L’histoire de la principauté de Monaco est étroitement liée à l’automobile. Passionné par les techniques nouvelles, le prince Albert 1er lance les premières compétitions motorisées au début du XXe siècle. En janvier 1911, Alexandre Noghès et Gabriel Vialon créent le premier Rallye automobile Monaco, qui va devenir le fameux Rallye automobile Monte-Carlo. Louis II se glisse dans les pas de son père Albert 1er. Sous son impulsion, les voitures de grand prix commencent à rugir dans les rues de la principauté à partir de 1929. Le premier vainqueur est l’Anglais Williams, au volant d’une Bugatti 35. En 1950, la deuxième course du premier championnat du monde de F1 se tient sur les rives de la Méditerranée. Le Rallye Monte-Carlo et le Grand Prix de Monaco sont les deux épreuves sportives les plus réputées du calendrier annuel, celles que les pilotes rêvent d’accrocher à leur palmarès.
La collection de voitures de la famille Grimaldi
C’est le prince Rainier III qui a commencé à collectionner les véhicules. Voitures prestigieuses, sportives ou populaires: toutes les nations sont représentées. À partir de 1993, le prince Rainier III, qui a transmis le virus de l’automobile à ses enfants, présente sa collection au public. Depuis sa disparition, son fils, SAS Albert de Monaco, a pris la relève, prenant soin de la développer.
La collection privée se trouvant à l’étroit dans le garage du Palais, un musée est ouvert en 1993 à Fontvieille dans un premier lieu de présentation au public. Le Prince Albert II souhaitait depuis longtemps leur offrir un nouvel écrin digne de la collection, mais aussi plus proche du centre névralgique de la passion automobile de la Principauté. C’est donc mi-2022 que le nouveau musée a ouvert ses portes, sur le port Hercule, à deux pas du circuit du Grand Prix : l’entrée est juste avant le virage Louis Chiron (le 1er S de la piscine), et le musée se trouve sous l’esplanade utilisée pour les stands et les tribunes du Grand Prix.
Les pièces maîtresses de la collection
À Mulhouse, les visiteurs peuvent ainsi découvrir que l’une de ses premières voitures fut une originale Lotus Seven IV. Pas étonnant que ce féru de sport qui a participé cinq fois aux Jeux olympiques d’hiver, entre 1988 et 2002, comme pilote du bobsleigh monégasque, ait choisi le petit roadster anglais pour ses premières armes de conducteur. Mais sa préférée reste la Renault Floride de 1959, qui lui renvoie des souvenirs d’une période heureuse.
De la même époque que le cabriolet français, on trouve une exotique Fiat 600 Jolly. Cette voiture de plage avec ses portes échancrées et ses sièges en osier était utilisée pour se rendre à la plage. Ce modèle était très prisé de la jet-set et des grands de ce monde. Autre modèle exposé, la Lexus LC que le prince Albert a fait carrosser en landaulet pour son mariage, en juillet 2011, avec Charlene Wittstock. Ce modèle hybride, qui souligne l’engagement écologique du prince, côtoie d’autres véhicules d’apparat de la famille princière.
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Le véhicule le plus sensationnel n’est pas une automobile mais un deux-roues. Il s’agit d’une réplique de la motocyclette Beeston Humber qu’Albert Ier conduisait en 1903. Au guidon de cette machine de 2,75 ch capable d’atteindre 40 km/h, le prince a sillonné la France incognito, réalisant des Monaco-Paris en passant par la Creuse ou le Jura. Cela lui valut quelques péripéties. Le 20 mai 1903, alors qu’il n’avait plus que 90 km à parcourir avant de rejoindre la capitale, il eut un accident. Sa machine heurta un chien.
En 1957, à côté de la découvrable Grand Luxe, le catalogue Renault propose deux versions : la 4 CV Affaires, dont la finition est sommaire, et la 4 CV Sport, plus luxueuse. Le modèle présenté fut au service de la Princesse Grace qui l’utilisa fréquemment pour sortir les enfants, lesquels l’appréciaient beaucoup pour son volume intérieur et pour son côté pratique et amusant.
Ventes aux enchères pour renouveler la collection
Afin de renouveler sa collection et d'anticiper la création d'un musée plus petit, le prince Albert II avait décidé de céder 38 des 142 modèles de sa collection. Les véhicules les plus symboliques, qui sont le plus attachés à l'histoire de la famille de Monaco, ne quitteront pas la Principauté.
Les 38 voitures anciennes vendues aux enchères par le prince Albert II ont connu un grand succès jeudi soir à Monaco et ont toutes trouvé preneur pour un montant total de 1,18 million d'euros, a-t-on appris auprès de la maison ArtCurial. C'est la dernière voiture du prince Rainier, une Mercedes Benz 500 de 1983, qui a été la plus convoitée. Estimée entre 15 000 et 25 000 euros, elle a été adjugée 117 500 euros (frais compris). Autre beau succès, le lot 29. Une Panhard & Levassor X19 Roadster de 1913. Estimée entre 25 000 et 35 000 euros, elle est partie à 81 300 euros.
Exposition au Musée National de l'Automobile de Mulhouse
En plus de (re)découvrir la richesse de cette collection constituée par les frères Schlumpf au cours des années 1950 et 1960 - on y trouve notamment le plus grand rassemblement de Bugatti au monde -, le musée alsacien accueille jusqu’au 13 novembre prochain une vingtaine de véhicules provenant de la collection privée du prince de Monaco.
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L’exposition en fait largement l’écho à travers la présence d’affiches d’époque et d’objets. Mais le cœur de cette exhibition, ce sont les voitures provenant de la collection privée de la famille Grimaldi.
Autres véhicules notables de la collection princière
- Cyclecar Renault (1911): Renault présente en 1911 pas moins de onze modèles, dont la puissante 40 CV, voiture qui saura se distinguer aussi bien pour transporter chefs d’État et têtes couronnées que pour s’attribuer dans les années 1920 des records de vitesse sur le circuit de Montlhéry.
- Lincoln (1922): Fondée par Henry Leland, la marque Lincoln a été reprise en 1922 par Ford et Edsel, fils de Henry Ford, veut en faire la division haut de gamme du groupe. Cette voiture, dotée d’une élégante cabine en bois vernis et réalisée dans l’esprit d’une semi-utilitaire de luxe, a été achetée par S.A.S.
- Sunbeam Alpine (2012): Cette rare Sunbeam Alpine conduite à gauche a été achetée en 2012 par le Prince Albert II.
- Ferrari 250 GT (1959): Chez Ferrari, la famille des « 250 » occupe une place à part, car elle a très largement contribué à faire du constructeur ce qu’il est aujourd’hui. Au Salon de l’Automobile de Paris 1959, Ferrari présente le cabriolet 250 GT deuxième série, tel que celui exposé ici.
- Lancia 037: En 1982, Lancia ose parier sur la propulsion alors qu’Audi venait de révolutionner le monde du Rallye avec ses 4 roues motrices, Puis ce sera au tour de Peugeot d’en reporter les lauriers. Pourtant face à ces monstres à quatre roues motrices et turbo, la 037 remportera quelques Rallyes en attendant sa relève, la Lancia S4.
- Mercedes AMG F1 (2013): La Mercedes AMG F1 est la monoplace de Formule 1 engagée par l’écurie allemande Mercedes Grand Prix dans le cadre du championnat du monde de Formule 1 en 2013.
- Mitsubishi Pajero (1984): Ce Pajero a fait le Rallye Paris-Dakar en 1984, Team « Sonauto Mitsubishi » avec l’équipage A. Cowan / J.J Syer. 1er du classement groupe 4, 3e au classement général. Participation de S.A.S.
- Mc Laren MP4/19: Dès son entrée en compétition la Mc Laren MP4/19 n’est pas compétitive : en sept courses, elle obtient seulement 5 points alors que Ferrari en obtient 106 !
Le Prince Albert II, passionné de course automobile
Le Prince Albert II, aussi passionné que son père, a continué la collection dans le même esprit, y ajoutant aussi un important volet lié à la course automobile et aux épreuves monégasques.
Ayrton Senna, vainqueur du Grand Prix de Monaco en 1992, sur Mc Laren / Honda offre son casque au Prince Rainier III. Surnommé Magic Senna, cette idole au Brésil, son pays natal, a participé à 161 Grand Prix, en a remporté 41, est monté 80 fois sur le podium, et a remporté 3 titres mondiaux (1988, 1990,1991).
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