch et offrait des performances de type voiture de sport dans un cadre de berline confortable.
  • Mercedes-Benz E 320 Cabriolet: Parmi les véhicules les plus luxueux et les plus désirables de la Classe E W 124, ce modèle comportait un moteur six cylindres de 3,2 litres avec 220 ch, offrant une combinaison parfaite d'élégance et de plaisir de conduite.

Caractéristiques Distinctives

La Mercedes-Benz Classe E W 124 classique se distingue par une qualité de fabrication exceptionnelle et un design intemporel qui reste contemporain. Connu pour leur extraordinaire longévité, les modèles de la Classe E W 124 ont été fabriqués avec des matériaux de très haute qualité. Les innovations technologiques, comme le système 4MATIC optionnel et les excellentes caractéristiques de sécurité, ont fait du W 124 l'un des modèles les plus avancés de son temps.

Comme beaucoup de véhicules des années 1990, la rouille est un problème sur le W 124, en particulier sur les arches de roues, les bas de caisse et les bas de portes. Les modèles qui restent en état d'origine ont une valeur de collection plus élevée.

Restauration

La restauration d'une Mercedes-Benz Classe E W 124 Classique peut être relativement simple en fonction de l'état du véhicule, car les pièces pour de nombreux modèles sont encore assez disponibles. Il est particulièrement essentiel de garantir une carrosserie sans rouille et d'utiliser des composants originaux pour préserver sa valeur. Souvent, l'intérieur doit être rénové, surtout dans les modèles cabriolet où la garniture et le mécanisme du toit sont fortement sollicités.

La W124 en Compétition

En 1989, alors que le Coupé a été présenté il y a peu, la gamme accueille de légères améliorations de style. Ce dernier prend alors le nom de 300 CE 24. Il est opposé à la Maserati 222 E dans le n°338 de Sport Auto publié en mars 1990.

En décembre 1990, Mercedes présente la sauvage 500 E. Mercedes ne souhaitant connaître aucun problème de peinture ou de protection contre la corrosion, les coques effectuent quelques allers-retours entre Züffenhausen et Sindelfingen. La structure cage et les zones de déformation subissent également de profondes modifications. Extérieurement, on reconnait la 500 E à l’élargissement de 28 mm apporté au niveau des ailes avant, aux jantes de 16 pouces et au large spoiler avant intégrant une paire d’antibrouillards de type ellipsoïdal.

Hormis la BMW M5, cette 500 E connaît bien peu de réelles concurrentes. Il faut se diriger vers quelques séries spéciales (genre Lotus Omega) ou vers l’arsenal de quelques préparateurs pour pouvoir trouver quelque chose d’approchant. Quant au prix, il défie l’imagination.

Dans L’Auto-Journal également, la 500 E fait son show ! Dans le n°7 de L’Auto-Journal publié le 15 avril 1991, la Mercedes 500 E est confrontée aux Lotus Omega, BMW M5 et Lancia Thema 8.32.

Évolutions et Motorisations

En 1991, la gamme accueille une toute nouvelle silhouette : la version cabriolet ! Proposé dans un premier temps avec le 6 cylindres du coupé CE 24, le cabriolet bénéficie d’une capote entièrement automatisée et de quatre vraies places. A la première goutte, la douillette capote de… 43 kg remonte automatiquement. Tous les moteurs essence sont désormais multisoupapes. Il s’agit de moteurs 4, 6 et 8 cylindres dont les puissances vont de 136 à 279 chevaux. La nouvelle 400 E forme le « top-model » de la nouvelle gamme.

En 1993, la Mercedes W124 bénéficie de nouvelles évolutions. Le break est toujours au programme ! La calandre est mieux intégrée dans le capot et elle présente une taille plus réduite. En avril 1995, une toute nouvelle Classe E est présentée.

La W124 dans la Culture Populaire

Il suffit de pas grand-chose pour être marqué à vie par une voiture, quand bien même on n’apprécie que moyennement la marque. En l’espèce, c’est une bande dessinée qui m’aura donné envie de la Mercedes W124.

La W124 connut un grand succès comme taxi, particulièrement outre-Rhin. On reconnaît les versions diesel à l’ouïe latérale. Déjà depuis trois ans, les W124 commençaient à envahir les rues parisiennes, grosses berlines des beaux quartiers ou gros diesels aux trois loupiotes (les taxis pour ceux qui ne suivraient pas).

Succès Commercial et Héritage Durable

La Classe E W124 durera ainsi jusqu’en 1995 en berline ou en break (1996 pour la rare E36 AMG), 1996 pour les coupés et 1997 pour le cabriolet, pour une production totale de 2 324 381 exemplaires. Un succès notoire et supérieur à celui de la W123 grâce, sans doute, à sa multitude de versions qu’il serait trop fastidieux d’évoquer ici.

Malgré l’arrivée en masse de l’électronique, la W124 s’avère plutôt fiable en dépit des volontés d’économie de Mercedes. On en voit encore un grand nombre rouler sur nos routes et, preuve d’un dessin certes massif mais sûr, aucune ne semble dépassée dans le flot de la circulation.

Un Choix Intelligent Aujourd'hui

Excellent daily driver, la W124 saura vous en donner pour votre argent, tout en comblant vos désirs de respectabilité et sans tomber dans le m’as-tu-vu parfois véhiculé par une BMW équivalente. À vous de voir…

Tableau Récapitulatif des Modèles Principaux

Modèle Années de Production Carrosserie Motorisation Puissance (ch)
200 / 200 E / E 200 1984-1995 Berline, Break 4 cylindres essence 136
E 220 1993-1995 Berline, Break 4 cylindres essence 150
300 E / E 300 1985-1993 Berline, Break 6 cylindres essence Variable
500 E / E 500 1990-1995 Berline V8 essence 326
E 320 Cabriolet 1993-1997 Cabriolet 6 cylindres essence 220

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