Les anniversaires automobiles sont souvent l’occasion de publications à propos de l’histoire. Jusqu’ici, la littérature sur AMG ne brillait pas par son abondance. Il convient donc de souligner l’arrivée de deux ouvrages sur le sujet.
AMG : Une histoire de passion et de performance
AMG est né en 1967. Créé par Hans Werner Aufrecht (le ‘A’ de AMG) et Erhard Melcher (le ‘M’ de AMG), tous deux ingénieurs chez Mercedes, cet atelier a débuté sa carrière en développant des moteurs de compétition. La première de cordée fut une impressionnante 300 SEL dotée d’un V8 réalésé de 6,3 à 6,8 litres, de quoi délivrer une puissance de 428 ch. Ce premier modèle sorti de l’officine alors installée à Groβaspach (le ‘G’ de AMG) s’est illustré en remportant les 24 heures de Spa en 1971.
De fil en aiguille, AMG en est venu à s’intéresser aux modèles de série. La démarche apparaissait évidente : les années 70 représentaient un véritable âge d’or pour les préparateurs allemands. A l’image de Brabus, AMG a fait feu de tout bois, transformant de sages berlines aux allures de taxi en dragsters au look improbable. Au fil des ans toutefois, AMG a su se distinguer par la qualité de ses réalisations, avec en point d’orgue quelques modèles mythiques comme la "Hammer", développée sur la base de la W124.
Après un déménagement à Affalterbach en 1976 (où l’entreprise siège toujours), toujours dans les environs de Stuttgart, AMG est devenu le préparateur attitré de Mercedes-Benz. Premier signe de ce rapprochement : la C36 AMG, lancée en 1993. Il s’agissait là du premier modèle AMG apparaissant au catalogue officiel Mercedes-Benz, conçu en étroite collaboration avec la marque à l’Etoile. Depuis cette date, AMG décline systématiquement tout ce qui porte une étoile sur son capot.
L'évolution de la Classe C AMG à travers les générations
Nous avons pris en mains trois générations de Classe C AMG.
Lire aussi: Service B Mercedes Classe A W176
- Mercedes-Benz C36 AMG (1993) : Dès le premier contact, la C36 AMG accuse son âge. Au démarrage, le six-cylindres en ligne de 280 ch se montre plutôt calme. Côté châssis, la C36 AMG ne semble pas dépassée. Puissante mais guère sportive, la C36 AMG se déguste avec le recul comme une agréable automobile pour la promenade.
- Mercedes-Benz C55 AMG (2003) : La C55 AMG opère un saut générationnel évident par rapport à sa devancière. Sur route, la C55 oublie les imprécisions de la C36. Certes puissant, ce V8 atmosphérique de 367 ch manque un peu de caractère. Malgré cela, la C55 demeure l'une des Classe C les plus agréables. Au point que l’on se surprend très vite à déconnecter l’électronique pour mieux profiter des sensations délivrées.
- Mercedes-Benz C63 AMG (2011) : La C63 constitue un bond technologique par rapport à la C55, pourtant son immédiate devancière. Les accélérations se montrent tout bonnement époustouflantes (les 457 ch annoncés sur la fiche technique semblent presque pessimistes), tout comme l’efficacité du châssis même si la masse reste sensible. Efficace au-delà du raisonnable, la C63 AMG peut aller vite, très vite. Le pilote en deviendrait presque un simple passager. N’importe quel rookie en C63 AMG laissera sur place une C55 pilotée le mieux du monde.
A l’origine cantonnées à quelques modèles spécifiques, les déclinaisons AMG se multiplient désormais à l'envi. La quasi-totalité des Mercedes-Benz dispose maintenant de sa version sportive sortie des ateliers d’Affalterbach. Aujourd’hui composée de 22 modèles, la gamme AMG vise pour son cinquantenaire une offre de trente modèles. La prochaine étape concernera la toute récente Mercedes-Benz Classe A. Celle-ci constituera le modèle d’accès d’AMG, et aussi le seul de la gamme actuelle à ne pas disposer d’un V8 ou d’un V12. On peut donc espérer une puissance comprise entre 300 ch et 350 ch.
Le Préparateur Automobile : L'Alchimiste du Garage
Oubliez les définitions aseptisées des fiches métier - le vrai préparateur automobile, c'est l'alchimiste du garage. Ce gars-là, il ne se limite pas à nettoyer une carrosserie ou à passer trois coups de polish, non. Il transforme un véhicule sorti d'usine en bête unique, en repoussant ce que le constructeur osait à peine imaginer. On parle d'une discipline où la précision tutoie la passion, où chaque modification est calculée pour transfigurer la machine sans jamais trahir son ADN. Un préparateur auto repousse les limites, loin du simple tuning clinquant.
Un préparateur digne de ce nom ne se contente jamais d’un coup de clé ou d’un autocollant AMG collé à la va-vite. Son job ? Mais surtout : il maîtrise la personnalisation Mercedes comme personne. Ça veut dire quoi concrètement ? Une configuration sur-mesure selon VOS goûts - volant gainé main unique au monde ou mapping moteur dédié à votre façon d’accélérer.
Avant que la préparation ne devienne un business d'élite, le métier naît chez les fous du volant, dans des ateliers crasseux où la passion passait avant la rentabilité. Les premiers préparateurs auto n'avaient pas peur de mettre les mains dans le cambouis pour sortir la bagnole qui allait humilier tout ce qui roulait autour.
Mercedes et la France : Une longue histoire d'amour
Mercedes-Benz entretient depuis toujours une relation très privilégiée avec la France. Le constructeur de Stuttgart est resté fidèle au Salon Mondial de l'Automobile de Paris depuis sa première édition en 1898 auquel il a réservé à maintes reprises de grands lancements, notamment de modèles de luxe. Cette présence constante souligne la part belle faite aux véhicules du segment du luxe de la marque allemande, bien avant que « Classe S » n'en devienne la désignation officielle : Mercedes-Benz et les marques antérieures ont toujours été synonymes de luxe, de confort et de sécurité. C'est également à Paris en 1972 qu'a eu lieu le lancement officiel de la classe de luxe de la marque mondialement connue.
Lire aussi: Guide CarPlay Mercedes CLA
Dès le début, la France a joué un rôle déterminant pour Mercedes-Benz. En 1886, Carl Benz et Gottlieb Daimler ont presque en même temps inventé l'automobile en Allemagne. Cette nouvelle forme de transport a toutefois connu ses premiers succès et réussi sa percée en France : reçue au départ avec scepticisme par les Allemands, l'automobile a été favorablement accueillie par la très chic société parisienne qui raffolait de technologie. À juste titre, un document interne de la Daimler-Motoren-Gesellschaft (DMG) de 1902 désignait la France comme le « premier pays des automobiles », car « dans aucun autre pays l'automobile n'a même de loin gagné autant de terrain ».
Au tournant du siècle, c'est à nouveau en France que l'automobile, qui révolutionnait déjà la mobilité individuelle, s'est revêtue de glamour grâce au travail de l'homme d'affaires autrichien Emil Jellinek qui fit connaître aux Français les voitures allemandes de classe de luxe sous le nom de marque « Mercedes ».
Le Salon de l'Automobile de Paris : Un écrin pour Mercedes-Benz
Fin 1901, le Salon de l'Automobile de Paris a donc été transféré au Grand Palais sur les Champs-Élysées. Le plus grand palais de verre, qui existe encore d'aujourd'hui, avait été construit en 1900 pour l'Exposition Universelle de Paris et offrait à l'industrie automobile naissante un cadre majestueux : le hall principal de style Art Nouveau mesure 240 mètres de long et 40 mètres de haut et est recouvert d'une verrière de 15 000 m². Avec l'arrivée de la lumière électrique, le Salon de l'automobile de 1902 brillait de mille feux et a attiré 230 000 visiteurs émerveillés par les éclairages et les démonstrations cinématographiques. Parmi les véhicules exposés, des marques étrangères comme Mercedes ont notamment fait impression et suscité l'intérêt du public.
Dans les années qui ont suivi, le stand Mercedes-Benz au Salon de l'Automobile de Paris est resté le lieu d'importants lancements : en 1928, le premier modèle 8 cylindres de la marque bien établie a été présenté au public sur la Mercedes-Benz Nürburg 460, et en 1930 le modèle 770, ou « grand Mercedes », a été présenté en exclusivité mondiale.
La Classe S : Une icône lancée à Paris
Alors que les prédécesseurs de la Classe S d'aujourd'hui n'ont jamais manqué d'impressionner le public au Salon de l'Automobile de Paris, la première gamme de modèles portant officiellement le nom de « Classe S » a fait de même il y a 40 ans. En octobre 1972, Mercedes-Benz a réservé une double primeur au 59e Salon de l'Automobile de Paris avec la série 116 : en plus de présenter sa nouvelle gamme, la marque de Stuttgart a lancé un nouveau nom. Les berlines de luxe sont depuis officiellement désignées « Mercedes-Benz Classe S ».
Lire aussi: Guide d'achat Mercedes Classe A 190
Pour le 100e anniversaire du Salon de l'automobile de Paris si riche en tradition, Mercedes-Benz ne pouvait pas laisser passer l'occasion une fois de plus d'y présenter en avant-première au public mondial la nouvelle Classe S de la série 220 en 1998.
tags: #mercedes #la #garde #atelier #histoire